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	<title>Mieux-Etre.org</title>
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	<description>Le portail de la Psychoth&#233;rapie, du Coaching et du mieux-&#234;tre en Belgique, &#224; Bruxelles et en Wallonie. Recommandations de th&#233;rapeutes et formations.</description>
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		<title>Mieux-Etre.org</title>
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		<title>Ethnopsychanalyse (partie 2)</title>
        
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		<dc:subject>Ethnopsychiatrie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'ethnopsy, selon le principe &#233;nonc&#233; par Devereux, ne hi&#233;rarchise pas les interpr&#233;tations ni le choix des outils th&#233;rapeutiques ; pour l'ethnopsy, la parole &#233;chang&#233;e au sein du groupe, la pri&#232;re ou l'&#233;vocation des anc&#234;tres, les actes ou pratiques magiques , les transes, auront la m&#234;me valeur que les r&#234;ves, les associations libres ou tous les outils qu'un psy occidental pourrait utiliser.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-ethnopsychiatrie-+.html" rel="tag"&gt;Ethnopsychiatrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me partie
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href='https://www.mieux-etre.org/L-Ethnopsychanalyse-medecine-d.html' class='spip_in'&gt;Lire la premi&#232;re partie de cet article&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;V -L'AVENIR DE LA PSYCHOTHERAPIE&lt;/h3&gt;&lt;figure class='spip_document_1016 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:300px;&#034; data-w=&#034;300&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:133.33333333333%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/doc-1016-resp160.jpg?1711790954' alt='' data-src='IMG/jpg/doc-1016.jpg' data-l='300' data-h='400' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-1016-resp160.jpg?1711790954&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-1016-resp300.jpg?1711790954&#034;},&#034;300&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-1016-resp300.jpg?1711790954&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-1016-resp300.jpg?1711790954&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&#034;J'en suis arriv&#233; &#224; penser que l'ethnopsychanalyse, lorsqu'elle est pratiqu&#233;e de mani&#232;re rigoureuse - et je sais combien c'est difficile -est &#224; l'heure actuelle la psychopathologie la plus &#224; m&#234;me de penser syst&#233;matiquement les faits &#224; partir de proc&#233;dures d'influence d&#233;lib&#233;r&#233;ment d&#233;clench&#233;es par le th&#233;rapeute et non &#224; partir d'une ridicule entomologie psychiatrique que m&#234;me les plus irr&#233;ductibles biologistes trouvent aujourd'hui totalement arbitraire.&#034; (Tobie NATHAN, op. cit.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On dit souvent que la m&#233;decine rel&#232;ve &#224; la fois de l'art et de la science&#034;, nous rappelle Philippe PIGNARRE (op.cit.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Chine ancienne, le m&#233;decin &#233;tait pay&#233; r&#233;guli&#232;rement, et parfois richement, s'il &#233;tait connu pour son habilet&#233;, tant que son patient demeurait en bonne sant&#233;. En revanche, il cessait de l'&#234;tre d&#232;s que son patient tombait malade !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un bon moyen de motiver le m&#233;decin &#224; nous gu&#233;rir, sans lui laisser l'officielle permission de nous traiter comme un cobaye, sur lequel on va tester tel m&#233;dicament, et puis, tiens, s'il ne &#034;marche&#034; pas, ily a l'autre, le petit nouveau qui vient de sortir, et dont le labo pharmaceutique lui a justement vant&#233; les m&#233;rites, lui promettant parfois voyages et cadeaux s'il le prescrit ....(authentique, h&#233;las !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans lemeilleur des cas, lorsqu'il ne sait pas quoi faire, et qu'il veut r&#233;ellement respecter son serment d'Hippocrate (qui lui enjoint, je le rappelle : &#034;PRIMUM, NON NOCERE&#034; : &#034;d'abord, ne pas nuire&#034;), notre bon vieux m&#233;decin &#034;defamille&#034; prescrira un PLACEBO, c'est-&#224;-dire une substance th&#233;oriquement d&#233;pourvue de principe th&#233;rapeutique, mais qui, si elle est propos&#233;e avec conviction par le m&#233;decin, et prise avec confiance par le patient, s'av&#233;rera aussi efficace que le m&#233;dicament le plus puissant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;PLACEBO&#034;,en latin, signifie &#034;je plairai&#034; ; mais &#224; QUI sera cens&#233;e plairecette substance, quelle qu'elle soit ? au malade.... ou au m&#233;decin ?.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, cette prescription du PLACEBO ne peut-elle se comparer, en tous points, &#224; un ACTE MAGIQUE ? Rien ne manque pour le consid&#233;rer selon ce point de vue : une substance &#034;vide&#034; chimiquement, ou du moins d&#233;pourvue de nuisancecomme d'efficacit&#233; reconnue &#034;scientifiquement&#034; (par exemple, des injections d'H2 O), mais porteuse d'un redoutable message d'ESPOIR et de FOI, tant dela part du m&#233;decin que du malade. Si l'on remplace &#034;m&#233;decin&#034; ou &#034;psychiatre&#034; par &#034;gu&#233;risseur&#034; ou &#034;sorcier&#034;, et &#034;l'H2 O&#034; par des versets du Coran &#233;cras&#233;s, &#233;ventuellement dissous dans un liquide (soin traditionnel, prescrit par tous les grands gu&#233;risseurs Africains musulmans, ce m&#233;lange peut se boire, ou servir d'empl&#226;tre ou detalisman), ou bien par un antique breuvage issu des connaissances traditionnelles des Indiens, ou m&#234;me par des rituels ou des pri&#232;res issues d'un vieux grimoire du type &#034;Grand Albert&#034; ou &#034;Pri&#232;res de l'Abb&#233; X ou Y&#034;, on comprendra en quoi notre exp&#233;rience peut s'enrichir de celle denos lointains anc&#234;tres, m&#234;me si l'on a confiance dans la m&#233;decine actuelle...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Qu'est-ce qui diff&#233;rencie la lecture du marc de caf&#233;, ou, comme au Maghreb, du plomb fondu ou de la pierre d'alun fondue, de l'interpr&#233;tation d'un test de Rorschach r&#233;put&#233; fiable ?&#034;&lt;/i&gt; (Tobie NATHAN, op. cit.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet,l'utilisation du placebo en m&#233;decine est parfaitement codifi&#233;e,et ses effets multiples sont connus, ils ont &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;s &#224; maintes reprises, dans tous les pays. On a m&#234;me observ&#233; des effets iatrog&#232;nes n&#233;gatifs (des sympt&#244;mes pathologiques) &#224; la suite de la prise de placebo, ce qui peut para&#238;tre le comble de l'absurdit&#233; ; mais cela se comprend parfaitement, si l'on admet quec'est seulement le psychisme du patient qui octroie au placebo sa valeur, th&#233;rapeutique ou non. En effet, Philippe Pignarre nous le fait remarquer, &#034;il ne faut pas croire que l'on pourrait ais&#233;ment s&#233;parer le social du scientifique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est certaine : si le m&#233;decin occidental &#034;traditionnel&#034; et bien p&#233;tri d'&#233;tudes universitaires prescrit des placebos, c'est qu'il ne doute pas de leur efficacit&#233; potentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, tout m&#233;decin a, un jour, constat&#233; que certains patients ne peuvent pas gu&#233;rir sans avoir absorb&#233; leur &#034;petite pilule&#034;, qui poss&#232;de alors la valeur d'un OBJET TRANSITIONNEL (pour reprendre la terminologie de WINNICOTT), symbolique, une sorte de pont entre lui et la gu&#233;rison,de talisman destin&#233; &#224; conjurer la maladie, qui doit &#234;tre soign&#233;e &#034;par l'int&#233;rieur&#034; ; le patient exprime ainsi le rapport ORAL (au sens psychanalytique du terme) qu'il entretient avec le monde, ainsi que sa probl&#233;matique inconsciente face &#224; la maladie, peut-&#234;tre li&#233;e &#224; sa relation &#224; la M&#232;re (r&#233;elle ou symbolique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces patients, d&#233;&#231;us par la m&#233;decine, iront se faire prescrire leur placebo par un gu&#233;risseur, une &#034;sorci&#232;re&#034; ou une &#034;panseuse&#034;, voire un &#034;mage&#034; africain ou oriental ; et pourtant, ces patients sont occidentaux de naissance, et n&#233;s d'anc&#234;tres issus d'une culture occidentale en tout point conforme, en apparence, &#224; celle de leur &#034;m&#233;decinde famille&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, selon Philippe Pignarre, qui s'est particuli&#232;rement int&#233;ress&#233; &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne, &lt;i&gt;&#034;l'effet placebo se r&#233;v&#232;le &#224; l'usage plut&#244;t un obstacle &#224; la compr&#233;hension tant de la m&#233;decine moderne que des autres formes de m&#233;decine,comme par exemple les m&#233;decines traditionnelles.