La grande histoire de l’humanisme.

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Où commence et où finit l’humanisme ? L’histoire du mot lui-même est celle d’un anachronisme : il s’invente à la fin du 18e siècle pour nommer la vision commune à ces érudits qui, quatre siècles plus tôt, férus d’antiquités gréco-latines, ont réhabilité le pouvoir de la raison dans la connaissance du monde et la définition des buts de l’existence humaine.

Pétrarque, Boccace, Dante, et plus tard Leonard de Vinci, Érasme, Rabelais, incarnent parmi cent autres cet espoir que, sans remettre en cause les fondements de la religion chrétienne, l’homme peut aussi réaliser son salut sur Terre et s’améliorer lui-même. Mais, au moment même où le terme s’impose, une autre page a été tournée : celle des Lumières, du rejet du pouvoir souverain de l’Église et de la monarchie. L’humanisme moderne, laïc et républicain, s’incarne dans le droit et la politique en proclamant l’égalité des citoyens, la tolérance et l’harmonie possible des nations. L’humanisme est une vision idéaliste de l’histoire, dont la centralité de l’homme et l’assurance de son progrès universel sont les valeurs motrices.

Or, cette même histoire n’a jamais manqué de mettre ces valeurs à l’épreuve de leurs prétentions. Michel de Montaigne doutait déjà de tout en 1580, Thomas Hobbes craignait que l’homme soit resté « un loup pour l’homme », et Jean-Jacques Rousseau, en 1755, se méfiait fort des dérives de la raison, des arts et des lettres.

Le 19e siècle ne rêve que de progrès, mais déshabille aussi l’humanisme : Charles Darwin bouscule l’exception humaine, Karl Marx dénonce une idéologie bourgeoise, Friedrich Nietzsche moque toute morale humaniste.

Et le pire attend encore : comment, au 20e siècle, croire à la raison humaine après l’hécatombe d’une, puis de deux guerres mondiales ? Comment croire au progrès lorsque la machine créée par l’homme menace de l’asservir et de détruire la planète ? En 1966, Michel Foucault écrit que l’homme, en tant que maître de son destin, n’a jamais été qu’un mirage, une illusion.

C’était aller trop vite en besogne.

Même consternés par l’impuissance des humains à se gouverner, même face aux pires menaces, les penseurs du 21e siècle ont à reconnaître que l’homme est, plus que jamais, responsable de lui-même et de son environnement. Comment ne pas être humaniste ?

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