<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mieux-Etre.org</title>
	<link>https://www.mieux-etre.org/</link>
	<description>Le portail de la Psychoth&#233;rapie, du Coaching et du mieux-&#234;tre en Belgique, &#224; Bruxelles et en Wallonie. Recommandations de th&#233;rapeutes et formations.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Mieux-Etre.org</title>
		<url>https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L144xH25/siteon0-fae65.png?1712760322</url>
		<link>https://www.mieux-etre.org/</link>
		<height>25</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La peur</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/La-peur.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/La-peur.html</guid>
		<dc:date>2024-03-10T12:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      



		<description>&lt;p&gt;La peur nous fragilise, perturbe la confiance en nos capacit&#233;s de r&#233;sistance aux chocs et nous transforme en proie id&#233;ale face &#224; celui que la vuln&#233;rabilit&#233; de l'autre valorise. Influant sur notre m&#233;tabolisme en profondeur, elle agit, une fois install&#233;e &#171; &#224; domicile &#187;, m&#234;me quand elle se laisse oublier. Comment r&#233;agir aux circonstances les plus &#233;mouvantes, les plus &#233;prouvantes, pour notre sensibilit&#233; quand on n'est pas un h&#233;ros ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton1747-9a92c.png?1712762046' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tremblements, palpitations, cris irr&#233;pressibles. Sensation de vide aussi, mal au c&#339;ur, difficult&#233; &#224; s'endormir. Boule dans la gorge, n&#339;ud dans le ventre... La peur s'accompagne de ph&#233;nom&#232;nes physiques qui s'expriment et s'impriment dans le corps. Sueurs, sid&#233;ration, tachycardie, bouff&#233;es de chaleur, envie de se dissoudre, de crier Maman j'ai peur alors qu'on n'a jamais eu de maman, vertiges, &#233;vanouissement que l'on craint tout en r&#234;vant qu'il se r&#233;alise &#171; &#224; notre &#187; place pour nous soustraire &#224; l'impossible !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les signes symptomatiques de la peur frisent parfois le ridicule ou l'aberration pour celui qu'elle n'agite pas. Catatonie, frissons, secousses, hurlement qui &#233;chappe, d&#233;sir de fuir aussi fort qu'irr&#233;alisable. La peur nous fragilise, perturbe la confiance en nos capacit&#233;s de r&#233;sistance aux chocs et nous transforme en proie id&#233;ale face &#224; celui que la vuln&#233;rabilit&#233; de l'autre valorise. Influant sur notre m&#233;tabolisme en profondeur, elle agit, une fois install&#233;e &#171; &#224; domicile &#187;, m&#234;me quand elle se laisse oublier. Comment r&#233;agir aux circonstances les plus &#233;mouvantes, les plus &#233;prouvantes, pour notre sensibilit&#233; quand on n'est pas un h&#233;ros ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pavor, dont sont d&#233;riv&#233;s peur, peureux, apeur&#233;, s'est aussi d&#233;clin&#233; par les d&#233;tours de la langue en &#233;pouvantail et, plus curieusement en&#8230; &#233;pave qui, avant de d&#233;signer un objet rejet&#233; de la mer et sans propri&#233;taire, signifiait &#171; effray&#233; &#187; et par connexion &#233;gar&#233;. Cela laisse imaginer l'&#233;tat dans lequel nous plongerait la peur si on s'y livrait sans r&#233;sistance&#8230; Il est vrai que de bien des fa&#231;ons elle nous &#233;gare. Terreur, effroi, phobie, crainte, panique, appr&#233;hension, angoisse&#8230; multiples en sont les synonymes et vaste le vocabulaire qui s'en fait l'&#233;cho pour l'affirmer, la sonder, la crier&#8230;Oppression passag&#232;re ou inqui&#233;tude permanente qui rev&#234;t toutes les figures et s'arrange de toutes les situations pour se rappeler &#224; celui qu'elle habite, la peur s'impose quand nos forces constructives nous &#233;chappent. R&#233;action face &#224; une difficult&#233; qui nous fait douter de celles-ci et re-douter la r&#233;action que suscitera notre action en r&#233;ponse &#224; une difficult&#233;, quelle qu'elle soit, la peur, r&#233;flexe &#224; priori non pathologique, reste un myst&#232;re autant qu'une &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peur de la prison et hantise du vide. Claustrophobie et appr&#233;hension de la libert&#233;. Si la peur existe &#224; l'&#233;tat pur, il lui arrive de disputer le terrain &#224; l'envie, et quand elles se neutralisent, c'est la paralysie. Nous tiraillant entre ce qui &#233;veille notre curiosit&#233; et ce qui nous invite &#224; rester &#224; l'int&#233;rieur, elle se chamaille avec le d&#233;sir, convoque notre vuln&#233;rabilit&#233;, exhorte notre courage. Espoir et douleur, joie et frayeurs&#8230;La peur d'agir agit avec son contraire, et met en jeu des sentiments paradoxaux. Mais, celle d'&#234;tre agress&#233; ne va pas toujours avec le d&#233;sir de l'&#234;tre&#8230; Non ! Mais plut&#244;t avec celui de se sentir vivre, vibrer (ce qui vaut mieux qu'&#234;tre englouti sous les affres d'une terreur !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains s'accommodent de leurs peurs, les d&#233;baptisent, les d&#233;guisent. La peur de voyager, de prendre le train, l'avion&#8230; le v&#233;lo se convertit en go&#251;t pour la marche. Celle de la lumi&#232;re, pour se faire l&#233;g&#232;re, aime arborer de belles lunettes. On inverse sa phobie en art de vivre et la panique hyst&#233;rique des chats se transforme en passion pour la race canine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peur de la maladie, de la folie, de l'immobilit&#233;, peur des mots aussi. Peur de dispara&#238;tre, peur que &#171; &#231;a se voie &#187;, que mon ch&#226;teau de sable ou de cartes s'effondre ! Peur de trahir ou d'&#234;tre trahi&#8230; La peur met &#224; l'&#339;uvre et stigmatise le plus souvent la reviviscence inconsciente d'un pass&#233; douloureux. Et l'&#233;motion qu'elle fait surgir plonge dans l'embarras quand au d&#233;tour d'une phrase, d'un mot, elle nous bouleverse sans dire pourquoi ou fait barrage &#224; la communication. C'est quand elle n'est ni nomm&#233;e ni reconnue et agit en sourdine que la peur est mauvaise. Comme si ses effets silencieux se liguaient pour s&#233;vir avec plus ou moins de violence, sur la vie affective et professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peur de para&#238;tre ou peur de dispara&#238;tre ? Peur de l'&#233;chec ou peur du succ&#232;s ? Peur du ch&#244;mage, des interpr&#233;tations&#8230; Plus que la peur de rater (ou de r&#233;ussir) un examen, c'est ce qu'il est susceptible de raviver qui entre par anticipation en r&#233;sonance avec des souvenirs enfouis et diffuse ce trouble qui le rend redoutable. Les effets pr&#233;sum&#233;s en seraient si douloureux que l'on craint qu'ils ne nous effacent. La peur de mal faire ou plut&#244;t - que ce qu'il aura fait de son mieux soit mal per&#231;u - pousse l'enfant &#224; &#233;viter bien des situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne de la peur, la s&#233;paration prend tournure de rupture et la maladie annonce la mort&#8230; Qu'elle surgisse &#224; travers un choc transmis par nos sens ou un mirage &#224; notre esprit, qu'elle soit folle ou rationnelle, logique ou insens&#233;e, elle sape toute s&#233;r&#233;nit&#233; potentielle. Pourtant, la peur du noir oblige l'enfant qui la surmonte &#224; voir autrement qu'&#224; travers les yeux de ses parents quand, t&#226;tonnant en aveugle, il se heurte au r&#233;el, au solide, au palpable avec sa propre sensibilit&#233; apprenant ainsi &#224; se passer de leur protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur de l'&#233;tranger, de l'ailleurs, de l'inconnu, de ce qui fait que l'autre est autre, dans laquelle se lovent les germes du racisme, marque l'appr&#233;hension de ce qui en nous heurtant &#233;veille le doute. Mais que le tout petit, qui n'a pas encore construit ses d&#233;fenses soit inqui&#233;t&#233; par &#171; l'&#233;tranger &#187; est dans l'ordre des choses. Il a besoin d'&#234;tre assur&#233; par un adulte qui le guide ; accepte ses frayeurs sans les exploiter &#224; ses propres fins ni pour autant l'encourager &#224; l'intr&#233;pidit&#233; ; l'invite &#224; surmonter ce sentiment d'&#233;tranget&#233; qui pr&#233;figure la peur, &#224; d&#233;velopper son esprit d'ouverture, &#224; se structurer une identit&#233; solide en d&#233;couvrant que le diff&#233;rent n'est pas en soi terrifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appr&#233;hension d'une maladie peut nous conduire &#224; adopter des conduites sages. Ne pas avoir envie d'&#234;tre contamin&#233; la veille d'un voyage&#8230;et se prot&#233;ger d'un virus qui est dans l'air, &#233;vite de mettre &#224; mal notre corps et de vouer un projet &#224; l'&#233;chec. De m&#234;me, une frayeur due &#224; l'irruption soudaine d'un vacarme monstrueux semble objectivement fond&#233;e. Simple, imm&#233;diate, on s'en d&#233;tache avant qu'elle ne nous entache. Mais pourquoi a-t-on peur du noir, une fois devenu adulte ? Ou d'une souris ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'angoisse, d&#233;pourvue d'objet, la peur sait identifier ses d&#233;mons. Mais si la s&#233;paration de ces expressions, pouss&#233;es &#224; leur paroxysme, fait sens, je me demande si, en mati&#232;re de v&#233;cu, de ressenti intime, la fronti&#232;re est aussi d&#233;finie, et si toute peur ne dissimule pas une angoisse sous-jacente. Si l'une nous &#233;trangle, l'autre nous paralyse. Et toutes deux - supposant des pr&#233;sences auxquelles nous pr&#233;f&#233;rons &#233;chapper ou des absences auxquelles nous d&#233;sirons survivre, en d&#233;pit des tortures qu'elles nous font subir - nous infantilisent.