&#034;&lt;/i&gt; (op. cit.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le th&#233;rapeute appliquera au corps (sous forme d'onctions, voire de peintures rituelles, de bains, de boissons) et &#224; l'&#226;me (par l'interm&#233;diaire de pri&#232;res, de lectures religieuses ou de mantras) des &#034;traitements&#034; qui, de mani&#232;re analogique (donc symbolique), vont s'adresser &#224; l'inconscient du patient, &#224; son &#034;gu&#233;risseur int&#233;rieur&#034; (que nous poss&#233;dons tous), afin que la gu&#233;rison puisse intervenir, d&#233;clench&#233;e &#233;videmment par le patient lui-m&#234;me,comme toute vraie gu&#233;rison ! Toutefois il est essentiel, pour que le traitement soit efficace, qu'il soit fond&#233; sur les croyances propres du patient, sa religion, ses pratiques rituelles : ainsi, un Bouddhiste ne sera pas trait&#233; comme un Musulman ou un Animiste, c'est ce qui impose au th&#233;rapeute strictement ethnopsychanalyste une tr&#232;s vaste culture ethnologique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VI -APPLICATIONS DE L'ETHNOPSY POUR LES PETITS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Un docteur sait, un m&#233;decin soigne, un th&#233;rapeute applique une th&#233;rapeutique. [...]&#034;Th&#233;rapeute n'est qu'un euph&#233;misme mou, une tentative de contourner le paradoxe fondamental de celui qui fait m&#233;tier de gu&#233;rir. Car gu&#233;rir est toujours un acte de pure violence contre l'ordre de l'univers. Et nulle th&#233;rapeutique n'est plus violente que celle quientreprend de gu&#233;rir l'&#226;me.&#034;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tobie NATHAN, introduction &#224; &#034;L'Influence qui gu&#233;rit&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un c&#233;l&#232;bre h&#244;pital parisien, &#224; l'exemple de ce qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233; avec succ&#232;s aux &#201;tats-Unis ou en Angleterre, a &#233;t&#233; ouverte une consultation p&#233;dopsychiatrique, r&#233;serv&#233;e aux enfants accompagn&#233;s de leurs &#034;doudous&#034; malades.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis convaincue que cette pratique, connue des psychanalystes pour enfants, poss&#232;de detr&#232;s r&#233;elles propri&#233;t&#233;s th&#233;rapeutiques sur les tout-petits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet,le mal dont souffre le &#034;doudou&#034; n'est que la traduction du mal, tr&#232;s r&#233;el, dont souffre l'enfant lui-m&#234;me ; le probl&#232;me est qu'il ne s'agit pas forc&#233;ment d'un mal physique, l'emplacement et la nature dela souffrance attribu&#233;e &#224; la peluche (ou tout autre objet) sontsouvent m&#233;taphoriques, et la difficult&#233; consiste alors, pour leth&#233;rapeute, &#224; &#034;traduire&#034; cette souffrance afin de soulager l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consultation s'orientera donc dans une direction psychanalytique &#034;classique&#034;, c'est &#224; dire que le p&#233;dopsychiatre fera parler l'enfant, l'aidera &#224; traduire en mots, en dessins, ou en actes relativement compr&#233;hensibles pour desregards attentifs, la souffrance qu'il transf&#233;rait sur son &#034;doudou&#034;. Cet OBJET TRANSITIONNEL (selon la terminaison de Donald Winnicott), porteur symbolique de la souffrance de l'enfant, servira de pont entre le petit patient et le th&#233;rapeute, de traducteur d'&#233;motions et d'affects, &lt;br class='autobr' /&gt;
et pourra devenir objet d'interpr&#233;tation, comme dans une cure classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre possibilit&#233;, choisie par certains p&#233;dopsychiatres, consiste &#224; &#034;soigner&#034; le doudou, sans passer par le d&#233;codage, potentiellement long et fastidieux (voire inaccessible....), du symbole ou de l'all&#233;gorie que constitue la pr&#233;tendue &#034;maladie du doudou&#034;. Autrement dit, si l'enfant est incapable (parce qu'il est trop jeune, ou qu'il se r&#233;v&#232;le &#034;bloqu&#233;&#034; dans ses capacit&#233;s d'expression) de verbaliser, de dessiner, de fa&#231;onner ou de traduire d'une quelconque autre fa&#231;on ce que la &#034;maladie du doudou&#034; signifie pour lui, le th&#233;rapeute pourra &#034;faire semblant&#034; de &#034;soigner&#034; le doudou, en l'auscultant, en lui parlant, &#233;ventuellement en lui appliquant des pansements, des pommades, ou d'autres soins destin&#233;s &#224; montrer l'INTERET qu'il marque &#224; l'enfant, le fait qu'il consid&#232;re que sa souffrance est REELLE, et que sa demande de soins est LEGITIME. Car dire &#224; l'enfant qu'il se trompe, qu'&#034;un doudou ne peut pas &#234;tre malade&#034;, ne l'aidera en aucun cas, au contraire, cela ne pourra qu'aggraverson mal-&#234;tre, qu'il sera &#034;oblig&#233;&#034; de traduire d'une autre fa&#231;on, par exemple en somatisant, en devenant lui-m&#234;me malade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette technique rejoint &#233;videmment les pratiques &#034;magiques&#034; de toutes les civilisations anciennes et traditionnelles, o&#249; l'on utilise fr&#233;quemment des f&#233;tiches ou d'autres objets de forme plus ou moins humano&#239;de comme supports au traitement du patient, et elle s'av&#232;re pleinement efficacesur ces &#234;tres totalement ouverts et sans pr&#233;jug&#233;s &#034;intellos&#034; que sont les petits enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;rapeute pourra &#233;galement, en tenant compte de la culture propre &#224; l'enfant, avoir recours &#224; des CONTES, ou des r&#233;cits de Mythes, qui lui permettront d'&#233;tablir un pont avec cet enfant, de lui parlerun langage &#224; sa port&#233;e, compr&#233;hensible selon ses capacit&#233;s imaginatives. Dans toutes les cultures du monde, des Contes existent,qui v&#233;hiculent un pr&#233;cieux savoir spirituel et psychologique, susceptible de soutenir le psychisme fragile de l'enfant et de lui permettre d'&#233;laborer son histoire personnelle par-del&#224; les traumatismes. FREUD a &#233;tudi&#233; et comment&#233; les multiples dimensions des mythes de la Gr&#232;ce Antique, et tous les shamans des soci&#233;t&#233;s traditionnelles, au cours des c&#233;r&#233;monies rituelles, ou des c&#233;r&#233;monies de gu&#233;rison, racontent des r&#233;cits rappelant les liens aux Anc&#234;tres et le pouvoir du Clan, du groupe. A ce sujet, on lira avec profit les travaux de Bruno BETTELHEIM et de Marie-Louise VON FRANZ sur les Contes de F&#233;es, et le livre de Genevi&#232;ve DJENATI &#034;Psychanalyse des dessins anim&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VII -D'AVANT-HIER A APR&#200;S-DEMAIN...