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"Soi est un autre" : Construction et déconstruction identitaire de l’adolescence.

Par Alain Marteaux

Résumé  : Après avoir décrit certains aspects de la crise d’adolescence en corrélation avec la crise familiale et la crise sociétale (repères, limites formes d’autorités nouvelles…), l’auteur montre à travers une vignette clinique comment la violence à l’adolescence est prise dans des histoires, des narrations extérieures qui polluent, saturent, excluent et dépassent le jeune.
Comment dès lors déconstruire puis reconstruire des narrations plus soutenantes quant à la construction de l’identité. L’auteur prend appui sur les paradigmes constructionnistes et essentiellement la thérapie narrative de Michael White pour ce présent article.

1. Introduction

L’adolescence est une période de la vie pendant laquelle les réaménagements des rapports à l’adulte (parents, éducateurs), à l’enfance, au corps sont bouleversés. Le monde extérieur fait peur, on s’y frotte, on s’y dérobe (dépression), on l’attaque (comportements anti-sociaux). Cet âge ( de 12 ans à…) s’accompagne chez les parents d’une crise du milieu de vie occasionnant différents réaménagements professionnels, conjugaux, sentimentaux. Ces réaménagements sont interrogés parfois brutalement par l’adolescent : « vous n’avez plus d’idéal, vous vivez comme des cons, vous êtes vieux…moches etc. ». Ces appréciations négatives, suivies souvent de mouvements affectueux de l’adolescent vers ses parents, laissent souvent ceux-ci pantois. Et souvent, l’on évoquera préférentiellement la crise adolescentaire alors que celle-ci est souvent en interaction avec la crise parentale et (on l’oublie souvent) la crise sociale.

Dans son introduction aux « Journées d’études sur la crise d’adolescence » organisées par les Centres de Formation et de Recherches Psychanalytiques en 1983, Maud Mannoni estimait que cette crise est tout autant celle des parents que celle de l’adolescent (Fize, 2006).
Cette crise de l’adolescence (elle semble pathogène chez 20% des adolescents, 80% la « digère » plutôt bien…) est donc aussi la résultante de difficultés relationnelles avec l’environnement familial. Si l’adolescence est marquée par le deuil de l’enfance, pour les parents il s’agit de faire le deuil de son enfant. Changer de peau, se séparer des parents serait s’individuer ; bref, grandir est marqué par des troubles et tensions avec l’adulte (parents) et ce qui fait autorité dans le corps social (éducateurs, enseignants, police, justice).

Il y a donc crise familiale mais également crise sociale. Depuis le début des années ’70 (1er choc pétrolier) nous vivons une crise socio-économique aggravée par la globalisation des dernières années. Cette crise sociale est amplifiée par les moyens de diffusion de masse et les nouvelles technologies (internet, usage du téléphone portable, jeux vidéos, etc.) dont usent et abusent certains adolescents au point de faire apparaître de nouvelles conduites addictives. Ce monde qui dépasse et effraye nombre d’adolescents, leur supprime aussi statut social et citoyenneté active (par une insertion dans le monde du travail par exemple). Crises sociales et économiques retentissent sur les vies familiales, précarisent les familles, dissolvent les liens interpersonnels et sociaux. Crise sociale et crise identitaire sont bien entremêlées à l’adolescence.

Nous pointerons au moins deux paradoxes. Le premier concerne le désir des adolescents de recevoir force et sécurité des parents que dans le même temps pourtant, ils rejettent car cela contrevient à leur besoin d’autonomie et d’affirmation. Le deuxième est dû au développement de la société libérale post-moderne et à l’égalité, l’horizontalité des statuts qu’elle entraîne. Les jeunes ne sont plus dans la répétition des choix professionnels des parents (« tu seras plombier ou médecin comme ton père… »), mais cette ouverture qui s’accompagne d’un accroissement des exigences de réussite individuelle et d’un affaiblissement des interdits, favorise cette ivresse de tout pouvoir entreprendre sans qu’un étayage familial mettant en place repères et interdits ne soit présent. Philippe Jeammet (2002, p.36) identifie très exactement ce paradoxe que sont « les nouveaux modes de vie familiale s’accompagnant de liens affectifs fortement individualisés mais guère organisés par des « prêts à penser » culturels et idéologiques. Il y aurait par conséquent moins de famille mais plus de liens familiaux, plus de richesse affective personnalisée mais aussi plus de dépendance ». Pour cet auteur, l’interrogation par l’adolescent des interdits parentaux oblige ceux-ci à se justifier. La loi positive, les valeurs, la « morale » ne font plus consensus.

