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	<title>Mieux-Etre.org</title>
	<link>https://www.mieux-etre.org/</link>
	<description>Le portail de la Psychoth&#233;rapie, du Coaching et du mieux-&#234;tre en Belgique, &#224; Bruxelles et en Wallonie. Recommandations de th&#233;rapeutes et formations.</description>
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		<title>Mieux-Etre.org</title>
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		<title>Comment am&#233;liorer la confiance en soi ?</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Comment-ameliorer-la-confiance-en-soi.html</link>
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		<dc:date>2023-01-15T17:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tomasella Saverio</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Confiance en soi / Estime de soi</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En d&#233;finitive, sur quel fondement repose la confiance en soi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'amour ! La confiance en soi repose avant tout sur l'amour. Derri&#232;re les demandes des personnes qui s'engagent dans une psychanalyse, se d&#233;couvre la recherche d'une vie plus humaine, plus sereine, plus vraie. Il existe une qu&#234;te propre &#224; tout &#234;tre humain qui concerne la reconnaissance, l'affection et l'amour.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Confiance-en-soi-+.html" rel="tag"&gt;Confiance en soi / Estime de soi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2868-370e9.jpg?1712781874' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;finitive, sur quel fondement repose la confiance en soi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'amour ! La confiance en soi repose avant tout sur l'amour. Derri&#232;re les demandes des personnes qui s'engagent dans une psychanalyse, se d&#233;couvre la recherche d'une vie plus humaine, plus sereine, plus vraie. Il existe une qu&#234;te propre &#224; tout &#234;tre humain qui concerne la reconnaissance, l'affection et l'amour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De l&#224;, deux constats sont n&#233;cessaires. D'une part, il est facile de parler de l'amour, sans parvenir &#224; le vivre dans la r&#233;alit&#233;. Nombre de discours se gargarisent de grands mots, sans qu'ils deviennent r&#233;alit&#233;. D'autre part, une id&#233;ologie en vogue tente de faire r&#233;gner un certain nihilisme, un cynisme m&#233;prisant les besoins d'amour de l'&#234;tre humain. Il n'est pas possible d'aller bien et d'avoir confiance en soi sans s'appuyer sur la r&#233;alit&#233; de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle beaucoup d'estime de soi, mais n'est-ce pas &#233;go&#239;ste au fond ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Attention &#224; ne pas tomber dans le jugement. La morale ne sert &#224; rien. Penser &#224; soi est n&#233;cessaire. S'estimer &#224; sa juste valeur n'est pas une affaire d'ego, c'est surtout une condition favorable &#224; toute relation durable et sinc&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour vers soi est important pour se sentir bien et se ressourcer. Au contraire, l'importance accord&#233;e au regard des autres, &#224; leurs appr&#233;ciations, leurs critiques, leurs jugements, peut emp&#234;cher de constituer un regard int&#233;rieur, bienveillant et encourageant, propice au d&#233;veloppement profond d'une vraie confiance en soi. Nous passons d'un regard ext&#233;rieur, scrutateur, &#224; un regard int&#233;rieur, bienveillant. Se sentir mieux en soi-m&#234;me permet &#233;galement qu'un regard plus accueillant se pose sur soi : plus je m'aime ; plus j'aide l'autre &#224; m'aimer, plus je rends possible qu'il m'appr&#233;cie, qu'il m'estime&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'exemple d'une jeune femme qui a pu vivre le passage progressif d'une estimation de sa &#8220; valeur &#8221; &#224; travers le regard des autres &#224; une r&#233;elle estime de soi. Du fait de ce changement de perspective sur elle-m&#234;me, cette jeune femme a pu se d&#233;faire d'anciens modes de comportement et de relation dans lesquels elle s'enlisait, pour en inventer d'autre, et devenir cr&#233;atrice de sa propre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme d'une trentaine d'ann&#233;es &#233;tait tr&#232;s nerveuse et agit&#233;e. Elle n'avait pas confiance en elle, alors qu'elle &#233;tait pleine de qualit&#233;s tout &#224; fait r&#233;elles. Elle parlait sans cesse pour &#171; meubler &#187;, elle &#233;vitait les silences qui la mettaient face &#224; son gouffre int&#233;rieur. Elle &#233;tait uniquement pr&#233;occup&#233;e par le regard que les autres posaient sur elle. Elle se d&#233;valorisait beaucoup elle-m&#234;me. Apr&#232;s plusieurs mois de psychanalyse, son discours fleuve avait laiss&#233; la place &#224; une parle pos&#233;e, avec m&#234;me des moments de silence apais&#233; qui prenaient place naturellement dans nos &#233;changes. Elle parlait d&#233;sormais beaucoup de ses enfants et du plaisir qu'elle avait &#224; &#234;tre avec eux. M&#234;me son allure vestimentaire avait chang&#233;. Elle ne cherchait plus &#224; &#171; ressembler &#224; une poup&#233;e, parfaite &#224; l'ext&#233;rieur et tellement angoiss&#233;e &#224; l'int&#233;rieur &#187;. Elle a compris l'importance de prendre du temps vraiment pour elle. Aujourd'hui, cette femme pratique la gymnastique aquatique ; elle dit qu'elle a retrouv&#233; son corps et le plaisir d'&#234;tre &#171; bien dans sa peau &#187;. Sa sexualit&#233; est devenue &#233;panouie avec son mari. Elle dit &#234;tre heureuse de sa vie et va pouvoir &#171; r&#233;aliser un projet professionnel qui lui tient &#224; c&#339;ur &#187;&#8230; Des parcours comme celui-l&#224;, je peux vous en raconter beaucoup d'autres : cela demande du temps, de la pers&#233;v&#233;rance, une implication personnelle, c'est tout. Il ne s'agit pas d'un conte de f&#233;e, mais de l'histoire ordinaire d'une personne comme vous et moi. La confiance en soi ce n'est pas une th&#233;orie, il ne s'agit pas de quelque chose d'abstrait, cela se vit au quotidien, d'abord &#224; partir de petits gestes simples et de d&#233;cisions en faveur de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi la confiance favorise la relation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'estime de soi est le fondement d'une attitude cr&#233;ative face &#224; la vie. Tout ce qui favorise la confiance en soi facilite l'ouverture et l'&#233;lan vers l'autre, donc la relation. &lt;br class='manualbr' /&gt;Une personne qui conna&#238;t sa juste valeur, ses forces, ses faiblesses, entre dans une dynamique f&#233;conde : elle trouve plus facilement, plus rapidement, des solutions aux questions qui ne manquent pas de surgir dans toute relation, m&#234;me &#224; son travail. Avant, tout lui paraissait insurmontable. Lorsqu'elle se retrouve, d&#233;tendue, assouplie, alors l'existence lui para&#238;t plus simple. Plus encore, elle est &#224; m&#234;me d'anticiper certaines &#233;volutions qu'elle sent se dessiner ou qu'elle souhaite induire en accord avec son d&#233;sir.&lt;br class='autobr' /&gt;
La confiance est le regard porteur qu'un &#234;tre pose sur soi-m&#234;me. Ce regard est optimiste, encourageant, bienfaisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les b&#233;n&#233;fices de la confiance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont tr&#232;s nombreux. La confiance est un sentiment fondateur : elle permet d'oser, de se risquer, d'inventer, de chercher, et m&#234;me lorsque ce sera possible ou n&#233;cessaire, de se lancer dans l'action. Etre confiant permet de mieux accueillir, &#233;couter, percevoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voici quelques-unes des cons&#233;quences b&#233;n&#233;fiques de l'estime de soi :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; un meilleur discernement : faire la part des choses entre ce qui vient de soi et ce qui vient de l'autre, ce qui concerne un comportement ponctuel et ce qui concerne une identit&#233; profonde ; &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une moindre confusion : dans la relation, les singularit&#233;s de chacun vont pouvoir s'exprimer sans &#234;tre &#233;touff&#233;es ou nivel&#233;es par peur de la diff&#233;rence ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une plus grande ind&#233;pendance : moins se sentir sous le couperet du regard ou du jugement des autres pour exprimer sa pens&#233;e, mettre en &#339;uvre un projet ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la fin de la fusion, qui lie l'initiative personnelle &#224; l'assentiment d'autrui ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; un peu plus de d&#233;tachement et d'humour : relativiser ses conflits et ses &#233;checs est vital pour repartir serein et confiant dans l'avenir ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une meilleure communication : du moment o&#249; les &#233;motions, les ressentis, les convictions de chacun sont accept&#233;s, et m&#234;me valoris&#233;s, la communication est plus libre, plus riche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les principaux freins &#224; la confiance en soi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a tellement&#8230; Par exemple :
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le perfectionnisme : la peur de l'imperfection, la recherche de &#171; toujours &#187; faire bien ou de &#171; toujours &#187; faire mieux ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; les pr&#233;jug&#233;s : se persuader que l'on sait les choses d'avance ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le fatalisme : &#171; tout est d&#233;j&#224; &#233;crit &#187;, &#171; ce qui est arriv&#233; devait arriver &#187; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la plainte : faire porter &#224; l'environnement la responsabilit&#233; de ce qui n'aboutit pas, ou ne change pas, ou ne s'inscrit pas dans l'action, voir tout en noir, d&#233;courager l'autre ou miner son enthousiasme ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; les mod&#232;les : aucune personne ne peut correspondre compl&#232;tement &#224; un mod&#232;le, aussi complexe soit-il ; lorsque l'on donne la primaut&#233; au mod&#232;le, il y a souffrance &#224; cause du d&#233;calage entre ce que l'on vise et ce que l'on est, puis d&#233;pr&#233;ciation de soi-m&#234;me ; il est plus constructif de sortir des cadres rassurants et d'avoir foi en ses intuitions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-il possible de cultiver la confiance en soi, en l'autre, en la relation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r ! Comme tout ce qui permet d'aller de l'avant, il s'agit d'une d&#233;cision, d'un choix. &#171; Pratiquer la confiance &#187; est plus une fr&#233;quentation de ce (ceux) que l'on aime, plut&#244;t qu'une discipline. La volont&#233; ne peut rien sur nos sensations, nos &#233;motions, notre histoire, nos d&#233;sirs. En fait, il convient plus de trouver peu &#224; peu pour soi-m&#234;me, pour l'autre, pour la relation, une attitude juste et appropri&#233;e qui nourrisse le quotidien. Il existe une id&#233;e centrale pour favoriser une relation : lorsque je parle, je parle de moi ; lorsque j'&#233;coute, je laisse l'autre parler de lui. J'ajouterais que si je m'appr&#234;te &#224; faire un reproche, il vaut mieux que je prenne le temps de me demander si, ce reproche, je ne me l'adresse pas int&#233;rieurement &#224; moi&#8230; Beaucoup de nos critiques nous concernant en premier lieu. Si j'apprends &#224; mieux p'appr&#233;cier, je serais plus d&#233;tendu avec les autres. C'est tr&#232;s concret et comme c'est simple, je peux le pratiquer tous les jours. Il ne s'agit pas d'exercice : encore une fois, il s'agit d'aptitude et d'attitude juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi s'engager dans une psychanalyse favorise la confiance en soi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; mieux se conna&#238;tre permet de mieux s'accepter, de mieux s'aimer. Si, peu &#224; peu, je laisse de c&#244;t&#233; tous les jugements sur mon histoire, mon existence et sur moi-m&#234;me, je me sens mieux dans ma vie. Si je donne du sens aux &#233;v&#233;nements marquants de mon existence, je me r&#233;approprie ce que j'ai v&#233;cu, je le fais mien. Je r&#233;alise ainsi de grands pas en avant vers une meilleure estime de moi-m&#234;me, et bien entendu une meilleure ouverture vers le monde et vers les autres. Comment cela se passe ? Le psychanalyste &#233;coute, il accueille ce que vous lui d&#238;tes. Ce sera peut-&#234;tre la premi&#232;re fois de votre vie qu'une ou plusieurs fois par semaine pendant environ une heure, un &#234;tre humain fait silence et se met compl&#232;tement &#224; votre &#233;coute. Voici d&#233;j&#224; une exp&#233;rience nouvelle et b&#233;n&#233;fique, profond&#233;ment r&#233;confortante. Par ailleurs, le psychanalyste d&#233;sire vous entendre : il laisse r&#233;sonner en lui vos propos, leur sens profond, leur port&#233;e, les &#233;motions et sentiments qu'ils transmettent, pour s'en donner une image et une id&#233;e pr&#233;cises qu'il vous restituera. Vos v&#233;cus intimes et singuliers vont &#234;tre non seulement reconnus, mais aussi nomm&#233;s, donc valid&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience-l&#224; est profond&#233;ment structurante, elle donne corps &#224; votre histoire. Enfin, le psychanalyste, avec votre aide, va chercher &#224; vous comprendre, &#224; mieux cerner avec vous, vos attentes, vos d&#233;sirs, vos choix : l&#224; encore, il s&#8216;agit d'une