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, je me sens particuli&#232;rement proche de l'Ethnopsychiatrie, bien que n'ayant pas eu le bonheur de l'exp&#233;rimenter avec l'un des rares sp&#233;cialistes de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet,les techniques de l'ethnopsychoth&#233;rapie, &#233;vitant d'&#034;assommer&#034; les patients avec des psychotropes, font appel au &#034;gu&#233;risseur int&#233;rieur&#034; que nous poss&#233;dons tous en nous, cette pulsion de Vie dont parlait Freud, qui nous pousse &#224; aller mieux, si les possibilit&#233;s nousen sont offertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soulageant le corps du malade gr&#226;ce &#224; des placebo de facture traditionnelle, dont la recette remonte &#224; des temps imm&#233;moriaux, en &#233;levant son &#226;me par l'interm&#233;diaire de pri&#232;res, de lectures religieuses ou spirituelles, d'invocations ou de mantras, le th&#233;rapeute respecte son patient en tant qu'individu TOTAL, il tient compte de ses pratiques rituelles,de sa religion, mais aussi de ses superstitions personnelles (par exemple, croyance en la sorcellerie), qui ont pu, plus ou moins consciemment, influer sur l'&#233;tiologie de sa maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de ces th&#233;rapeutes se situe donc au confluent de l'&#226;me et du corps, sans cette dichotomie dont l'Occident est victime depuis trop longtemps, souvent incapable de fa&#231;onner et de reconna&#238;tre une m&#233;decine v&#233;ritablement holistique, seule capable, &#224; mon sens, de rendre compte et de soigner la plupart de nos maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ethnopsy, selon le principe &#233;nonc&#233; par Devereux, ne hi&#233;rarchise pas les interpr&#233;tations ni le choix des outils th&#233;rapeutiques ; pour l'ethnopsy, la parole &#233;chang&#233;e au sein du groupe, la pri&#232;re ou l'&#233;vocation des anc&#234;tres, les actes ou pratiques magiques , les transes, auront la m&#234;me valeur que les r&#234;ves, les associations libres ou tous les outils qu'un psy occidental pourrait utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'ethnopsychiatrie, fond&#233;e sur des connaissances et des pratiques &#233;merg&#233;es de la nuit des temps, me semble porteuse de tant d'espoir pour l'avenir de la m&#233;decine. Elle propose une alternative au choix corn&#233;lien entre les &#034;m&#233;decines douces&#034; et la &#034;m&#233;decine officielle&#034; (choix crucial pour certains, nous le savons), elle offre ses mains tendues entre toutes les cultures et toutes les &#233;poques, elle se montre tol&#233;rante, ouverte &#224; toutes les folies, &#224; tout ce que l'imagination etla volont&#233; humaines ont jamais invent&#233; pour nous permettre de transcender la souffrance et la maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;i&gt; Dyane ANDREY, est Professeur de Lettres, sp&#233;cialis&#233;e en Linguistique et S&#233;miologie, et Th&#233;rapeute b&#233;n&#233;vole.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href='https://www.mieux-etre.org/L-Ethnopsychanalyse-medecine-d.html' class='spip_in'&gt;Lire la premi&#232;re partie de cet article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://mieux-etre.org/forums//index.php?showforum=36&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Vous souhaitez r&#233;agir &#224; cet article ? Un forum est ouvert ici pour accueillir vos commentaires&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'Ethnopsychanalyse, m&#233;decine d'avant-hier... et d'apr&#232;s-demain ?</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/L-Ethnopsychanalyse-medecine-d.html</link>
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		<dc:date>2006-10-21T16:45:03Z</dc:date>
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		<dc:subject>Ethnopsychiatrie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si tant de gens, actuellement, dans tous les milieux, ont plus volontiers recours aux voyants, aux astrologues et autres &#034;mages&#034;, qu'aux psychologues, c'est peut-&#234;tre parce que les psychologues n&#233;gligent de les consid&#233;rer d'une mani&#232;re suffisamment tol&#233;rante, ouverte &#224; leurs croyances personnelles et &#224; leurs convictions, et qu'ils se r&#233;v&#232;lent parfois incapables de tenir compte de l'aspect IRRATIONNEL inh&#233;rent &#224; toute pathologie (en particulier &#224; toute pathologie psychique).&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En tant que th&#233;rapeutes, nous avons &#224; notre disposition quantit&#233; de techniques et de th&#233;ories susceptibles de nous aider dans notre mission, qui consiste &#224; SOULAGER LA SOUFFRANCE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nombreuses techniques, parfois obscures, parfois contradictoires en apparence, n'ont qu'un seul but : nous permettre d'aider les gens qui viennent &#224; nous, p&#233;tris de questionnements, envahis, parfois submerg&#233;s, de troubles somatiques et psychiques, sans nous substituer &#224; leur libre-arbitre, mais en essayant, au contraire, de r&#233;veiller leur capacit&#233; propre &#224; se sentir bien dans leur corps, leur &#226;me et leur environnement familial et social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re partie
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href='https://www.mieux-etre.org/Ethnopsychanalyse-partie-2.html' class='spip_in'&gt;Lire la seconde partie de cet article&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_985 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:300px;&#034; data-w=&#034;300&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:90.666666666667%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/doc-985-resp160.jpg?1711791042' alt='' data-src='IMG/jpg/doc-985.jpg' data-l='300' data-h='272' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-985-resp160.jpg?1711791042&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-985-resp300.jpg?1711791042&#034;},&#034;300&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-985-resp300.jpg?1711791042&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-985-resp300.jpg?1711791042&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt; &lt;p&gt;Il peut sembler, parfois, difficile, aux patients comme aux th&#233;rapeutes, de s'y retrouver, et plus encore, de CHOISIR, entre ces diff&#233;rentes possibilit&#233;s qui s'offrent &#224; nous. En particulier, il para&#238;t al&#233;atoire de d&#233;cider, arbitrairement, d'&#233;carter de la probl&#233;matique psychoth&#233;rapique toute r&#233;f&#233;rence &#224; la Spiritualit&#233;, voire aux pratiques religieuses, comme le font encore nombre de psychoth&#233;rapeutes &#034;classiques&#034; (issus du freudisme &#034;strict&#034;, en particulier). En effet, de m&#234;me que la plupart des th&#233;rapeutes, actuellement, admettent que l'on ne saurait clairement distinguer ce qui rel&#232;ve du CORPS de cequi rel&#232;ve de la PSYCHE (ou l'esprit), il me semble que l'on ne doit pas non plus n&#233;gliger l'une des dimensions propres &#224; l'Humain, &#224; savoir la dimension SPIRITUELLE (l'&#034;AME&#034;, ou quel que soit le nom que l'onpeut lui attribuer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tant de gens, actuellement, dans tous les milieux, ont plus volontiers recours aux voyants, aux astrologues et autres &#034;mages&#034;, qu'aux psychologues, c'est peut-&#234;tre parce que les psychologues n&#233;gligent de les consid&#233;rer d'une mani&#232;re suffisamment tol&#233;rante, ouverte &#224; leurs croyances personnelles et &#224; leurs convictions, et qu'ils se r&#233;v&#232;lent parfois incapables de tenir compte de l'aspect IRRATIONNEL inh&#233;rent &#224; toute pathologie (en particulier &#224; toute pathologie psychique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant,il existe des m&#233;thodes d'analyse et des techniques th&#233;rapeutiques qui tiennent compte de cette dimension multiple de l'Esprit Humain, d&#233;riv&#233;es des connaissances acquises notamment gr&#226;ce &#224; l'ethnologie et &#224; l'anthropologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est laraison pour laquelle j'ai tenu &#224; pr&#233;senter ici l'Ethnopsychiatrie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;I -UN PEU D'HISTOIRE, POUR COMMENCER...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En tantque telle, l'ethnopsychiatrie (qui devrait en r&#233;alit&#233; s'intituler, selon les puristes, &#034;ethnopsychanalyse&#034; ou m&#234;me &#034;ethnopsychoth&#233;rapie&#034;) est une discipline r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fondateur en est Georges DEVEREUX. &lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous ceux que le sujet int&#233;resse se reporteront avec profit au site de la Fondation DEVEREUX, tr&#232;s int&#233;ressant &#224; mon go&#251;t, dont voici l'adresse :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.ethnopsychiatrie.net/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.ethnopsychiatrie.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GEORGES DEVEREUX, n&#233; GYORGY DOBO, anthropologue am&#233;ricain d'origine hongroise, est n&#233; &#224; Lugos en 1908. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233;la physique, notamment avec Marie CURIE en France, il s'oriente vers des &#233;tudes d'ethnologie, puis s'&#233;tablit aux &#201;tats-Unis, o&#249; il s'initie &#224; la psychanalyse. A partir de 1933, il part &#034;travailler sur le terrain&#034;, en particulier chez les Indiens Hopi et Mohaves. Sa th&#232;se dedoctorat d'anthropologie, en 1935, porte sur &#034;la vie sexuelle des Indiens Mohaves&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une carri&#232;re bien remplie comme chercheur et enseignant aux &#201;tats-Unis, il revient en France en 1963, &#224; la demande, notamment, de ClaudeLEVY- STRAUSS (ethnologue d&#233;j&#224; c&#233;l&#232;bre, auteur de &#034;Tristes Tropiques&#034; et &#034;Anthropologie structurale&#034;) et Fernand BRAUDEL (Historien), pour cr&#233;er une chaire d'ethnopsychiatrie &#224; l'&#201;cole Pratique des Hautes &#201;tudes. &lt;br class='manualbr' /&gt;A 55ans,il commence des &#233;tudes de Grec Ancien, qui deviendra sa derni&#232;re grande passion intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il meurt en 1985, et ses cendres seront, &#224; sa demande, dispers&#233;es dans le pays de ses chers Mohaves, au sein du Colorado.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la mouvance ethnopsy s'exprime essentiellement dans le Centre Georges DEVEREUX, dont le Directeur est l'un des disciples de Devereux, Tobie NATHAN, Professeur de Psychologie clinique et pathologique. Ses ouvrages, notamment : &#034;L'Influence qui gu&#233;rit&#034;, &#034;La Parole de la for&#234;t initiale&#034;, &#034;Psychanalyse pa&#239;enne&#034; sont fort int&#233;ressants, jamais ennuyeux, et je n'h&#233;siterai pas &#224; m'y r&#233;f&#233;rer pour la &#034;th&#233;orie pure&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II -LES PRINCIPES DE LA THERAPIE &#034;CLASSIQUE&#034;, loin de toute consid&#233;ration ethnologique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La psychanalyse &#034;classique&#034;, telle qu'elle fut invent&#233;e et d&#233;finie par FREUD, puis pratiqu&#233;e par les nombreuses &#233;coles qui se r&#233;clament du freudisme, est &#034;adapt&#233;e&#034; &#224; une personne de culture occidentale,europ&#233;enne ou am&#233;ricaine principalement, dont l'Inconscient collectif et l'inconscient personnels sont model&#233;s par des parents, un environnement, des anc&#234;tres, qui ont pu conna&#238;tre un type de soci&#233;t&#233; proche de celui dans lequel se sont &#233;labor&#233;s les concepts psychanalytiques, c'est &#224; dire une soci&#233;t&#233; analogue &#224; celle dans laquelle FREUD lui-m&#234;me a v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut sembler r&#233;ducteur, et cela &#233;tonnera peut-&#234;tre ceux quipensent que les &#233;volutions sociales et psychologiques, depuis la fin du19&#232;me si&#232;cle, ne furent pas n&#233;gligeables !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains croient que la psychanalyse peut &#034;soigner&#034; presque tous les probl&#232;mes psychologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, aucun psychanalyste s&#233;rieux n'aurait cette pr&#233;tention (qui risquerait fort de ne pas franchir le cap du &#034;principe de r&#233;alit&#233;&#034;.....). Elisabeth ROUDINESCO, historienne de la psychanalyse, et analyste depuis plusieurs dizaines d'ann&#233;es, reconna&#238;t au contraire quela psychanalyse, et son &#233;volution, sont ins&#233;parables de l'&#233;poque et du lieu dans lesquels cette th&#233;rapie s'inscrit, car elle fonctionne aussi sur des pr&#233;suppos&#233;s culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Quel cr&#233;dit accorderait-on &#224; une anatomie ou &#224; une physiologie relative, dont les objets se modifieraient d'une latitude &#224; l'autre, d'un moment historique &#224; l'autre ?&#034; (Tobie NATHAN, &#034;Psychanalyse pa&#239;enne&#034;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, m&#234;me si nos n&#233;vroses nous semblent diff&#233;rentesde celles dont nous lisons les r&#233;cits dans les &#233;crits des p&#232;res de la psychanalyse (Freud, Jung, Marie Bonaparte, M&#233;lanie Klein,et les autres....), nous aurions tort de croire que la structure de notre inconscient est diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet,que nous l'admettions ou non, une grande partie de notre inconscient est compos&#233;e de couches psychiques extr&#234;mement archa&#239;ques, dont certaines remontent aux reptiles, donc &#224; la Pr&#233;histoire de l'Humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les couches les plus r&#233;centes, en revanche, sont le reflet de la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous avons v&#233;cu et qui a fa&#231;onn&#233; nosanc&#234;tres, &#233;tant donn&#233; que les n&#233;vroses et les psychoses (ou, plus simplement, &#034;la folie&#034;) nous viennent parfois de fort loin. Toutes les maladies psychiques ne sont pas h&#233;r&#233;ditaires, cela a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;. Seules certaines le sont, et, comme pour laplupart des maladies g&#233;n&#233;tiques &#034;physiques&#034;, le g&#232;ne d&#233;fectueux ne s'exprime que sous certaines conditions, certains facteurs, dont tous ne sont pas encore identifi&#233;s. Mais on conna&#238;t bien la tendance de l'&#234;tre humain &#224; r&#233;p&#233;ter, &#224; r&#233;activer des comportements parfois fautifs, voire &#224; reproduire, sans le savoir, des actes d&#233;j&#224; accomplis par des anc&#234;tres parfois lointains.... .Ainsi, pour des raisons que personne ne comprend, ni votre famille, ni votre entourage, ni vous-m&#234;me, votre &#034;destin&#034; vous conduira &#224; embrasser telle ou telle profession, &#224; subir tel accident ou telle maladie, &#224; &#233;pouser tel type de personne, &#224; faire de la prison, &#224; vous &#233;tablir dans un pays lointain, etc... Il vous faudra retrouver dequel(s) anc&#234;tre(s) vous &#034;rejouez le sc&#233;nario de vie&#034;, afin de pouvoir, consciemment, choisir une autre voie si vous le souhaitez. Ces &#034;sc&#233;narios de vie&#034; constituent l'objet de la PSYCHOLOGIE TRANSGENERATIONNELLE, une discipline r&#233;cente, elle aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, lepsychoth&#233;rapeute (qu'il soit psychiatre, psychanalyste, ou quel que soit le nom qu'il s'attribue) doit conna&#238;tre le background socio-psychique de son patient, ou du moins pr&#233;supposer que ce patient peut y avoir acc&#232;s par l'anamn&#232;se (le fait de se ressouvenir), car faute d'un LANGAGE commun entre le th&#233;rapeute et le patient, mais aussi d'un langage commun entre le conscient et l'inconscient du patient lui-m&#234;me, ni l'INTERPRETATION des sympt&#244;mes, ni la cure th&#233;rapeutique, ne s'av&#232;rent possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cela reste vrai, que le patient pr&#233;sente des sympt&#244;mes purement psychiques ou des sympt&#244;mes physiques. L'histoire des troubles, tels qu'ils sont apparus, et de leur contexte (ce que l'on appelle l'ETIOLOGIE), ne doit pas &#234;tre hors de port&#233;e ni de compr&#233;hension du patientou de son th&#233;rapeute, pas plus que les structures de bases sur lesquelles les sympt&#244;mes se sont constitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;III -LES APPORTS DE L'ETHNOPSYCHIATRIE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Dans les d&#233;sordres psychiques, ce dont souffre le patient exprime la v&#233;rit&#233; la plus profonde de son &#234;tre.&#034;&lt;/i&gt; (Tobie NATHAN, &#034;L'Influence qui gu&#233;rit&#034;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, que pourrait faire le th&#233;rapeute, s'il se trouvait face &#224; un patient d'une autre culture, ou parlant une langue tr&#232;s diff&#233;rente, unpatient dont les croyances familiales, philosophiques, religieuses, spirituelles, n'auraient rien &#224; voir avec celles sur lesquelles sont fond&#233;sun grand nombre des concepts de la psychanalyse &#034;classique&#034; (l'Oedipe, la r&#233;pression de la sexualit&#233; infantile, etc...) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Voil&#224; une quinzaine d'ann&#233;es, j'ai commenc&#233; &#224; fr&#233;quenter une cat&#233;gorie de patients sur lesquels l'influence psychoth&#233;rapeutique s'&#233;tait jusqu'alors r&#233;v&#233;l&#233;e inefficace, des patients qui ne rel&#232;vent d'aucune cat&#233;gorie nosographiquehabituelle ; je veux parler des migrants originaires de soci&#233;t&#233;s non occidentales.&#034; (Tobie NATHAN, op. cit.)&lt;br class='autobr' /&gt;