Si la protection structurante de l’interdit est affaiblie au profit de l’exigence de performance « Fais ce que tu veux, mais soit le 1er ! », peut-on répondre à 16 ans à cette injonction sans bases éducatives consistantes ? Jeammet constatera encore que « de la lutte contre les interdits, le conflit s’est déplacé sur le terrain du culte de la performance. Le combat est acharné à tous les niveaux de la compétition, avec ce que cela représente de potentialités créatives mais aussi de potentialités de violence et de destruction. » (ibid., p.35). Ceci peut en partie expliquer les comportements d’opposition et les actes anti-sociaux de certains adolescents. Jean-Marie Forget note lui aussi que « la logique du monde adulte entretient le pubère dans son irresponsabilité et lui propose des ersatz de responsabilités qui entretiennent sa dépendance. Pour un sujet bouleversé par la liberté, la confrontation à un monde adulte qui donne l’impression de ne pas lui fournir d’appui, le laisse sans recours et dans un grand désarroi. » (Forget, 2007, p.7).

Les conduites d’opposition à l’adolescence

Cette crise identitaire corrélée à l’angoisse de l’avenir (« Où vais-je ? Que ferais-je plus tard ? Que devient mon corps ? » ) va pousser le jeune à chercher chez l’adulte non pas des réponses rationnelles, mais ce qui fait leur identité propre. Il va chercher des limites chez l’adulte, limites qui raisonneront en lui et apporteront et construiront des imagos signifiants. Cela explique qu’en l’absence de modèles consistants, certains jeunes se tourneront vers des idéologies (politiques, religieuses) extrêmes où des leaders apporteront des réponses toutes faites.

Le nombre de jeunes venant consulter (plus ou moins contraints par une autorité judiciaire, familiale, scolaire ou autre) en notre service est croissant. Les dénominateurs communs en sont : des parents débordés par les conduites adolescentaires mais également par leur propre vie, un père absent physiquement ou psychiquement ou tout bonnement disparu, des actes délinquants commis et s’accompagnant ou non d’interventions du tribunal de la jeunesse, le décrochage scolaire, une assuétude à des toxiques, essentiellement l’alcool, les amphétamines (speed, ecstasy) et le cannabis. Derrière ces comportements agressifs ou caractériels se dissimulent de véritables états dépressifs. Si ces états ne sont pas nommés comme tels ou pris en compte, ils existeront par l’acte et la violence. Détruire, c’est exister, c’est mettre un sens « insensé » sur son mal-être qui ne peut être exprimé par des mots. Cette violence est piégeante car elle leur confère une fausse identité, une identité substitutive. Ils sont pris, comme dit Patrice Huerre, pour ce qu’ils représentent et non pour ce qu’ils sont (Huerre, 2006, p.21).

La rencontre avec le thérapeute

Nombre d’adolescents reçus en notre consultation arrivent après qu’un tiers envoyeur ait pris un premier contact. Cela peut être un parent, un enseignant, un travailleur de centre psycho-médico-social, parfois aussi un délégué du service de l’aide à la jeunesse (S.A.J. ) ou un délégué du service de protection judiciaire (tribunal de la jeunesse). Peu de jeunes prennent contact de leur propre chef pour une consultation psychothérapeutique. Lorsqu’ils le font, c’est quand un ami ou un condisciple leur a parlé de nous. Nous avons ainsi vu défiler quatre à cinq jeunes d’une même classe au cours d’une seule année scolaire ! Le refus de consulter s’apparente, selon nous, à une défiance vis-à-vis de l’adulte et à un défi envers l’autorité, la référence parentale. Il s’agit aussi d’un réflexe d’autoprotection ou de protection de la dynamique familiale. Mettre en mots sa souffrance ou ses problèmes lorsque l’on a 16 ans, n’est pas chose aisée. De plus, ils diront que les psychologues ou psychothérapeutes, « c’est pour les fous et je ne le suis pas ! ». Comme l’écrit Xavier Pommereau : « Etre simplement à l’écoute, être trop neutre, bienveillant, en retrait, ne rend pas le thérapeute fiable pour l’adolescent. Le risque est que le psychothérapeute soit ressenti comme celui qui non seulement va maîtriser quelque chose dans le langage, mais surtout va corriger quelque chose du sujet » (Pommereau, 2006, p.37).