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sentiment d'inqui&#233;tude &#233;prouv&#233; en pr&#233;sence ou &#224; la pens&#233;e d'un danger, il n'est de peur injustifi&#233;e, mais si le danger est bien pr&#233;sent, il n'est pas toujours l&#224; o&#249; l'on croirait le trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On redoute ce que l'on ne conna&#238;t pas mais aussi de ce qui nous rappelle quelque chose que nous croyons conna&#238;tre&#8230; Souvent, derri&#232;re la peur se cachent des souvenirs d'&#233;motions fortes, insupportables dont la r&#233;surrection effraierait. Ou la reviviscence indicible d'un mal-&#234;tre qui accompagna la &#171; faute &#187; plus grave d'un anc&#234;tre. Sans savoir pour autant les nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur qu'un enfant lira dans le visage d'un &#234;tre cher est une des plus redoutables, quand elle s'ajoute, sans qu'il n'en comprenne le sens, &#224; la douleur de se blesser ou de tomber malade. Une fi&#232;vre b&#233;nigne &#233;voquera chez sa m&#232;re la disparition culpabilisante d'une s&#339;ur, ou une goutte de sang, en perlant sur un doigt, convoquera dans son sillage le souvenir d'une autre plus grave qui &#171; d&#233;non&#231;a &#187; des meurs condamnables. La peur aggrave le r&#233;el... Et ses causes ne sont pas toujours exaltantes. Volont&#233; de puissance, ambition d&#233;mesur&#233;e, jalousie, culpabilit&#233;, en sont parfois le moteur cach&#233;. Associ&#233;e &#224; cette derni&#232;re, elle peut occasionner autant, si ce n'est plus, de ravage que la faute commise, incrimin&#233;e, &#224; tort ou &#224; raison, qui l'aura engendr&#233;e. Et quand elle s&#233;vit, feignant l'innocence pour se prot&#233;ger, et d&#233;masquer un autre coupable, l'id&#233;e d'&#234;tre d&#233;couvert lui conf&#232;re une agressivit&#233; ph&#233;nom&#233;nale. Invitant &#224; la pr&#233;cipitation, elle incite &#224; l'erreur, et &#224; travers des actes insens&#233;s, se retourne contre nous. Nourrissant le regret, elle exhorte &#224; reprocher &#224; l'autre ce dont on craint d'&#234;tre accus&#233;. On le charge pour se d&#233;charger, et de la peur et du sentiment de culpabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accompagnant un souvenir r&#233;current ou associ&#233;e &#224; des souffrances archa&#239;ques qui du fond de l'inconscient nous interpellent, on y reste &#8230; par peur indiff&#233;rent. Avide, elle s'auto-alimente, aussi longtemps que sa v&#233;ritable source n'a pas &#233;t&#233; d&#233;busqu&#233;e. La transmission d'une crainte &#233;touff&#233;e &#224; travers les g&#233;n&#233;rations devient plus lourde et plus douloureuse que ne l'aurait &#233;t&#233; une r&#233;v&#233;lation soutenue par un entourage bienveillant &#8230;Ainsi la peur d'un fant&#244;me en apparence imaginaire serait l'&#233;cho d'actes, de faits, r&#233;els pass&#233;s terrorisants qui se feraient entendre, sous une apparence personnifi&#233;e, car on aurait cherch&#233; &#224; en nier la gravit&#233;. Et la port&#233;e dramatique de certains secrets serait amplifi&#233;e par la crainte de leur r&#233;v&#233;lation, face &#224; l'intransigeance de proches ou la cruaut&#233; du jugement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;moire inconsciente, sous le joug de laquelle une enfance s'est tant bien que mal d&#233;roul&#233;e, impr&#232;gne le quotidien. La peur d'&#234;tre &#171; pas aim&#233; par une m&#232;re sadique &#187;, qui ne nous supportait que si nous lui faisions plaisir, conditionne les relations amoureuses ult&#233;rieures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certaines &#233;motions vives, qui ont surgi alors que le moi &#233;tait trop immature pour en faire une exp&#233;rience sens&#233;e, et les consid&#233;rer avec recul, sont int&#233;gr&#233;es &#224; notre constitution. Ne pouvant se conjuguer au pass&#233;, elles nous rappellent &#224; la douleur par des paniques comme injustifi&#233;es, nous mena&#231;ant dans l'int&#233;grit&#233; de notre intimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les figures parentales, suppos&#233;es soutenir l'enfant, se sont affirm&#233;es &#8230;par leur absence, quand elles ne se sont pas content&#233;es d'&#234;tre d&#233;ficientes, mais se sont pr&#233;sent&#233;es en se mettant hors de port&#233;e, c'est le supplice de Tantale et sans doute, comme le dit Winnicott, &#171; le pire qu'il puisse arriver au petit humain &#187;. Faim et soif &#233;ternelles, rien de tel pour &#233;corcher la sensibilit&#233; et aiguiser les frayeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le caract&#232;re traumatisant minor&#233; d'un fait, d'une situation, le m&#233;pris d'une douleur occasionn&#233;e, exacerbe l'&#233;motivit&#233; et la perception du danger. La conscience aigu&#235; de ce qui porte atteinte favorise la soumission. Une personnalit&#233; anxieuse, perfectionniste, peut &#234;tre une ancienne victime d'indicibles abus qui s'appliquera &#224; dissimuler toute erreur car il lui a fallu, pour survivre, apprendre &#224; nier toute &#171; erreur &#187;... Atmosph&#232;re douloureuse, traitement discriminatoire produisent ainsi des &#233;motions interdites qui fragilisent d'autant plus la personnalit&#233; qu'il lui faut &#233;viter qu'elles transparaissent et la trahissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construction imaginaire pour justifier une sensation terrible qui nous &#233;treint et dont nous avons h&#233;rit&#233;, certaines peurs ressuscitent des impressions &#233;tranges qui, si elles s'additionnent, r&#233;-engendrent cela m&#234;me qui les avait provoqu&#233;es. Une agression non reconnue d&#233;veloppe un sentiment d'inqui&#233;tude permanent qui se transmet comme une crainte &#171; sans objet &#187; puisque celui-ci n'a pas &#233;t&#233; nomm&#233;. Et l'on tournera en d&#233;rision le comportement de celui qui fait appel &#224; une attitude consciencieuse pour calmer l'anxi&#233;t&#233;. Le taxant de bizarrerie, on le traite avec s&#233;v&#233;rit&#233;, brutalit&#233; parfois, car il est porteur &#224; son insu d'un non-dit. Certains de ses propos, d&#233;stabilisants par m&#233;garde, activent le soup&#231;on en entretenant la crainte d'on ne sait quelle r&#233;v&#233;lation. Peur de perdre ses papiers, son identit&#233;, la partie, une id&#233;e, une amie, la peur hante parfois et un mot au hasard d'une conversation pointe une ancienne terreur, chez soi, chez son interlocuteur, et soudain on se sent traqu&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'objet sur lequel se projette la peur n'est pas toujours celui qui l'a engendr&#233;e, mais celui qui re-d&#233;clenche une peur pr&#233;c&#233;dente ou un trouble d&#233;r&#233;alisant. Faisant &#233;cran, il la r&#233;veille tout en la dissimulant&#8230; Sa r&#233;surgence se dit alors effrayante. Phobique, fuyant l'objet qui l'excite, on tendrait d'une certaine mani&#232;re &#224; fuir sa peur&#8230; Tant elle re-cr&#233;e une b&#233;ance et la rappelle.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'objet apparent permet de donner une repr&#233;sentation figurative plausible &#224; une peur plus profonde dont l'objet premier a &#233;t&#233; oubli&#233;, car interdit, ridiculis&#233;, ou simplement non dit car indicible. Il autorise l'id&#233;e (d'essayer) d'en faire accepter la r&#233;alit&#233;, par &#171; l'autre &#187;. Et, symbolisant un d&#233;sarroi r&#233;el pass&#233;, aide &#224; en authentifier l'intensit&#233; &#233;motionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur de toutes les peurs, la m&#232;re de toutes les peurs r&#233;siderait dans une crainte originelle plus ou moins prononc&#233;e chez chacun de nous. On peut imaginer qu'un enfant mal soutenu dans les premiers mois, par une m&#232;re elle-m&#234;me fragilis&#233;e - qui n'aura pu qu'apporter des r&#233;ponses mal adapt&#233;es aux besoins les plus essentiels - sera (&#224; son tour fragilis&#233;) plus craintif, et son propre enfant, (plus tard) agress&#233; par les peurs parentales - plus agressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur est difficile &#224; appr&#233;hender quand l'indicible qui l'a produite dans le pass&#233; n'a pas &#233;t&#233; symbolis&#233;. Est-ce pour cela qu'on aime &#224; lui donner des repr&#233;sentations qui en confirment l'&#233;vanescente v&#233;racit&#233; et, derri&#232;re les apparences fantasmatiques, aident &#224; la sublimer ? Ainsi les contes et les histoires fantastiques viennent meubler, avec notre consentement, notre qui&#233;tude de frissons. On lit Grimm, Perrault et Andersen, Poe et Maupassant, pour nourrir, calmer, divertir, justifier sa peur. Peut-&#234;tre est-ce parce qu'elles n'entrent pas par effraction que les &#233;motions qu'ils nous font (re) vivre ne nous font pas violence, mais nous donnent &#224; penser, &#224; r&#233;fl&#233;chir et de quoi d&#233;nouer certaines appr&#233;hensions, telle celle de l'avenir (sans sa m&#232;re) pour l'enfant&#8230; Catastrophe et frissons, transpos&#233;s dans la fiction, nous permettent de transcender nos &#233;motions : on s'autorise &#224; se frotter &#224; leur r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois nous sommes attach&#233;s &#224; nos souffrances &#224; d&#233;faut de conna&#238;tre autre chose et craignons de les quitter. Apprendre &#224; d&#233;passer certaine peur permet de ne pas encourager ou de vaincre ce qui la produit. On en sort grandi malgr&#233; la sensation d&#233;sagr&#233;able de r&#233;gresser et la menace d'effondrement qui peut accompagner la travers&#233;e. Le passage est inqui&#233;tant, mais le bien &#234;tre sur lequel il d&#233;bouche est incontestable. Non seulement la nouveaut&#233; r&#233;g&#233;n&#232;re l'esprit qu'elle oxyg&#232;ne, mais en plus la jouissance que l'on tire de l'acquis apporte infiniment plus de bonheur que celle qui vient de ce dont on a &#171; h&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur plonge dans la d&#233;tresse lorsqu'elle n'est pas reconnue. Certains malades se sentiront apais&#233;s une fois qu'ils connaissent leur maladie - alors m&#234;me qu'aucun soin miracle n'existe - d'autres pr&#233;f&#232;reront ignorer&#8230; pour pouvoir eux aussi mieux lutter. &#192; chacun ses r&#233;ponses. Aucune n'est mauvaise, sauf peut-&#234;tre celle d'y c&#233;der sans plus de courage pour la vaincre en bout de course. L'un pr&#233;f&#232;re la comprendre l'autre l'&#233;liminer par l'adoption de comportements qui la d&#233;fient. Les deux attitudes se valent et d'autres, tout aussi efficaces. Mais sit&#244;t qu'elle insiste pour se faire entendre, aucune peur ne doit &#234;tre n&#233;glig&#233;e ni minimis&#233;e mais justement apais&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur de souffrir est une r&#233;sistance saine quand il s'agit de se soigner, mais elle peut engendrer &#224; son tour de nouvelles souffrances. Ne vaut-il pas mieux apprivoiser certains d&#233;mons pour savoir ce qu'ils ont de vrai (aussi) &#224; nous dire et mieux les combattre ? Ou oser regarder une blessure, qu'elle soit physique ou psychique, avant que, purulente, elle ne se r&#233;pande, enfle, monopolise l'espace, br&#251;le l'&#233;nergie, nous prive peu &#224; peu de libert&#233; en augmentant encore la souffrance. Et l'entendre, quand elle nous &#233;treint, comme une alarme dont il faudrait d&#233;crypter le sens, sans la prendre pour argent comptant ni la m&#233;priser cependant.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La peur agit irrationnelle. Plus on la n&#233;glige, plus elle s&#233;vit sournoise en sourdine. Ne renon&#231;ant jamais &#224; faire entendre le pourquoi elle a surgi, jusqu'&#224; prendre des proportions insupportables pour soi et p&#233;nibles pour l'entourage - ou grotesques.