[NOSOGRAPHIE : &#034;classification analytique des maladies&#034;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les maladies physiques et psychiques se retrouvent dans toute l'humanit&#233;. Le cancer, le SIDA, les troubles cardio-vasculaires, les affections virales et bact&#233;riennes, mais aussi la d&#233;pression m&#233;lancolique (avec d&#233;sir de suicide), la schizophr&#233;nie, les hallucinations, les acc&#232;s maniaques accompagn&#233;s de violences, ne sont pas propres &#224; une culture en particulier, mais se retrouvent partout dans le monde, les ethnologues et anthropologues peuvent l'attester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, ces maladies ne poss&#232;dent pas forc&#233;ment le m&#234;me CODE D'EXPRESSION selon les diverses cultures, ni &#224; des &#233;poques diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour prendre un exemple connu des amateurs de lecture psychanalytique, ce que l'on appelait &#034;Hyst&#233;rie&#034; &#224; l'&#233;poque de Freud et de son ma&#238;tre, le Professeur Charcot (c&#233;l&#232;bre enseignant &#224; la Salp&#234;tri&#232;re,il fut l'un des grands pionniers de l'hypnose th&#233;rapeutique et du magn&#233;tisme), semble avoir disparu des cabinets des psychanalystes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ce que l'on nommait hyst&#233;rie n'&#233;tait qu'un syndrome (un ensemble de sympt&#244;mes) psychique, susceptible de traduire des troubles parfois fort diff&#233;rents, comme la d&#233;pression, l'angoisse, voire certaines formes de parano&#239;a. Ces troubles, actuellement, s'exprimeraient de fa&#231;on sensiblement diff&#233;rente, du moins en occident ; mais en revanche, on peut rencontrer, dans certaines cultures, des troubles &#233;trangement semblables, en apparence, &#224; la fameuse grande hyst&#233;rie du 19&#232;me si&#232;cle. Et selon les fondements culturels, ce syndrome peut exprimer diff&#233;rentes formes d'affection psychique, ou traduire le DEUIL, voireaccompagner des transes magiques (religieuses), que l'on ne saurait qualifier de &#034;pathologiques&#034;, &#224; moins d'&#234;tre particuli&#232;rement born&#233; sur le plan intellectuel....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, certaines peintures ou sculptures repr&#233;sentant des saintes chr&#233;tiennes au cours de leur extase spirituelle, n'ont pas manqu&#233; d'interpeller les psychanalystes, car leurs expressions faciales, leurs attitudes, ne sont pas sans rappeler certains gestes des hyst&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Si la pens&#233;e psychopathologique se modifie constamment, son objet semble &#233;trangement la pr&#233;c&#233;der dans ce mouvement. Changent en effet lesformes et m&#234;me les structures des d&#233;sordres dont s'occupe le psychopathologiste. Certes, elles &#233;voluent avec le temps, mais elles changent aussi d'uneculture &#224; une autre. Certaines formes de symptomatologie auraient &#224; coup s&#251;r &#233;t&#233; nomm&#233;es &#034;envo&#251;tement&#034; au16&#232;me si&#232;cle, &#034;assujettissement sexuel&#034; au 19&#232;me si&#232;cle, &#034;hyst&#233;rie de conversion&#034; du temps de Freud ; peut-&#234;treles qualifierait-on aujourd'hui d'&#233;tats-limites.&lt;/i&gt;&#034; (Tobie NATHAN, op. cit.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, afin de comprendre les sympt&#244;mes (ou suppos&#233;s tels), le th&#233;rapeute doit absolument tenir compte de la CULTURE D'ORIGINE du patient, et des diverses cultures dans lesquelles il a pu baigner tout au long de sa construction psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ETHNOPSYCHIATRIE SE SITUE DONC AU CONFLUENT DE LA PSYCHANALYSE ET DE L'ANTHROPOLOGIE, et sur le plan m&#233;thodologique, elle est construite sur LE PRINCIPE DU COMPLEMENTARISME (&#233;nonc&#233; par Devereux), qui stipule que, pour d&#233;crire les ph&#233;nom&#232;nes observ&#233;s avec la plus grande pr&#233;cision, il convient d'utiliser plusieurs types de discours, de mani&#232;re non simultan&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, pour un trouble donn&#233;, il faut l'examiner &#224; partir de concepts analytiques conventionnels (complexe de castration, refoulement, oedipe, ou stades oral, anal, g&#233;nital, etc.), mais aussi de concepts anthropologiques (tot&#233;misme, animisme, possession, esprits-animaux, etc.....).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Je me suis rendu compte que des syst&#232;mes de pens&#233;e longtemps consid&#233;r&#233;s comme primitifs, irrationnels ou infantiles - les mythes - s'adaptent parfaitement &#224; la sp&#233;cificit&#233; de la clinique psychopathologique.&#034;&lt;/i&gt; (Tobie NATHAN, op. cit.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait, notamment, que dans les cultures traditionnelles, tr&#232;s anciennes, la maladie n'est jamais consid&#233;r&#233;e de mani&#232;re dualiste (la dichotomie corps-esprit n'est pas pertinente pour ces cultures), mais elle n'est jamais, non plus, consid&#233;r&#233;e comme propre &#224; l'individu qui manifeste les &#034;troubles&#034; : c'est l'ensemble de la famille, ou du clan, qui est concern&#233;. Les th&#233;rapies qu'il convient d'appliquer &#224; ce type de personne seront donc de type groupales ou familiales (lorsqu'il est possible de faire venir la famille du patient, ne serait-ce que symboliquement, &#224; l'aide d'un objet-f&#233;tiche, par exemple.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans lam&#233;decine traditionnelle, aussi bien occidentale (d&#233;riv&#233;e de la tradition de Paracelse) que shamanique, le th&#233;rapeute pr&#233;parait (et pr&#233;pare encore) lui-m&#234;me les potions, les empl&#226;tres, les aliments &#034;magiques&#034; destin&#233;s &#224; faciliter la gu&#233;rison du malade. Selon Alain TOUWAIDE, &#034;c'est au moment o&#249; le m&#233;decin renonce &#224; la magie&#034;, qu'il confie la pr&#233;paration des rem&#232;des &#224; un tiers (pharmacien, herboriste, laboratoire pharmaceutique).Ce tiers vient limiter &#034;la magie&#034;, la capacit&#233; d'influence, positive oun&#233;gative, du m&#233;decin, ce que l'on appelle commun&#233;ment : &#034;l'effet iatrog&#232;ne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;IV -LES OBSTACLES A L'EFFICACITE DES THERAPIES &#034;CLASSIQUES&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#034;Avoir une action th&#233;rapeutique sur quelqu'un, c'est le modifier, comme la maladie l'a modifi&#233;. [...] L'utilisation d'une substance chimique biologiquement active n'est qu'un cas particulier parmi d'autres pour modifier quelqu'un.&#034; nous rappelle Philippe PIGNARRE (&#034;L'effet placebo n'existe pas&#034;, article, in &#034;Site du Centre Georges Devereux&#034;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je constate que la plupart d'entre nous avons, dans notre entourage plus ou moins proche, l'exp&#233;rience d'un (e) malade &#224; qui la m&#233;decine ou la psychiatrie &#034;classiques&#034; n'ont &#233;t&#233; d'aucune utilit&#233;, et qui doit se contenter de vivre ou de survivre plus ou moins bien, avec des troubles plus ou moins graves, parce qu'aucun th&#233;rapeute n'aura r&#233;ussi &#224; &#233;tablir &#224; son sujet un diagnostic pertinent, ni &#224; soigner ses troubles d'une mani&#232;re efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai le sentiment qu'actuellement, de plus en plus de gens sont confront&#233;s &#224; de telles &#233;preuves, et que nous assistons &#224; une v&#233;ritable crisedans la m&#233;decine occidentale, tout comme dans le domaine spirituel, d'ailleurs, ce qui n'est probablement pas un hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul n'explique pourquoi ou comment les tentatives th&#233;rapeutiques r&#233;ussissent ou &#233;chouent, mais on le constate. Certains &#233;voqueront le hasard, le Destin, voire le Karma ou la r&#233;incarnation, mais l&#224; n'est pas mon propos, puisque j'essaye de maintenir un point de vue descriptif et didactique. &#034;Les patients ne deviennent pas des &#034;clones&#034;, rappelle Philippe Pignarre ; &#034;Nul ne peut affirmer qu'ils jouissent d'une &#233;gale capacit&#233; &#224; gu&#233;rir.