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Comment choisir une thérapie ?

Par Patrick TRAUBE

Qu’est-ce que la psy­cho­thé­ra­pie ? En quoi se dif­fé­ren­tie-t-elle de la psy­cha­na­lyse ? Comment fonc­tionne-t-elle ? Comment agit-elle ? Que peut-on en espé­rer ? Sous quel­les formes se pré­sente-elle ? Qui est le psy­cho­thé­ra­peute ? Qui est le psy­cha­na­lyste ? ... C’est à ces ques­tions que nous allons tenter de répon­dre dans cette pré­sen­ta­tion géné­rale, lais­sant aux spé­cia­lis­tes de chaque méthode thé­ra­peu­ti­que le soin d’expli­quer la sienne.

La psychothérapie, remède aux blessures d’âmes

Tous et toutes aspirons au bonheur et tentons d’échapper à la souffrance, celle du coeur comme celle du corps. Les psychothérapies sont ces méthodes de traitement psychologique qui, contrairement à la psychiatrie, prétendent soigner nos souffrances psychiques sans utiliser le moindre médicament, la moindre substance chimique.

Comment définir en quelques mots une psychothérapie ou une psychanalyse ? Essentiellement, comme ... UNE RELATION, mais une relation d’un genre particulier, une relation qui se noue entre deux personnes : un "patient" ou un "analysant" qui vient avec une demande d’écoute, une demande d’aide, une demande de changement et un(e) "thérapeute"/"analyste" supposé(e) capa-
ble d’entendre cette demande et d’y répondre. Qu’est-ce qu’un "patient" ? Qu’est-ce qu’un "thérapeute" ou un "analyste" ?

1. Le "patient" : un être en souffrance

Pour le médecin, un "patient" est un malade. Pour le psychothérapeute, pas du tout. Le "patient" est un individu-en-souffrance qui, au lieu de se mettre la tête dans le sable, au lieu de continuer à être le jouet passif de son destin, décide d’en prendre les rennes à pleines mains. Le patient n’est donc pas un être faible en quête de bequilles. C’est un individu qui (non sans courage !) cherche à échapper à ses "démons intérieurs" et, pour y parvenir, prend rendez-vous avec lui-même. Il vit un mal-être mais sait qu’il pourrait en être autrement. Le premier rendez-vous chez le "psy" est donc une démarche qui ne va pas de soi puisqu’elle requiert trois conditions :

-  une souffrance vécue et reconnue
-  la conviction qu’il est possible de vivre mieux
-  la décision de se faire aider pour y arriver

Pour s’exprimer de façon imagée, on pourrait dire ceci : la plupart des gens traversent la vie avec des chaussures trop étroites qui font saigner leurs pieds et handicapent leur marche mais se disent que c’est leur destin ou le sort commun de tous.
Certains savent qu’il existe des chaussures qui leur conviendraient mieux mais prennent leur mal en patience dans l’espoir que le temps arrangera les choses.
Certains enfin entreprennent de trouver des chaussures à leur pointure. Ils décrochent leur téléphone et sollicitent un rendez-vous chez un "psy".

Cela signifie-t-il que toute souffrance psychique exige les services d’un thérapeute ? Non ! Tous les jours, notre organisme est agressé par des microbes, des virus et pourtant nous ne tombons pas malade. Pourquoi ? Parce que notre corps possède ses lignes de défense. Il fabrique les anticorps qui le protègent. Il peut arriver toutefois que ces lignes de défense soient débordées. C’est alors que nous consultons un médecin.

C’est pareil sur le plan psychique. Nous sommes confrontés en permanence à des mots qui blessent, à des souvenirs qui ravivent d’anciennes souffrances, à des tiraillements douloureux, à des désirs inassouvis, à des pensées négatives et destructives ... mais notre psyché possède ses "amortisseurs", ses ressources propres. Il peut arriver que celles-ci ne suffisent plus à la tâche, que les "anticorps" psychiques soient dépassés par un adversaire qui redouble de vigueur. Nous "craquons", nous "disjonctons". Nous appelons alors un professionnel à l’aide pour qu’il soutienne nos efforts. Ce professionnel, c’est le "thérapeute" ou l’ "analyste".

2. Le psychothérapeute et le psychanalyste : un accompagnateur

Qu’est-ce qu’un psychothérapeute ou un psychanalyste ?
Un directeur de conscience ? Evidemment non ! Car il n’y a pas de direction fixée d’avance, encore moins d’autorité capable de décider à notre place laquelle serait la bonne pour nous. Est-il un conseiller ? Pas vraiment ! Parce que la réponse à la question posée par le patient se trouve en lui-même. Nous marchons dans nos mocassains, pas dans ceux des autres.