aventure unique qui ouvre de r&#233;elles perspectives dans le quotidien. Nul doute, qu'apr&#232;s un certain temps, ayant v&#233;cu r&#233;p&#233;titivement de telles exp&#233;riences humaines, vous d&#233;veloppez une meilleure confiance en vous. Ainsi vous vous consid&#233;rez autrement, vous portez sur l'existence un regard neuf et vous mettez en &#339;uvre des ressources personnelles jusqu'alors inexploit&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez dit qu'il &#233;tait bon de penser &#224; soi&#8230; mais alors le &#171; narcissisme &#187;, est-ce positif ou n&#233;gatif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la plupart de nos contemporains ont le tort d'utiliser les mots du vocabulaire technique de la psychanalyse comme des condamnations ou des insultes. Il s'agit d'ailleurs souvent de tentatives de prise de pouvoir en rabaissant l'autre. Telle personne est &#171; hyst&#233;rique &#187; (vous avez remarqu&#233; comme cela s'adresse presque exclusivement aux femmes ?). Tel autre est &#171; caract&#233;riel &#187;, &#171; mytho &#187;, &#171; parano &#187;, &#171; schizo &#187;, je ne sais trop quoi encore. Tout cela constitue une v&#233;ritable pollution mentale et relationnelle. Alors, &#234;tre &#171; narcissique &#187; est d&#233;sormais une vilaine injure&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quoi s'agit-il, en fait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coute de l'&#234;tre humain, chaque fois singulier, n'autorise pas &#224; faire de g&#233;n&#233;ralit&#233;s. Freud parlait de &#171; narcisme &#187; (Narzissmus). Il a &#233;labor&#233; cette notion entre 1911 et 1914. Le narcisme d&#233;signe l'investissement libidinal de sa propre personne et surtout de &#171; l'id&#233;e &#187; que l'individu se fait de lui-m&#234;me. Il ne s'agit pas de d&#233;noncer l'amour de soi, au contraire, mais le danger de se rapporter au monde comme si le r&#233;el ne pouvait &#234;tre appr&#233;hend&#233; qu'&#224; travers l'illusion des apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je me sens exister uniquement dans le regard des autres, par leurs appr&#233;ciations, avis, opinions, jugements, leurs autorisations, leurs complaisances ou leurs complicit&#233;s, je suis sans cesse soumis &#224; la n&#233;cessit&#233; de m'adapter &#224; leurs demandes. A l'inverse, si je m'appuie sur mes ressentis (sensations, perceptions, &#233;motions, etc.) pour construire mon sentiment d'identit&#233; et &#233;laborer une pens&#233;e personnelle, je ne d&#233;pends plus des autres : je peux entrer en relation libre et paritaire avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, l'amour de soi n'est pas un d&#233;faut ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de l&#224;, il favorise m&#234;me l'amour de l'autre. Si Narcisse se noie dans l'&#233;tang o&#249; il se contemple, c'est dans le vide du regard d&#233;sert&#233; de lui-m&#234;me qu'il se perd, de ne pas avoir &#233;t&#233; aim&#233;, pour se relever, se tourner vers le monde et &#234;tre f&#233;cond. C'est d'avoir &#233;t&#233; ni&#233; par son p&#232;re et d&#233;laiss&#233; par sa m&#232;re. L'importance inconsid&#233;r&#233;e du miroir n'est qu'un leurre, une compensation aussi illusoire qu'une drogue. L'enfant qui n'a &#233;t&#233; ni consid&#233;r&#233;, ni m&#234;me regard&#233; par ses parents, se vit comme un objet, inerte et vou&#233; &#224; la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dont chacun manque le plus, ce n'est pas de protections, d'alibis, de pr&#233;textes, de mod&#232;les, de croyances, d'interdits, ni m&#234;me d'id&#233;es, de savoir et de savoir-faire, mais d'amour, cette &#233;nergie vitale que les Grecs ont nomm&#233;e Eros. C'est une force de vie, qui dans la sph&#232;re publique ou amicale rev&#234;t le nom d'Agap&#233;, forme que prend l'amour en dehors des alc&#244;ves, mais qui garde la m&#234;me vigueur, le m&#234;me myst&#232;re et le m&#234;me mouvement vers l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour, comme le courage, viennent du &#171; c&#339;ur &#187; ; or pour le Tao, &#171; le courage est la foi dans la validit&#233; de sa r&#233;alit&#233; int&#233;rieure comme une force pour agir dans le monde &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est peut-&#234;tre la seule phrase &#224; retenir, et &#224; tenter de mettre en &#339;uvre, dans un contexte o&#249; les r&#233;alit&#233;s profondes et subtiles du c&#339;ur sont trop souvent occult&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La musique de l'amour</title>
        
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tomasella Saverio</dc:creator>
        
      



		<description>&lt;p&gt;Pendant tr&#232;s longtemps, un pr&#233;jug&#233; tenace a maintenu la philosophie loin des foules : philosopher, aimer la sagesse, r&#233;fl&#233;chir aurait &#233;t&#233; une activit&#233; r&#233;serv&#233;e &#224; une &#233;lite. Le m&#234;me pr&#233;jug&#233; p&#232;se aujourd'hui sur la psychanalyse : des th&#233;ories fumeuses, des phrases incompr&#233;hensibles, des termes compliqu&#233;s, etc. en constituerait la marque distinctive ! Non, ce n'est pas du tout la r&#233;alit&#233;, au contraire : il est possible de parler de l'&#226;me humaine, de la relation, de l'inconscient sans utiliser de termes techniques ou d'&#233;tiquettes morbides, tout en &#233;tant simple et clair.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2913-4fb35.png?1712781874' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; L'amour n'est pas seulement un sentiment ; c'est un art aussi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Honor&#233; de Balzac&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant tr&#232;s longtemps, un pr&#233;jug&#233; tenace a maintenu la philosophie loin des foules : philosopher, aimer la sagesse, r&#233;fl&#233;chir aurait &#233;t&#233; une activit&#233; r&#233;serv&#233;e &#224; une &#233;lite. Le m&#234;me pr&#233;jug&#233; p&#232;se aujourd'hui sur la psychanalyse : des th&#233;ories fumeuses, des phrases incompr&#233;hensibles, des termes compliqu&#233;s, etc. en constituerait la marque distinctive ! Non, ce n'est pas du tout la r&#233;alit&#233;, au contraire : il est possible de parler de l'&#226;me humaine, de la relation, de l'inconscient sans utiliser de termes techniques ou d'&#233;tiquettes morbides, tout en &#233;tant simple et clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis de nombreuses ann&#233;es, j'&#233;coute les musiciens, les cin&#233;astes, les com&#233;diens, les danseurs, les peintres, les sculpteurs et les romanciers. Chaque fois, je me rends compte que les artistes parlent bien mieux des &#234;tres humains, avec leurs mots &#224; eux, leurs mots simples, leurs mots de tous les jours, que les &#171; psychistes &#187; qui ont un vocabulaire sp&#233;cialis&#233; devenu langue morte. Je me suis &#233;tonn&#233;, puis interrog&#233; sur ce foss&#233; si difficile &#224; franchir. Je me suis rendu compte que les termes techniques, pr&#233;tendument &#171; scientifiques &#187; pouvaient souvent &#234;tre ou para&#238;tre blessants et qu'ils n'apportaient pas de compr&#233;hension plus profonde ou plus claire de ce que nous vivons au jour le jour. J'ai remarqu&#233; aussi qu'ils embrouillaient habituellement l'esprit en imposant des notions &#233;loign&#233;es de la r&#233;alit&#233;, parce que trop abstraites et trop intellectuelles. Ce constat m&#8216;a sembl&#233; fondamental. J'ai donc essay&#233; d'&#234;tre de plus en plus attentif aux nuances et aux variations des paroles d'artistes sur la vie et sur l'humain, pour tenter de mieux cerner les multiples exp&#233;riences sensibles que nous vivons au jour le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche ne me quitte plus ; c'est celle que j'ai suivie pour &#233;crire cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, cela n'emp&#234;che pas qu'une telle d&#233;marche soit scientifique, c'est-&#224;-dire qu'elle s'appuie sur l'observation patiente, m&#233;thodique et raisonn&#233;e des faits : des &#233;v&#233;nements et des situations, plac&#233;s dans leur contexte pr&#233;cis et suivis en fonction de leurs interactions, de leurs &#233;volutions sp&#233;cifiques. Ce n'est pas l'utilisation d'un vocabulaire technique qui garantit le caract&#232;re scientifique d'une recherche, mais la rigueur de la m&#233;thode employ&#233;e, ici fond&#233;e sur l'exp&#233;rience clinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, plus concr&#232;tement, qu'en est-il de l'amour ?&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Parler d'amour n'est pas &#233;vident. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit de l'exp&#233;rience humaine la plus intime ; celle qui nous engage le plus profond&#233;ment. Qu'y a-t-il au plus profond de nous ? D'abord des rythmes et des sons : les va et vient de la respiration suivent la moindre de nos &#233;motions autant que nos fonctionnements physiologiques. Cela peut aller de la sonorisation du souffle de l'air qui circule aux g&#233;missements, rires, pleurs, interjections ou paroles que nous pronon&#231;ons. Nous sommes avant tout un bain de rythmes et de sons, un bain continuel de danse et de musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute peu &#224; peu notre musique int&#233;rieure, notre musique personnelle. De quoi est-elle constitu&#233;e ? Des sons per&#231;us &#224; l'int&#233;rieur de l'ut&#233;rus de notre m&#232;re : ses battements de c&#339;ur, sa respiration, sa digestion, sa voix et celle de notre p&#232;re ou de nos fr&#232;res et s&#339;urs. La musique qu'elle &#233;coutait aussi, bien s&#251;r. D&#233;j&#224; une symphonie de rythmes et de sons, de m&#233;lodies et de couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique, comme la relation est un &#233;change : elle est faite de mouvements ; mouvements de donner et mouvements de recevoir. Ainsi va l'amour&#8230; Nos exp&#233;riences de musique et d'amour se fondent sur la m&#233;moire d'un v&#233;cu, dans ce jeu de surprises entre le connu et l'inconnu.&lt;br class='autobr' /&gt;
La similitude va encore plus loin puisque nos relations, quelles qu'elles soient sont une succession d'accords et de d&#233;saccords. En amour, il vaut mieux que les temps concordent, comme les rythmes de chacun, pour pouvoir danser ensemble, s'entendre dans les assonances puis s'en &#233;merveiller ou se retrouver apr&#232;s les dissonances. Comme pour jouer de la musique de chambre, l'amour demande que nous &#233;coutions l'autre et que nous y soyons particuli&#232;rement attentifs. Pas de grand solo, mais un cheminement progressif et commun, l&#224; encore par des &#233;changes nuanc&#233;s, intimes, o&#249; chacun est &#224; la fois soi-m&#234;me et dans l'&#233;lan de la rencontre de l'autre, qui est &#233;lan de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il lorsque cela bloque ou tourne court ? Que se passe-t-il pour que l'amour puisse, parfois, &#234;tre durablement emp&#234;ch&#233; ou devienne impossible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs types de freins peuvent exister : la m&#233;fiance, la jalousie, la peur d'&#234;tre abandonn&#233; ou d&#233;&#231;u, le refus de s'engager, la qu&#234;te de la perfection, la recherche d'un id&#233;al inaccessible, le manque de confiance en soi, la honte, un mod&#232;le familial contraignant, le deuil non fait d'un amour pass&#233;, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, les sources des emp&#234;chements &#224; aimer ne viennent pas de l'ext&#233;rieur, de la soci&#233;t&#233; ou des autres, mais de soi et de convictions fig&#233;es qui nous limitent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tosca : vivre d'art et d'amour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Tosca va permettre de mieux comprendre ce qui sous-tend certaines formes de passions amoureuses. Cette femme aura bient&#244;t cinquante ans. Elle affirme avec beaucoup de force : &#171; je suis faite pour aimer ; je ne sais pas vivre sans amour. &#187; Tosca parle rapidement, avec un d&#233;bit tr&#232;s vif. Elle est parfois difficile &#224; comprendre tellement les mots glissent et volent devant elles. Apr&#232;s quoi court-elle ? Tosca donne l'impression de vivre dans l'urgence. Elle fume beaucoup et explique qu'elle a besoin de &#171; tirer sur la cigarette pour mieux respirer &#187;, sinon elle a l'impression d'&#233;touffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois que Tosca vient en consultation, elle est tr&#232;s abattue et tr&#232;s &#233;prouv&#233;e. L'homme avec lequel elle vivait l'a quitt&#233;e sans la pr&#233;venir, pour une autre. Tosca &#233;tait tr&#232;s amoureuse de cet homme. Elle dit qu'elle ne survivra pas &#224; cette rupture. Elle ne tient pas en place. Elle attend jour et nuit qu'il l'appelle, r&#233;ponde &#224; ses messages, lui fasse un signe. Tosca est compl&#232;tement perdue, effondr&#233;e. Elle vient parler au psychanalyste tous les jours : &#171; pour ne pas sombrer compl&#232;tement &#187;, &#171; pour ne pas devenir folle &#187;, s'excuse-t-elle. Comment l'homme avec qui elle &#233;tait a-t-il pu prendre une si grande place en elle, avoir une telle importance pour elle, au point de lui sembler n&#233;cessaire et vital, au point d'en arriver &#224; croire qu'elle ne pourrait pas vivre sans lui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tosca est chanteuse, passionn&#233;e par son m&#233;tier. Elle a le c&#339;ur sur la main. Elle est g&#233;n&#233;reuse de son argent, de son &#233;nergie, de son temps. Toutefois, elle reconna&#238;t souvent qu'elle &#171; en fait beaucoup trop &#187;. Bien que tr&#232;s sociable, elle explique qu'elle est, en fait, timide et r&#233;serv&#233;e en amour, au moins dans un premier temps, c'est-&#224;-dire tant qu'elle n'est pas s&#251;re d'&#234;tre aim&#233;e en retour. Tosca attend avec impatience, avec avidit&#233;, des signes d'amour de l'autre, &#171; m&#234;me s'il ne s'agit que de miettes &#187;. Aussi a-t-elle longtemps accept&#233; de vivre avec un homme qui avait des ma&#238;tresses. Elle ne croyait pas qu'elle puisse &#234;tre plus aim&#233;e et mieux respect&#233;e. &#171; Je suis trop gentille, trop bonne, je le sais. A force de vivre tout le temps pour l'autre, je me suis oubli&#233;e. &#187; Tosca est sans cesse &#224; la recherche d'un paradis perdu, imaginaire en fait, car il n'a jamais vraiment exist&#233; pour elle : elle n'a fait que le r&#234;ver, depuis toute petite. Pour elle, &#171; tout le monde est beau et gentil &#187;. Elle ne veut pas &#171; descendre de son petit nuage rose &#187;. Tosca a tellement peur de ne pas &#234;tre aim&#233;e. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, elle est pass&#233;e d'un amour &#224; l'autre, sans r&#233;pit, sans deuil, pour ne surtout pas &#234;tre seule. Elle s'est donn&#233;e enti&#232;rement dans chacune de ses relations, mais reconna&#238;t aussi s'y &#234;tre br&#251;l&#233;e et &#233;puis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s presque trois mois d'angoisses, d'insomnies et de difficult&#233;s &#224; s'alimenter, Tosca retrouve de l'app&#233;tit et de l'allant. Elle rencontre un homme un peu plus jeune qu'elle. Il souhaite venir s'installer dans la ville o&#249; elle habite et ouvrir un commerce. Tosca vole &#224; son secours, l'accueille chez elle, lui promet de l'aider et tombe follement amoureuse de lui. Ils vivent quelques jours d'une idylle merveilleuse. Puis, encore une fois sans rien dire, l'homme l'a quitte, ne donne plus de nouvelles, ne r&#233;pond plus &#224; ses messages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, Tosca s'interroge sur la pr&#233;cipitation avec laquelle elle s'est lanc&#233;e dans cette relation et sur la passion tr&#232;s forte qui est n&#233;e si rapidement entre eux. Elle ne doute pas de leur sinc&#233;rit&#233; &#224; l'un et &#224; l'autre, mais elle rep&#232;re qu'ils ont v&#233;cu dans un r&#234;ve plut&#244;t que vraiment dans la r&#233;alit&#233;. Tosca est &#233;galement capable de voir cet homme avec des d&#233;fauts, notamment celui de ne pas avoir eu le courage de lui dire que tout cela allait trop vite et qu'il valait mieux prendre son temps. Il n'&#233;tait donc pas aussi id&#233;al qu'elle l'avait imagin&#233;. Ce constat la soulage et facilite l'acceptation de la perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mois passent. Tosca a compris &#224; quel point elle a eu tendance, jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; id&#233;aliser les hommes qu'elle a aim&#233;s : &#171; je voulais absolument qu'ils r&#233;pondent &#224; mon id&#233;al d'homme, comme s'ils devaient forc&#233;ment ressembler au prince charmant &#187;. Jusqu'alors, elle n'avait choisi que des hommes beaux physiquement, comme si leur apparence corporelle flatteuse la rassurait sur son propre compte : &#171; je suis valeureuse puisque je suis la femme d'un bel homme &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, Tosca tombe alors amoureuse d'un homme sans qualit&#233;s physiques particuli&#232;res : pas vraiment beau, &#171; presque laid &#187; dit-elle, pas du tout sportif, &#224; l'inverse de tous les hommes &#233;l&#233;gants ou athl&#233;tiques qu'elle avait choisis, Tosca vit une br&#232;ve histoire d'amour pour un homme qui ne l'a met pas en valeur. Elle per&#231;oit qu'elle est de nouveau tomb&#233;e tr&#232;s rapidement amoureuse, qu'elle a senti que cela faisait peur &#224; cet homme, qui s'est r&#233;tract&#233; assez rapidement en lui disant qu'il n'&#233;tait pas pr&#234;t. Pour la premi&#232;re fois, il ne s'est pas agi d'une rupture, mais d'une s&#233;paration apr&#232;s une discussion o&#249; l'un et l'autre ont pu s'exprimer et se comprendre. D'ailleurs, Tosca a aussi d&#233;couvert &#224; quel point la tendresse est belle et fondamentale dans une relation amoureuse, se d&#233;gageant un peu d'une croyance inconsciente jusqu'ici, qui pesait sur elle : elle s'imaginait qu'elle devait &#234;tre une amante impeccable, irrempla&#231;able, pour pouvoir &#234;tre digne d'int&#233;r&#234;t pour un homme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux br&#232;ves aventures amoureuses r&#233;v&#232;lent &#224; Tosca que l'incendie passionnel est son mode relationnel en amour. Elle est surprise, car elle affirme avec franchise qu'elle ne s'en &#233;tait pas rendu compte auparavant. Elle croyait que &#171; c'&#233;tait &#231;a, aimer &#187;. Elle n'avait donc pas encore pris le temps de s'interroger sur sa fa&#231;on bien particuli&#232;re d'&#234;tre en relation avec les hommes. Ce questionnement de fond l'aide &#224; aller explorer dans son histoire, pour chercher &#224; la source ce qui motive ses comportements amoureux et les &#233;checs qu'ils provoquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La petite princesse d&#233;tr&#244;n&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la crainte et la demande incessantes de Tosca, depuis sa naissance : &#234;tre aim&#233;e. Au moins un peu. Troisi&#232;me enfant de parents qui s'entendaient mal, elle avait &#233;t&#233; laiss&#233; &#224; elle-m&#234;me, avait fait quelques menues b&#234;tises, s'&#233;tait faite souvent gronder par sa m&#232;re, qui &#233;tait perp&#233;tuellement d&#233;prim&#233;e. Ses parents ont divorc&#233; lorsqu'elle &#233;tait petite, sans heurts, presque sans rien dire. La fillette avait compris que ses parents &#233;taient en froid, puis s&#233;par&#233;s, pourtant elle n'a appris officiellement leur divorce que bien plus tard, lorsque son p&#232;re a annonc&#233; son mariage avec sa nouvelle femme et qu'elle lui a demand&#233; comment c'&#233;tait possible, puisqu'il &#233;tait d&#233;j&#224; mari&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tosca se souvient qu'elle consacrait beaucoup d'&#233;nergie pour que son p&#232;re s'int&#233;resse &#224; elle. Elle semblait avoir r&#233;ussi &#224; capter son attention, puis &#224; passer du temps avec lui. Elle dit se souvenir qu'elle a &#233;t&#233; &#171; sa favorite &#187;, un temps, et qu'elle en &#233;tait tr&#232;s fi&#232;re. N&#233;anmoins, son p&#232;re l'a souvent d&#233;&#231;ue, notamment lorsqu'elle avait besoin d'&#234;tre consol&#233;e ou rassur&#233;e. Elle mesure maintenant &#224; quel point elle a, depuis lors, cherch&#233; des hommes protecteurs, des hommes qui auraient &#233;t&#233; comme le p&#232;re id&#233;al qu'elle aurait tant voulu avoir &#224; ses c&#244;t&#233;s ! Des hommes id&#233;aux qui n'existent pas&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Demande d'amour, efforts pour se rendre visible et int&#233;ressante aux yeux de ses parents, une m&#232;re qui ne s'occupe pas d'elle, un p&#232;re qui la laisse tomber tout d'un coup, sans la pr&#233;venir : chaque fois qu'elle rencontre un homme, Tosca revit &#8211; sans s'en apercevoir &#8211; l'ensemble des manques et des d&#233;tresses qu'elle a v&#233;cu enfant face &#224; ses premi&#232;res figures d'amour, ses parents. Elle remarque, d'ailleurs, qu'elle choisit le plus souvent des hommes qui sont difficiles &#224; int&#233;resser. Comme avec son p&#232;re, elle d&#233;ploie beaucoup d'&#233;nergie pour se faire appr&#233;cier. De m&#234;me, lorsqu'ils partent, ces hommes ne lui disent rien pour la pr&#233;parer et ne la pr&#233;viennent pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tosca comprend que sa terrible peur de finir seule (lorsqu'elle n'est avec personne) ou d'&#234;tre d&#233;laiss&#233;e (lorsqu'elle est en couple) g&#233;n&#232;re en elle une cascade de comportements passionnels : d'abord une grande angoisse ; puis, pour &#233;chapper &#224; cette angoisse &#8211; la cigarette ne suffisant pas &#224; la calmer &#8211; une fr&#233;n&#233;sie furieuse dans tous les domaines, m&#234;me au travail ; enfin une pr&#233;cipitation qui lui fait commettre des erreurs dont elle se repend apr&#232;s. &#171; Je crois que c'est le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne avec les hommes. Je suis tellement angoiss&#233;e que je sens une grande fi&#232;vre en moi, une urgence de rencontrer un homme et je me jette dans les bras du premier venu, en &#233;tant s&#251;re qu'il est fait pour moi et me rendra heureuse. &#187; Pour cette femme d'une grande sensibilit&#233;, la passion est une protection qu'elle a trouv&#233;e pour d&#233;jouer les affres de l'angoisse et &#233;loigner le spectre du d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui pourrait s'aimer mieux que nous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En retrouvant une ancienne correspondance entre ses parents, datant d'avant leur mariage et de leurs ann&#233;es de vie commune, Tosca d&#233;couvre une litt&#233;rature qui la laisse bouche b&#233;e. Elle en parle longuement avec sa s&#339;ur a&#238;n&#233;e, qui confirme son impression. Ses parents, qui s'entendaient si mal en r&#233;alit&#233; et vivaient tr&#232;s peu ensemble, avaient construit de toutes pi&#232;ces, au fil de leurs lettres, l'histoire fictive d'une grande idylle, d'un amour passionn&#233;, qui n'existait pas dans les faits. Tosca se demande si cette fiction d'amour enflamm&#233; n'a pas constitu&#233; pour elle un mod&#232;le ind&#233;passable. &#171; J'ai cru &#224; leur fantasme et je me suis oblig&#233;e &#224; revivre une passion similaire avec un homme, sans pouvoir r&#233;ussir, puisqu'il ne s'agissait que d'une invention id&#233;ale, impossible &#224; r&#233;aliser &#187;. Cette d&#233;couverte fondamentale permet &#224; Tosca de prendre de la distance avec ce qu'elle croyait &#234;tre une &#171; obligation de r&#233;ussite &#187;. Elle se d&#233;tend, comprend qu'il n'y a pas d'urgence pour elle &#224; rencontrer un homme et per&#231;oit qu'elle n'a plus &#224; suivre un sch&#233;ma amoureux qui n'&#233;tait qu'une illusion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tosca n'est plus &#171; obs&#233;d&#233;e par la rencontre amoureuse &#187;. Elle per&#231;oit son existence diff&#233;remment et trouve du temps pour elle. Elle ne se sent plus contrainte de courir tout le temps dans une fuite en avant sans fin. Son obnubilation amoureuse l'avait aveugl&#233;e sur elle-m&#234;me, autant que sur les hommes. Maintenant, elle prend conscience qu'elle est pr&#233;cipit&#233;e et excessive dans la plupart de ses relations. Surtout, elle discerne &#224; quel point elle a peu confiance en elle et commence &#224; s'interroger sur ce manque d'estime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tosca ne se croyait pas digne d'&#234;tre aim&#233;e. Le fonctionnement relationnel de Tosca &#233;tait fond&#233; sur la passion affective, une passion permanente qu'elle croyait n&#233;cessaire pour subsister et &#171; s'en sortir malgr&#233; tout avec les autres &#187;. D'une part, ses d&#233;bordements amoureux successifs lui permettaient de rejeter loin d'elle la solitude et l'angoisse. D'autre part, elle avait cru aux fictions de ses parents sur l'amour conjugal et parental ; elle s'&#233;tait fait un devoir &#171; d'aimer au moins aussi bien qu'eux &#187;, sur un mode compl&#232;tement fauss&#233; parce qu'irr&#233;el, donc impossible. Cette injonction &#224; l'illusion de l'amour par le biais d'une passion d&#233;vorante avait tenu Tosca en dehors de la r&#233;alit&#233;, seul lieu o&#249; l'amour sinc&#232;re peut na&#238;tre et s'&#233;panouir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tosca est devenue l&#233;g&#232;re et enjou&#233;e. Elle ne fuit plus les rudesses de la r&#233;alit&#233;, mais accepte de se poser les vraies questions. Elle a nettement r&#233;vis&#233; ses attentes id&#233;ales, dans tous les domaines, mais aussi en ce qui concerne les hommes. Lors de ses derni&#232;res vacances, de fa&#231;on compl&#232;tement nouvelle et inattendue, elle a rencontr&#233; un homme qui ne ressemble &#224; aucun autre qu'elle a connu. Elle ne sait pas combien de temps durera leur relation, mais ils s'appr&#233;cient l'un et l'autre, s'entendent vraiment et &#171; c'est d&#233;j&#224; beaucoup &#187;, pr&#233;cise-t-elle, rayonnante. Tosca ne se pr&#233;cipite plus. Elle prend le temps de savourer la vie. Elle est paisible et confiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois qu'ont &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;es les erreurs d'appr&#233;ciation et les fausses croyances sur les r&#233;alit&#233;s amoureuses, il est possible de changer de rep&#232;res, de fa&#231;on de penser et de discours. Il devient m&#234;me envisageable d'inventer une autre fa&#231;on de regarder, de parler et d'aimer. Laisser une fen&#234;tre grande ouverte sur l'inconnu n'est plus inconcevable. Accueillir l'impr&#233;vu n'est plus aussi angoissant. Alors pourquoi encore douter, pourquoi ne pas faire confiance et emprunter des chemins nouveaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retrouver la musique du d&#233;sir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des choses les plus difficiles &#224; supporter est la frustration, surtout dans un monde centr&#233; sur l'apparence et la consommation. D'autant plus que nous sommes souvent pouss&#233;s ou enclins &#224; confondre les pulsions et les fantasmes avec le d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce n'est qu'en retrouvant, en soi, la petite musique du d&#233;sir fr&#233;missant, que nous pourrons durablement vivre l'amour, en acceptant vraiment d'aimer et d'&#234;tre aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir ne na&#238;t pas que du manque, il na&#238;t du contact avec la lumi&#232;re de l'autre et son attente. Attendre de retrouver cette lumi&#232;re lorsqu'elle n'est plus l&#224;, pas encore de nouveau l&#224;. Le d&#233;sir grandit dans l'absence de l'autre, quand sa lumi&#232;re nous fait d&#233;faut et qu'elle creuse en soi un espace int&#233;rieur, intime, de plus en plus vaste pour le recevoir et l'accueillir &#224; nouveau, pour lui souhaiter la bienvenue. Le d&#233;sir est ainsi la pr&#233;sence grandissante en soi de l'autre, du chemin vers lui, l'&#233;lan tour &#224; tour inquiet et joyeux qui met en mouvement pour mieux le conna&#238;tre...