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains patients seront efficacement soign&#233;s, voire gu&#233;ris d'une mani&#232;re que l'on pourrait parfois qualifier de &#034;miraculeuse&#034;, par des pratiques purement magiques, comme des incantations, la fabrication et le port de talismans ou d'amulettes, la r&#233;alisation de t&#226;ches &#034;magiques&#034;, l'initiation shamanique (avec ou sans support hallucinog&#232;ne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces &#034;t&#226;ches magiques&#034;, le recours au PELERINAGE en est un exemple connu detous, commun &#224; de nombreuses religions, et l'on ne saurait nier que lesp&#232;lerinages suscitent parfois de r&#233;elles gu&#233;risons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les croyants (quelle que soit leur Foi), sont convaincus de la vertu th&#233;rapeutique de la PRIERE, et cette vertu semble r&#233;elle. Un article am&#233;ricain, paru voici quelques ann&#233;es dans une revue scientifique &#034;s&#233;rieuse&#034;, a fait couler pas mal d'encre : il se faisait l'&#233;cho d'une longue proc&#233;dure d'&#233;tude en milieu hospitalier, par la m&#233;thode dite &#034;du double aveugle&#034;, qui a d&#233;montr&#233; que les malades (parfois tr&#232;s graves) du groupe t&#233;moin (ne recevant que des traitements &#034;normaux&#034; pour un h&#244;pital am&#233;ricain), connaissaient une am&#233;lioration de leur &#233;tat de sant&#233; beaucoup plus lente, et parfois moins durable, que les patients du groupe objet de l'&#233;tude (pour lequel des pri&#232;res &#233;taient dites plusieurs fois par jour par des croyants volontaires.)&lt;br class='manualbr' /&gt;Je pr&#233;cise que, selon les principes stricts de l'&#233;tude &#034;en double aveugle&#034; (dite aussi &#034;en double insu&#034;), les patients ignoraient totalement que l'on priait pour leur gu&#233;rison, m&#234;me leur m&#233;decin l'ignorait, seuls les auteurs de l'&#233;tude savaient &#224; quel &#034;num&#233;ro&#034; correspondaient les patients de chaque groupe. On ne peut donc pas &#233;voquer la seule auto-suggestion pour expliquer ces ph&#233;nom&#232;nes.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Les essais contre placebo n'ont pas seulement permis de trier entre bons et mauvais m&#233;dicaments. Ils permettent aussi de comprendre que l'on peut gu&#233;rir m&#234;me si on n'a pas pris un m&#233;dicament efficace. Et cela n'est pas vrai seulement dans les pathologies mentales ou celles &#233;tiquet&#233;es &#034;psychosomatiques&#034;, mais aussi dans les pathologies organiques. [...] On pourrait donc &#234;tre en mesure de comprendre le succ&#232;s des charlatans et de mieux les combattre : ils ont b&#233;n&#233;fici&#233;, honn&#234;tement ou malhonn&#234;tement selon les cas, de ce qu'on appelle d&#233;sormais &#034;l'effet placebo&#034;&lt;/i&gt;. (Ph. Pignarre, op. cit.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, l'ethnopsy s'apparente &#224; toutes les facettes th&#233;rapeutiques des m&#233;decines occidentales, orientales et traditionnelles (de type shamanique ou animiste), ainsi qu'aux m&#233;thodes th&#233;rapeutiques &#034;spirituelles&#034; comme la pri&#232;re, les p&#232;lerinages ou la pratique du rosaire. Elle rejoint aussi la psychanalyse, qui tient compte du langage non-verbal (gestes,attitudes, voire syndromes survenus pendant la cure analytique), et consid&#232;re tout lapsus ou tout &#034;acte manqu&#233;&#034; comme pleinement signifiant, et porteur de changement (donc, implicitement, &#034;magique&#034;...) Mais jamais un psy &#034;occidental&#034; ne se r&#233;f&#233;rera explicitement &#224; la magie ou &#224; tous les ph&#233;nom&#232;nes &#034;parapsychiques&#034; ou spirituels dont une cure ethnopsychiatrique sera n&#233;cessairement jalonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons Philippe Pignarre, dont beaucoup de m&#233;decins pourraient envier l'humilit&#233; :&lt;i&gt; &#034;Je voudrais rappeler la n&#233;cessit&#233; pour la m&#233;decine moderne &#224; laquelle j'appartiens corps et &#226;me, de savoir rendre hommage aux m&#233;decines populaires, aux savoirs des sorciers et des sorci&#232;res. Lorsque la m&#233;decine est vraiment moderne et inventive, c'est lorsqu'elle sait redevenir empirique, c'est &#224; dire &#224; nouveau digne des savoirs populaires.&lt;/i&gt;&#034; (op. cit.)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;i&gt;Dyane ANDREY, est Professeur de Lettres, sp&#233;cialis&#233;e en Linguistique et S&#233;miologie, et Th&#233;rapeute b&#233;n&#233;vole&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.mieux-etre.org/Ethnopsychanalyse-partie-2.html' class='spip_in'&gt;Lire la seconde partie de cet article&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mutilations rituelles et mutilations volontaires</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Mutilations-rituelles-et.html</link>
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		<dc:date>2006-10-08T09:34:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
        
      


		<dc:subject>Ethnopsychiatrie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Votre fille adolescente, jusqu'&#224; ce jour d&#233;pourvue de probl&#232;mes, se scarifie avec un cutter ; elle se blesse un peu trop souvent avec son compas, se br&#251;le avec des cigarettes. Votre fils d&#233;cide, sans vous consulter, de se faire percer le nez, l'arcade sourcili&#232;re, le nombril, ou de se faire tatouer un large bracelet &#034;ethnique&#034;. Peut-&#234;tre votre enfant a-t-il besoin d'aide, mais n'a-t-il pas, aussi, besoin d'identit&#233;, de confiance, n'&#233;prouve-t-il pas le d&#233;sir l&#233;gitime de devenir adulte &#224; sa mani&#232;re ? Des mutilations rituelles aux mutilations volontaires contemporaines, explorons les m&#233;andres de ces pratiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-ethnopsychiatrie-+.html" rel="tag"&gt;Ethnopsychiatrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Votre fille adolescente, jusqu'&#224; ce jour d&#233;pourvue de probl&#232;mes, se scarifie avec un cutter ; elle se blesse un peu trop souvent avec son compas, se br&#251;le avec des cigarettes. Votre fils d&#233;cide, sans vous consulter, de se faire percer le nez, l'arcade sourcili&#232;re, le nombril, ou de se faire tatouer un large bracelet &#034;ethnique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre votre enfant a-t-il besoin d'aide, mais n'a-t-il pas, aussi, besoin d'identit&#233;, de confiance, n'&#233;prouve-t-il pas le d&#233;sir l&#233;gitime de devenir adulte &#224; sa mani&#232;re ? Des mutilations rituelles aux mutilations volontaires contemporaines, explorons les m&#233;andres de ces pratiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;I - LES MUTILATIONS VOLONTAIRES&lt;/h3&gt;&lt;figure class='spip_document_960 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:250px;&#034; data-w=&#034;250&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:122%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/doc-960-resp160.jpg?1711791040' alt='' data-src='IMG/jpg/doc-960.jpg' data-l='250' data-h='305' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-960-resp160.jpg?1711791040&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-960-resp250.jpg?1711791040&#034;},&#034;250&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-960-resp250.jpg?1711791040&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/doc-960-resp250.jpg?1711791040&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Au fil de rencontres que j'ai faites, ou de consultations que j'ai eu l'occasion de donner, j'ai eu des contacts avec des personnes souffrant d'une difficult&#233; assez taboue, bien que plus fr&#233;quente qu'on ne le croit : certaines se scarifiaient, &#224; l'aide de rasoirs ou d'autres instruments, allant parfois jusqu'&#224; se faire abondamment saigner, d'autres se br&#251;laient par endroits, avec des cigarettes, ou &#034;jouaient avec le feu&#034; dans le but plus ou moins avou&#233; de se scl&#233;roser la peau, d'autres encore pratiquaient des formes plus rares ou obscures de ce que l'on appelle g&#233;n&#233;ralement l'AUTOMUTILATION.