Nous pensons qu’être un interlocuteur possible pour un adolescent, c’est s’engager dans la relation, expérimenter une rencontre intersubjective et faire circuler entre deux sujets des affects. C’est en puisant dans notre adolescence, nos propres doutes et illusions, en évitant toute démagogie (je ne suis pas lui, et il n’est pas moi…je suis adulte, ce qu’il n’est pas…) que la rencontre sera authentique et maintiendra la singularité de l’adolescent, sa différence et la tolérance à la conflictualisation.

Ceci nous semble cohérent avec des paradigmes constructivistes tels l’absence de pouvoir du thérapeute, l’utilisation de sa personne, l’accent mis sur la spontanéité, l’humilité et le respect de la personne et du système.

2. Identité et narrations

Certains auteurs au début des années ’90, Gergen & Kaye (1998), Anderson et Goolishian, 1998) et White (1998) développèrent des métaphores linguistiques comme la « conversation » pour expliquer l’aliénation des sujets se racontant dans des « histoires » dont les significations sont des constructions sociales. Ces auteurs tentèrent de dépasser la discussion sur le statut épistémologique du pouvoir en recherchant une alternative à la métaphore cybernétique en thérapie familiale. C’est ainsi qu’ils ont conceptualisé les métaphores linguistiques (conversations, etc.) et le paradigme narratif. White, dont nous nous inspirerons en présentant notre vignette clinique, a établi l’importance des narrations dans le vécu d’un problème et dans l’exclusion du sujet. En créant de nouvelles narrations, le patient aura plus de pouvoir sur sa vie. Il affirme ainsi le primat du langage sur le vécu, la pensée, les actes. C’est au travers du langage que s’expriment nos croyances élaborées dans des échanges ou rapports sociaux qui sont des rapports de pouvoir.

Bien des adolescents rencontrés, en quête d’identité, accepteront un étiquetage d’adulte « je suis délinquant, paresseux, toxicomane etc. » plutôt que le vide identitaire. Cette inclusion dans la narration de l’adulte va confirmer l’adolescent dans ses problèmes comportementaux. Stigmatisé par ce discours, il va se réduire au symptôme. A force d’être le problème, on a des problèmes dira Guy Ausloos .

Dans les thérapies narratives, le rapport au temps et à l’histoire est important. Nous ferons nôtre cette phrase de Patrice Huerre qui, évoquant le temps et le passage à l’acte, écrit ceci : « Comment peut-on devenir adulte si on n’est pas suffisamment propriétaire de son histoire. On voit les dégâts qu’occasionnent ces ruptures dans les transmissions, ces orphelins de l’histoire qui se baladent dans le temps présent, sans lien avec un passé, qui soit ne leur a pas été transmis pris dans des situations d’abandon, de rupture massive, etc., soit a été travesti, transformé. On a alors une responsabilité très importante pour réinstaurer un rapport au temps différent. Et bien souvent, quand ces jeunes adolescents criminels, que je vois dans le cadre d’expertise, se découvrent racontant et abordant, à ma demande, des éléments de leur histoire, ils sont manifestement dans l’état d’un puzzle dont les pièces seraient totalement dispersées. Ils ont les éléments en main, ou certains éléments en main, mais c’est un puzzle à construire. Et quand ils se surprennent à pouvoir tenter d’établir quelques liens entre ces morceaux d’histoire, même si c’est à toute petite échelle, il y a quelque chose qui change potentiellement pour eux. » (Huerre, 2006, p.30).