&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;figure class='spip_document_3023 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:150px;&#034; data-w=&#034;150&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:135.33333333333%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/amour2-resp150.jpg?1711790927' alt='' data-src='IMG/jpg/amour2.jpg' data-l='150' data-h='203' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;150&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/amour2-resp150.jpg?1711790927&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/amour2-resp150.jpg?1711790927&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; S. Tomasella, &lt;strong&gt;Les amours impossibles&lt;/strong&gt; &#8211; Accepter d'aimer et d'&#234;tre aim&#233;, Eyrolles, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers de nombreux exemples, et six portraits cliniques particuliers, Saverio Tomasella dessine peu &#224; peu les parois imperceptibles de nos prisons int&#233;rieures. M&#233;fiance, jalousie, avidit&#233; des sentiments, peur de l'engagement ou qu&#234;te de perfection font &#233;cho &#224; nos anciennes histoires et freinent celles que nous d&#233;sirons aujourd'hui. Il s'agit alors de poser les bons mots, de regarder ses propres failles, de se d&#233;partir des pr&#233;jug&#233;s et de voir au-del&#224; des apparences. Il s'agit surtout de se d&#233;couvrir soi, pour r&#233;ellement s'ouvrir &#224; l'autre et rendre l'amour possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#201;ditions : Eyrolles, 2011&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que reste-t-il de nos anc&#234;tres ?</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Que-reste-t-il-de-nos-ancetres.html</link>
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		<dc:date>2019-10-27T11:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tomasella Saverio</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Psychog&#233;n&#233;alogie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Peu &#224; peu, les psychanalystes ont d&#233;cel&#233; que l'existence et la vie psychique de nos ascendants (parents, grands-parents et autres anc&#234;tres) exercent une influence sur nous. Les myst&#232;res des circulations inconscientes entre les g&#233;n&#233;rations constituent de v&#233;ritables h&#233;ritages psychiques interg&#233;n&#233;rationnels. Au premier rang desquels les secrets et les maladies du deuil&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychogenealogie-+.html" rel="tag"&gt;Psychog&#233;n&#233;alogie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2950-54b8d.jpg?1712781874' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque Sigmund Freud invente la psychanalyse, il d&#233;couvre que nos sympt&#244;mes, ces troubles non-dits qui nous d&#233;passent, sont le fruit des conflits int&#233;rieurs qui nous tourmentent, des pulsions qui nous agitent et des traumatismes qui nous ont durablement marqu&#233;s du sceau de la peur, voire de la fascination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toutes ces forces qui peuplent notre vie int&#233;rieure, influencent nos pens&#233;es et nous poussent &#224; agir, parfois &#233;trangement, se logent et mugissent dans notre inconscient. Peu &#224; peu, tout en confirmant ces d&#233;couvertes, les psychanalystes ont d&#233;cel&#233; que l'existence et la vie psychique de nos ascendants (parents, grands-parents et autres anc&#234;tres) exercent une influence sur nous. Les myst&#232;res des circulations inconscientes entre les g&#233;n&#233;rations constituent de v&#233;ritables h&#233;ritages psychiques interg&#233;n&#233;rationnels. Au premier rang desquels les secrets et les maladies du deuil&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces secrets qui fa&#231;onnent les discours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sistant pendant la Seconde guerre mondiale, Emile le p&#232;re de Lorette &#233;tait tr&#232;s silencieux. Dans son entourage, personne n'a su, durant toute la guerre, le r&#244;le important qu'il a jou&#233; au sein du Maquis. Pour garder secrets son r&#244;le et ses actions, autant que pour prot&#233;ger les siens, cet homme de naturel enjou&#233; est devenu taciturne. Il s'est renferm&#233; sur lui-m&#234;me. Tout le monde a cru que la duret&#233; des temps avait eu raison de sa joie. En r&#233;alit&#233;, Emile faisait sans cesse attention &#224; parler tr&#232;s peu, juste le strict n&#233;cessaire pour la vie quotidienne, afin de ne pas &#234;tre tent&#233; d'en dire trop et ne pas se laisser trahir par des propos &#233;nigmatiques. Emile ne laissait rien transpara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crypte jalousement gard&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la conversation ordinaire et spontan&#233;e se forme librement &#224; partir d'associations d'id&#233;es o&#249; tous les th&#232;mes sont ouverts &#224; la discussion d&#233;tendue, sans r&#233;serve, la personne porteuse d'un secret fait tr&#232;s attention non seulement &#224; ne pas livrer ce qu'elle cache soigneusement, mais aussi &#224; ne pas aborder de th&#232;mes li&#233;s &#224; son secret m&#233;ticuleusement surveill&#233;. Tout un pan de conversation devient impossible. Une telle personne ampute donc sa communication, puis sa pens&#233;e, d'un domaine existentiel d&#233;sormais enterr&#233; en catimini et maintenu hors d'atteinte : tout ce qui touche &#224; ce qu'elle cache et ce qu'elle tait. Le porteur de secret devient un clandestin, en marge de la vie ordinaire, de ses joies simples, de ses bonheurs spontan&#233;s, tout le temps sur le qui-vive pour ne pas se faire rep&#233;rer. Il est un banni craignant la d&#233;nonciation, un sans-papier en danger de rafle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cacher &#224; sa femme, et &#224; ses enfants, une existence parall&#232;le faite de pornographie et de prostitution, Val&#233;ry est devenu un mari absent et un p&#232;re insignifiant. D'un c&#244;t&#233;, toute son &#233;nergie, toute son excitation et tout son int&#233;r&#234;t sont centr&#233;s sur le sexe pour le sexe, dans une course en avant sans limite ; de l'autre, il donne de lui l'image d'un p&#232;re de famille rang&#233;, indiff&#233;rent aux histoires d'amour et aux &#233;mois du corps. Un catholique fervent, pratiquant assidu et mari mod&#232;le, collant aux discours les plus moralistes. Tels sont aussi les parents incestueux&#8230; Pour autant, la femme et les enfants de Val&#233;ry se sentent de plus en plus mal &#224; l'aise avec la fa&#231;ade trop propre et trop froide du pieu bonhomme. Peu &#224; peu, leur confiance s'&#233;rode : la m&#232;re et les enfants se recentrent sur des activit&#233;s sans le p&#232;re, &#233;vitant celui-ci, de plus en plus prisonnier de sa crypte br&#251;lante de jouisseur solitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Secret que cache un parent, fant&#244;me qui hante l'enfant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secret d'un proche se sent, il suinte, puis influence indirectement les choix des descendants : il les hante &#224; la mani&#232;re d'un fant&#244;me. Ainsi, Amanda, jeune femme tr&#232;s communicative, &#233;tait entour&#233;e de beaucoup d'amis homosexuels. Elle d&#233;couvrit bien plus tard que son p&#232;re, qu'elle admirait secr&#232;tement avait eu en cachette des amants. De m&#234;me, inversement, Mathilde craint que son fils soit homosexuel, ce qui n'est visiblement pas le cas. Cette hantise la taraude, l'angoisse jour et nuit. Elle d&#233;couvre que son p&#232;re avait eu une liaison amoureuse passionn&#233;e pendant des ann&#233;es avec un homme de son entourage professionnel. Une fois qu'elle a connaissance de cette belle histoire d'amour, Mathilde comprend que ses interrogations ne concernaient pas son fils : elle le laisse tranquille, libre de vivre sa propre vie amoureuse&#8230; Parfois, le fant&#244;me ne se r&#233;v&#232;le qu'&#224; la g&#233;n&#233;ration d'apr&#232;s, par un &#233;tonnant sympt&#244;me physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1943, &#224; Paris, pendant que son mari &#233;tait parti pour le &#171; travail obligatoire &#187;, Louise a eu une aventure avec un officier allemand. Peu apr&#232;s, elle &#233;tait tr&#232;s inqui&#232;te d'&#234;tre enceinte de cet homme et surveillait la survenue de ses r&#232;gles. Des ann&#233;es plus tard, son petit-fils, qui avait beaucoup entendu parler d'elle, sans conna&#238;tre l'histoire de l'officier allemand, &#233;tait atteint d'une rectocolite h&#233;morragique. Les coul&#233;es de sang venaient rassurer sa grand-m&#232;re, enceinte, qui s'&#233;tait suicid&#233;e pour &#233;viter le d&#233;shonneur : &#171; non, ne t'inqui&#232;te pas, tu n'es pas enceinte, tu peux vivre &#187;, semblait-il lui dire, &#224; son insu, par-del&#224; la mort et la honte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;funts mal morts ou jamais partis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, la honte li&#233;e &#224; un secret emp&#234;che un deuil de se d&#233;rouler jusqu'&#224; son terme. Armand, le p&#232;re de Colette, habitait &#224; Bruxelles avec sa famille et allait souvent &#224; Paris pour son travail. Il avait eu un temps une &#171; poule &#187; qu'il entretenait dans une gar&#231;onni&#232;re de la capitale. Cette femme avait aussi d'autres protecteurs. Avec elle, il contracta la syphilis et en mourut quelques ann&#233;es plus tard. La m&#232;re de Colette cacha les v&#233;ritables raisons de la mort de son mari et organisa des fun&#233;railles dans le plus grand secret. Colette ne put conna&#238;tre les raisons r&#233;elles de la mort de son p&#232;re et ne put pas assister &#224; ses obs&#232;ques. Le deuil de son p&#232;re fut entrav&#233; par la honte violente qu'en avait sa m&#232;re. Jamais Colette n'a pu parler avec sa m&#232;re de son p&#232;re, de sa maladie et de sa mort. Ce th&#232;me de conversation &#233;tait absolument exclu. Cinquante ans plus tard, pensant &#224; sa propre mort, Colette est hant&#233;e la nuit par la honte de sa m&#232;re, le secret de son p&#232;re. De profondes angoisses la saisissent et la font suffoquer. Elle se sent coupable de ne pas avoir pu r&#233;conforter son p&#232;re durant sa maladie cach&#233;e &#224; tous. Colette n'a pas eu de vie sentimentale. Elle comprend &#224; quel point la honte de sa m&#232;re et le deuil impossible de son p&#232;re ont gel&#233; toutes ses ressources amoureuses, les mettant compl&#232;tement hors jeu. Colette regrette am&#232;rement de n'avoir eu ni compagnon, ni enfant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La haine tue l'humain et rend le deuil impensable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s du deuil sont li&#233;es &#224; la honte et &#224; la culpabilit&#233; qui p&#232;sent sur un comportement ou une action jug&#233;s r&#233;pr&#233;hensibles par le milieu social ou sanctionn&#233;s par la loi : adult&#232;re, enfant ill&#233;gitime, meurtre de nouveaux n&#233;s, escroqueries de toutes sortes, etc. Bien entendu, les exactions survenant durant la barbarie des guerres constituent des traumatismes d'une telle ampleur qu'ils semblent parfois impossibles &#224; assimiler psychiquement. Combien de soldats mutil&#233;s sur le front entre 1914 et 1918, combien de revenants des camps de la mort ou des g&#233;nocides, combien d'appel&#233;s en Alg&#233;rie ont &#233;t&#233; t&#233;moins de telles atrocit&#233;s qu'ils ne peuvent pas aller bien et continuer &#224; vivre comme si de rien n'&#233;tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il existe malheureusement des deuils extr&#234;mement compromis, pouvant ainsi para&#238;tre impossibles. Les descendants de ses &#234;tres humains bless&#233;s au plus profond de leur &#226;me sont, eux aussi, marqu&#233;s par un d&#233;sespoir profond, une lassitude, un abattement, un d&#233;couragement, qui ne vient pas d'eux, mais de leur a&#239;eul d&#233;vast&#233; par la mort au c&#339;ur de la vie, souvent &#224; un &#226;ge plein de promesses.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Il est urgent d'arr&#234;ter de vouloir endormir toutes ces douleurs par des m&#233;dicaments cache-mis&#232;re ; il est urgent d'&#233;couter et d'entendre les d&#233;tresses r&#233;elles de tous ces &#234;tres meurtris et de refuser les &#233;tiquettes assassines de la psychopathologie, DMS-IV en t&#234;te. Il est question d'&#234;tres, de familles, de lign&#233;es, bless&#233;s dans leur chair et dans leurs c&#339;urs humains, &#233;gar&#233;s, &#233;perdument assoiff&#233;s de reconnaissance et de compassion.