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, nous remarquons que depuis quelques ann&#233;es, dans tout l'Occident, mais aussi dans certains pays d'Orient soucieux de se montrer &#034;modernes&#034;, &#034;&#224; la page&#034;, bref immod&#233;r&#233;ment &#034;am&#233;ricanis&#233;s&#034;, de plus en plus de jeunes (et parfois des moins jeunes) se couvrent de tatouages, se font faire des scarifications artistiques, se font implanter sous la peau des objets m&#233;talliques ou synth&#233;tiques qui, ensuite, saillent comme de vivantes sculptures ou de nouveaux membres, voire font modifier certaines parties de leur corps pour ressembler &#224; des animaux (f&#233;lins, serpents et autres) ; certains exhibent fi&#232;rement ces transformations devant les cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision, afin de convaincre le monde, et surtout se convaincre eux-m&#234;mes, de leur singularit&#233;, du fait qu'ils sont UNIQUES...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous observons donc, d'un c&#244;t&#233;, ce qui est consid&#233;r&#233; par les sp&#233;cialistes de la sant&#233; comme une forme de pathologie mentale (l'automutilation &#233;tant une fa&#231;on de d&#233;grader son corps), et de l'autre, mais &#233;trangement proche par certains aspects, ce qui est consid&#233;r&#233; par ses adeptes comme un ART, une forme d'expression du SOI PROFOND, une mani&#232;re d'exister plus compl&#232;tement et sous une apparence plus parfaite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce double ph&#233;nom&#232;ne m'int&#233;resse, car il me semble r&#233;v&#233;ler &#034;quelque chose qui s'exprime&#034; dans notre soci&#233;t&#233; en perte de rep&#232;res soci&#233;taux et spirituels. J'y vois une mani&#232;re, soit subie (automutilation morbide), soit au contraire revendiqu&#233;e haut et fort (modifications corporelles de type cr&#233;atif) de DIRE que l'&#234;tre humain actuel n'est plus adapt&#233; &#224; ce monde, ou que ce monde n'est plus d'actualit&#233;, ce qui est tout aussi tragique, d'un point de vue philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la probl&#233;matique des mutilations volontaires peut &#234;tre abord&#233;e sous de multiples facettes, car la pratique de l'automutilation ne saurait, &#224; mon sens, &#234;tre comprise que replac&#233;e dans le contexte anthropologique dans lequel elle s'inscrit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II - ASPECTS ETHNOLOGIQUES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si, en effet, de nos jours, on consid&#232;re que s'attaquer &#224; son propre corps (par la scarification, la br&#251;lure, la d&#233;chirure, la morsure, etc...) rel&#232;ve du psychopathologique, il n'en a pas toujours &#233;t&#233; ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les soci&#233;t&#233;s traditionnelles (que l'on nomme trop souvent &#034;primitives&#034;), chaque rite de passage (&#224; l'adolescence, au moment d'une guerre ou d'une chasse particuli&#232;rement importante, etc...) peut s'accompagner d'inscriptions sur le corps, provisoires ou d&#233;finitives, destin&#233;es &#224; montrer aux yeux de tous que l'individu ainsi marqu&#233; appartient r&#233;ellement au clan, qu'il en est un membre &#224; part enti&#232;re, ce qui implique aussi bien des devoirs que des droits ; ceux qui portent des inscriptions identiques (ou appartenant au m&#234;me paradigme) seront comme ses Fr&#232;res, ils seront li&#233;s pour toujours.&lt;br class='manualbr' /&gt;On sait que les mutilations &#034;rituelles&#034; peuvent &#234;tre de diff&#233;rents ordres, mais elles sont souvent douloureuses, et g&#233;n&#233;ralement jug&#233;es, par nos yeux d'occidentaux, comme &#034;monstrueuses&#034; : implantation de plateaux entre les l&#232;vres des femmes, ou pose de colliers de plus en plus nombreux (femmes-girafes), incision du p&#233;nis chez l'homme (pouvant aboutir &#224; une v&#233;ritable d&#233;chirure tout le long), taillage des dents en pointes chez les Masa&#239;, sans parler des nombreux tatouages et scarifications d'une partie ou de la totalit&#233; du corps, qui se retrouvent chez de nombreux peuples d'Afrique, d'Am&#233;rique du sud ou d'Oc&#233;anie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une de ces pratiques (l'excision) est m&#234;me officiellement condamn&#233;e dans un nombre de plus en plus grand de pays ; les jud&#233;o-musulmans en ont pourtant, sans jamais le remettre en question, conserv&#233; un vestige, sous forme de la circoncision masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il ne faudrait pas oublier la dimension spirituelle et religieuse de ces pratiques, qui n'ont rien &#224; voir avec l'automutilation que pratiquent certains adolescents. Dans les soci&#233;t&#233;s traditionnelles, ces mutilations sont entour&#233;es, prot&#233;g&#233;es par le rituel, la c&#233;r&#233;monie, encadr&#233;es par l'ensemble de la communaut&#233; (village ou clan), et pratiqu&#233;es par un &#034;professionnel&#034;, Sorcier, Shaman ou Marabout, dont la fonction est &#224; la fois civile et religieuse, voire th&#233;rapeutique, homme qui s'av&#232;re le garant de la &#034;bonne&#034; conduite du rituel et de la mutilation qui n'en est que le signe visible, l'inscription corporelle d&#233;finitive de cette exp&#233;rience unique, incommunicable &#224; tout autre qu'&#224; ceux du Groupe. Par cons&#233;quent, loin d'&#233;carter l'&#034;initi&#233;&#034; du groupe, comme le ferait une pratique compulsive obsessionnelle dans notre soci&#233;t&#233; (qu'il s'agisse de TOC ou de pratiques &#034;solitaires&#034; comme l'automutilation), la mutilation rituelle int&#232;gre au contraire l'individu dans le groupe, le fait acc&#233;der au rang de Personne, de Sujet, d'adulte l&#233;gal, lui octroie un statut d'&#034;initi&#233;&#034;, dans une dimension &#224; la fois &#233;sot&#233;rique et exot&#233;rique propre &#224; la soci&#233;t&#233; de laquelle il est, ainsi, devenu ins&#233;parable, et qui le consid&#232;re d&#233;sormais comme unique, indispensable, digne d'interc&#233;der aupr&#232;s des dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la personne qui s'auto-mutile retrouve ainsi, du fond de sa part individuelle d'INCONSCIENT COLLECTIF, le chemin de rites tr&#232;s anciens qui lui auraient permis de s'inscrire dans une continuit&#233;, un clan, une FAMILLE, ce dont, pour une raison ou pour une autre, elle se sent exclue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nuance importante, toutefois : cela ne concerne que ceux qui le font de mani&#232;re compulsive, non r&#233;fl&#233;chie, en &#233;tat de grande d&#233;tresse morale, comme pour se soulager, et non ceux qui vont se faire tatouer ou scarifier, patiemment, par un professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se mutilant ainsi, cette personne exprime l'incapacit&#233; dans laquelle elle se juge, actuellement, de TROUVER SA PLACE dans le monde qui l'entoure (travail, soci&#233;t&#233;, famille, etc...), ainsi que de savoir QUI ELLE EST VRAIMENT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mutilation lui permet, inconsciemment, de retrouver un chemin tr&#232;s ancien et tr&#232;s obscur vers ce qu'elle est au plus profond d'elle-m&#234;me, dans toute sa violence et sa cruaut&#233;, tous les aspects &#034;noirs&#034; et sanglants d'elle-m&#234;me, peut-&#234;tre les refoulements d'une col&#232;re qu'elle n'a pas identifi&#233;e, et qu'elle retourne contre elle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;III - ASPECTS PSYCHIATRIQUES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vue sous cet angle, l'automutilation n'est pas sans rappeler d'autres pathologies typiquement occidentales, celles-l&#224;, telles que la boulimie ou l'anorexie, inimaginables dans une soci&#233;t&#233; traditionnelle, mais exprimant, d'une mani&#232;re tr&#232;s contemporaine, un malaise identique, celui de l'individu qui ne se reconna&#238;t ni dans ce qu'il croit &#234;tre (ou ce qu'il croit devenir), ni dans l'image que lui renvoie la soci&#233;t&#233;, concernant non seulement son apparence, mais la totalit&#233; de sa personne (est-elle assez belle, a-t-il sa place l&#224; o&#249; il est &#224; ce moment, etc....?