Avoir mal, c’est avoir mal à soi et également à son identité, son histoire. Quand on se voit dispersé, éclaté dans la filiation, quand son histoire est segmentée, pleine de trous comment se situer dès lors dans la relation aux autres ?

Nous n’allons pas ici resituer l’importance des thérapies narratives et du constructionisme social dans le champ de la systémique, mais nous en rappellerons cependant certains concepts essentiels. Michaël White (voir aussi Goldbeter-Merinfeld, 1998 ; Rober & Migerode, 1998 ; Rober, 1998), influencé par Michel Foucault, pense que la connaissance et le(s) pouvoir(s) sont intimement liés, et que l’exclusion sociale est la conséquence d’une identité imposée au sujet. Cette identité imposée par le corps social (tu (n’)es (que) délinquant, toxicomane, incapable etc.) stigmatisera et créera l’exclusion. C’est par des conversations thérapeutiques que l’on va extérioriser (ou externaliser) ce qui était intériorisé et donc s’atteler à un travail de déconstruction. Nous sommes également proches des concepts anti-psychiatriques de Ronald D. Laing (1969) d’aliénation et de mystification où l’expérience de soi dans la rencontre avec autrui est manipulée et disqualifiée. Nous nous construisons ainsi, tout au long de notre vie, des histoires influencées par nos expériences et le contexte socio-politique, donc le pouvoir. Ce pouvoir, comme l’écrit Peter Rober, « dans sa conception foucaldienne est positif, donne une forme à la vie et aux relations interpersonnelles, il produit de la réalité et de la vérité » (Rober, 1998, p.44). C’est en intériorisant (internalisant dira White) le problème comme venant de lui ou de la relation à autrui, que le sujet s’aliène, s’assujettit (ce que Foucault reprend sous le vocable de « pratiques divisantes »).

Narrations et psychothérapies

Dans les thérapies narratives, selon White, trois étapes balisent l’intervention : la première vise à externaliser le problème. Ce n’est plus la personne qui est le problème mais la dynamique qui organise sa vie. Le récit est saturé par le problème, le symptôme, la souffrance. La deuxième étape sera celle de la déconstruction, c’est-à-dire l’étape pendant laquelle le thérapeute, en posant des questions, montrera que la réalité ne va pas de soi et que le sens est produit par une relation, une histoire, un contexte. La troisième étape est celle de la reconstruction. Par un récit alternatif, différent, on modifiera les significations qui alimentent le problème (White, 1998). Nous chercherons donc avec le patient ce qui, dans le passé, n’a pas été contaminé par le problème. Il s’agira d’exhumer les ressources, les réussites et les capacités qui serviront de fondements à une nouvelle histoire.

L’observation du thérapeute portera sur les significations construites, noteront Meynckens & Henriquet (2005, p.204), d’abord par le patient, puis sur celles que patient(s) et thérapeute construisent progressivement ensemble. Le thérapeute permettra la mise en mots d’une nouvelle histoire de la famille autour d’un problème ou d’un événement précis avec la recherche de tous les sens possibles.

 

Vignette clinique


Nous voudrions relater des extraits de la thérapie d’un jeune garçon de 15 ans. Il s’agit de Renato, reçu sous mandat judiciaire décerné par un juge de la jeunesse à Bruxelles.

Introduction
Nos entretiens s’enrichissent de plusieurs pré-supposés. Ce garçon, comme tous les patients, utilise le langage et l’interaction humaine pour construire des réalités. Ces mots sont une réalisation sociale et collective. Des mécanismes d’influence et de pouvoir font que la façon dont les patients nomment et interprètent leur situation, acquièrent un statut dominant car privilégié dans le discours social (exemple : « je suis délinquant » et non pas un être humain, passant une période difficile et « porteur » de symptômes délinquants). Donc, en s’exprimant, chacun agit sous l’influence des répertoires déjà disponibles et, inversement, enrichit le répertoire collectif. Se pose dès lors la question de notre responsabilité ou de notre autonomie lorsque nous nous exprimons : les narrations nous reflètent-elles ou nous construisent-elles ?