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'insaisissable piet&#224; ou l'enfant gisant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perte d'un enfant est certainement l'&#233;preuve la plus douloureuse qu'un &#234;tre humain puisse vivre. De nombreux r&#233;cits bouleversants relatent comment ce type de perte laisse les survivants r&#233;volt&#233;s, an&#233;antis, inconsolables. Certains passent de tr&#232;s longues ann&#233;es, si ce n'est toute leur existence, &#224; penser au petit d&#233;funt, &#224; le voir sans cesse, le sentir vivant &#224; leurs c&#244;t&#233;s, l'imaginer exp&#233;rimenter les m&#234;mes situations, se demandant comment il aurait fait, ce qu'il aurait pens&#233; et dit, ce qu'il aurait d&#233;cid&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'ombre de la mort plane sans cesse sur leurs consciences, obscurcit immanquablement leurs jours, m&#234;mes les plus radieux, p&#232;se de tout son poids sur leurs nuits, leurs r&#234;ves et leurs cauchemars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas, non plus, que de nombreux enfants ne meurent pas d'accidents ou de maladies, mais que leur &#226;me, et parfois leur corps, sont massacr&#233;s par l'inceste et l'abus sexuel. Sommes-nous pr&#234;ts &#224; nous r&#233;volter, &#233;galement, pour les accompagner &#224; se relever et pour faire face &#224; leurs bourreaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Descendant responsable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; de haute technicit&#233;, y compris m&#233;dicale, qui voudrait &#233;vacuer la mort et nous contraindre &#224; ne pas y penser. Cette culture de la non-mortalit&#233; emp&#234;che les processus naturels des deuils, qui sont longs, difficiles, douloureux. Pour ne pas d&#233;ranger, l'individu devrait ne pas exprimer ses sentiments et ses &#233;motions, surtout lorsqu'ils sont n&#233;gatifs, en creux, en manque. A ce titre, la sensibilit&#233; est une qualit&#233; humaine v&#233;ritable. Elle est pourtant en risque d'&#234;tre de plus en plus stigmatis&#233;e comme d&#233;rangeante et improductive. Le sujet humain, lui aussi, est maltrait&#233; : il devrait dispara&#238;tre au profit d'entit&#233;s num&#233;riques codifi&#233;es et norm&#233;es, en r&#232;gle avec les administrations et les entreprises de la mondialisation. Les h&#233;ritages inconscients entre les g&#233;n&#233;rations ont aussi fa&#231;onn&#233; un monde aseptis&#233; et d&#233;shumanis&#233;, fantasm&#233; puis concoct&#233; par une &#233;poque d'ing&#233;nieurs comme Taylor, Ford ou les froids &#233;conomistes de la planification sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi ne suffit-il pas d'aller chercher dans nos arbres g&#233;n&#233;alogiques ce qui nous fait souffrir, nous entrave, nous fige, nous emp&#234;che ou nous diminue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arbre ne peut pas cacher la for&#234;t. Je ne suis pas victime de mon destin ; je suis responsable de ma destin&#233;e. Que fais-je, moi, aujourd'hui, adulte dans ce monde, de ce qui m'a &#233;t&#233; transmis de plus ou moins bon, de plus ou moins humain, de plus ou moins vivant ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Quels sont mes choix pour arr&#234;ter que les mal&#233;dictions des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es &#233;crasent de leur poids de secret, de honte et de cruaut&#233; les g&#233;n&#233;rations futures ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Quelles sont mes actions pour que la plan&#232;te que j'habite ne devienne pas une poubelle immonde ou un chaos violent pour mes enfants ou ceux des autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons, il n'est plus temps de se plaindre. R&#233;veillons-nous !&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;figure class='spip_document_2938 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:100px;&#034; data-w=&#034;100&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:132%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/auton472-resp100.jpg?1711790934' alt='' data-src='IMG/jpg/auton472.jpg' data-l='100' data-h='132' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;100&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/auton472-resp100.jpg?1711790934&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/auton472-resp100.jpg?1711790934&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saverio Tomasella&lt;/strong&gt; est psychanalyste, membre de la F&#233;d&#233;ration des ateliers de psychanalyse et de l'Association europ&#233;enne Nicolas Abraham et Maria Torok.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment am&#233;liorer la confiance en soi de mon enfant ?</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Comment-ameliorer-la-confiance-en.html</link>
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		<dc:date>2013-10-01T10:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tomasella Saverio</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Parents / Enfants</dc:subject>
		<dc:subject>Confiance en soi / Estime de soi</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Situation : Un(e) adolescent(e) rentre du lyc&#233;e &#171; d&#233;go&#251;t&#233; &#187; et d&#233;courag&#233;, soit par une mauvaise note, soit par la remarque d'un camarade sur son physique ou son habillement. Ce type d'&#233;v&#233;nements lui fait perdre confiance en lui et il se replie sur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Situation : Un(e) adolescent(e) rentre du lyc&#233;e &#171; d&#233;go&#251;t&#233; &#187; et d&#233;courag&#233;, soit par une mauvaise note, soit par la remarque d'un camarade sur son physique ou son habillement. Ce type d'&#233;v&#233;nements lui fait perdre confiance en lui et il se replie sur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire dans un premier temps ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord &#233;viter d'en rajouter en lui reprochant de ne pas &#234;tre de bonne humeur, de ne pas dire bonsoir, de faire la t&#234;te, ou d'en profiter pour lui demander de ranger sa chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, chercher &#224; reprendre contact avec elle/lui, en prenant son temps, par une approche progressive, si n&#233;cessaire, pour &#233;viter de le brusquer ou de la braquer. Lorsque le contact est retrouv&#233;, vous pouvez parler de quelque chose de tout simple, sans implication particuli&#232;re, pour l'aider &#224; respirer en se d&#233;centrant de ce qui le tracasse : &#171; tiens, je t'ai achet&#233; les c&#233;r&#233;ales que tu aimes &#187; ou &#171; il a fait beau, je suis all&#233;(e) me promener avant de rentrer &#187;, etc. Viendra le moment o&#249; vous pourrez lui demander ce qui ne va pas&#8230; et l'&#233;couter jusqu'au bout. Si n&#233;cessaire, vous pouvez lui poser des questions toutes simples sur la situation qu'il a v&#233;cue ou sur ce qu'il ressent. Un geste de tendresse ou une phrase de compassion peut ponctuer ce premier temps d'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'aider &#224; retrouver confiance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un second temps, trois &#233;tapes sont possibles (peu importe l'ordre) :
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 1)	Lui faire des compliments sur les qualit&#233;s r&#233;elles que vous percevez, sur ces r&#233;ussites, pass&#233;es ou pr&#233;sentes, sur son apparence physique ou son habillement, etc.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 2)	Lui pr&#233;ciser qu'il ne se r&#233;duit pas &#224; une note, loin de l&#224;, ou &#224; un avis sur son apparence : il est bien plus que &#231;a, il ne peut pas se confondre avec un &#233;l&#233;ment ponctuel, m&#234;me douloureux.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 3)	L'aider &#224; prendre conscience que l'&#233;valuation d'un professeur ou l'avis d'un camarade sont tr&#232;s relatifs : un autre professeur aurait not&#233; diff&#233;remment, d'autres camarades appr&#233;cient son habillement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment le conforter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui suivent, des marques d'attention et d'affection sont les bienvenues. Des encouragements aussi, m&#234;me pour des toutes petites choses. Un salut plus chaleureux matin et soir. D&#238;tes lui que vous croyez en elle/lui. Faites confiance &#224; vos intuitions pour confirmer votre adolescent dans ses qualit&#233;s, ses ressources et tout ce que vous aimez en elle/lui&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hypersensibles. Trop sensibles pour &#234;tre heureux ?</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Hypersensibles-Trop-sensibles-pour.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/Hypersensibles-Trop-sensibles-pour.html</guid>
		<dc:date>2012-12-19T09:58:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tomasella Saverio</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Hypersensibles &#187; ? Que veut dire ce mot ? A quelles r&#233;alit&#233;s correspond-il exactement ? Comment notre sensibilit&#233; peut-elle devenir si grande, si forte ? Tr&#232;s sensible ? Trop sensibles ? Comment s'y retrouver ?&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L117xH150/arton3098-225fe.jpg?1712781874' width='117' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Hypersensibles &#187; ? Que veut dire ce mot ? A quelles r&#233;alit&#233;s correspond-il exactement ? Comment notre sensibilit&#233; peut-elle devenir si grande, si forte ? Tr&#232;s sensible ? Trop sensibles ? Comment s'y retrouver ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et surtout comment mieux vivre avec cette sensibilit&#233;, sans la brider ou la r&#233;fr&#233;ner, mais en l'apprivoisant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est l'objet de ce livre&#8230; Les personnes tr&#232;s sensibles se sentent souvent &#171; inadapt&#233;es &#187;. Elles souffrent de leur tr&#232;s grande sensibilit&#233; : elles ont des perceptions plus fines, plus aig&#252;es, plus intenses de la r&#233;alit&#233; ; leurs ressentis sont plus vigoureux, leurs modes d'expression plus originaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les termes &#171; hypersensibles &#187; et &#171; hypersensibilit&#233; &#187; recouvrent un tr&#232;s grand nombre de r&#233;alit&#233;s. Apr&#232;s la d&#233;pression, les d&#233;pendances affectives, les addictions de toutes sortes, sont apparues les relations impossibles et surtout l'hypersensibilit&#233; (notamment en r&#233;action au virtuel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens commun y voit une connotation n&#233;gative, dans le sens d'un handicap pour entrer en relation avec autrui, d'une f&#233;brilit&#233; psychique, comme si tous les capteurs &#233;taient sans cesse en &#233;veil. Il s'agit principalement d'une grande acuit&#233; perceptive, parfois tr&#232;s subtile, tr&#232;s fine et particuli&#232;rement intuitive, avec une remarquable disposition &#224; &#233;prouver des sentiments, et &#8211; dans les meilleurs des cas &#8211; une facilit&#233; &#224; les exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers de tr&#232;s nombreux exemples et douze portraits cliniques particuliers, Saverio Tomasella d&#233;peint les caract&#233;ristiques de l'hypersensibilit&#233; et leurs origines. D&#233;senchant&#233;s, incompris, vuln&#233;rables, inquiets mais aussi empathiques, enthousiastes et en qu&#234;te de sinc&#233;rit&#233;, les grands sensibles sont complexes, parfois paradoxaux. Leurs anciennes blessures semblent vives encore et s'ajoutent aux nouvelles, compliquant consid&#233;rablement leur quotidien. Si certains d&#233;cident de faire barrage &#224; leurs &#233;motions pour s'adapter au monde, d'autres se laissent compl&#232;tement submerger par elles. Dans les deux cas, cette grande sensibilit&#233; est souvent v&#233;cue comme n&#233;gative. Il n'est pas rare de penser que l'on est trop sensible, peut-&#234;tre, pour &#234;tre heureux. Que faire alors ? Il ne s'agit pas de &#171; g&#233;rer &#187; ses &#233;motions mais plut&#244;t d'apprendre &#224; les vivre, de d&#233;couvrir les richesses qu'elles peuvent apporter, de consid&#233;rer son extr&#234;me sensibilit&#233; comme un tr&#233;sor &#224; partager avec soi et les autres. A bien y regarder, sensibilit&#233; rime avec humanit&#233; : en cela elle peut &#234;tre source de joie, de cr&#233;ativit&#233; et, m&#234;me, de bonheur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'auteur, Saverio Tomasella&lt;/strong&gt; est psychanalyste, membre de l'Association Europ&#233;enne Nicolas Abraham et Maria Torok, fondateur du Centre d'Etudes et de Recherches en Psychanalyse. Il dirige la collection &#171; Les chemins de l'inconscient &#187; depuis sa cr&#233;ation en 2004 avec plusieurs titres dont &#171; Les amours impossibles &#187;, &#171; Le sentiment d'abandon &#187;,... Son livre &#171; La travers&#233;e des temp&#234;tes &#8211; Rena&#238;tre apr&#232;s un traumatisme &#187; a obtenu le Prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Paru aux Editions Eyrolles - 2012
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212554779/hypersensibles&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Acheter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'abandon au sentiment d'abandon</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/De-l-abandon-au-sentiment-d.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/De-l-abandon-au-sentiment-d.html</guid>
