LIvre

De l’enfance volée à la danse de l’âme

Par THomas Solheid

Dès son plus jeune âge, Thomas n’est pas épargné par la vie. Placé en famille d’accueil, abîmé par l’absence d’affection et la maltraitance, il tente de rebondir en explorant d’autres possibles. Son parcours l’amène vers une nouvelle approche du corps et de l’esprit. Sa reconstruction se fonde sur le désir de faire de sa vie une œuvre d’art.

Mon rêve est d’arriver à raconter des histoires au travers de mon corps, dans les airs tout en touchant les cœurs dans un océan d’émerveillement. Que mon corps soit le véhicule de poésie et de magie !

Thomas Solheid vit à Bruxelles. Il est psychologue clinicien et se forme à l’acrobatie aérienne
Il est accueillant dans un lieu de rencontre enfants-parents et câlineur de bébés en milieu hospitalier.

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Préface par Bruno Humbeeck

“Fils unique, j’ai longtemps eu deux frères...” Thomas Solheid va plus loin encore que Philippe Grimberg dans l’incipit qui l’a rendu célèbre... Remplacer une présence furtive, suppléer l’absent... A peine né et voilà déjà que l’existence pose un impossible double défi à celui qui ne sait pas encore que l’on ne nait pas humain mais qu’on le devient véritablement, en se construisant lentement au contact de ceux qui, en posant leur regard sur nous, participeront à notre humanisation...

Evidemment qu’un bébé d’homme, quelles que soient les conditions de sa venue au monde, est d’emblée profondément humain. Il ne viendrait à personne l’idée de le nier. Il n’empêche, la construction de chaque être amené à exercer son métier d’homme demeure toujours une oeuvre lente, progressive, parfois ardue, toujours complexe qui vaut toujours d’en faire toute une histoire. Et voilà précisément où nous attend le livre de Thomas... Retrouver le fil autobiographique, celui qui constitue la trame du récit qui, au terme d’une odyssée, fait toute une existence, celui qui fonde le drame d’une vie qui, au bout de la traversée, se constitue comme un pas de danse...

On ne peut pas détrôner quelqu’un qui, parce qu’il n’a réalisé qu’un passage éclair, s’est nimbé d’idéal. On ne souffre pas la comparaison d’un autre que soi qui n’est pas venu au monde et a semblé alors s’emparer de toutes les qualités qui manquent à celui qui, parce que le hasard l’a désigné, a été sommé d’exister. Personne ne sort indemne de ce double défi. Etre comparé à ces “autres que soi”, ces fantômes qui n’ont jamais été véritablement exposés au risque d’exister, ces ectoplasmes qui ne se sont abîmés au contact d’aucune réalité, se cogner sans cesse à l’image de ceux que le réel n’a pas eu le temps de flétrir, c’est la façon la plus difficile d’envisager de devenir quelqu’un quand tout contribue à nous murmurer l’idée que nous ferions mieux de n’être personne.

Un “jumeau né seul” c’est comme un oxymore, comme un mot qui, par sa seule présence, tue l’autre. Thomas, commence sa vie comme un oxymore... Un oxymore qui déjà, s’était constitué sur le remplacement d’un mort. Il y a plus simple comme entrée en scène, avouons-le, que ce double pas de danse macabre. Et tout cela Thomas nous le narre en racontant un parcours d’enfant qui, en équilibre précaire sur ce fil identitaire fragile, le conduit dans ces familles “mi-d’accueil, mi-de rejet” au sein desquelles un enfant qui ne sait pas qui il est n’a aucune chance de trouver sa place... Comment d’ailleurs pourrait-on se sentir un véritable enfant quand les adultes qui vous entourent passent leur temps à vous dire qu’ils ne sont pas vos vrais parents ?

Reste alors à “faire le clown” pour exister, à “faire le gros dos” face aux moqueries pour subsister, à cadenasser son corps pour résister aux dérapages dans lesquelles les avanies perverses de ceux qui ignorent la fragilité des enfants peuvent nous entrainer... Reste à tenir, en cherchant les refuges là où ils peuvent se cacher, en traquant les abris partout où on peut les trouver. Au Québec ou ailleurs, dans la spiritualité ou dans le langage délié des corps... partout où la poésie pourrait venir se nicher, il faudra aller la chercher avec l’énergie du désespoir, la force de l’espoir et la sagesse de l’espérance. Le théâtre, le chant, la danse, les acrobaties, tout sera bon pour se réapproprier une enfance volée.

Assouplir sa pensée face à la dureté de l’existence pour faire face avec sa tête... déraidir ses mouvements pour s’opposer à la rigidité d’un réel qui n’en finit pas de cogner... façonner ses idées... sculpter son corps... le double mouvement d’une résilience physique et psychique qui se construit comme un itinéraire de survie en milieu hostile.... C’est à ce voyage que nous convie Thomas Solheid dans son très beau livre.

Un livre qui n’est ni une leçon de psychologie, ni un cours de danse... Un livre qui, bien mieux que cela, est à la fois l’un et l’autre, comme un subtil “mouvement de danse psychologique” qui emporte le lecteur de mots en mots, de phrases en phrases, pages aprés pages, lentement, doucement, précautionneusement vers une boîte de pierres précieuses... celle que possèdent au final tous ceux qui ont, le mieux possible, tenté d’exercer leur métier d’homme...

Bruno Humbeeck

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