Alors, comment définir le psycho-thérapeute ? Comme un "éveilleur" de conscience ? C’est déjà mieux ... mais un peu prétentieux. Je préfère la définition suivante : le psychothérapeute, comme le psychanalyste, est l’accompagnateur professionnel des souffrances intimes, celui qui entend la question du patient et à l’aide à trouver SA réponse.

Est-ce un guide alors ? Dans un sens, oui ! Dans le sens où il progresse à côté de son patient, soutenant par sa présence l’effort du chemin à parcourir. Qu’est-ce qui l’autorise à occuper cette position ? Le fait qu’ayant exploré sa propre géographie intérieure, il est en mesure de baliser pour les autres le chemin de la guérison psychique. Le fait qu’outre les connaissances acquises dans le domaine de la psychologie, il a rencontré sa propre misère. C’est pour cette raison que le métier de psychothérapeute ou de psychanalyste impose à celui qui l’exerce de "travailler d’abord sur lui-même".

Si le psychothérapeute est un familier de la souffrance humaine, est-il pour autant un coeur qui compatit, une épaule sur laquelle on s’épanche ? Non ! Les proches font cela aussi bien et pour moins cher. L’accompagnateur des parcours intimes est avant tout une oreille qui entend, mais qui entend d’une autre manière que le confident, le médecin, le prêtre ou l’assistant social. On pourrait dire : le thérapeute et l’analyste sont formés à entendre entre les mots, entre les gestes, à entendre de la "troisième oreille" !

Précisément, que faut-il savoir sur la formation des praticiens ?

Trois choses :

- 1. Si les titres de "psychiatre" (docteur en médecine spécialisé en psychiatrie) et de "psychologue" (licencié ou docteur en psychologie) sont des titres protégés par la loi, il n’en va pas de même des titres de "psychanalyste" et de "psychothérapeute". Attention donc ! Certains "thérapeutes" s’affublent d’un titre sans en avoir la qualification.

- 2. (Presque) tous les psychanalystes et beaucoups de psychothérapeutes ont une formation préalable de psychologue ou de médecin, mais celle-ci n’a pas un caractère obligatoire. Certains psychothérapeutes sont, à l’origine, assistants sociaux, conseillers conjugaux, philosophes, ingénieurs ou mathématiciens.

- 3. Inversément, il ne suffit pas d’être psychologue ou psychiatre pour être automatiquement psychanalyste ou psychothérapeute. Ces qualifications exigent une formation spécifique dans l’une ou l’autre école psychothérapeutique. Par contre, un psychologue ou un psychiatre (non-analyste ou non-thérapeute) peut parfaitement assurer une "psychothérapie de soutien" (voir plus loin).

3. La thérapie un marche-pied vers le changement

La thérapie disions-nous est une relation. Mais ce n’est pas une relation comme les autres. Elle est orientée vers un but. Si l’on consulte un thérapeute ou un analyste, Si l’on consulte, c’est pour vivre mieux (ou moins mal !). Est-ce à dire qu’après une thérapie on devient quelqu’un d’autre, on change de personnalité ? Certes non ! La psychothérapie ne nous fait pas devenir quelqu’un d’autre mais nous rend un peu plus nous-même. Elle nous permet de devenir vraiment qui nous sommes.

Car souvent nous confondons notre corps et le vêtement qui le couvre. Nous prenons pour notre être réel, le costume que nous portons sur le dos (notre identité sociale). Parfois, ce costume correspond plus ou moins à nos mensurations. Mais que de fois ne nous gêne-t-il pas aux épaules ou à l’encolure. Nous nous y sentons à l’étroit et notre être actuel garde traces des contorsions auxquelles il lui a fallu consentir pour y entrer. En réalité, il faut du temps pour découvrir qu’à l’origine, nous sommes ce qu’ON a fait de nous. "On", c’est qui ? Nos parents d’abord, avec leurs attentes, leurs désirs (fruits de leur propre histoire), l’image qu’ils ont de nous et à laquelle nous avons du nous conformer. C’est aussi la société dans laquelle nous vivons, la culture qui nous prescrit un rôle. Cette personnalité d’emprunt, nous l’avons à ce point interiorisée (faite nôtre), que nous avons l’impression qu’elle est "notre nature".