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Souvent, nos d&#233;lires et nos d&#233;routes nous semblent infimes si ce n'est d&#233;risoires une fois d&#233;pass&#233;s. Et pourtant, combien &#233;taient-ils terribles, terrorisants, terrifiants, au moment o&#249; nous les vivions. Pour mieux les combattre, il a fallu leur accorder toute la valeur (de traumatisme) qu'ils rev&#234;taient sur le moment pour en venir (enfin) (presque) &#224; bout. Et laisser place &#224; un dynamisme positif, lib&#233;rateur d'&#233;nergie nouvelle, que l'on peut investir dans la cr&#233;ation d'une situation qui elle ne sera plus g&#233;n&#233;ratrice de peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la peur sourd, inhibant nos forces cr&#233;atrices, on peut r&#234;ver &#224; la catastrophe qui nous sortirait de la torpeur, mais plut&#244;t que de tomber dans de si funestes souhaits autant apprendre &#224; diff&#233;rencier les craintes fond&#233;es de celles qui le sont moins. Tendre &#224; en d&#233;couvrir le v&#233;ritable objet, l'approcher, le consid&#233;rer, progressivement pour se soustraire &#224; l'&#233;tat physique et psychique parasitaire dans lequel il nous plonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on l'&#233;touffe, plus elle devient source potentielle de violence. Au-del&#224; de son r&#244;le de signal d'alarme, si on ne sait la freiner elle boursoufle, envahit et d&#233;compose l'&#226;me, quand, sous la pression des forces agissantes de l'inconscient, affleurent &#224; la conscience les r&#233;miniscences incertaines d'une douleur ou la r&#233;surgence d'un pass&#233; cruel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#233;n&#232;bres de l'inconscient sont parfois si inqui&#233;tants que nous pr&#233;f&#233;rons le nier. Mais entrer en dialogue avec lui ouvre sur des horizons infinis, riches de plaisir, par-del&#224; toute difficult&#233;. Voyage dans l'impens&#233;, cheminement malais&#233;, l'analyse aide &#224; d&#233;mythifier les peurs, &#224; en att&#233;nuer les effets, d&#233;sactiver les m&#233;canismes et, offrant le recul qu'autorise la prise de conscience de leur &#171; r&#233;alit&#233; &#187;, les remet &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur &#171; mat&#233;rialise &#187; une angoisse existentielle plus profonde, &#224; travers des interrogations inconfortables qui, en m&#234;me temps qu'elles se posent - et du fait m&#234;me qu'elles se posent - nous rassurent sur notre &#234;tre, autant qu'elles nous inqui&#232;tent. Ainsi celle de mourir, qui nous met &#224; l'&#233;preuve lors d'un accident, peut nous rassurer sur notre volont&#233; de vivre !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La peur s'additionnant &#224; la peur qu'elle engendre, les fant&#244;mes qui se cachent sous le lit feront peur aussi longtemps que&#8230; la peur nous emp&#234;chera de les regarder en face&#8230;. ! Ne plus avoir peur de sa peur, entendre ce qu'elle nous signifie. Oser ne pas lui ob&#233;ir quand elle intime de nous taire ou nous sid&#232;re. Ouvrir la boite de pandore, sans craindre ce que l'on va y trouver. Comme pour une plaie qui empire si on ne la soigne pas, essayer de se d&#233;bander les yeux : la peur est une alerte qui m&#233;rite notre attention.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Abandon et sentiment d'abandon</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Abandon-et-sentiment-d-abandon.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/Abandon-et-sentiment-d-abandon.html</guid>
		<dc:date>2023-07-09T16:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Attachement / lien (troubles)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De Mo&#239;se au Petit Poucet en passant par Blanche Neige et &#338;dipe, il n'y a pas deux histoires d'abandon qui se ressemblent, et si l'on ne peut parler &#171; d'abandon r&#233;ussi &#187;, peut-on concevoir qu'un acte d&#233;nonc&#233; ou ressenti comme cruel puisse s'ouvrir, par la suite, sur une histoire heureuse, sans condamner au malheur celui qui en est la victime ni vouer aux g&#233;monies celui qui en serait l'auteur ? Scellant une s&#233;paration r&#233;elle ou symbolique, l'abandon peut-il s'av&#233;rer source d'&#233;volution, pourquoi pas d'&#233;panouissement ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Attachement-troubles-de-l-+.html" rel="tag"&gt;Attachement / lien (troubles)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton1563-d1072.png?1712796763' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De Mo&#239;se au Petit Poucet en passant par Blanche Neige et &#338;dipe, il n'y a pas deux histoires d'abandon qui se ressemblent, et si l'on ne peut parler &#171; d'abandon r&#233;ussi &#187;, peut-on concevoir qu'un acte d&#233;nonc&#233; ou ressenti comme cruel puisse s'ouvrir, par la suite, sur une histoire heureuse, sans condamner au malheur celui qui en est la victime ni vouer aux g&#233;monies celui qui en serait l'auteur ? Scellant une s&#233;paration r&#233;elle ou symbolique, l'abandon peut-il s'av&#233;rer source d'&#233;volution, pourquoi pas d'&#233;panouissement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si toi aussi tu m'abandonnes&#8230; &#187; fredonne la chanson pour illustrer le sentiment cruel qu'&#233;prouve le Sh&#233;rif Kane (interpr&#233;t&#233; par Gary Cooper) dans Le Train sifflera trois fois, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; l&#226;ch&#233; par le juge, le pasteur, la tenanci&#232;re du saloon et maintenant sa propre femme (sous les traits de la d&#233;sirable Grace Kelly). Il est, il reste, il se sent seul. Seul contre les bandits r&#233;solus &#224; le tuer, mais aussi seul dor&#233;navant parmi ceux qui lui &#233;taient attach&#233;s, qui l'ont l&#226;ch&#233; et qu'il va cependant d&#233;livrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solitude, lorsqu'elle est mal v&#233;cue, c'est-&#224;-dire subie comme une injustice ou accompagn&#233;e d'une sensation de trahison, semble bien caract&#233;riser le sentiment d'abandon. Qu'il se manifeste dans une situation qui suffise &#224; le justifier ou dans une autre qui l'induit sans pour autant l'expliquer ; qu'il soit compr&#233;hensible ou insupportable pour celui qui le vit ou pour celui qui le constate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abandon, anciennement &#171; &#224; bandon &#187;, trouve son origine dans la langue germanique et signifie litt&#233;ralement &#171; au pouvoir de &#187;. Le verbe abandonner qui en d&#233;coule signifiant l'action de quitter&#8230; de cesser de s'occuper&#8230; de livrer au pouvoir de&#8230; Il en irait pour la personne qui &#233;prouve &#233;loignement, s&#233;paration ou opposition comme de l'abandon de ne pouvoir supporter d'&#234;tre diff&#233;renci&#233;e de l'autre sans se sentir d&#233;sesp&#233;r&#233;ment livr&#233;e &#224; soi-m&#234;me ou &#224; on ne sait quelles forces du mal. Sans raison d'&#234;tre si ce n'est celle de reconqu&#233;rir, par tous les moyens, le c&#339;ur, la pr&#233;sence de celui qui la quitte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expression d'une souffrance dans la relation &#224; l'autre, le sentiment d'abandon se traduit par toutes sortes de manifestations, repli sur soi, d&#233;pression, exil, pleurs, conduites d'anxi&#233;t&#233;, agressivit&#233;, auto-mutilation. Et s'accompagne souvent de sentiments corollaires tels celui d'injustice, d'impuissance ou d'ins&#233;curit&#233;&#8230; Et parfois leur contraire. Il prend sa dimension dans l'intime. Dans l'histoire de la personne. G&#233;n&#232;re parfois de la violence - col&#232;re, r&#233;volte, d&#233;fi provoquant - et &#224; l'oppos&#233;, retraite, soumission, paralysie. L'un ou l'autre, en g&#233;n&#233;ral dans la d&#233;mesure. Difficile &#224; porter sur la place publique, il doit &#234;tre pens&#233; et appr&#233;hender &#224; c&#339;ur ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'histoire du Petit Poucet, l'abandon &#233;voque des parents indigents, sans piti&#233;, qui se s&#233;parent de leurs enfants, faute d'avoir les moyens financiers de s'en occuper. Mais aussi une issue heureuse. Petit dernier d&#233;licat et souffre douleur d'une famille nombreuse qui lui laisse peu de place, le Petit Poucet, tire parti de tout et m&#234;me de sa petite taille, pourtant sujette &#224; moqueries. Et lorsque p&#232;re et m&#232;re &#171; r&#233;solurent de se d&#233;faire de leurs enfants &#187;, pas une seconde il ne se lamente sur son sort, contrairement &#224; ses fr&#232;res et s&#339;urs qui se &#171; mirent &#224; pleurer &#187; d&#232;s qu'ils se virent seuls. &#192; la relecture du conte, on s'aper&#231;oit combien ce petit gar&#231;on fait preuve d'ing&#233;niosit&#233;, de courage, d'une capacit&#233; d'anticipation remarquable, pour surmonter les &#233;preuves. Autrement dit, combien la s&#233;paration lui sert, en d&#233;pit des conditions p&#233;nibles dans lesquelles elle se produit, &#224; gagner en autonomie. C'est cet accomplissement de soi qui capte notre attention et efface presque la cruaut&#233; initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce conte sugg&#232;re &#224; ceux que leurs parents oublieraient de rejaillir en faisant appel &#224; l'invention, &#224; l'imagination, c'est-&#224;-dire &#224; leurs forces cr&#233;atrices. Et propose de s'emparer des difficult&#233;s de la vie comme d'une occasion de s'ouvrir &#224; seconde naissance. De devenir auteur de soi-m&#234;me et responsable, plut&#244;t que de s'accepter condamn&#233; &#224; l'impuissance, r&#233;sign&#233; au martyr, sans moyens de r&#233;agir sit&#244;t que l'on se sent d&#233;laiss&#233;. D'une fa&#231;on symbolique, cette s&#233;paration brutale, qui en tous points mettrait en &#233;vidence l'indignit&#233; des parents, s'av&#232;rerait souhaitable si ce n'est essentielle, pour rompre (de part et d'autres) avec les liens de d&#233;pendances infantiles. On peut voir dans ce conte une m&#233;taphore de la n&#233;cessit&#233; de marquer la distance entre parents et enfants et d'encourager ceux-ci &#224; l'&#233;loignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette histoire, celle de &#171; Tanguy &#187; dans le film &#233;ponyme d'&#201;tienne Chatillez, n'est gu&#232;re plus enviable. L'enfant combl&#233;, qui ne s'est jamais senti abandonn&#233;, refuserait la n&#233;cessit&#233; de la s&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du sentiment d'abandon&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le ressort de certains enfants frapp&#233;s, dans des circonstances r&#233;ellement tragiques, par un abandon r&#233;el m'a souvent &#233;blouie. Quand la mort par exemple