		<dc:date>2011-10-16T11:44:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tomasella Saverio</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Attachement / lien (troubles)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Se sentir abandonn&#233; ne signifie pas forc&#233;ment &#234;tre abandonn&#233;. Il existe une marge entre l'impression et la perception d'une r&#233;alit&#233;. L'impression rel&#232;ve d'une croyance ou d'une id&#233;e que je me fais sur une situation. La r&#233;alit&#233; est d&#233;form&#233;e par la lecture ou l'interpr&#233;tation que j'en fais. Au contraire, la perception r&#233;v&#232;le la r&#233;alit&#233; telle qu'elle est dans l'instant. Ainsi, se sentir abandonn&#233; d&#233;coule soit d'un abandon r&#233;el du pr&#233;sent, soit d'un abandon pass&#233; qui vient recouvrir le pr&#233;sent de toute la force des &#233;motions qui lui sont associ&#233;es dans la m&#233;moire.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2844-cb123.jpg?1712781874' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Se sentir abandonn&#233; ne signifie pas forc&#233;ment &#234;tre abandonn&#233;. Il existe une marge entre l'impression et la perception d'une r&#233;alit&#233;. L'impression rel&#232;ve d'une croyance ou d'une id&#233;e que je me fais sur une situation. La r&#233;alit&#233; est d&#233;form&#233;e par la lecture ou l'interpr&#233;tation que j'en fais. Au contraire, la perception r&#233;v&#232;le la r&#233;alit&#233; telle qu'elle est dans l'instant. Ainsi, se sentir abandonn&#233; d&#233;coule soit d'un abandon r&#233;el du pr&#233;sent, soit d'un abandon pass&#233; qui vient recouvrir le pr&#233;sent de toute la force des &#233;motions qui lui sont associ&#233;es dans la m&#233;moire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre ces deux p&#244;les, il est &#233;vident qu'un abandon actuel peut venir r&#233;veiller les douleurs endormies d'anciennes blessures d'abandon. Le sentiment d'abandon peut donc avoir de multiples sources.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les angoisses d'abandon&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les angoisses g&#233;n&#233;r&#233;es par la crainte d'&#234;tre abandonn&#233; sont nombreuses et concernent tout un chacun, m&#234;me si elles restent inconscientes. Elles sont parfois tellement fortes qu'elles en deviennent invalidantes. Surtout lorsque l'abandon est r&#233;el : trahison, rupture, d&#233;c&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La peur d'&#234;tre abandonn&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mathilde est une femme dynamique, enthousiaste, bienveillante et tr&#232;s amoureuse de son homme, un sportif beau parleur et facilement s&#233;ducteur. Alors qu'elle n'est pas jalouse de temp&#233;rament, Mathilde se met &#224; craindre d'&#234;tre trahie par son homme. C'est vrai qu'il l'a d&#233;j&#224; tromp&#233;e alors qu'elle avait toute confiance en lui, qu'il le lui avait cach&#233;, qu'elle l'a d&#233;couvert bien plus tard&#8230; et pardonn&#233; pour que leur vie commune puisse continuer dans de bonnes conditions. Au fond d'elle, maintenant, Mathilde a du mal &#224; faire confiance &#224; son compagnon. Surtout, elle craint d'&#234;tre abandonn&#233;e. Cette peur est tr&#232;s forte. Elle la laisse sans r&#233;pit. Mathilde reconna&#238;t avoir cr&#233;&#233; avec son homme une relation tr&#232;s symbiotique, qui ressemble d'ailleurs &#224; une r&#233;elle d&#233;pendance de sa part. Bien s&#251;r, Mathilde est all&#233;e chercher dans son enfance et son adolescence des raisons qui pourraient expliquer sa peur d'&#234;tre abandonn&#233;e, mais le plus important se trouve dans le pr&#233;sent de la relation. Son compagnon a su se rendre tellement indispensable &#224; ses yeux que Mathilde vivrait effectivement comme un abandon le fait qu'il la trompe, plut&#244;t que de se dire qu'elle le quitterait et pourrait ainsi vivre une meilleure relation d'amour avec un homme plus fiable et de plus grande valeur humaine. Prisonni&#232;re des mensonges et des jeux de s&#233;duction de cet homme envers elle autant qu'envers les autres femmes, Mathilde vit d&#233;sormais dans une angoisse permanente d'&#234;tre abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La crainte d'abandonner&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Audrey est la jeune m&#232;re d'un nourrisson de quelques mois, une petite fille. Elle consulte parce qu'elle est tr&#232;s d&#233;prim&#233;e depuis que son compagnon l'a quitt&#233;e, et surtout tr&#232;s angoiss&#233;e depuis la naissance de l'enfant, dont cet homme ne voulait pas du fait de son tr&#232;s jeune &#226;ge. Audrey a &#233;t&#233; adopt&#233;e lorsqu'elle &#233;tait b&#233;b&#233;. Elle n'a appris son adoption que tr&#232;s tard. Ce sont des enfants de l'&#233;cole, au courant par les comm&#233;rages du voisinage, qui le lui ont lanc&#233; brutalement un jour pour la faire souffrir en se moquant d'elle. Audrey pr&#233;tend qu'elle ne peut pas vivre sans son ex-copain. Elle lui t&#233;l&#233;phone sans cesse, lui laisse des messages, lui envoie des textos : sans r&#233;sultat. Le jeune homme a une autre fianc&#233;e, ce qu'Audrey ne supporte pas. Ne sachant plus comment faire pression sur le p&#232;re, elle va donc tenter de se servir de leur petite fille pour le faire culpabiliser et le faire revenir. Celui-ci lui demande &#171; d'arr&#234;ter de le rendre dingue &#187;. Voyant qu'elle ne r&#233;ussira pas &#224; r&#233;cup&#233;rer son homme, Audrey menace de se suicider. En prenant le temps de parler de ses vraies motivations, la jeune femme se rend compte qu'elle est en fait, inconsciemment, tr&#232;s tent&#233;e de &#171; laisser tomber &#187; sa petite fille, comme sa propre m&#232;re l'a fait peu apr&#232;s sa naissance. Les angoisses d'Audrey ne concernaient pas son ancien compagnon, mais bien plut&#244;t la crainte qu'elle avait d'abandonner sa petite fille, pour mettre &#224; jour l'abandon qu'elle avait v&#233;cu, elle, au m&#234;me &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, pourtant, les origines du sentiment d'abandon se r&#233;v&#232;lent plus profondes encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le premier lien vital&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un soir, en s&#233;ance, Etienne est d&#233;boussol&#233; parce que son psychanalyste a regard&#233; un bref instant par la fen&#234;tre. Etienne se sent abandonn&#233;. Le psychanalyste lui affirme qu'il &#233;coute attentivement m&#234;me lorsqu'il regarde ailleurs, que cela ne l'emp&#234;che pas d'entendre ce qu'il lui dit. Ces &#233;l&#233;ments de r&#233;alit&#233; ne rassurent pas Etienne qui continue de se sentir abandonn&#233; et ne vient pas &#224; la s&#233;ance suivante&#8230; Nouveau n&#233;, apr&#232;s seulement une semaine, Etienne a &#233;t&#233; s&#233;par&#233; de sa m&#232;re pendant quelques jours, car elle devait &#234;tre op&#233;r&#233;e. Confi&#233; &#224; des nourrices de l'h&#244;pital, anonymes pour lui et s'occupant de plusieurs nourrissons en m&#234;me temps, Etienne a perdu contact pour un temps avec la chaleur, l'odeur, la voix, le corps qui repr&#233;sentaient sa m&#232;re pour lui. M&#234;me s'il se d&#233;brouille tr&#232;s bien dans sa vie d'adulte, Etienne garde une fragilit&#233; au plus profond de lui-m&#234;me : il craint que le d&#233;part brutal et inexpliqu&#233; d'une personne importante pour lui ne se reproduise &#224; l'improviste. Du coup, il lui arrive de mal interpr&#233;ter de menus &#233;v&#233;nements de son quotidien en &#233;tant persuad&#233; qu'il est abandonn&#233; alors que ce n'est pas le cas. Plus encore, jusqu'&#224; pr&#233;sent, dans ses relations amoureuses, Etienne a soigneusement &#233;vit&#233; de trop s'engager et de trop se lier &#224; son partenaire pour ne surtout pas risquer d'&#234;tre abandonn&#233; de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un nourrisson, perdre la pr&#233;sence de sa m&#232;re durant plus de quelques heures, c'est perdre sa m&#232;re, assister &#224; sa disparition, craindre qu'elle ne soit morte et peu &#224; peu sombrer dans l'angoisse de dispara&#238;tre lui-m&#234;me, de ne plus exister, de ne plus &#234;tre l&#224;. Son alter ego humain s'est effac&#233; ; s'efface alors aussi pour lui la possibilit&#233; de se percevoir comme un &#234;tre pr&#233;sent et existant. L'abandon du tout petit aura donc des cons&#233;quences durables et profondes sa vie durant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mort d&#233;chire la trame de l'&#234;tre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s d'un &#234;tre cher est une des &#233;preuves d'abandon les plus radicales. Soudain tout semble s'&#233;crouler autour de soi. Le monde int&#233;rieur lui-m&#234;me s'effondre et tous les rep&#232;res volent en &#233;clat. Une rupture brutale g&#233;n&#232;re une faille dans la continuit&#233; de l'&#234;tre. Un fort sentiment d'&#233;tranget&#233; &#224; soi-m&#234;me, aux autres et au monde submerge le sujet, en m&#234;me temps qu'une immense douleur qui fait craindre de devenir fou. Angoisses, hurlements, prostration, perte de l'app&#233;tit et du sommeil en sont les principales manifestations, suivies d'un fort abattement qui peut durer quelques temps ; puis vient la tristesse, une tristesse profonde, lancinante, &#233;crasante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un adulte peut comprendre que la mort qui a emport&#233; un &#234;tre cher n'est pas un abandon volontaire, que la personne d&#233;c&#233;d&#233;e n'a pas fait expr&#232;s de partir. En revanche, un enfant peut se sentir r&#233;ellement abandonn&#233; par la mort d'un proche important pour lui (de sa g&#233;n&#233;ration ou des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes). O&#249; est-il parti ? Pourquoi m'a-t-il laiss&#233; ? Qu'ai-je fait pour qu'il ne veuille plus me voir ? De nombreuses questions assaillent l'enfant, questions auxquelles il ne sait pas r&#233;pondre et qui lui font exp&#233;rimenter l'absurdit&#233; du monde, voire le d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre situation est tr&#232;s p&#233;nible pour un enfant : lorsque son p&#232;re ou sa m&#232;re est absorb&#233; par un deuil douloureux. Un de ses parents a perdu un &#234;tre cher. Submerg&#233; par sa douleur, plong&#233; dans sa d&#233;tresse, le parent n'arrive plus &#224; s'int&#233;resser au pr&#233;sent et &#224; son enfant. Il le d&#233;laisse et reste hagard, absent, sans r&#233;action, sans int&#233;r&#234;t pour le petit &#234;tre qui a tellement besoin de sa pr&#233;sence et de son attention. L'enfant va alors peu &#224; peu se sentir envahi d'une v&#233;ritable souffrance d'abandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces exp&#233;riences de deuil, direct ou indirect, vont laisser une empreinte profonde chez celle ou celui qui les a v&#233;cues. Leur m&#233;moire inconsciente sera r&#233;activ&#233;e de fa&#231;on inopin&#233;e dans le pr&#233;sent par des situations de rupture, de s&#233;paration ou m&#234;me d'&#233;loignement, laissant l'adulte dans un myst&#233;rieux et d&#233;sagr&#233;able sentiment d'abandon qu'il ne s'explique pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enfance bris&#233;e par la violence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis des si&#232;cles, de nombreux auteurs ont d&#233;crit la violence des adultes sur les enfants. Comment est-il encore possible que - malgr&#233; tous les r&#233;cits que nous connaissions &#8211; la violence sur les enfants puisse continuer &#224; &#234;tre perp&#233;tr&#233;e ? Cette violence peut &#234;tre morale, physique, voire sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la nature de cette violence, l'enfant violent&#233; est abandonn&#233;, de fait. L'adulte qui est son r&#233;f&#233;rent, &#224; l'&#233;cole ou dans la famille, lui fait subir ce dont il devrait au contraire le prot&#233;ger. Le monde bascule dans l'incompr&#233;hensible, et parfois l'inhumain. Pour l'enfant, il n'est plus possible de vivre comme avant. D'une part, il ne va plus pouvoir faire confiance &#224; certains adultes et va se m&#233;fier de leurs paroles ou de leurs actes. D'autre part, il ne peut plus constituer en lui des rep&#232;res solides sur ce qui est humain et ce qui ne l'est pas, ce qui est valeureux et ce qui ne l'est pas. Il a v&#233;cu l'inverse de ce qu'il sait &#234;tre bon pour lui, car tout enfant (avant d'avoir &#233;t&#233; violent&#233;) a une intuition tr&#232;s s&#251;re de ce qui est bon et respectueux pour lui et pour les autres enfants. Pourquoi l'adulte a-t-il recours &#224; la violence ? Que fait-il ? Que lui arrive-t-il ? Tout cela n'a pas de sens. L'abandon que vit l'enfant est &#224; la fois affectif, relationnel, et surtout symbolique (&#233;thique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant violent&#233; va donc devenir m&#233;fiant malgr&#233; lui, r&#233;serv&#233;, timide, repli&#233; sur lui-m&#234;me, ou au contraire provocateur, agit&#233;, turbulent, et souvent violent &#224; son tour sur d'autres enfants. Comme l'abandon, la violence risque de se reproduire dans un cycle sans fin de r&#233;p&#233;titions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de telles blessures d'abandon, l'enfant qui grandit vivra mal les situations de violence, voire seulement les situations de conflits ou de confrontations, in&#233;vitables dans la vie &#224; plusieurs. Il les fuira radicalement, les &#233;vitera soigneusement, ou au contraire les amplifiera en s'y jetant &#224; corps perdu, en y m&#234;lant aussi l'incompr&#233;hension et les ressentiments de ses d&#233;boires pass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le drame de l'enfant relais&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'attraction sexuelle, sociale ou amoureuse qui donne naissance &#224; un couple est un myst&#232;re. La volont&#233;, le d&#233;sir puis la d&#233;cision de concevoir un enfant le sont &#233;galement. Certains parents ont des enfants pour faire comme leurs