Or, à partir de ce qu’on a fait de nous, nous avons à nous trouver nous-mêmes. Cela signifie d’abord prendre conscience de nos conditionnements mentaux et sociaux, nous donner la permission de nous en dégager progressivement, de nous libérer de l’emprise de ce qui nous lie et nous enchaîne à notre insu. Est-ce renier son passé, son éducation, sa famille ? Pas du tout ! C’est se ré-approprier sa propre histoire. Etant plus conscient de ce qui nous agit de l’intérieur, nous sommes en mesure de devenir l’auteur de notre scénario. Si notre histoire nous a forgé, il nous reste à forger notre histoire. Si le passé nous a pétri, il nous faut laisser germer notre avenir. La société nous a attribué un rôle, à nous de trouver celui qui nous convient, de casser l’engrenage fatal des comportements répétitifs pour trouver notre propre "centre de gravité". Nous devons le trouver nous-mêmes, le cas échéant avec l’aide d’un "psy". C’est la seule manière de sortir de la malédiction névrotique. Qu’est-ce que la névrose, finalement, sinon un comportement à la fois insatisfaisant (il barre notre accès au bonheur) et répétitif (c’est toujours les mêmes choses qui m’arrivent coup sur coup). C’est se faire du mal et ne pas pouvoir s’en empêcher. C’est, comme le goéland, vouloir prendre son envol mais avoir les ailes engluées, les plumes lestées de plomb.

4. La cure-d’âme : permission (de se dire), protection, neutralité, liberté

Pour affronter les démons qui nous agitent, il est indispensable que nous nous sentions en sécurité et en confiance. La psychothérapie offre la possibilité de nous mettre à nu, mais de le faire en toute sécurité. Elle érige des barrières de protection comme, par exemple, la règle du secret professionnel et la règle d’incompatibilité entre relation thérapeutique et relation privée qui garantit la neutralité absolue du thérapeute (le thérapeute ne peut être ni le conjoint, ni l’enfant ou le parent du patient ; il ne peut être non plus son ami, son supérieur hiérarchique ou son subordonné). Ces règles isolent le champ thérapeutique de toutes relations de pouvoir ou relations affectives. Elles assurent ainsi au patient sa pleine liberté de parole et au thérapeute sa pleine liberté d’action.

Cette indispensable neutralité du "psy" signifie surtout deux choses :
-  D’abord l’abstention de jugement. Le thérapeute ou l’analyste n’est pas un éducateur, encore moins un moraliste. Il n’a pas à porter de jugement sur le comportement de son patient. Les conventions ou convenances sociales ou morales qui ont cours dans la vie réelle, n’ont pas leur place en thérapie. Tout y peut être dit sans contrôle, ni censure.
-  Ensuite, l’abstention de désir. Le patient souffre d’avoir été trop longtemps prisonnier de l’attente des autres (ses parents, son conjoint, la société). Si le thérapeute se met lui aussi à vouloir "le bien" du patient, à vouloir qu’il change, évolue, guérisse..., il enferme au lieu de libérer, il prolonge l’engrenage pathologique au lieu de le casser.

Enfin, faut-il le souligner, la psychothérapie/la psychanalyse est un acte de liberté. Si on entreprend une cure d’‚me de force (contrainte dure) ou pour-faire-plaisir-à-quelqu’un (contrainte douce), le rendez-vous est manqué d’avance. Pas la peine d’aller plus loin.

5. Choisir son "psy" en connaissance de cause

Ce qui me convient, n’est pas nécessairement ce qui convient à mon voisin. Une fois que j’ai a pris décision de rencontrer ma souffrance, encore faut-il choisir le type de "psy" que je vais consulter. Et d’abord ...