s'immisce soudain dans leur vie pour supprimer un de leurs parents. Parfois les deux. Leur capacit&#233; &#224; rebondir est surprenante. Tels des adultes pour qui la perte de leur parent entre dans l'ordre des choses, ils &#233;voluent de fa&#231;on positive dans le r&#233;el.Parvenant &#224; relever plut&#244;t bien les d&#233;fis qu'ils se lancent. Pudeur, d&#233;termination, aspiration &#224; la lib&#233;ration quand la maladie grave a pr&#233;c&#233;d&#233; la mort, caract&#233;risent leur comportement. Il leur faut aller vers l'avenir, vers de nouvelles exp&#233;riences. Oublier un pass&#233; qui les a pris en tra&#238;tre, ne pas laisser prise &#224; l'infinie tristesse. Leur d&#233;cence fut plus d'une fois une v&#233;ritable de le&#231;on de vie que je tirai &#224; leur contact. N&#233;cessit&#233; fait loi. En contrepoint, l'intensit&#233; du sentiment d'abandon qu'&#233;prouvent d'autres enfants lors de l'apparition d'un petit fr&#232;re ou d'une petite s&#339;ur peut &#233;tonner. Faut-il entendre qu'au plus l'acte qui condamne &#224; une solitude &#224; laquelle on n'aspire pas est cruel, au moins on a le temps de pleurer sur soi ? &lt;br class='manualbr' /&gt;Sans pousser aussi loin, on peut penser que lorsque l'exigence de survie en appelle &#224; l'urgence, elle ne permet pas de se retourner en arri&#232;re (si l'on choisit la vie). Implacable le&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souffrance de ceux que la solitude torture ne peut cependant &#234;tre mise en doute. La logique de l'inconscient n'est pas la logique (de l')ordinaire. Aussi d&#233;risoires que certaines paraissent au premier abord, il n'est de peurs fortuites. Elles font &#233;chos, en g&#233;n&#233;ral &#224; des exp&#233;riences de la toute petite enfance qui n'ont pas &#233;t&#233; re-pens&#233;es. Que ces derni&#232;res aient &#233;t&#233; v&#233;cues directement par ceux qui en expriment les s&#233;quelles, ou indirectement, et en ce cas transmises, comme un mandat familial, &#224; travers sensations et &#233;motions, dans l'&#233;troite communion de la dyade maman b&#233;b&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment d'abandon reste li&#233; en g&#233;n&#233;ral &#224; une exp&#233;rience douloureuse dont on n'a pas fait le deuil et dont le souvenir pers&#233;v&#232;re en sourdine. Ou &#224; une exp&#233;rience refoul&#233;e qui pousse &#224; ne pas parler de soi mais &#224; s'apitoyer sur le sort des autres et &#224; projeter sur lui des &#233;tats d'&#226;me que l'on n'ose exprimer (pour soi). Quand ce sentiment ne r&#233;pond pas &#224; un acte (&#224;-priori) rep&#233;rable, on s'aper&#231;oit qu'il est conditionn&#233; par des attitudes, des &#233;motions, des comportements parentaux, familiaux, structurels, imperceptibles, de l'ordre de l'impens&#233; familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abandon r&#233;el ou ressenti peut s'imprimer de fa&#231;ons diff&#233;rentes chez l'un ou chez l'autre, et invite chacun &#224; des r&#233;ponses singuli&#232;res. Il peut &#234;tre, il devrait pouvoir &#234;tre, source d'invention et occasion de maturation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez certaines personnes particuli&#232;rement vuln&#233;rables, le sentiment d'abandon s'impose tel un v&#233;ritable handicap. V&#233;cu comme une torture, il se r&#233;percute de l'imaginaire sur le r&#233;el &#224; travers des conduites d'&#233;checs ou des difficult&#233;s : scolaires, pour un enfant, professionnelles, pour un adulte, affectives et passionnelles chez l'un comme chez l'autre. Cauchemars, refus inexplicables d'accomplir ce qui dans un temps pr&#233;c&#233;dent &#233;tait source de d&#233;fis heureux,et tout autre signe de d&#233;tresse,en sont l'expression courante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; consid&#233;rer son destin extraordinaire, Mo&#239;se semblerait ne pas avoir trop souffert d'avoir &#233;t&#233; retir&#233; &#224; sa m&#232;re, lorsqu'elle fut oblig&#233;e de se s&#233;parer de lui, il est vrai&#8230; pour lui &#233;viter la mort. Par ailleurs on peut se demander si &#338;dipe n'a pas moins p&#226;ti d'avoir &#233;t&#233; &#171; expos&#233; &#187; par La&#239;os que d'avoir &#233;t&#233; condamn&#233; par celui-ci et &#233;lev&#233;, une fois recueilli, dans l'ignorance de cet abandon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi plus que dans l'&#233;v&#233;nement qui l'a d&#233;clench&#233;, l'abandon prendrait son sens dans le sentiment qu'il imprime et diffuse &#224; celui qui s'en ressent l'objet. Et l'intensit&#233;, la port&#233;e dramatique et l'inscription dans le r&#233;el de ce sentiment ne seraient pas relatives &#224; la f&#233;rocit&#233; apparente de l'acte qui l'induit, mais d&#233;termin&#233;es par le contexte historique familial, g&#233;n&#233;rationnel et &#233;motionnel. Par le sens de l'histoire qu'il transmet au sujet. Et les r&#233;ponses singuli&#232;res que celui-ci imagine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la transmission du sentiment d'abandon&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un sentiment d'&#234;tre r&#233;duit &#224; la solitude peut survenir et manifester son emprise chez un enfant dont la m&#232;re est happ&#233;e par la disparition d'un &#234;tre cher ou bien chez celui dont la m&#232;re vient de mettre au monde un nouveau b&#233;b&#233;. L'enfant, dont la m&#232;re est aspir&#233;e par la mort, se sentira tir&#233; vers le fond, de fa&#231;on forc&#233;ment douloureuse. D&#233;termination et inventivit&#233; lui seront n&#233;cessaires pour r&#233;sister &#224; l'appel du vide que repr&#233;sentent les &#171; absences &#187; r&#233;elles ou symboliques de la m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que pour l'autre, celui qui a l'impression de perdre sa m&#232;re parce qu'il ne l'a plus pour lui tout seul, et qui craint que &#171; le nouveau b&#233;b&#233; n'efface l'ancien &#187;, l'absence de la m&#232;re pourra &#234;tre accept&#233;e comme une invitation &#224; grandir. Une occasion de s'accomplir, en tant qu'&#234;tre humain et non plus seulement comme &#171; le b&#233;b&#233; de maman &#187;. Si des conditions aussi favorables que possible sont r&#233;unies, l'enfant trouvera l'&#233;nergie de se surpasser et donc de renoncer aux avantages li&#233;s &#224; l'&#233;tat de b&#233;b&#233; pour conqu&#233;rir ceux de l'a&#238;n&#233;. Il c&#232;dera un ancien statut pour l'accorder au nouveau n&#233; et en acqu&#233;rir un plus valorisant, sur la voie de la maturit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'un et l'autre cas, la traduction du sentiment qui accompagne la d&#233;fection maternelle s'inscrira de fa&#231;on plus ou moins douloureuse. L'un, passage sans trace traumatique, est une occasion d'advenir &#224; soi-m&#234;me, de se diff&#233;rencier, de se d&#233;couvrir seul, de s'&#233;manciper, et donc source de fiert&#233; heureusement narcissisante. Il offre l'occasion, sauf configuration familiale probl&#233;matique, de se d&#233;velopper en s'affirmant sujet (autre). Autre que maman, autre que b&#233;b&#233;. Passage obligatoire, il engage &#224; grandir. &#192; aller dans le sens de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second, plus &#233;prouvant en son essence, pourra plonger l'enfant dans la d&#233;pression (maternelle) ou le d&#233;sarroi. Soumission ou r&#233;volte, pour supporter l'insupportable, l'enfant invente, &#224; d&#233;faut de savoir faire autrement, toutes sortes de &#171; programmes de survie &#187; : repli anorexique, appel &#224; la fusion&#8230; mutisme, insomnie, ou tendance &#224; l'hyperactivit&#233; comme s'il fallait se faire entendre &#224; tout prix, se prouver que l'on existe, ne pas se laisser oublier&#8230; Il peut encore &#171; se blinder &#187; et devenir &#171; m&#233;chant &#187; pour r&#233;sister &#224; ce qu'il ressent comme une agression (mortif&#232;re) ou une d&#233;possession de lui-m&#234;me. Mouvements de col&#232;re, obstination, manifestations d'amour ou de haine d&#233;mesur&#233;es, et toute autre conduite excessive, viennent combattre le sentiment de mort que lui communique de corps &#224; corps, de sensibilit&#233; &#224; sensibilit&#233;, au-del&#224; des mots, sa m&#232;re par ses &#171; absences &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, une m&#232;re, emport&#233;e par la mort ou le souvenir d'un &#234;tre cher (signifiant), &#171; abandonnerait-elle son enfant &#187; en quelque sorte &#224; lui-m&#234;me, m&#234;me si elle est physiquement pr&#233;sente. Laissant germer en lui l'impression qu'il est tomb&#233; dans l'oubli, livr&#233; &#224; tous les vents, sans protections &#224; l'int&#233;rieur desquelles se construire, sans contenance. Il peut se sentir d&#233;muni, quantit&#233; n&#233;gligeable, quand sa m&#232;re ne sait plus s'occuper de lui. Ni le voir, ni l'entendre, ni r&#233;pondre aux sollicitations propres &#224; son jeune &#226;ge, alors qu'il a encore besoin d'elle, tel d'un ressort essentiel, en tant que racines o&#249; puiser l'indispensable &#233;nergie pour parvenir &#224; maturit&#233; et se d&#233;tacher d'elle. La m&#232;re, sans le vouloir, vit &#224; c&#244;t&#233; de lui, mais pense, r&#234;ve, comme s'il n'&#233;tait pas l&#224;, ou comme s'il n'&#233;tait pas lui, mais cet autre qui peuple ses r&#234;ves, qui l'emp&#234;che de les vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, toute m&#232;re d&#233;pressive, aspir&#233;e dans un &#171; ailleurs &#187;, quelle qu'en soit la raison, risque fort de communiquer &#224; son enfant un sentiment d'abandon, d&#232;s qu'elle ne sait plus r&#233;pondre &#224; ses besoins vitaux s'il n'a pas acquis l'autonomie n&#233;cessaire pour les satisfaire lui-m&#234;me. L'enfant peut alors se sentir la proie de forces destructrices d'autant plus mena&#231;antes qu'elles seront diffuses, indicibles, innomm&#233;es, innommables. Torpeur ou surexcitation traduiront sa volont&#233; d'y &#233;chapper, il est important de ne pas les lui renvoyer comme une expression n&#233;gative, quand bien m&#234;me elles seraient p&#233;nibles &#224; supporter.