Nous verrons que le récit de Renato est à la fois auto-construit, mais aussi sous influence. Il acquiert une valeur de vérité et structurera l’identité en construction de ce jeune. Le « qui suis-je ? » est donc constamment négocié et entretenu par les contextes relationnels dans lesquels nous évoluons, et reste donc souple, malléable, modifiable (cf. Grégoire, 2006, p.1). Les récits priorisés façonnant l’identité vont dès lors orienter les comportements (car si je suis un voyou, défini comme tel, je vais me conduire comme tel…). Nous essayerons dès lors de décoincer les limites du discours réducteur en faisant passer d’autres discours auto-descriptifs plus satisfaisants issus de la personne et du répertoire social.

L’histoire de Renato

Renato, 15 ans, nous est envoyé par un juge de la jeunesse pour des faits graves. Quinze jours avant notre premier entretien avec lui et sa maman, il avait eu l’intention de poignarder une enseignante qui, dit-il, refusait de l’aider et de plus, se moquait de lui. Victime à de nombreuses reprises de quolibets de la part de ses condisciples eu égard à son obésité (125 kgs à 15 ans !), Renato a « explosé » et s’est présenté à l’école, dissimulant dans sa manche deux grands couteaux, avec la ferme intention de tuer ce professeur. Heureusement, il fit part du projet à un condisciple qui en parla à un éducateur, lequel le désarma. Arrêté à l’école par la police, il fut présenté le lendemain, après une nuit en cellule, à un magistrat de la jeunesse qui prit une mesure de placement de cinq jours dans un centre fermé pour mineurs. Le magistrat demanda également une expertise médico-psychologique qui conclut à la responsabilité des actes et à l’importance d’un suivi psychologique. Renato et sa mère se présentèrent donc en notre service.

Nous rencontrâmes ce garçon pendant un an, toutes les semaines au cours des premiers mois, puis bi-mensuellement. Quelquefois, nous invitions, avec son accord, sa mère et/ou son père. Les faits graves furent qualifiés de tentative de meurtre.

Le passé familial de Renato est chargé. Son demi-frère s’est suicidé à 22 ans. Son grand-père maternel est décédé dans des circonstances troubles (assassinat ?). Le père (divorcé) de Renato a été condamné à 7 ans de prison pour trafic de drogue ; il éduque son fils (il héberge Renato un week-end sur deux) dans « l’injustice de la justice » et le « fais ce que tu veux » ! Il n’apporte aucune aide matérielle à la mère de Renato.

Renato fut exclu de l’école où se produisirent les faits, et après plusieurs semaines de recherche d’une autre école, il fit un court passage dans l’une, puis fut inscrit en contrat d’apprentissage chez un plombier (enseignement en alternance avec stage chez un employeur).
A l’inverse du père de Renato, sa mère se (sur)implique dans l’éducation de son fils. Elle le traite comme un tout petit enfant, fait les démarches à sa place, minimise les faits tout en en reconnaissant leur gravité... Elle a cherché des écoles, des employeurs. Parallèlement au suivi psychologique, Renato dut accomplir une prestation d’intérêt général au service de la collectivité de 80 heures.

La construction d’un espace de dialogue par la thérapie narrative
Nous ne pouvons évidemment pas rendre compte de façon exhaustive des entretiens qui se sont déroulés sur une année. Nous diviserons cette thérapie en deux temps, le premier épisode étant ponctué par des questions interrogeant les narrations anciennes, l’autre se préoccupant de la construction de narrations alternatives.

1. Déconstruction et externalisation du problème

- Th : Comment et à quel moment cette colère vis-à-vis de l’enseignante, est-elle montée en toi ?

- R : Lorsqu’elle ne voulait pas répondre à mes questions, indiquant que je ne comprenais pas… Elle me prenait pour un con !

- Th : Y a t-il longtemps que tu portes cette colère en toi ?

- R : Quand on ne s’occupe pas de moi, que l’on me laisse seul (il évoque le désintérêt de son père)…

- Th : Quand on se moque de toi, quelles émotions ressens-tu physiquement ?

- R : J’ai envie de pleurer mais aussi de cogner…

- Th : Est ce que tes colères te rappellent des histoires passées ?

- R : Oui, cela me rappelle mon père qui quittait ma mère…

- Th : Quel effet, autre que la colère, crois-tu que cela eut sur toi ?