- 1. Psychanalyste ou psychothérapeute ?
Une fois n’est pas coutume : les mots disent bien ce qu’ils veulent dire ! La psychanalyse est une "analyse", la psychothérapie est une "thérapie". En psychanalyse, la priorité c’est de prendre conscience des racines passées de
ma souffrance présente (comprendre d’abord, guérir peut-être !). En psychothérapie, les priorités s’inversent. L’important est de changer et de "guérir" (changer d’abord, comprendre peut-être !). Comment fonctionnent l’une et l’autre ?
La psychanalyse est une "cure de parole" et se pratique uniquement en relation individuelle. Le patient (étendu sur un divan ou assis dans un fauteuil) est invité à parler librement, à exprimer tout ce qui lui vient à l’esprit. Le praticien écoute beaucoup et intervient de temps à autre pour suggérer une "interprétation". Cette exploration fouillée du passé vise à retrouver les expériences infantiles négatives liées aux premières relations avec les parents et à comprendre comment elles influencent encore notre vie actuelle. Elle dure entre trois et dix ans à raison d’une ou deux séances par semaine.
La psychothérapie peut emprunter deux voies : celle de la parole (thérapies verbales) ou celle du corps (thérapies psycho-corporelles). Elle vise à atténuer le poids de la souffrance et à aider à vivre plus pleinement, plus sereinement. Elle dure généralement entre trois mois et trois ans à raison d’une séance par semaine.
Ajoutons qu’il existe aussi une "psychothérapie d’inspiration analytique" (compromis entre psychanalyse pure et psychothérapie) qui propose des entretiens en face-à-face visant une exploration du passé tout en demeurant attentive à la réalité présente du patient. Notons enfin la possibilité d’avoir recours à une "psychothérapie de soutien" qui, utilisant surtout les ressources de l’ "écoute active", peut aider à passer un cap difficile de l’existence ou à clarifier un problème.
Qu’elle soit verbale (thérapie rogérienne, analyse transactionnelle, gestalt-thérapie...) ou psychocorporelle (bioénergie, rebirthing) ou qu’elle combine les deux, une thérapie peut se dérouler selon quatre modalités : en relation individuelle, en groupe, en couple ou en famille.

- 2. Psychothérapie individuelle, de groupe, de couple ?
La thérapie individuelle est un face-à-face entre un patient et un thérapeute. Elle est indiquée dans les situations de crise aigüe ou quand le problème se situe surtout à l’intérieur de soi (même s’il a des répercutions sur la vie relationnelle).
La thérapie de groupe se déroule dans un groupe est formé d’une dizaine de patients et animé par un ou deux thérapeutes. Elle est indiquée quand le problème comporte un aspect relationnel important (sentiment d’infériorité, relations conflictuelles chroniques, peur de l’autre, image de soi ...)
La thérapie de couple exige la présence des deux conjoints. Elle ne consiste pas à rabibocher à tout prix un couple où l’amour a fuit, mais s’impose lorsque les deux partenaires veulent poursuivre la route commune mais qu’un problème de communication ou un problème sexuel fait grincer les rouages de la relation et hypothèque son avenir.
La thérapie familiale inclut tous les membres d’une même famille réunis autour d’un ou deux thérapeutes et est donc plus difficile à mettre en place. Elle est indiquée lorsque le problème n’est pas spécifiquement lié à une personne mais est un problème de fonctionnement général de la famille. C’est alors le "système familial" qui est malade et soumis au "traitement".

Il va de soi que ces quatre modalités ne sont pas strictement cloisonnées. Une thérapie conjugale ou familiale amène inévitablement des remises en question personnelle et une thérapie individuelle (seul ou en groupe) n’est pas sans effet sur la vie du couple ou de la famille. Notons aussi qu’aux côtés des thérapie "en groupe", il existe des formes de thérapie "des groupes" (dynamique de groupe, analyse institutionnelle, sociothérapie... où c’est le groupe/
l’institution qui fait l’objet du traitement) et des thérapie "par le groupe" (certains gestaltistes traitent les personnes en traitant le groupe).

Par ailleurs certaines méthodes thérapeutiques travaillent exclusivement sur l’une de ces modalités alors que d’autres peuvent s’exercer sur plusieurs d’entre elles. A titre d’exemples :
- Méthodes exclusivement individuelles : psychanalyse, psychothérapie d’inspiration analytique, thérapie comportementale, Rêve Eveillé Dirigé, Hypnose ericksonienne ...
-  Méthodes pouvant s’exercer "en indi-viduel" ou en groupe : Bioénergie, Gestalt-thérapie, Rebirthing, PNL ...
-  Méthodes pouvant s’exercer "en individuel", en groupe ou en couple : Analyse Transactionnelle, thérapie rogérienne ...
-  Méthode réservée aux couples ou aux familles : thérapie systémique.

Concluons cette brève présentation générale !
Si l’on hésite sur la direction à prendre, il peut être utile de s’adresser d’abord à un psychothérapeute-orienteur qui, au terme de quelques séances d’approche, peut émettre un avis sur le type de thérapie approprié.

Questions, témoignages, commentaires, nos forums sont à votre disposition ici


- Publié le : mardi 3 mars 2009


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