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sentiment d'abandon refoul&#233; agit comme une emprise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le souvenir d'un abandon mal v&#233;cu, non surmont&#233; ou trop vite refoul&#233; dans la petite enfance, a des r&#233;percussions dans l'&#226;ge adulte. Il peut amener &#224; une d&#233;pendance extr&#234;me et infantilisante et inviter &#224; se livrer toutes sortes de concessions d&#233;valorisantes, sous la contrainte des menaces int&#233;rioris&#233;es que fait subir l'angoisse. &#192; l'inverse, il peut inciter l'&#234;tre, (au niveau de l'inconscient), &#224; ne pas s'engager, aussi longtemps qu'il est sous l'emprise de la peur de revivre ce drame &#171; impens&#233; &#187;. Ne voulant d&#233;pendre de personne, il &#233;vitera bien s&#251;r l'abandon mais aussi toute relation &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut encore, par esprit de d&#233;fense, encourager des conduites d'engagement excessif, telle la surprotection maternelle. Ainsi une maman prise par les affres de l'abandon r&#233;el dont, petite fille, elle aura &#233;t&#233; &#171; l'objet &#187;, soumise &#224; la crainte de reproduire le malheur, et qui choisit de ne jamais se s&#233;parer de son &#171; tout petit &#187;, risque fort d'&#234;tre l&#224; sans &#234;tre l&#224; pour lui. Dans les bras d'une m&#232;re, physiquement pr&#233;sente, toute &#224; lui mais absorb&#233;e par son ancien malheur, l'enfant per&#231;oit, qu'en d&#233;pit des apparences, sa m&#232;re n'est pas disponible, en tant que m&#232;re, pour le sous-tenir. Ni pour lui. Ni avec lui. Comme si elle redevenait l'enfant qu'il ne peut alors &#234;tre, il se sent abandonn&#233; en tant que tel. Il peut traduire son manque en tentant d'attirer l'attention maternelle par des moyens plus ou moins heureux. Des pleurs au mutisme. Du pipi au lit aux c&#226;lins incessants. Du sourire &#224; la chute, qu'elle soit physique ou scolaire. Elle ne saura ni ne pourra lui r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, paradoxalement, tout en &#233;tant incapable de se s&#233;parer de lui, elle ne sera plus avec lui. Et au pire, se ressentira alors elle-m&#234;me &#171; abandonn&#233;e &#187; par son enfant qui cesse d'&#234;tre l'enfant id&#233;al. Le lien se renforce sous le sceau du sentiment (indicible) d'abandon partag&#233; et nuit &#224; la s&#233;paration. Ainsi, plus tard, l'enfant, pourtant choy&#233;,en fait voir de toutes les couleurs &#224; ses parents, comme pour &#234;tre s&#251;r d'entretenir un lien avec eux. De ne pas les perdre. On peut se demander s'il ne souffre pas &#224; la place de sa m&#232;re. Inqui&#233;tant son entourage par &#171; ses crises &#187; pour amener la famille &#224; r&#233;fl&#233;chir au probl&#232;me de l'abandon. &#192; consid&#233;rer ce dont les r&#233;percussions se font entendre, au quotidien, derri&#232;re l'hyper anxi&#233;t&#233; maternelle qui sous-tend une ambition compensatoire et des exigences excessives envers l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul un tr&#232;s fort id&#233;al du moi permettrait de ne pas se laisser engloutir lorsque plus personne n'est l&#224; pour r&#233;pondre aux besoins v&#233;ritables, et d'&#233;chapper sans s&#233;quelles graves &#224; de v&#233;ritables situations d'abandon.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'abandon en h&#233;ritage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, intervient dans les r&#233;actions du sujet, l'expression de sa constellation familiale ou g&#233;n&#233;alogique porteuse de souvenirs ou de traces mn&#233;siques dont on il serait le d&#233;positaire de passage. Une difficult&#233; &#224; se s&#233;parer, sans aussit&#244;t &#234;tre saisi d'un sentiment de perte de substance, viendrait raviver &#224; sa source un conflit ou un drame antique. Comme si celui qui en est anim&#233; avait re&#231;u pour mandat de le r&#233;soudre, et d'ouvrir de nouveau la voie &#224; d'autres possibles que la d&#233;pendance et&#8230; l'impossible d&#233;sir. Il est rare en effet qu'un sentiment, qu'apparemment rien ne justifie, ne trouve sa l&#233;gitimit&#233; dans un souvenir r&#233;el ou une histoire de transmission familiale. Que le silence, l'&#233;touffement, le refoulement auront alourdis et dramatis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une m&#232;re &#233;lev&#233;e dans l'ins&#233;curit&#233; communiquera probablement ses sensations diffuses d&#233;vitalisantes &#224; son jeune enfant. Son d&#233;sir d'&#234;tre m&#232;re ne suffira pas &#224; lui donner la capacit&#233; de le devenir. Surtout si le p&#232;re n'est pas l&#224; pour prendre le relais et conforter l'enfant dans sa r&#233;alit&#233; pr&#233;sente. La charge &#233;motionnelle est trop forte pour l'enfant, elle le ravit &#224; lui-m&#234;me, ne se sentant plus soutenu, il se vit abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment d'abandon fait partie de ceux qui s'enracinent au fil du temps, aussi longtemps qu'ils n'auront pas &#233;t&#233; &#233;claircis, parl&#233;s, repens&#233;s. Aussi longtemps que celui qui en est la &#171; victime &#187;, le sujet, la courroie de transmission, ne s'en est pas lib&#233;r&#233;. R&#233;actualis&#233; &#224; l'occasion d'un mot ou d'un &#233;v&#233;nement anodin, il ranime une sensation que l'on aura connue lors d'un &#233;v&#233;nement angoissant. Ou dont on aura &#171; h&#233;rit&#233; &#187; en quelque sorte dans un contact de proximit&#233;. Les interpr&#233;tations d'&#233;v&#233;nements pr&#233;sents se font &#224; la lumi&#232;re du pass&#233;. Aussi ridicule que cela paraisse, il arrive que des faits b&#233;nins perturbent fortement : le corps soudain s'emplit de d&#233;tresse comme d'une peur &#233;trang&#232;re qui fait &#8230; corps avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que ce soit le retard d'un conjoint, le d&#233;part d'un enfant, une m&#232;re qui oublie notre anniversaire ou notre amoureux la Saint Valentin. Notre &#171; vision &#187; influenc&#233;e par la m&#233;moire d'un traumatisme r&#233;el, qui nous aura plong&#233;s dans le noir de l'oubli et qui se r&#233;active, justifie notre perception n&#233;gative et nous compla&#238;t dans le d&#233;sespoir. &#192; d&#233;faut de savoir faire autrement, on finit par se persuader de notre abandon. Une m&#232;re confi&#233;e jadis &#224; une nourrice ingrate en gardera une empreinte inconsciente qui se manifestera comme &#224; son insu par des r&#233;percussions inattendues dans ses relations. Craintes, appr&#233;hension, d&#233;sarroi, vertiges suscit&#233;s en leur temps sont re(s)-suscit&#233;s. L'exp&#233;rience se rejoue, provoquant un &#233;tat de tension disproportionn&#233; face &#224; ce qui l'a d&#233;clench&#233;e, mais bien r&#233;el et qui se transmet de sensibilit&#233; &#224; sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;motion incontr&#244;lable, influe sur nos perceptions au point de nous faire croire (non &#224; notre esprit conscient par le biais de l'intellect mais &#224; notre psychisme par le biais de la m&#233;moire sensible) &#224; notre &#233;puisement, &#224; notre condamnation, &#224; notre d&#233;sesp&#233;rance, &#224; &#8230; Quand c'est notre fa&#231;on de ressentir qui communique une sensation de trahison, de perte de forces et d'identit&#233; confisqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paradis perdu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment d'abandon peut-&#234;tre aussi l'expression d'un d&#233;sir li&#233; &#224; la nostalgie d'un paradis perdu. Souvenir d'une union narcissique (id&#233;alis&#233;e et id&#233;alisante) que le sujet a form&#233;e dans sa toute petite enfance avec sa m&#232;re, toute relation devient fusionnelle, aspire &#224; l'&#234;tre ou tend &#224; s'imposer comme telle. La s&#233;paration est invivable, si ce n'est au prix de tiraillements insens&#233;s, de cris, de crises, d'appels qu'aucune r&#233;ponse ne viendrait jamais satisfaire. En &#233;cho &#224; ce pass&#233;-image d'une union id&#233;ale dont on se refuse (dont on ne parvient) &#224; faire le sacrifice. &lt;br class='manualbr' /&gt;Comme si l'autre faisait partie de soi-m&#234;me. Ou n'existait que pour &#171; soi m'aime &#187;. Mais s'aime-t-on ? Aime-t-on ? lorsque l'on ne supporte pas que l'autre s'&#233;loigne et lorsqu'on lui rend l'&#233;loignement insupportable ? Qu'il soit li&#233; &#224; un d&#233;c&#232;s, au d&#233;part soudain d'une nourrice ou &#224; un sentiment diffus, lorsque le d&#233;sespoir perdure et plonge dans la m&#233;lancolie, il est pr&#233;f&#233;rable d'aider, l'enfant r&#233;el ou celui qui reste en soi, &#224; assimiler la &#171; r&#233;alit&#233; pour soi &#187; de ce qui l'a engendr&#233;, &#224; la dig&#233;rer, &#224; la transformer, en faire une source d'&#233;volution, car passage oblig&#233;, contre lequel on ne peut rien, si ce n'est contre soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent le sentiment d'abandon qui s'empare de nous s'accompagne d'une jouissance qui ne s'avouera pas comme telle dans la r&#233;p&#233;tition ou dans l'id&#233;alisation. C'est l&#224; qu'intervient la n&#233;cessit&#233; d'une appui ext&#233;rieur, th&#233;rapeutique ou amical, qui exhorte &#224; renoncer &#224; l'illusion d'obtenir ce que l'on n'a pas obtenu. &#192; ne plus se r&#233;fugier derri&#232;re l'aveuglement dans un pass&#233; id&#233;al qui n'aura plus cours. &#192; convertir notre histoire pour la reconstruire sans plus se rattacher &#224; la cause pour justifier un malheur mais approcher celui-ci pour d&#233;nouer les tensions, d&#233;composer l'image que l'on a de &#171; soi m'aime &#187;. Perdrepeut-&#234;tre quelques illusions, mais recouvrir des forces et s'ouvrir &#224; d'autres horizons. Une autre illusion ? Peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en ce cas illusion cr&#233;atrice, d&#233;gag&#233;e de l'emprise d'un pass&#233; int&#233;rioris&#233; qui agite chaque relation de toutes sortes de sensations de l'ordre de l'indicible. Il faut apprendre &#224; accepter sa partie souffrante, &#224; la nommer, &#224; la reconna&#238;tre, &#224; ne plus en avoir honte, &#224; l'appr&#233;hender, la comprendre, la r&#233;inscrire dans son histoire au pr&#233;sent, en d'autres termes. Un travail sur soi permet de reconqu&#233;rir autonomie et ind&#233;pendance psychique dont la jouissance pour le coup est porteuse de vie, d'espoir, de lendemains. Mais quel que soit le fait qui pr&#233;figure &#224; ce sentiment, il est important d'aborder sa complexit&#233; dramatique. Afin que l'impression de ne pas exister en tant que sujet ne soit pas confirm&#233;e, mais d&#233;mentie par la vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bon accompagnement parental peut suffire &#224; aider l'enfant &#224; r&#233;soudre, avant qu'il ne s'enkyste, le dilemme qui le pousse &#224; ne pas supporter l'&#233;loignement de sa m&#232;re quand il aspire pourtant &#224; &#171; &#234;tre comme les grands &#187;. Et donc &#224; en &#234;tre s&#233;par&#233; sans c&#233;der &#224; la peur de &#171; tomber dans l'oubli &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la venue d'un nouveau membre dans une famille introduit une rupture dans le mode de fonctionnement habituel. Bien s&#251;r la s&#233;paration avec un &#234;tre ch&#233;ri ou pris&#233; ne laisse pas