- R : Peut-être mon poids. Je mange énormément (depuis l’incarcération de son père, dira t-il plus tard.)…

- Th : Quels effets cette colère a t-elle sur tes loisirs, ta vie familiale ?

- R : On se détache de moi…

- Th : Comment, enfant, les colères se manifestaient-elles ?

- R : Je cassais beaucoup…

- Th : Qui t’a dit que ce n’était pas bien, la colère ?

- R : Tout le monde, ma mère surtout…

- Th : Peux-tu te souvenir d’une colère légitime, normale où tu avais raison de te mettre en colère mais sans trop déborder ?

- R : Quand on se moque de mon poids…

- Th : Comment es-tu quand tu n’es pas en colère ?

- R : Plutôt gentil, serviable, je fais les courses pour ma mère.

Notre hypothèse est qu’en externalisant ainsi le problème, Renato pourra petit à petit s’en libérer. A charge pour le thérapeute de ne pas être « hypnotisé » par celui-ci : Renato n’est pas que sur-réactif… Plus nous déconstruirons, plus nous nous mobiliserons contre le problème et la souffrance. Nous tenterons aussi de « déterrer » l’histoire de cette souffrance.

Nous avons également entrepris avec Renato un travail de dissociation. Dans ce travail, Renato est en colère et nous lui demanderons de s’adresser à la colère elle-même. Le but est de le responsabiliser face à l’emprise du problème, de lui faire jouer un rôle (personnage) face à cette rage, pour mieux la comprendre et la dominer. Renato se rend compte petit à petit de la manière dont cette colère, cette rage s’empare de lui, le manipule ; il s’apercevra au décours de la thérapie qu’il n’est pas que de la rage, mais qu’au fil des années, elle a gagné du terrain.
En élaborant autour des alliés de cette colère (en y associant l’injustice notamment), il est parvenu à extérioriser des sentiments masqués jusqu’alors par la colère : peur, injustice, manque d’amour de son père…
Insensiblement, Renato glisse d’une définition banalisante des accès de violence (« je suis nerveux… ») à une prise de conscience de la relation d’emprise que cette violence a sur lui

- Th : Comment peux-tu te faire respecter autrement qu’en cognant ? La colère t’exclut. Comment vis-tu cela ?

- R : Cela déçoit ma mère, je ne me concentre plus à l’école, cela me rend triste…
Il évolue insensiblement dans le langage et explore de plus en plus les effets de ses bagarres (exclusion etc.). Nommer, c’est externaliser, mais nommer a aussi un effet pédagogique : cela enrichit le vocabulaire et donc la palette des émotions. On ressent, on nomme, on dit et… on passe moins à l’acte. Ceci est fondamental chez ce jeune garçon qui n’a jamais beaucoup communiqué avec ses parents, la verbalisation des émotions et des sentiments ne se faisant pas dans ce milieu familial avare de comportements de gratification.

2.Construction d’une histoire alternative

Plusieurs histoires peuvent coexister en parallèle. Il s’agit d’accompagner le patient dans la construction d’un récit plus satisfaisant que « l’histoire du problème ». Le thérapeute agit comme guide mais le patient doit être le véritable auteur de son histoire. André Grégoire (2006, p.21) va distinguer dans le récit alternatif la dimension de l’action et la dimension de la signification. Voici un exemple d’action chez Renato :

- Th : Y a t-il eu des moments où tu as eu le dessus sur ta colère ?
Si la colère n’était pas ta « carte d’identité », comment pourrait-on te voir (qualités) ?
Pendant l’élaboration du récit nous questionnerons Renato sur ce qu’il sentait, faisait, voyait, ressentait physiquement, etc.

L’étape qui suit l’action est la signification :

- Th : Comment pourrais-tu décrire une nouvelle relation avec ton père ?

- R : Nous ferions des activités ensemble le week-end, nous partirions en vacances ensemble (la famille est d’origine italienne).

- Th : Si les choses continuaient à évoluer positivement, comment te décrirais-tu ?

- R : Un type en lequel on pourrait avoir confiance…

- Th : Quelles qualités mettrais-tu en avant pour négocier et non frapper ?

