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Vous avez une peur panique des rongeurs ? Bonne nouvelle : cela se soigne.

Il existe plusieurs formes de thérapie efficaces comme l’hypnothérapie, l’EMDR ou les thérapies comportementales. Celle que je vous présente s’appelle la désensibilisation systématique de la peur des rongeurs.

Elle consiste à mettre en contact progressivement (en temps, distance et intensité) la personne effrayée avec son stimulus anxiogène. Comme pour toute peur, le mot d’ordre est « crescendo » ! Il faut y aller doucement mais sûrement sinon on risque une « surexposition » , c’est-à-dire un mécanisme de régression, une perte de confiance en soi ou une dévalorisation des outils car l’exposition a été trop brutale et la personne n’a pas eu l’occasion de s’y préparer.

Comme la peur est propre à chacun, on va dresser un portrait de votre peur à vous, en vous posant une série de questions ciblées, afin de permettre au thérapeute de se créer une « image mentale » de votre peur et ainsi ne pas risquer d’aller trop vite ou trop fort dans l’exposition, de respecter vos objectifs et vos besoins.

On s’intéresse d’abord à son origine et donc aux faits concrets. A quand ça remonte ? Quels faits se sont produits pour empirer/améliorer la situation ? Comment avez-vous réagi la première fois ? Et les suivantes ?

On interroge aussi les émotions reliées à ces faits et leurs conséquences. La peur peut se décliner en plusieurs émotions : la surprise, le dégoût, la terreur, l’angoisse, le stress , … mais aussi à l’impression d’être « tout/e petit/e », impuissant/e, vulnérable voire ridicule. Bref, l’estime de soi en pâtit.

On cherche également à mettre en avant les différents comportements que vous adoptez lors de ces expériences difficiles, sont-ils toujours les mêmes ? Se reproduisent-ils dans d’autres contextes ?

Une fois le portrait de la peur établi, il reste à déterminer l’objectif à atteindre. Que voulez-vous ? (garder votre self contrôle, pouvoir tenir un rongeur en main, maîtriser vos émotions en toutes circonstances, vous faire confiance, mieux vous connaître et vous respecter, ...) Pourquoi ? (Qu’est-ce que ça changera à votre vie de changer cela ?)

Pour l’atteindre plus efficacement, on va s’intéresser aussi à vos « alliés » face à la peur. Ils sont très importants. Ce ne sont pas ceux qui vont vous conforter dans la peur mais bien vous aider à la surmonter, en respectant votre rythme, dans votre quotidien. A noter qu’il est très difficile d’être empathique face à une peur que l’on ne partage pas. Le plus souvent, on minimise, on ridiculise, on surprotège, … Les bonnes intentions sont souvent maladroites et cela s’apprend à être un allié.

Tout cela permettra au thérapeute de déterminer quel animal il présentera et dans quel ordre, en fonction de son espèce, sa couleur, sa personnalité..., à quelle distance, dans quelle circonstance (dans une cage, dans une « boule » de transport, dans les mains d’un assistant, …). Et pendant cette exposition, il donnera ainsi des outils pour apprivoiser la peur (respiration, défocalisation, intention, ...) et développer des comportements positifs pour vous, c’est-à-dire sous votre contrôle et selon votre intérêt.

Par exemple, une personne est terrorisée par les rats, et particulièrement par les maladies qu’ils peuvent transmettre. Après l’anamnèse, on aura déterminé que cette personne peut s’affirmer dans d’autres domaines de sa vie (son travail, notamment), atout qui va s’avérer utile dans le traitement. On lui montre alors des photos de souris, de rats, de gerbilles de différentes couleurs et on les lui fait classer du plus acceptable au plus difficile. Le thérapeute apprend alors que ce qui la dégoûte le plus chez le rat, c’est sa queue. La sœur de cette personne avait une souris blanche comme animal de compagnie quand elle était jeune et elle n’était pas effrayée par cette souris. Une fois le décor planté, on passe à la pratique, en exposant une gerbille (dont la queue est velue, et donc moins effrayante) de couleur claire puis une gerbille aux couleurs sombres, puis une souris blanche (dont la queue nue, donc plus impressionnante) puis une souris brune puis un rat blanc et enfin un rat brun/noir. La personne regarde d’abord le rongeur dans sa cage, puis à travers une boule transparente, puis dans les mains d’un assistant et en finissant par le prendre en main.

Elle aura alors appris à se positionner, respirer, se faire confiance, s’autorassurer, s’ancrer dans le sol, se mettre en valeur, se féliciter de ses efforts et de ses progrès, ce qu’elle pourra utiliser dans d’autres domaines de sa vie. Et le fait de pouvoir s’affirmer dans son travail l’aura aidé à s’affirmer, progressivement face à l’objet de sa peur.

Bref, traiter votre peur des rongeurs peut vous en apprendre beaucoup pour vous. C’est un beau cadeau que vous vous faites de vous rendre compte de la puissance qui dort en vous, et de votre courage. Car oui, vous êtes courageux en affrontant votre peur avec lucidité et oui, vous avez bien plus de ressources que vous ne l’imaginez !

Aude Klein
Enseignante, comportementaliste canin, zoothérapeute et coach.


Klein Aude

Aude Klein est enseignante, comportementaliste canin, zoothérapeute et coach.
- 1, rue haute fontaine - Franc-Waret (commune de Fernelmont, juste à côté de Namur)
- Tél : 0478/055.774
- Mail : audeklein@gmail.com
- Sites :
www.zootherapeute.be
www.coach-coaching.be

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