indiff&#233;rent. Et le remaniement qu'elles g&#233;n&#232;rent n'est pas facile &#224; &#171; dig&#233;rer &#187;. Mais elles peuvent aussi, devraient aussi, devenir source d'ouverture, de d&#233;couverte, de passage &#233;volutif.. Et pourquoi pas de richesses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme essaie de se le dire Anny Duperey, dont les deux parents sont morts ensemble quand elle avait huit ans, il faut parvenir &#224; faire son deuil, m&#234;me si l'on n'y consent pas si facilement. Le plus difficile restant de renoncer &#224; la tristesse, &#224; l'&#233;motion, &#224; la nostalgie qui sont le corollaire d'un &#233;v&#233;nement qui nous aura marqu&#233;s, &#233;mus, rendus tristes. Quand le chagrin, la col&#232;re, apr&#232;s l'indiff&#233;rence ont un petit go&#251;t qui nous permet de rester en lien avec l'objet de notre tourment. Il faut passer par cette &#233;preuve de longue haleine mais combien lib&#233;ratrice pour se d&#233;sengager d'une relation ancienne. Et de l'image id&#233;alis&#233;e du leader, de la m&#232;re, ou du couple parental, afin qu'elle ne nous &#171; squatte &#187; pas int&#233;rieurement. Ni ne nous tire en arri&#232;re, en contrariant toute avanc&#233;e positive vers de nouvelles relations, contemporaines, adapt&#233;e &#224; la pr&#233;sente r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que promesses de fid&#233;lit&#233;, contrats, engagements, sont parfois bien ali&#233;nants et peuvent agir comme des intimations culpabilisantes &#224; la solitude qui interdisent d'aller vers l'autre (celui du pr&#233;sent) de peur de trahir &#8230; l'autre&#8230; id&#233;alis&#233; (celui du pass&#233;). D&#233;ni col&#232;re d&#233;pit pardon tristesse reproche acceptation&#8230; Un temps de convalescence s'impose pour traverser diff&#233;rentes &#233;tapes avant de parvenir &#224; renoncer &#224; un attachement au pass&#233; et &#224; la peur d'abandonner&#8230; ceux qui nous ont abandonn&#233;s !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abandon n'est pas &#224; interpr&#233;ter trop vite comme la marque d'un d&#233;saveu de l'autre. Mais peut-&#234;tre plus comme l'expression de l'incapacit&#233; de celui qui abandonne. &#192; regarder le Petit Poucet ou Babar, le premier abandonn&#233; par des parents vivants mais trop mis&#233;rables, le second &#171; abandonn&#233; &#187; &#224; l'impromptu par une m&#232;re bien portante &#224; laquelle un chasseur a port&#233; un coup mortel, on peut penser que parfois l'abandon a du bon. Et imaginer que certains parents, conscients de ne pouvoir s'occuper correctement de leurs enfants, se soup&#231;onnent nocifs pour ceux-ci, et se disent, peut-&#234;tre avec raison, qu'ils seraient plus heureux dans des mains autres que les leurs. S'ils se respectent peu, ils peuvent n&#233;anmoins aimer leurs enfants, tout en se sentant incapables de &#171; bien les aimer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera pr&#233;cis&#233;ment cet amour qui sera le moteur de l'intention parfois trop vite condamn&#233;e de vouloir lancer les enfants dans la vie de fa&#231;on jug&#233;e pr&#233;matur&#233;e par le commun, ou de les confier &#224; d'autres, dont on esp&#232;re qu'ils seront (de toutes fa&#231;ons) de meilleurs parents nourriciers que ceux qu'on (ne) peut (que) &#234;tre. Et qu'on sait ne pouvoir qu'&#234;tre&#8230; en attendant.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;v&#233;nement marquant, aussi cruel soit-il, devrait pouvoir, avec le temps, la distance, &#234;tre traduit de fa&#231;on positive. Question de regard, d'assimilation, d'enrichissement par l'exp&#233;rience. D'histoire personnelle et d'imagination.. De transposition du passif en actif et de conversion d'&#233;nergie. Autrement dit de travail. Il ne s'agit pas d'optimisme na&#239;f. Ce qui a &#233;t&#233; ressenti, et m&#234;me disons-le subi, est bien r&#233;el pour celui qui l'a ressenti. Il ne saurait &#234;tre question de contester. Corporellement, spirituellement v&#233;cue, la souffrance psychique qui l'accompagne peut s'amplifier si un d&#233;ni s'y oppose. Et la n&#233;cessit&#233; de cette souffrance s'enraciner pour &#234;tre prouv&#233;e si elle n'est pas reconnue.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;duction ...? La tentation de l'innocence&#8230;</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Seduction-La-tentation-de-l-innocence.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/Seduction-La-tentation-de-l-innocence.html</guid>
		<dc:date>2022-07-10T15:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      



		<description>&lt;p&gt;Admir&#233;e ou ridiculis&#233;e, &#224; la lisi&#232;re du d&#233;licieux et du d&#233;testable, qu'elle soit du ressort de l'innocence ou de celui de l'incroyance, qu'elle s'exerce de fa&#231;on passive ou active, la s&#233;duction lance un d&#233;fi &#224; la loi. Et qu'elle agace, ravisse, flatte, intrigue, surprenne, paralyse ou d&#233;mobilise, son champ pose une question de fronti&#232;res, de partage, de respect, de (re)connaissance, en terme parfois de droit et de non droit. Pointant ce qu'il est permis de consid&#233;rer comme juste selon les normes h&#233;rit&#233;es, elle nous invite &#224; r&#233;fl&#233;chir sur les &#233;carts et les diff&#233;rences, sur les limites que l'on trace et celles que l'on franchit.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2167-13c23.png?1712796763' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Admir&#233;e ou ridiculis&#233;e, &#224; la lisi&#232;re du d&#233;licieux et du d&#233;testable, qu'elle soit du ressort de l'innocence ou de celui de l'incroyance, qu'elle s'exerce de fa&#231;on passive ou active, la s&#233;duction lance un d&#233;fi &#224; la loi. Et qu'elle agace, ravisse, flatte, intrigue, surprenne, paralyse ou d&#233;mobilise, son champ pose une question de fronti&#232;res, de partage, de respect, de (re)connaissance, en terme parfois de droit et de non droit. Pointant ce qu'il est permis de consid&#233;rer comme juste selon les normes h&#233;rit&#233;es, elle nous invite &#224; r&#233;fl&#233;chir sur les &#233;carts et les diff&#233;rences, sur les limites que l'on trace et celles que l'on franchit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Charme, flatterie, persuasion&#8230; Exhibitionniste ou insidieux, plus ou moins discret, son exercice serait l'expression probable d'une l&#233;gitime volont&#233; de puissance&#8230; Jouant sur l'apparence, le visible, le perceptible pour atteindre l'imperceptible, elle r&#233;pond &#224; un besoin visc&#233;ral de plaire, d'attirer l'attention, d'entretenir l'illusion (de l'&#233;ternit&#233;). Plus ou moins lumineux, plus ou moins g&#233;n&#233;reux, plus ou moins manipulateur ou pervers, son pouvoir rassure sur l'attention que l'on nous porte car il exige que l'on se pr&#233;sente sous son meilleur jour. Premi&#232;re ride, premier cheveu blanc, premier enfant, &#224; la faveur de certaines transformations, nous nous interrogeons tous sur ce pouvoir. Et lorsque l'un de nous tire force et fiert&#233; de ses tempes grisonnantes l'autre ne pensera qu'&#224; les camoufler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Rarement d&#233;nu&#233;e d'arri&#232;re-pens&#233;e &#8211; bonne, mauvaise, affleurant ou non &#224; la conscience &#8211; la s&#233;duction peut abuser celui dont on veut s'ali&#233;ner les faveurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#201;nigmatique, elle laisse entrevoir un sentiment, soup&#231;onner un &#233;moi, plus qu'elle ne les traduit. Et agissant comme une ruse, elle l'utilise pour &#233;chapper aux situations d&#233;licates. &#201;trange, ambigu&#235;, alors qu'elle interroge les myst&#232;res de l'&#226;me et les tr&#233;fonds de l'inconscient, dans le meilleur des cas, elle est le masque qui signe la pudeur &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invitant &#224; d&#233;fier les convenances, encourageant l'imprudence, le risque, l'exception, l'exquis parfois, l'injuste ou l'interdit, celui qui joue de son influence fait appel au charme. &#192; l'envo&#251;tement. Aux pouvoirs magiques. Aux jeux de l'acteur, aux pirouettes du clown, aux calembours, &#224; l'humour&#8230; Pour distraire. Stratag&#232;me plus ou moins volontaire, elle agr&#233;mente en cas de crises les rapports sociaux avant qu'ils ne se distendent ou d&#233;g&#233;n&#232;rent en lutte. Pr&#233;cieuse pour app&#226;ter, enj&#244;ler, d&#233;crisper un moment de tension, &#233;gayer l'atmosph&#232;re. Utile dans le rapport amoureux pour (r)animer la flamme ou faire surgir la lumi&#232;re sur un visage que la douleur d&#233;truit, la s&#233;duction sollicit&#233;e &#224; bon escient pr&#233;pare des surprises agr&#233;ables. Un secret &#224; l'oreille, une caresse &#224; la d&#233;rob&#233;e, une proposition all&#233;chante, un compliment inattendu. Un soup&#231;on d'on ne sait quoi&#8230; Mimique d&#233;sopilante, gerbe de fleurs resplendissante ou coupe de champagne malgr&#233; les dettes. Strat&#233;gie ou art d'&#234;tre attentif &#224; son interlocuteur, la s&#233;duction, telle une n&#233;cessit&#233;, se faufile partout&#8230; Clin d'&#339;il et appel &#224; la connivence en amorcent la d&#233;marche, qu'elle soit ou non offensive. Et nous aimons le plus souvent s&#233;duire ou &#234;tre s&#233;duit&#8230;. &#192; condition d'&#234;tre consentant. Mais comment deviner si M&#233;phisto ne se glisse derri&#232;re l'h&#244;te accueillant pour n'en faire qu'une bouch&#233;e&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;S&#233;duire, qui a concurrenc&#233; puis &#233;limin&#233; l'ancien fran&#231;ais souduire, n'a perdu aucune nuance de ses origines latines. Form&#233; avec la pr&#233;position sub, dessous, sur la racine duco, ducere, ductum, tirer, mener et, par suite logique, &#234;tre attirant pour, subducere (prononcer soubdouk&#233;r&#233; !) a pu aussi bien dire, attirer vers, attirer &#224; soi, exercer une traction, soulever, amener en haut, s&#233;parer, retirer, soustraire, tenter, enlever &#224; la d&#233;rob&#233;&#8230; avant de se transformer en vieux fran&#231;ais &#171; souducere &#187; puis &#171; souduire &#187; et de laisser enfin la place &#224; notre moderne s&#233;duire&lt;/i&gt;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Tentative de ma&#238;triser l'univers symbolique, impuls&#233;e par une volont&#233; de poss&#233;der, d&#233;truire ou d&#233;vorer, la s&#233;duction, m&#234;me quand elle convoque des principes spirituels, a le plus souvent une port&#233;e charnelle. Avec elle, c'est le corps qui entre en jeu dans la valse des d&#233;sirs, la jouissance (sexuelle ou non) qui s'&#233;veille et l'esprit en perd parfois la raison. Il n'est qu'&#224; &#233;voquer l'influence de certains gourous qui au nom de principes souverains subordonnent leurs adeptes au profit d'une fortune mat&#233;rielle et sexuelle&#8230; personnelles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;duction n'est pas chose simple. Manipulation ou invitation&#8230; ?