- R : Ecouter jusqu’au bout…

- Th : En repensant à l’agression de ton professeur ( qui a eu lieu huit mois auparavant), que pourrais-tu dire avoir appris sur ta façon d’entrer en contact avec les autres ?

- R : Je me domine mieux…

- Th : Cette histoire nouvelle t’apprend-elle quelque chose sur des aspects de ta vie future ?

- R : A force de me battre, je n’ai que des emmerdements…

En externalisant l’histoire ancienne nous avons utilisé des métaphores où dominaient la domination, l’irruption non contrôlée de la violence. Dans cette phase de reconstruction nous utilisons au contraire des métaphores où il est en position de contrôle sur ses comportements : réussite, mettre en avant, résister à, prendre le dessus.

Temps et narrations ou comment le passé explique le présent et construit le futur

L’échelle du temps (passé/présent/futur) va inclure le récit dans un processus et se conjugue aux dimensions action et signification.

- Th : Quel événement récent peut expliquer cette décision d’entrer en apprentissage ?

- R : Mon passage chez le juge…

- Th : Quelles sont tes réussites antérieures ?
Qu’est-ce qui, dans ton enfance, aurait pu prédire que tu tiennes le coup aujourd’hui ?

- R : Quand je faisais un jeu de construction, je ne pouvais plus m’arrêter…

- Th : Que reste t-il aujourd’hui de ce sentiment d’injustice passé ?

La futurisation

- Th : Comment crois-tu que ton contrat d’apprentissage évoluera dans les semaines à venir ?

- R : Bien ! J’aime mon patron et dans les matières théoriques, je suis très bon…(alors qu’il y avait échoué dans l’enseignement de plein exercice !)

- Th : A 18 ans que diras-tu de toi ?

- R : ???

- Th :Si tu te contrôles jusque-là, que diras-tu au juge lors de l’audience publique ?

- R : Que je suis « calmé » et que je m’excuse…

- Th : Comment ce changement dont tu administres la preuve va-t-il s’exprimer plus tard comme travailleur (action) et que penserais-tu de toi (signification) ?

- R : J’ouvrirais peut-être ma propre entreprise…

Six mois après la fin de la thérapie, Renato est en deuxième année de contrat d’apprentissage (qui dure trois ans), est assidu aux cours théoriques et donne entière satisfaction à son employeur. Son comportement s’est modifié et il ne se met plus qu’épisodiquement en colère nous dira sa maman.

Narration et communication ericksonnienne ou l’hypnose sans hypnose

Milton Erickson s’est aperçu que certains états de transe pouvaient se manifester sans avoir recours à une technique d’induction. Ces états psychiques sont spontanés et quotidiens chez tout un chacun. Ces transes apparaissent au cours de certaines interactions, dans des contextes relationnels particuliers, sans induction formelle de transe. Nous sommes impressionnés par la ressemblance entre les constructions/déconstructions d’histoires et les suggestions indirectes en hypnose éricksonienne. Ces suggestions indirectes facilitent l’absorption en soi et atténuent les résistances à des suggestions directes. L’hypnose est une modalité naturelle de communication activant la focalisation intérieure, mais les techniques rituelles formelles ne sont pas nécessaires pour induire une transe : n’importe quelle conversation peut développer une transe sans que les personnes concernées ne s’en rendent compte (Erickson, Rossi et al., 1976, cité par Balken, 2001). Dans une psychothérapie, c’est le contexte qui définit l’interaction comme thérapeutique et les modalité langagières acquièrent un sens nouveau, orienté vers un but qui se veut thérapeutique. C’est ce contexte qui fera qu’une conversation en état de veille peut stimuler le retour de l’attention sur soi, favorisant des associations latentes, ce processus étant produit par le langage. Joséphine Balken (2001, p.252), en s’interrogeant sur ce que signifie être thérapeutique, dira : « c’est la possibilité de contacter et d’activer des liens associatifs nouveaux, différents, en intégrant des ressources inconscientes qui permettront des modifications comportementales en vue d’une meilleure adaptation à son milieu ». De même, Watzlawick (1985) a également relevé qu’il y a transe sans hypnose (sans induction formelle de transe) lorsqu’on utilise certaines modalités particulières en état de veille.