parents ou leurs amis. Entre l'id&#233;e qu'ils se font de l'enfant &#224; venir et l'enfant r&#233;el qui arrive au monde, le d&#233;calage est souvent grand. Sans compter que les parents, eux aussi, ont leur lot de difficult&#233;s personnelles ou relationnelles, leur histoire avec ses bons et ses mauvais moments, notamment tous ces &#233;v&#233;nements qui ont &#233;t&#233; mal v&#233;cus durant leur enfance. L'enfant qui grandit aupr&#232;s d'eux va raviver en eux le meilleur comme le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation est grande pour les parents d'utiliser, consciemment ou inconsciemment, tel ou tel de leurs enfants pour combler leurs manques, ou pour r&#233;aliser ce qu'ils n'ont pas pu r&#233;aliser, ou encore (cela arrive malheureusement aussi) pour se venger de ce que leurs propres parents leur ont fait subir. Au lieu de recevoir respect, attention et amour, l'enfant va donc &#234;tre au centre d'une multitude d'interactions qui n'ont rien &#224; voir avec lui directement, mais qui sont la reproduction plus ou moins att&#233;nu&#233;e (ou renforc&#233;e) de situations difficiles de l'enfance de ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, lors d'&#233;pisodes de maladie ou de ch&#244;mage, lors de brouilles ou de disputes entre les parents, voire apr&#232;s une s&#233;paration ou un divorce, il n'est pas rare de voir un parent s'&#233;pancher aupr&#232;s de tel enfant, en faire durablement son confident, encombrant l'enfant de pr&#233;occupations d'adultes qui font de lui un conseiller ou un infirmier. Cette place de soutien d&#233;poss&#232;de l'enfant de son enfance. Il est l&#233;gitime qu'il se sente abandonn&#233;, m&#234;me si son amour pour ses parents l'emp&#234;che d'en prendre vraiment conscience et surtout de le dire clairement, ce qui permettrait &#224; la relation entrav&#233;e d'&#233;voluer vers plus de respect et de justesse. Bien entendu, il est possible qu'un enfant aide son parent, par exemple ponctuellement en l'&#233;coutant exprimer ses &#233;motions et ses sentiments, mais il n'est pas bon pour l'enfant de jouer le r&#244;le de parent aupr&#232;s de ses propres parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces abandons sont trop peu visibles et &#233;vidents pour qu'ils puissent &#234;tre reconnus. Ils vont pourtant, insidieusement, d&#233;stabiliser l'&#233;quilibre de l'enfant. Devenu adulte, il se retrouvera dans des situations de d&#233;tresses ou de malaises incompr&#233;hensibles du point de vue de la r&#233;alit&#233; pr&#233;sente, avec un grand v&#233;cu de d&#233;sarroi. D&#233;couvrir que la perplexit&#233; face &#224; la r&#233;alit&#233; d'aujourd'hui concerne des abandons invisibles d'hier sera alors le fruit d'une longue recherche sur soi-m&#234;me, ses fonctionnements et son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complexit&#233; des existences et des relations dans la famille, &#224; l'&#233;cole, au travail, est telle qu'aucun d'entre nous ne pourrait se targuer de n'avoir jamais v&#233;cu une situation d'abandon. Nous sommes tous susceptibles de nous sentir, un jour, abandonn&#233;&#8230; et d'en souffrir. Celles et ceux qui le nient savent tr&#232;s bien qu'ils ont choisi d'endormir leur sensibilit&#233; pour ne plus en souffrir. Alors plut&#244;t que de nous faire croire &#224; d'improbables &#171; r&#233;siliences &#187;, ayons l'honn&#234;tet&#233; d'accepter que nos fragilit&#233;s soient le signe vivant de nos blessures d'enfant, pour prendre soin de nous, mieux comprendre nos proches et &#233;viter de reporter sur nos enfants les souffrances que nous avons v&#233;cues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#169; Mieux-&#234;tre, Bruxelles, 2011.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;figure class='spip_document_2938 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:100px;&#034; data-w=&#034;100&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:132%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/auton472-resp100.jpg?1711790934' alt='' data-src='IMG/jpg/auton472.jpg' data-l='100' data-h='132' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;100&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/auton472-resp100.jpg?1711790934&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/auton472-resp100.jpg?1711790934&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saverio Tomasella&lt;/strong&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.sujet.info/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.sujet.info/&lt;/a&gt;) est psychanalyste, membre de la F&#233;d&#233;ration des ateliers de psychanalyse et de l'Association europ&#233;enne Nicolas Abraham et Maria Torok (&lt;a href=&#034;http://www.abraham-torok.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.abraham-torok.org/&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_2937 spip_documents spip_documents_right' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:128.5%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/abandon-resp160.jpg?1711790924' alt='' data-src='IMG/jpg/abandon.jpg' data-l='200' data-h='257' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/abandon-resp160.jpg?1711790924&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/abandon-resp200.jpg?1711790924&#034;},&#034;200&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/abandon-resp200.jpg?1711790924&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/abandon-resp200.jpg?1711790924&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;&#034;Le sentiment d'abandon&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se lib&#233;rer du pass&#233; pour exister par soi-m&#234;me - Les chemins de l'inconscient. Gu&#233;rir de ses blessures d'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Qui n'a pas v&#233;cu, un jour ou l'autre, la morsure de l'abandon ? Qui n'a pas cru en mourir ? Qui n'en &#233;prouve pas, parfois, la sourde angoisse ?&#034;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Ce livre s'adresse &#224; chacun. Il explore les r&#233;alit&#233;s des abandons r&#233;els ou craints, et leurs multiples cons&#233;quences : absences, angoisses, d&#233;pendances, d&#233;pressions, hontes, ainsi que toutes les d&#233;fenses qui permettent de les occulter, de les ma&#238;triser ou de les justifier.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Apr&#232;s &#234;tre remont&#233; &#224; la source de ces troubles, l'auteur nous guide concr&#232;tement pour nous lib&#233;rer de nos peurs, de nos culpabilit&#233;s, de nos refus de changer et, plus encore, de tous ces sch&#233;mas inconscients qui nous enferment dans le pire des cachots : celui de victime. En choisissant de ne plus jouer ce &#034;mauvais r&#244;le&#034;, il devient alors possible de gu&#233;rir de nos blessures d'abandon, et de ne pas les reproduire sur nos proches ou nos enfants...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&#201;ditions : Eyrolles, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le saut de la m&#233;sange</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Le-saut-de-la-mesange.html</link>
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		<dc:date>2011-08-21T09:49:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tomasella Saverio</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le plus souvent, nous pr&#233;f&#232;rerions que l'inconscient n'existe pas, que rien ne puisse nous &#233;chapper, que nous puissions tout contr&#244;ler. Ce vieux fantasme de magie, d'une puissance sans limite o&#249; rien ne nous r&#233;sisterait, remonte loin dans notre petite enfance, o&#249; nous pouvions croire commander au jour et &#224; la nuit, au vent et &#224; la mer ; &#224; notre m&#232;re (ou notre p&#232;re) aussi : nourris-moi sans d&#233;lai, soigne-moi sans faillir, soutiens-moi sans repos, aime-moi sans compter !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L135xH150/arton2814-0ffbd.jpg?1712781874' width='135' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Entre l'&#233;closion des &#339;ufs et l'essor des oisillons, la t&#226;che d'un couple de m&#233;sanges confond l'observateur. &#187;&lt;/i&gt; (S.-G. Colette).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le plus souvent, nous pr&#233;f&#232;rerions que l'inconscient n'existe pas, que rien ne puisse nous &#233;chapper, que nous puissions tout contr&#244;ler. Ce vieux fantasme de magie, d'une puissance sans limite o&#249; rien ne nous r&#233;sisterait, remonte loin dans notre petite enfance, o&#249; nous pouvions croire commander au jour et &#224; la nuit, au vent et &#224; la mer ; &#224; notre m&#232;re (ou notre p&#232;re) aussi : nourris-moi sans d&#233;lai, soigne-moi sans faillir, soutiens-moi sans repos, aime-moi sans compter !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La science (et le silence) pour religion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'elle commence sa psychanalyse, Norma a une trentaine d'ann&#233;es. Elle a alors besoin de croire &#224; l'infaillibilit&#233; de la science et de la m&#233;decine pour &#233;viter les questions troublantes de l'&#226;me humaine et occulter l'existence de l'inconscient. Dans le m&#234;me temps, cette jeune psychiatre se plaint que sa vie n'a pas de sens. Elle travaille beaucoup, re&#231;oit les visiteurs (et les cadeaux) de la puissante industrie pharmaceutique, prescrit beaucoup de m&#233;dicaments, impressionne ses patients qu'elle laisse attendre longuement dans sa salle d'attente, parle le moins possible&#8230; et n'est pas heureuse. D'ailleurs, le bonheur ne fait pas partie de son &#171; programme &#187;. Seule semble compter pour elle sa r&#233;ussite sociale et professionnelle. Elle pr&#233;sente sa vie sentimentale comme un &#233;chec : Norma reste irr&#233;m&#233;diablement seule. Elle n'a pas encore connu l'amour&#8230; Concernant ses &#233;tudes &#224; l'universit&#233;, elle ne se souvient que tr&#232;s vaguement du professeur qui leur avait un jour parl&#233; de l'inconscient, comme d'un reste pr&#233;historique auquel seuls s'int&#233;ressent quelques arch&#233;ologues farfelus. Le patient, un sujet ? Un &#234;tre humain dou&#233; de sensibilit&#233;, de pens&#233;e, de parole ? Non : pour Norma, il n'est (encore) qu'un organisme d&#233;fectueux rang&#233; dans les cases d'un grand catalogue de sympt&#244;mes auxquels sont associ&#233;s des m&#233;dicaments d&#251;ment r&#233;pertori&#233;s. Comment reprendre son souffle dans tout cela ? Norma n'a pas le temps de respirer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, dans cette r&#233;ussite bien r&#244;d&#233;e qui apporte son comptant d'argent facile, Norma ne se sent pas vraiment exister : &#171; j'&#233;touffe &#187;, dit-elle lors de sa premi&#232;re rencontre avec le psychanalyste. Quelques ann&#233;es sont n&#233;cessaires pour que, patiemment, elle accueille sa propre parole et apprivoise la simple id&#233;e que l'inconscient existe. Ce qui constitue, pour elle, une r&#233;volution. R&#233;volution sensible, avant tout, car Norma a brillamment r&#233;ussi ses &#233;tudes et son d&#233;but de carri&#232;re professionnelle en s'insensibilisant. &#171; Je suis devenue une machine, je ne suis plus humaine, un vrai robot. Je vis machinalement. Je travaille machinalement. Je mange, je dors machinalement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, peu &#224; peu, Norma ouvre son observation &#224; des ph&#233;nom&#232;nes &#233;tranges qui lui &#233;chappent : l'oubli de son t&#233;l&#233;phone portable ou de son portefeuille, l'oubli d'un rendez-vous, l'oubli d'un nom ; un mot qui curieusement vient en remplacer un autre ; des paroles sur lesquelles elle bute ; des moments o&#249; elle fait le contraire de ce qu'elle avait rationnellement d&#233;cid&#233; ; des maladresses et des b&#233;vues qui la surprennent, elle si s&#251;re d'elle-m&#234;me &#224; l'accoutum&#233;e. D'autant qu'en prenant le temps de les explorer et d'en parler &#224; son psychanalyste, elle peut d&#233;couvrir une motivation jusqu'alors non consciente &#224; toutes ces petites &#171; anomalies &#187;. Cette recherche la passionne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Norma a tr&#232;s longtemps exig&#233; d'elle d'&#234;tre parfaite ; parfaite, irr&#233;prochable, comme son p&#232;re le lui avait demand&#233;. Elle semble avoir r&#233;ussi, oui, vraiment, mais cela ne lui apporte aucune satisfaction, pas m&#234;me celle d'avoir rempli son contrat vis-&#224;-vis de son p&#232;re. Norma se sent vide, &#171; compl&#232;tement vide &#187;. &#171; Ma vie est sans int&#233;r&#234;t. Je travaille, je gagne beaucoup d'argent, mais je n'existe pas. &#187; Surtout que m&#234;me dans son travail, Norma ne s'&#233;panouit pas, tant elle le trouve lassant et r&#233;p&#233;titif. D'ailleurs, elle se rend compte un jour qu'elle ne sait rien de ses patients, qu'eux non plus n'existent pas pour elle, qu'elle n'est pas en contact avec eux, qu'elle n'a pas de vraie relation avec eux. Cette r&#233;v&#233;lation la secoue. Norma commence alors &#224; pouvoir remettre en question sa fa&#231;on de travailler. Ses patients sont, eux aussi, des &#234;tres humains. Ils ont, eux aussi, un inconscient, un vaste continent qui leur &#233;chappe. Norma se met &#224; les &#233;couter avec plus d'attention.