&lt;/strong&gt; Deux regards qui se croisent et l'un qui accroche&#8230; Faut-il le fuir ou se laisser ravir par le plaisir qu'on y lit ? Comment discerner le stratag&#232;me intelligent de la pression malhonn&#234;te ? Quand est-ce que le charme exerc&#233; pour le bonheur de tous bascule dans une volont&#233; &#233;gocentrique de contraindre l'autre pour un app&#233;tit &#233;go&#239;ste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aime s&#233;duire qui se persuade de pouvoir le faire&#8230; Mais au-del&#224; de l'attirance qu'elle met en sc&#232;ne, le probl&#232;me que pose la s&#233;duction est celui des pi&#232;ges qu'elle nous tend au nom de l'innocence&#8230; Serait s&#233;duisant ce qui exerce une attraction irr&#233;pressible. Et s&#233;ducteur celui qui exprime la volont&#233; de l'exercer pour arriver &#224; ses fins. Quand le premier attire, comme malgr&#233; lui, de fa&#231;on puissante, irr&#233;sistible, sans chercher &#224; cr&#233;er l'illusion, le second, sans scrupule, tentera de d&#233;tourner sa proie de fa&#231;on d&#233;lib&#233;r&#233;e pour l'utiliser &#224; ses fins non avouables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la m&#233;chante belle-m&#232;re de Blanche Neige qui ne supportait pas que la beaut&#233; de celle-ci surpass&#226;t la sienne, se d&#233;guisa-t-elle en inoffensive vieille dame et pi&#233;gea par trois fois la fillette, non encore instruite des difficult&#233;s de la vie. Et l'enfant p&#233;rit pour avoir croqu&#233; dans une pomme &#171; belle, blanche et rouge &#187;, qu'on lui tendait &#171; car quiconque la voyait eut envie d'y mordre &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Blanche Neige s&#233;duit successivement le chasseur, &#233;mu au point de d&#233;sob&#233;ir &#224; la reine en &#233;pargnant la vie de la fillette ; les nains, touch&#233;s par sa gr&#226;ce bien qu'elle soit rentr&#233;e chez eux en leur absence et leur ait ensuite d&#233;sob&#233;i, et enfin le Prince qui succombe &#224; sa beaut&#233; en son sommeil, sans pour autant abuser d'elle... Symbole de la s&#233;duction &#224; l'&#233;tat pur consid&#233;r&#233;e par bonheur innocente, elle reste impunie malgr&#233; sa d&#233;sob&#233;issance. Mais qu'elle soit active, sous les traits d'un loup charmeur, d'une all&#233;chante commer&#231;ante ou passive, figure d'une belle endormie, la s&#233;duction facilite la transgression des interdits. Et celle de Blanche Neige, qui n'avait pourtant rien maniganc&#233;&#8230; a bien &#171; d&#233;tourn&#233; le chasseur de son chemin &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jouant avec les apparences, virtuose du subterfuge et du faux-semblant, le s&#233;ducteur imp&#233;nitent aime &#224; se parer des plus beaux atours. Expert dans l'art de manier le double langage et d&#233;tourner l'attention pour parvenir &#224; ses fins, avec lui toute relation est histoire de manipulation. Aimant &#234;tre populaire &#224; l'aide de man&#339;uvres parfois peu populaires, il se dissimule derri&#232;re un masque plus plaisant qu'elles ne sont&#8230; Pour lui la fin justifie les moyens. Mensonges, tromperies, fausses promesses, sont monnaie courante&#8230; Ivre de lui-m&#234;me, affair&#233; &#224; entretenir l'illusion, il cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment quelqu'un qui lui r&#233;sistera et sa v&#233;rit&#233; dans celle des autres ! &#201;ternel insatisfait, incorrigible chasseur de proies qu'il l&#226;che &#224; peine vampiris&#233;es, on peut comprendre qu'il n'ait que faire de la sinc&#233;rit&#233; d'un miroir qui ne lui est d'aucun r&#233;confort, et supposer qu'il en con&#231;oive une amertume qu'il s'emploie &#224; dissimuler toujours ailleurs &#224; la conqu&#234;te d'un nouveau leurre pour apaiser sa douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le virtuose de la s&#233;duction aime toucher, atteindre, &#233;branler, faire plier.&lt;/strong&gt; Confondant plaisir de duper et celui de plaire, il se complait sans remords dans la turpitude. Diabolique, pour se d&#233;douaner, il attribuera &#224; la folie de l'autre ce qui r&#233;sulte de sa seule extravagance ! Com&#233;dien dans l'&#226;me, infid&#232;le en amour comme &#224; ses promesses, sa conduite varie au gr&#233; des circonstances. Mais quand la gentillesse se referme sur un pi&#232;ge, l'aigreur guette derri&#232;re la douceur. La s&#233;duction &#171; d&#233;moniaque &#187; s'exerce aux d&#233;pens de celui qui se laisse s&#233;duire mais le s&#233;ducteur ne sort pas toujours grandi de l'entreprise. Face &#224; la s&#233;duction, la r&#233;pulsion qu'inspire la sorci&#232;re, une fois d&#233;couvert son stratag&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas besoin d'&#234;tre sublime, les cas de s&#233;ducteurs &#224; priori rebutants ne sont pas rares. Mais que la gr&#226;ce les approche et on pr&#233;sume la leur d'autant plus subtile que discr&#232;te. Ce qui parfois s'av&#232;re. Parfois se contredit&#8230; L'important est de croire en soi, d'&#234;tre opini&#226;tre, de poss&#233;der&#8230; un je ne sais quoi qui sans correspondre aux canons r&#233;v&#232;le une aptitude &#224; capter l'attention en cr&#233;ant la surprise &#8230; Une haute id&#233;e de soi - pendant ultime d'un sentiment d'inf&#233;riorit&#233; ou d'une certaine vacuit&#233; que l'on cherche &#224; fuir - peut f&#233;d&#233;rer une cour qui rassure sur ce que conf&#232;rerait cette beaut&#233; que l'on souffre de ne pas avoir&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherchant sa v&#233;rit&#233; dans celle de l'autre le s&#233;ducteur, sensible &#224; ce qui pr&#233;sente un caract&#232;re diabolique, n'h&#233;site pas &#224; s'inventer une nouvelle histoire &#224; chaque nouvelle rencontre ni &#224; saccager une existence fra&#238;che et innocente. Embl&#232;me de l'&#233;ternelle jeunesse, quand il commence &#224; se friper, s'il ne mod&#232;re ardeurs, il frise le ridicule. Et sa passion le condamne &#224; souffrir plus encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais s&#233;duction et volont&#233; de s&#233;duire ne sont pas toujours perverses&lt;/strong&gt;. Pour qu'une volont&#233; d'attirer le soit, il faut que les buts avou&#233;s en dissimulent d'autres inavouables. Que le s&#233;ducteur ait des intentions captatrices d&#233;guis&#233;es, tel le loup - qui utilise les sentiments d'une petite fille &#224; l'&#233;gard de son a&#239;eule pour servir sa propre absence de sentiment - et dont le stratag&#232;me met d&#233;lib&#233;r&#233;ment son but hors de port&#233;e du petit Chaperon Rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sourire est parfois n&#233;cessaire pour accompagner des soins douloureux&#8230; Impliquant un vouloir plaire rassurant, &#224; travers des gestes quotidiens qui ne peuvent &#234;tre tout &#224; fait neutres, la s&#233;duction fait partie int&#233;grante des soins que la m&#232;re prodigue &#224; l'enfant. Sur le plan universel de l'inconscient parental, on peut consid&#233;rer que cette dispensatrice de soins corporels devient la s&#233;ductrice. Est-ce par mim&#233;tisme ou en r&#233;ponse &#224; la s&#233;duction maternante ? De son c&#244;t&#233;, tr&#232;s t&#244;t le b&#233;b&#233; a envie de s&#233;duire comme pour se rassurer sur sa capacit&#233; &#224; entrer en contact, en attirant la bienveillance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fa&#231;on de se situer au c&#339;ur de sa famille puis dans la soci&#233;t&#233;, ne peut-on imaginer qu'il tend &#224; s&#233;duire d'une part, pour &#233;prouver son pouvoir sur l'adulte avec une jouissance certaine mais &#8230; encore fort de sa fragilit&#233; ! Et d'autre part, pour mesurer la validit&#233; de celui de l'adulte, s'assurer de son authenticit&#233; avant de s'y adosser ? L'enfant &#233;tant en qu&#234;te de ces limites indispensables &#224; la construction d'une identit&#233;, il importe au parent, de veiller &#224; &#233;viter tout exc&#232;s, de ne pas prolonger le bienfait d'un geste &#171; d&#233;licieux &#187; au-del&#224; du besoin ou de la n&#233;cessit&#233; vitale, de ne pas le d&#233;tourner au profit de son seul plaisir adulte et de ne pas jouir par procuration du pouvoir de s&#233;duction de ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'envie de s&#233;duire peut aussi &#234;tre la marque d'un manque de confiance en soi&#8230; &lt;/strong&gt; qui pousse &#224; plaire ou faire plaisir car on ne se sent pas aim&#233;. On peut imaginer un s&#233;ducteur agit&#233; d'un profond sentiment d'ins&#233;curit&#233; contract&#233; dans les premiers mois de sa vie face &#224; une situation maternante troublante qui le conduit &#224; douter profond&#233;ment de son amabilit&#233;. Cette s&#233;duction proc&#232;derait d'un acte de d&#233;sesp&#233;rance, de survie, de r&#233;sistance &#224; l'appel du vide devant une m&#232;re par exemple qu'aveuglerait douleur ou indiff&#233;rence&#8230; Parfois aussi, c'est en d&#233;sespoir de cause qu'un enfant cherche &#224; s&#233;duire une m&#232;re qui le rejette, car elle le trouve &#171; pas &#187;&#8230; Pas beau, pas fille, pas gar&#231;on, pas. Ou &#171; trop &#187;&#8230; Trop gros, trop grand, trop petit, trop maigre&#8230;Ou parce que &#171; absente &#187;, elle l'am&#232;ne &#224; se rappeler &#224; son souvenir, &#224; lui signifier sa pr&#233;sence si ce n'est son existence. La s&#233;duction est alors le pendant maladroit d'un sentiment d'abandon qu'elle voudrait conjurer. S&#233;duire pour se persuader qu'on n'est pas le rien que l'on redoute de devenir. S&#233;duire car on ne soutient pas la comparaison ou pour r&#233;sister &#224; la tentation de dispara&#238;tre en devenant mieux que ce rien qu'il nous semble &#234;tre dans le c&#339;ur d'une m&#232;re elle-m&#234;me aspir&#233;e par son mal de vivre&#8230; Ainsi, l'enfant qui s&#233;duit ses parents est parfois peu s&#251;r de la valeur de l'amour qu'il re&#231;oit. Comme si celui affich&#233; &#233;tait remis en question par une autre r&#233;alit&#233;&#8230; Et le d&#233;sir de plaire, l'expression d'une d&#233;fense pour &#233;chapper &#224; l'angoisse de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile ici de ne pas &#233;voquer les h&#233;sitations de Freud. Son questionnement. Ses t&#226;tonnements. Et de ne pas pencher pour la th&#233;orie de la s&#233;duction, telle qu'il l'avait d'abord pressentie. Tout fantasme de s&#233;duction abusive aurait des origines bien ancr&#233;es dans