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cas clinique : la dysmorphophobie :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'&#233;voquerai, &#224; titre documentaire, un forme particuli&#232;rement rare, et gravissime, de la pulsion d'automutilation : la DYSMORPHOPHOBIE (= peur pathologique de poss&#233;der un aspect, une forme disgracieuse), qui est un trouble de la perception de sa propre apparence physique. Certaines personnes (hommes ou femmes), en effet, pensent qu'il existe une partie de leur corps qui ne leur appartient pas, qui n'a &#034;rien &#224; faire&#034; sur leur corps, et ne serait qu'un parasite destin&#233; &#224; &#234;tre &#233;limin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, pendant des ann&#233;es, recherchent l'aide d'un chirurgien pour se faire couper un bras, une jambe, voire les deux : &#224; leurs yeux, ils ne seront eux-m&#234;mes, parfaits et complets, que quand ce membre surnum&#233;raire sera &#244;t&#233; de leur personne, c'est seulement &#034;mutil&#233;s&#034; (du point de vue de la norme sociale) qu'ils se sentiront......... ENTIERS, sains et normaux. Ces gens n'h&#233;sitent parfois pas &#224; se mutiler eux-m&#234;mes, conscients qu'ils risquent d'y perdre la vie. Il faut savoir que l'on trouve, en particulier en Angleterre, des psychiatres asserment&#233;s, sp&#233;cialis&#233;s dans l'&#233;coute de ces patients, et qui, dans des cas exceptionnels, acceptent qu'une op&#233;ration (une ablation du membre incrimin&#233;) soit l&#233;galement entreprise, dans un cadre hospitalier normal, par un chirurgien dipl&#244;m&#233;, conscient de ce qu'il accomplit.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il s'agit d'une pathologie tout &#224; fait hors du commun, mais qui a donn&#233; mati&#232;re &#224; plusieurs articles, et &#224; d'excellents documentaires t&#233;l&#233;vis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aborderai toutefois pas sous cet angle le ph&#233;nom&#232;ne du transsexualisme, qui ne me semble pas du tout relever de la m&#234;me analyse, et qui n'est pas, selon moi, &#224; envisager comme une &#034;pathologie&#034;, encore moins comme une forme de dysmorphophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, certains patients (statistiquement, plus souvent des femmes) &#034;accrocs&#034; &#224; la chirurgie esth&#233;tique, et qui vont d'op&#233;ration en op&#233;ration, sans jamais se trouver satisfaits de leur apparence, souffrent, sans le savoir, d'une forme att&#233;nu&#233;e de cette pathologie ; h&#233;las, un certain nombre de chirurgiens dipl&#244;m&#233;s mais fort peu scrupuleux, profitent de la faiblesse et des profondes blessures narcissiques de ces patients, qui auraient davantage besoin d'une psychoth&#233;rapie que de chirurgie....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes les raisons &#233;voqu&#233;es plus haut, contrairement &#224; ce que l'on pense commun&#233;ment, ces incidents de la vie (y compris les pathologies alimentaires) peuvent survenir chez des adultes, au moment o&#249;, confront&#233;s &#224; une crise particuli&#232;rement violente, intime, incommunicable en mots (parce qu'ils pensent que leur entourage serait incapable de comprendre), ces adultes se retrouvent comme des adolescents, d&#233;pourvus des rep&#232;res auxquels ils &#233;taient accoutum&#233;s, priv&#233;s d'un bien (humain, mat&#233;riel ou spirituel) auquel ils tenaient, sevr&#233;s d'un amour suffisamment nourricier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re avoir lev&#233; un coin du voile pour une meilleure approche des mutilations volontaires, qui restent, il est vrai, et c'est fort dommage, assez taboues dans notre soci&#233;t&#233;, y compris pour les &#034;professionnels&#034; du soin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - ASPECTS THERAPEUTIQUES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'automutilation, en tant que sympt&#244;me, proc&#232;de donc d'une souffrance int&#233;rieure, psychologique ou spirituelle, si intense, que la personne se mutile pour DETOURNER vers son corps cette insupportable souffrance qu'elle ne peut situer ni en elle (puisque le psychisme, contrairement &#224; ce que l'on pense couramment, n'a pas son si&#232;ge dans le cerveau, mais dans le corps tout entier), ni &#034;hors&#034; d'elle, puisque c'est pr&#233;cis&#233;ment cet &#034;hors-l&#224;&#034; qui la hante et ne lui laisse aucun repos (r&#233;f&#233;rence au &#034;Horla&#034;, nouvelle de MAUPASSANT, dont le fr&#232;re &#233;tait schizophr&#232;ne, et qui aborde ce sujet sous le couvert du fantastique.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins, comme je le rappelais pr&#233;c&#233;demment, que dans les soci&#233;t&#233;s traditionnelles, la mutilation rituelle ne rel&#232;ve nullement d'une telle souffrance, mais bien au contraire de la volont&#233; de devenir un SUJET &#224; part enti&#232;re, un individu parfaitement int&#233;gr&#233;, ancr&#233; dans sa famille, son clan, sa soci&#233;t&#233;, et qui recevra de ces instances tout ce dont il peut avoir besoin, &#224; la fois physiquement, &#233;motionnellement et spirituellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'adolescent ou l'adulte qui se mutile, lui, ne peut attendre de son environnement familial ou soci&#233;tal aucune reconnaissance de ce genre, puisque ces pratiques (except&#233; la circoncision, comme je le pr&#233;cisais) ont disparu de notre civilisation en tant que rites de passage ou signes d'appartenance &#224; un groupe d'Humains. C'est pourquoi, il est consid&#233;r&#233; comme un &#034;malade&#034;, ce qu'il est effectivement, selon les crit&#232;res de NOTRE soci&#233;t&#233; (qui ne sont pas des crit&#232;res universels, loin de l&#224;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, tel qu'il est, &#224; ce moment pr&#233;cis (c'est &#224; dire, en qu&#234;te d'une appartenance ou d'une identit&#233; dans laquelle il puisse se re-conna&#238;tre), il n'est pas &#034;int&#233;grable&#034; &#224; la soci&#233;t&#233; telle que nous la concevons ici et maintenant. M&#234;me les tatou&#233;s et les scarifi&#233;s parfaitement &#233;quilibr&#233;s et int&#233;gr&#233;s professionnellement et socialement sont parfois regard&#233;s d'une mani&#232;re suspicieuse, et consid&#233;r&#233;s, au mieux, comme des &#034;originaux&#034;, au pire, comme &#034;de doux dingues&#034;....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc essentiel que la personne qui s'automutile compulsivement (c'est-&#224;-dire, sans qu'elle puisse s'en emp&#234;cher, afin de rel&#226;cher l'&#233;norme tension psychique due &#224; son angoisse diffuse) prenne conscience de la part de souffrance, voire de rage, qu'elle rec&#232;le. Et c'est l&#224; que l'intervention du psychoth&#233;rapeute me semble indispensable, car il (ou elle) pourra entendre cette souffrance, cette col&#232;re, et aider la personne &#224; mieux en comprendre les sources, les racines, et &#224; mieux la canaliser, pour son bien-&#234;tre, afin qu'elle puisse enfin s'int&#233;grer, trouver sa place EN ELLE et HORS d'ELLE, c'est &#224; dire dans la soci&#233;t&#233; &#224; laquelle elle appartient par sa naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;rapeute aidera le patient &#224; retrouver le chemin de son identit&#233; et de son int&#233;grit&#233; physique perdues, sans qu'il ait besoin de continuer ses pratiques destructrices. En effet, ces actes de mutilation le poussent &#224; se murer dans le silence, &#224; n&#233;gliger sa capacit&#233; &#224; dire, &#224; crier sa souffrance, car il va, peu &#224; peu, substituer l'acte de mutilation &#224; la parole lib&#233;ratrice. Cela contribue, progressivement, &#224; l'&#233;loigner des autres, dont il craint le regard accusateur, se sentant coupable de porter &#034;un horrible secret&#034;, alors que seule, l'expression (par la cr&#233;ation, le sport, la m&#233;ditation ou toute autre activit&#233; dans laquelle il se sent &#034;bien&#034;, et par la parole th&#233;rapeutique) de ses spectres int&#233;rieurs pourrait l'en d&#233;livrer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dyane ANDREY, est Professeur de Lettres, sp&#233;cialis&#233;e en Linguistique et S&#233;miologie, et Th&#233;rapeute b&#233;n&#233;vole&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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