Hypnose Clinique

Hypnose ericksonienne et hypnoanalyse

Il est important de distinguer d’une part un état de conscience appelé hypnose (ou état hypnotique) et d’autre part une psychothérapie appelée hypnose clinique.

L’état de conscience hypnotique fait partie des états de la conscience. On sait actuellement que nous existons à plusieurs niveaux de conscience pendant la journée, que nous pouvons être dans la conscience ordinaire où nous disons « moi-je »mais aussi à d’autres niveaux de conscience :

- Soit nous sommes absorbés involontairement dans un rêve éveillé où la pensée, le mental sont mis entre parenthèses (c’est pour cela que sans le savoir nous allons en vacances ou au cinéma : pour échapper à un moi identifié seulement à la pensée, « nous changer les idées »).

- Soit en focalisant notre attention dans une tâche (l’ordinateur : « quand je travaille, je ne pense plus à rien ») ou dans le corps (par exemple dans la respiration , en méditation ou dans le yoga par exemple), nous provoquons une ouverture de la conscience qui aboutit à une plus grande présence dans un moi inscrit dans le corps..

En psychothérapie, l’hypnose clinique associe l’apprentissage d’un état hypnotique à un travail thérapeutique selon deux modes possibles : le mode de l’hypnose éricksonienne (ou nouvelle hypnose) et le mode hypno-analytique (ou hypnopsychanalytique) en fonction du patient, de sa personnalité mais aussi de ce qui se produit pendant la thérapie. Le thérapeute s’adaptera donc au patient dans des thérapies souvent plus brèves où les interventions seront fonction aussi du ressenti du thérapeute.

Nous utilisons essentiellement en hypnose ericksonienne (ou nouvelle hypnose) des techniques communicationnelles qui visent à renforcer l’ego du patient et à activer ses ressources inconscientes tout en développant des expériences positives, en transe et dans la réalité extérieure (apprentissages de nouveaux comportements).

Le thérapeute utilise des histoires et des métaphores que le patient va recréer dans son psychisme avec ses propres symboles, cette imagination créative lui permettant alors de retrouver de la confiance, de la force et l’amenant à une meilleure intégration des parties de lui-même qui étaient dissociées.

Dans la relation thérapeutique, le patient apprendra aussi ce que peuvent être pour lui la distance et la proximité, la séparation et la confiance, la dépendance et l’autonomie. Il aura ainsi une possibilité de remplir certains manques narcissiques et de développer de la confiance en soi.

L’apprentissage de l’« auto hypnose » est très utile pour maintenir ces changements.

L’Hypnoanalyse utilise les dimensions de la psychanalyse (notamment celles de Groddeck, Ferenczi, Jung, de la daseinsanalyse avec Binswanger et de l’école anglo-américaine avec Winnicott, Klein, Sullivan, Kohut, Bion....) ET de l’hypnose clinique avec éventuellement un travail psychocorporel dérivé de l’analyse bioénergétique (Lowen).

Indications psychothérapeutiques de l’hypnose clinique :

- stress, travail sur l’affirmation de soi, phobies, anxiété, angoisses, dépression, crises de panique, troubles du sommeil, troubles sexuels et de la relation de couple, anorexie, boulimie, dépendances (au tabac ,à l’alcool, alimentaires)...

- spasmes du colon ou de la vessie, troubles cardiaques liés au stress, prévention de la prématurité et préparation à l’accouchement, migraines , certaines dermatoses, traitement de la douleur, ulcère digestif, asthme , contractures musculaires...

Le choix d’une thérapie ericksonienne (nouvelle hypnose) n’est pas indiqué chez tous les patients car il nécessite :

- une structure de personnalité stable (contre indiqué dans les problématiques narcissiques et dans les psychoses) ;

- absence de troubles névrotiques trop massifs ;

- un moi suffisamment fort et mature ;

- une relation thérapeutique stable et mature (un thérapeute mature ayant conscience de ses limites ).

Le choix d’une thérapie hypnoanalytique sera préféré dans ces contre-indications.

(L’hypnoanalyste peut aussi travailler en hypnose ericksonienne s’il en a la formation : il s’adaptera au patient et sera capable de comprendre ce qui lui convient le mieux, à certains moments Erickson, à d’autres moments l’ hypnoanalyse).

En fonction du patient et du trouble, la durée de la thérapie variera de quelques séances à plusieurs années (un « thérapeute » qui promet des miracles est à fuir) .

Pour un psychothérapeute ayant une formation et un vécu à la fois en hypnose clinique et en psychanalyse, l’hypnose clinique est un concept et une technique thérapeutique bien décrits en hypnose ericksonienne (nouvelle hypnose).

Mais c’est également et surtout, pour nous, une relation, où celui qui est désigné comme le thérapeute a développé, par un très long travail sur lui même et ses propres souffrances, une qualité de présence, d’écoute, qui lui permet d’intervenir d’une manière non intellectuelle et empathique, dans la relation thérapeutique : en pouvant ressentir la souffrance de celui qui est désigné comme le patient ; cette qualité de présence crée très rapidement la sensation d’être compris et relié ; ce que le patient souvent ne trouve pas dans la vie sociale ordinaire, où chacun projette sa propre vue du monde et ne l’écoute pas vraiment.

Comme le disait Jung « la personnalité du thérapeute est le grand facteur curatif de la psychothérapie ». En ceci, l’hypnoanalyste se différencie du thérapeute formé seulement en nouvelle hypnose, qui trouve qu’un travail sur soi n’est pas nécessaire (avec le danger alors pour ce thérapeute de baser ses interventions sur son propre système projectif inconscient ) mais aussi d’un psychanalyste « neutre » où la thérapie aboutit souvent à une compréhension intellectuelle sans guérison du symptôme.

Au delà de sa formation en hypnose ericksonienne et (ou) en psychanalyse, le thérapeute ne sera cependant vraiment présent que s’il a fait personnellement un travail approfondi d’émergence d’une conscience corporelle, car c’est le VECU, le ressenti, la réarticulation des affects au corps qui nous guérit, ce qu’a fait le Dr Erickson .

Cela démarque ainsi, l’hypnoanalyse de la psychanalyse, dont les échecs sont dus, souvent, à une compréhension seulement intellectuelle du patient, comme elle n’utilise que le langage dans la conscience ordinaire.

Comme le dit Bateson, « le mot chat ne dit pas miaou » : une parole non reliée aux émotions et à l’expérience vécue est une parole morte

Dr Jean Schmitt Past Président Société Belge d’Hypnose



Publié le 15 mars 2009
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