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'intelligence en toutes choses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il faut bien reconna&#238;tre la le&#231;on in&#233;dite, d&#233;cisive, irr&#233;futable de la psychanalyse. L'inconscient sait. Le vivant a la prescience de sa solitude et de sa fin. Cette intelligence qui &#233;merge est une affaire d'amour. Le dispositif psychanalytique est le seul lieu de v&#233;rit&#233; et de libert&#233; o&#249; l'on peut se donner l'assurance de ne pas &#234;tre seul. Vivre et mourir font l&#224; leur apprentissage courageux. &#187;&lt;/i&gt; (G. Botet-Pradeilles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil de ses ann&#233;es de psychanalyse, Norma a d&#233;velopp&#233; une douceur qui l'&#233;tonne elle-m&#234;me, une d&#233;licatesse in&#233;dite et une empathie toute nouvelle pour elle. Cependant, elle se sent encore d&#233;vor&#233;e par un &#233;trange sentiment de &#171; nullit&#233; &#187;. Elle vit seule depuis tr&#232;s longtemps. Elle commence &#224; mieux comprendre ses patientes et ses patients qui peinent &#224; trouver un partenaire amoureux, mais la question de son absence de valeur, de cette croyance d'&#234;tre &#171; mauvaise &#187;, croyance qui devient efficace &#224; intervalle r&#233;gulier, surgit d'ailleurs et lui reste obscure. Comment se met en place, &#224; son insu, l'id&#233;e qu'elle ne vaut rien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;rie de r&#234;ves propices vient la mettre sur la piste. Au fond de sa m&#233;moire inconsciente somnolent les souvenirs d'une petite fille qui essayait sans cesse de &#171; faire bien &#187; et se rendait compte qu'elle ne r&#233;ussissait pas &#224; satisfaire son p&#232;re. Un p&#232;re qui faisait des demandes impossibles &#224; sa fille. Alors, Norma constatait que, dans le regard de son p&#232;re, elle &#233;tait toujours soit en retard, soit en de&#231;&#224; de ce qu'il attendait d'elle. Quoi qu'elle fasse, malgr&#233; tous ses efforts, la petite fille n'arrivait pas &#224; changer le regard de son p&#232;re sur elle. Elle n'arrivait pas &#224; rendre son p&#232;re int&#233;ress&#233;, attentif, aimant&#8230; Un cycle s'&#233;tait mis en place, malgr&#233; Norma : une longue p&#233;riode d'efforts continus de plus en plus soutenus et habiles, puis &#8211; chaque fois &#8211; la m&#234;me d&#233;ception : &#171; mon p&#232;re ne voit pas tout ce que je fais pour lui, pour le rassurer, pour lui plaire, pour l'aider, etc. &#187; Alors, toute seule face &#224; elle-m&#234;me, sa m&#232;re &#233;tant d&#233;finitivement absente depuis le divorce des parents, Norma sombrait encore et encore dans le d&#233;couragement. Ainsi avait-elle construit sans le vouloir une id&#233;e fausse sur elle-m&#234;me d&#233;coulant du constat de ses &#233;checs imparables avec son p&#232;re : &#171; je n'y arrive pas, je ne suis pas capable, je suis indigne &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos s&#233;ances de recherche vont aider Norma &#224; pr&#233;ciser qu'il existe en elle, sans qu'elle s'en rende compte, un programme contraignant, un programme de perfection inaccessible. Ce programme rigide lui fait irr&#233;m&#233;diablement revivre ses &#233;checs d'autrefois face &#224; son p&#232;re. Il est constitu&#233; de normes imp&#233;ratives et fonctionne sur le mode du devoir. Tout d&#233;calage avec les objectifs qu'il impose est alors v&#233;cu par Norma comme un retard inacceptable ou comme un &#233;chec d&#233;finitif. Le d&#233;couragement s'installe, avec un jugement impitoyable : &#171; je suis mauvaise, je suis nulle &#187;. Norma se sent tourner en rond dans son impuissance. Elle s'en veut de plus en plus, se braque et devient d'une duret&#233; implacable. Ces impossibles exigences de perfection la musellent et l'encha&#238;nent, m&#234;me si rien de tout cela ne transpara&#238;t. Norma a appris &#224; serrer les dents, &#224; ne rien exprimer et, surtout, &#224; ne pas pleurer. &#171; Je comprends mieux maintenant pourquoi je voulais absolument croire que l'inconscient n'existe pas. C'&#233;tait une fa&#231;on radicale de tenir &#224; l'&#233;cart tout ce fourbi qui m'empoisonne la vie ! Je ne voulais rien voir de tout cela et surtout ne rien ressentir&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;ance qui finit par un sourire de soulagement en annonce une autre, o&#249; Norma pleure presque tout le temps, &#224; chaudes larmes. Une porte s'ouvre enfin, sur cette autre partie de son inconscient : non pas la m&#233;moire bless&#233;e, mais le tr&#233;sor g&#233;n&#233;reux de ses ressources intimes. Norma peut envisager comment se d&#233;lester de cette programmation d&#233;l&#233;t&#232;re et la remplacer par un projet plus souple, un trajet plus vivant et plus confiant. Elle peut cr&#233;er de nouvelles balises en elle, s'appuyer sur des rep&#232;res plus humains. Elle peut choisir de ne plus penser et agir par devoir, mais en fonction de son d&#233;sir. Alors, un d&#233;calage avec ce qu'elle esp&#233;rait ne sera plus un drame, mais une chance, une opportunit&#233; de d&#233;couvrir. Il ne s'agira plus d'un retard, mais d'un &#233;cart, d'un espace. Elle pourra s'&#233;merveiller de ce qu'elle n'avait pas encore appris ou compris, sans se sentir d&#233;valoris&#233;e. Au contraire, Norma per&#231;oit qu'elle avait en elle le go&#251;t de s'&#233;tonner, par exemple de capacit&#233;s jusque-l&#224; ignor&#233;es. Elle pourra aller de l'avant, d&#233;couvrir encore, et en &#234;tre heureuse : &#171; Tiens, ce mot-l&#224; est nouveau pour vous &#187;, lui glisse son psychanalyste. Norma sourit &#224; travers ses larmes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agira plus de savoir, mais de conna&#238;tre. Il ne sera plus question de r&#233;ussir, mais de go&#251;ter, de savourer, de prendre le temps et de vivre. Alors, comment passer de l'un &#224; l'autre ? La r&#233;ponse fuse dans un rire enfantin. Norma &#233;tonne son psychanalyste : &#171; la fronti&#232;re est facilement franchissable, il n'y a qu'un pas de l'un &#224; l'autre, un petit saut d'oiseau, un joli saut de m&#233;sange &#187; ! Norma parle alors des m&#233;sanges bleues qu'elle appr&#233;ciait tellement lorsqu'elle &#233;tait enfant. Son visage s'illumine. Norma voit juste : les prisons que nous nous construisons sont mentales, ce sont des id&#233;es auxquelles nous semblons tenir et des croyances auxquelles nous pr&#233;f&#233;rons nous accrocher, parfois malgr&#233; nous. En fait, il n'y a pas de fronti&#232;re, plut&#244;t une ouverture, un passage. Norma per&#231;oit &#224; quel point l'intelligence est simple, f&#233;conde, bienfaisante. Elle n'a donc rien &#224; voir avec les id&#233;es compliqu&#233;es de l'&#233;cole ou de l'universit&#233; ! Norma rit encore de cette d&#233;couverte, qui l'all&#232;ge et la lib&#232;re. &#171; Ouf, dit-elle en partant, je ne serai plus glac&#233;e par la peur de mal faire, p&#233;trifi&#233;e par la honte de ne pas savoir &#187;. Lorsqu'elle me quitte ce soir-l&#224;, j'ai un instant l'impression qu'elle a des ailes, tant elle est l&#233;g&#232;re et gracieuse. Une m&#233;sange ? L'inconscient est tellement inou&#239;, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence r&#233;side aussi dans le fait de distinguer clairement des r&#233;alit&#233;s de natures diff&#233;rentes, m&#234;me si les nuances qui les distinguent sont subtiles. Ainsi, la haine, le pouvoir et la volont&#233; de ma&#238;trise sont du c&#244;t&#233; de la mort ; l'inconscient, lui, est infiniment et &#224; chaque fois du c&#244;t&#233; de la vie !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un inconscient musical&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Rien qui p&#232;se et qui pose, De la musique avant toute chose &#187;&lt;/i&gt; (P. Verlaine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, selon Descartes, la pens&#233;e est organis&#233;e, intentionnelle, vigile, donc consciente. Cette conscience se d&#233;termine &#224; travers des choix. Elle ne correspond pas &#224; la mentalisation machinale des habitudes et des r&#233;p&#233;titions. Ainsi, pour lui, l'inconscient rel&#232;ve de l'inattention et de la routine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, Freud apporte une r&#233;v&#233;lation (une r&#233;volution) concernant la pens&#233;e latente et le d&#233;sir. Il constate que les ph&#233;nom&#232;nes inconscients ne sont pas des habitudes r&#233;siduelles, mais sont motiv&#233;s de l'int&#233;rieur par une intention qui &#233;chappe au sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, apr&#232;s ce qu'en disait Lacan (qui a lui-m&#234;me &#233;volu&#233; sur cette question), l'inconscient n'est pas forc&#233;ment et uniquement &#171; structur&#233; comme un langage &#187;. Il est aussi tiss&#233; de sensations, d'images, de traces, de marques, de souvenirs, de sons, de rythmes, de m&#233;lodies, d'accords et de d&#233;saccords, de tensions et de r&#233;solutions (comme en musique), puis parfois de mots. Ces inscriptions sans langue cherchent un sens par la rencontre et la parole, sens que le verbe apporte aussi par son chant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre patiente le confirme &#224; partir de son exp&#233;rience : &#171; L'univers inconscient et l'univers musical ont de fortes correspondances et tant de similitudes... Quand la parole s'use ou reste sans voix, le son, la musique et l'image prennent le relais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l'inconscient est musical ; il est po&#233;tique, c'est-&#224;-dire cr&#233;ateur. La plupart des artistes le disent, chacun &#224; sa fa&#231;on. L'&#233;nigmatique et troublant C&#233;line, par exemple, disait que sa musique int&#233;rieure l'assaillait sans r&#233;pit : &#171; C'est moi les orgues de l'univers. [&#8230;] Je fabrique l'op&#233;ra du d&#233;luge. [&#8230;] La musique est ma vie seconde, elle me regarde. &#187; Il d&#233;crivait le tintamarre endiabl&#233; qui tenait lieu de fond sous terrain (ou sous-marin) &#224; son &#226;me bless&#233;e et apeur&#233;e : &#171; C'est des hommes et d'eux seulement qu'il faut avoir peur, toujours &#187;. Preuve encore, s'il en est, que l'inconscient de chaque &#234;tre est complexe, mouvant, paradoxal parfois, assur&#233;ment riche&#8230; et sensible, surtout sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nous le voulions ou non, l'inconscient existe, et toutes nos tentatives pour l'&#233;liminer sont vaines, car - trop souvent - c'est en &#233;vitant la sensibilit&#233;, en se moquant des artistes, en faisant taire les enfants et en enfermant les fous, que nous passons &#224; c&#244;t&#233; du plus pr&#233;cieux de l'&#234;tre humain : sa vie int&#233;rieure, ses r&#234;ves, ses d&#233;sirs ; son &#226;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#169; Mieux-&#234;tre, Bruxelles, 2011.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
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&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;figure class='spip_document_2868 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:98px;&#034; data-w=&#034;98&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:98.979591836735%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/tomaportrait-resp98.jpg?1711791113' alt='' data-src='IMG/jpg/tomaportrait.jpg' data-l='98' data-h='97' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;98&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/tomaportrait-resp98.jpg?1711791113&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/tomaportrait-resp98.jpg?1711791113&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saverio Tomasella&lt;/strong&gt; est psychanalyste, membre de la F&#233;d&#233;ration des ateliers de psychanalyse et de l'Association europ&#233;enne Nicolas Abraham et Maria Torok (&lt;a href=&#034;http://www.abraham-torok.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.abraham-torok.org/&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&lt;/strong&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_2867 spip_documents spip_documents_right' style=&#034;max-width:146px;&#034; data-w=&#034;146&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:150.68493150685%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/toma-livre-resp146.jpg?1711791113' alt='' data-src='IMG/jpg/toma-livre.jpg' data-l='146' data-h='220' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;146&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/toma-livre-resp146.jpg?1711791113&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/toma-livre-resp146.jpg?1711791113&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'inconscient : qui suis-je sur l'autre sc&#232;ne ?&lt;/strong&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Saverio Tomasella&lt;/i&gt;, Eyrolles, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lapsus, oublis, maladresses, actes surprenants, mais aussi r&#234;ves, cauchemars, voire hallucinations... Les manifestations de l'inconscient viennent perturber le cours tranquille et souvent contr&#244;l&#233; de la conscience. Elles expriment une r&#233;alit&#233; qui nous &#233;chappe, &#233;clairent une sc&#232;ne o&#249; nous jouons pour nous-m&#234;mes le r&#244;le d'un inconnu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L'auteur explore ce concept central de la psychanalyse qu'est l'inconscient chez Freud, mais aussi chez Lacan et Dolto : qu'est-ce que l'inconscient, comment le d&#233;finir, quelle importance a-t-il dans la vie psychique ? Partant d'exemples de la vie courante, il nous donne des pistes pour lire les messages ou les signes que nous adresse notre inconscient, et pour exploiter ce r&#233;servoir formidable de cr&#233;ativit&#233;...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Il est l'auteur, dans la m&#234;me collection, de &#034;&lt;i&gt;La perversion&lt;/i&gt;&#034; et &#034;&lt;i&gt;Le surmoi&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
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