Conclusions

Notre vignette clinique relate une thérapie individuelle, même si les parents y participèrent épisodiquement. Cette présence occasionnelle a validé le travail thérapeutique. Rober & Migerode (1998, p.221) évoquent les difficultés d’application de l’approche narrative de Epston et White à la thérapie familiale en relevant que les exemples cliniques présentés par ces deux auteurs concernent généralement des thérapies individuelles.

Il nous a cependant semblé que cet essai d’adaptation de l’approche de White à une thérapie individuelle d’adolescent a permis à ce jeune garçon de modifier son étiquette de délinquant, d’être moins déterminé par un diagnostic et d’en être différencié, et enfin de montrer ses compétences. A condition de laisser au patient la maîtrise sur la construction d’une histoire alternative, il devient expert et rend le problème plus « externe » qu’inhérent à lui-même. Il est moins restreint, ses compétences, forces et réussites (et non plus le symptôme comme dans la cybernétique de 1er ordre) sont utilisées comme des fonctions.

Sa nouvelle narration a pu aider cet adolescent à relier les différents fragments de sa personne et d’y mettre de l’ordre, à retricoter son histoire et être ce qu’il faisait plutôt que de faire ce qu’il était (ou ce que le discours de certains adultes lui disaient de ce qu’il était…).

Les parents de Renato ont été présents à certaines séances, non pas comme patients mais comme « assistants » de leur fils, l’aidant à ré-historiciser sa vie et en étant témoins de sa réflexion sur lui-même. Il nous semble que cette approche peut être étendue à la thérapie familiale. Nous avons par ailleurs expérimenté l’utilisation des métaphores construites et du conte systémique (Caillé, 2004, p.127-133) comme technique d’intervention, discipline voisine de l’approche narrative.

Nous ne considérons pas ce processus de déconstruction/reconstruction comme un tour de magie magique mais, s’il est pratiqué avec rigueur, il peut aider une famille ou un sujet à redevenir auteur de sa vie en prenant conscience que ce qui l’assujettit, c’est l’incapacité de dissocier sa vie de la construction d’histoires qui l’appauvrissent. Cette perspective où le soi est construit dans l’interrelation avec les liens sociaux et le regard des autres permet d’enraciner le changement.

Comme l’écrit Mary Sykes Wilye (1998, p.250) « cette transfiguration (mutation du regard sur soi, selon nous), au fond, est un mystère qui vient défier les notions de « soi unitaire », surtout si ce soi est prédéterminé par la culture et la politique et s’il s’agit d’une entité statique prise au moule de certains modes opératoires et de certaines sélections ». Ce « soi » nouvellement transfiguré, est-il plus « réel », plus « vrai » que l’ancien. Ce nouveau « soi » aura t-il plus de succès que le précédent ? Nous conclurons en citant White : « je ne sais pas ce que ces histoires sont en train d’apporter, je ne veux pas savoir si elles seront bénéfiques ou non, tout ce que je peux faire c’est de continuer à questionner la personne sur les effets de l’histoire en lui demandant de les évaluer. Je ne puis être sûr de rien, il y a toujours beaucoup de surprises. » (in Sykes Wilye (1998, p.250). Laissons-nous surprendre !

Alain Marteaux. Psychothérapeute systémique. Formateur à l’Institut d’Etudes de la Famille (Bruxelles), à l’Ifisam (Bruxelles), à Tabiyeen (Liban).

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Article publié le 6 mars 2016
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Article proposé par

Marteaux Alain

Psychothérapeute systémique. Formateur à l’Institut d’Etudes de la Famille (Bruxelles), à l’Ifisam (Bruxelles), à Tabiyeen (Liban).
Membre de l’European Family Therapy Association, de l’Abipfts
(Association belge des intervenants en psychothérapie systémique), du Groupement belge des formateurs en thérapies systémiques.
- 40, av. du 11 novembre à Etterbeek (1040)
- 3, square du Solbosch à Ixelles (1050)
- marteaux.alain@gmail.com
- 0476/62.28.60

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