le r&#233;el. Que le sujet ait subi une sc&#232;ne de s&#233;duction ou qu'il soit, en quelque sorte l'h&#244;te, (le r&#233;ceptacle) passager de restes mn&#233;siques d'actes abusifs support&#233;s par un anc&#234;tre et transmis de fa&#231;on douloureuse par la m&#233;moire familiale et l'h&#233;r&#233;dit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La sexualit&#233; que suppose la d&#233;marche de s&#233;duction qu'un adulte entreprend vers un enfant fait effraction dans l'univers de celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Toute sc&#232;ne de s&#233;duction passive v&#233;cue par l'enfant dans l'effroi a une valeur pathog&#232;ne et traumatisante - c'est-&#224;-dire apte communiquer une sensation de mise en danger et de paralysie contre lesquels l'enfant n'est pas en mesure de se prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tition au mobile inconscient, il est des lign&#233;es de s&#233;ducteurs ou de s&#233;ductrices dont il n'est pas toujours facile d'&#234;tre le fruit. Une m&#232;re s&#233;duisante d&#233;contenance mais une m&#232;re s&#233;ductrice plus encore. Elle dit l'insatiabilit&#233; &#224; l'origine parfois de conduites addictives. Aussi envahissante qu'une m&#232;re indiff&#233;rente est inqui&#233;tante, ne supportant pas que l'on s'&#233;loigne sinon pour servir son narcissisme tout &#224; la fois bless&#233; et blessant, exacerb&#233; et exacerbant, elle monopolise l'espace, n'en laissant gu&#232;re &#224; sa prog&#233;niture qui voit surgir le d&#233;sir d'&#233;chapper &#224; son emprise, en m&#234;me temps que l'espoir sans fin d'&#234;tre reconnu par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile d'&#234;tre l'objet de celui ou de celle qui ne se supporte qu'en &#233;tant admir&#233;, sans chercher &#224; l'&#234;tre &#224; son tour &#224; tout prix. Mais pour qu'un enfant joue de son pouvoir d'attraction encore faut-il qu'un partenaire le lui confirme&#8230;Un adulte qui succomberait &#224; ses faveurs ne pourrait l'en tenir pour responsable. L'enfant ne peut int&#233;grer le sens d'une d&#233;marche de s&#233;duction &#224; son endroit, sinon en tant qu'intrusion de caract&#232;re traumatique. Non encore apte &#224; &#233;valuer la port&#233;e de ses actes, il a besoin qu'on leur impose des limites, au fur et &#224; mesure qu'il s'affirme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traiter une enfant d'allumeuse sous pr&#233;texte que l'on est sous son charme revient &#224; se donner une excuse en inversant l'ordre des choses pour profiter de ce charme&#8230;&lt;/strong&gt; Qu'un adulte s'amuse des gestes d'un enfant, &#224; son corps d&#233;fendant, ou les interpr&#232;te de fa&#231;on tendancieuse, trouble ce dernier&#8230; L'enfant aurait la prescience du bien et du mal. L'intrusion de l'inconscient de l'adulte dans son univers, &#224; travers certains actes apparemment innocents qui v&#233;hiculent des connotations sexuelles, destin&#233;es &#224; se faire plaisir &#224; travers lui, lui fait violence car il n'est pas en &#226;ge d'en comprendre le sens, ni de les int&#233;grer. Entre l'enfant et l'adulte, la s&#233;duction ne peut s'exercer de mani&#232;re interactive sans danger. L'adulte se devrait de ne pas r&#233;pondre par la s&#233;duction &#224; la s&#233;duction qu'exerce sur lui l'enfance. C'est &#224; lui d'essayer au-cela de ses pulsions inconscientes de ma&#238;triser les messages qu'il fait passer &#224; travers gestes et paroles, pour ne pas porter atteinte &#224; l'enfant ni nier la responsabilit&#233; que conf&#232;re l'exp&#233;rience. Jetant un trouble dans l'intimit&#233;, toute tentative de s&#233;duction serait susceptible d'attenter &#224; la pudeur. Pour qu'elle reste d&#233;licieuse, trouve sa l&#233;gitimit&#233;, la maintienne, la s&#233;duction n&#233;cessite un rapport de force &#233;quilibr&#233; entre les parties qui la lient, et des intentions d&#233;nu&#233;es d'arri&#232;re-pens&#233;es &#171; criminelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la relation vitale, ouverte dans la r&#233;ciprocit&#233;, peut aussi s'&#233;mailler - &#224; travers des mots anodins - de messages impr&#233;gn&#233;s de significations sexuelles - traces r&#233;siduelles inconscientes d'&#233;v&#233;nements traumatiques - &#233;nigmatiques pour l'enfant, mais aussi pour l'adulte qui les transmet, comme &#224; son insu. Leur puissance au-del&#224; du r&#233;el peut les pi&#233;ger - l'un et l'autre - et troubler en m&#234;me temps l'enfant pr&#233;sent et celui que l'adulte a d&#251; refouler suite &#224; une exp&#233;rience traumatisante. Un travail d'accompagnement pourra aider l'enfant, devenu adulte, &#224; symboliser ces &#171; messages compromis &#187; pour &#233;viter une r&#233;p&#233;tition tendancieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au-del&#224; du n&#233;cessaire, le registre de la s&#233;duction d&#233;tourne l'enfant de ses besoins v&#233;ritables et devient un mode de fonctionnement, dont il aimerait pouvoir se sortir.&lt;/strong&gt; Prise aux jeux de la s&#233;duction, depuis son enfance, pour &#233;gayer une m&#232;re d&#233;pressive, une femme peut avoir l'impression de plaire pour ce qu'elle n'est pas, tout en cherchant &#224; attirer, par son comportement, des hommes qui en d&#233;finitive, lui proposent ce qui ne l'int&#233;resse pas. Ne sachant en quoi elle plait, elle a souvent l'impression de tomber dans un pi&#232;ge. Sans savoir lequel. De ne plus - ou ne pas - &#234;tre elle-m&#234;me. Et r&#234;ve, sans y parvenir, &#224; des contacts plus profonds, plus stables, plus &#233;quilibr&#233;s, plus &#233;quilibrants, qui n'inviteraient pas &#224; s'arr&#234;ter aux apparences, ni ne se laisseraient subjuguer par elles.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du charme qu'elle distille une relation qui s'appuie sur la s&#233;duction emprisonne.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une face de la personnalit&#233; mise en valeur peut&#8230; en effacer une autre. Mignon, on ne saurait &#234;tre vilain et on s'interdira tout ce qui le laisserait croire&#8230; D&#233;clar&#233; gentil, on peut en venir &#224; &#233;viter tout geste susceptible d'&#234;tre interpr&#233;t&#233; comme ne l'&#233;tant pas, et l'&#233;ventail est large qui met la gentillesse en question sans pour autant &#234;tre de la cruaut&#233;&#8230; La s&#233;duction fige et admet mal une attraction contraire. Aussi faut-il &#234;tre vigilant lorsqu'un aspect de notre personnalit&#233; attire, car il se peut que l'on cherche, par la flatterie, &#224; nous enfermer dans ce qui tend &#224; en interdire d'autres, tout aussi passionnants, pour les neutraliser, car ils se feraient mena&#231;ants pour celui qui nous pr&#233;tend s&#233;duisant. Nous estimant dangereux pour lui&#8230; Il peut le devenir de ce fait envers nous. Ce n'est pas tant du machiav&#233;lisme concert&#233; qu'un mode de d&#233;fense humain qui exhorte &#224; l'&#233;veil. Ainsi voit-on fleurir les appellations &#171; minorisantes &#187; faussement tendres, &#171; gentil &#187; &#171; charmant &#187; &#171; serviable &#187; qui tendent &#224; exclure. &#171; Toi qui r&#233;ussis si bien le th&#233; peux-tu nous en pr&#233;parer un&#8230;Pendant que nous allons nous promener &#187;. Par sa fa&#231;on de paralyser en se manifestant &#171; s&#233;duit &#187; par un aspect enchanteur de votre personne auquel il voudrait vous r&#233;duire, quand s'ouvre pour vous des portes qui ne s'ouvrent pas pour lui, le s&#233;ducteur redoute le s&#233;duisant qui risque de le d&#233;tr&#244;ner. Et veut se l'ali&#233;ner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un brin de s&#233;duction intervient de fa&#231;on positive pour d&#233;tourner l'enfant d'habitudes dans lesquelles il s'emmure. &#192; doses hom&#233;opathiques, elle peut le sortir de la torpeur. Mais certaines personnes, dont le(s) charme(s) s'&#233;tiole(nt) avec le temps, d&#233;couvrent d'autres ressources pour exercer un ascendant plus ou moins tyrannique auquel elles ne sauraient renoncer pour rien au monde&#8230; Tout comme les pleurs peuvent &#234;tre un moyen de s&#233;duction enfantin, la plainte de l'adulte en est un autre pour capter l'attention sur ses probl&#232;mes affectifs&#8230; Ne pas se laisser manipuler par celui qui tente de vous attirer par ses difficult&#233;s &#224; vivre, ses probl&#232;mes conjugaux, n'est pas toujours facile, car en g&#233;n&#233;ral cela fait appel &#224; notre compassion&#8230; Derri&#232;re les plaintes et les pleurs les plus &#233;mouvants, peut se dissimuler un grand narcissique qui se soucie peu de vous, sinon pour son confort. Car c'est bien le pi&#232;ge de la s&#233;duction de n'attirer &#224; soi que pour flatter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans stigmatiser la moindre invitation empreinte de sexualit&#233;&#8230; Ni voir derri&#232;re chaque caresse une tentative de soumettre, on peut (se) mettre en garde contre les risques de d&#233;rives inconscientes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une tentative de s&#233;duction peut &#234;tre plus lourde qu'on ne le croit en fonction de la fragilit&#233; de la personne &#224; qui elle s'adresse, en fonction de ce qu'elle r&#233;veillera en elle d'un pass&#233; douloureux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'adolescent aime &#224; &#234;tre populaire envers autre que p&#232;re ou m&#232;re&#8230; Quitte &#224; cr&#233;er l'illusion de l'amour en attendant de le rencontrer ! On comprend qu'il ait envie de mesurer sa facult&#233; de plaire hors de la maisonn&#233;e familiale ; d'oublier d&#233;pit et contrari&#233;t&#233;, mettre de c&#244;t&#233; les tracas quotidiens, &#234;tre reconnu aussi par celui - ou celle - qui l'aidera &#224; se d&#233;gager de la tutelle parentale. Quoi de plus important que de prendre des forces en se d&#233;veloppant &#224; l'ext&#233;rieur, en y exer&#231;ant son pouvoir ? S&#233;duire une amie, un camarade &#8230; Un professeur&#8230; ? Intervient ici la r&#233;ponse en tant que sens qu'elle produit en retour. Le bonheur de la jeunesse nous attire et nous nous laissons volontiers gagner par sa g&#233;n&#233;rosit&#233; qui &#233;claire un instant la grisaille, sans pour autant avoir envie d'amorcer une relation sexuelle&#8230; Son ardeur &#224; d&#233;fendre une cause enchante. Son absence de pr&#233;jug&#233; nous fascine. Entre deux de m&#234;me poids, il en va des rapports de force ordinaires dont on sort plus ou moins vaincu, plus ou moins vainqueur. Mais l&#224; encore il faut faire preuve de vigilance&#8230; Certains professeurs choisissent de rev&#234;tir une neutralit&#233; s&#233;v&#232;re&#8230; pour s'interdire de r&#233;pondre aux avances de l'adolescent m&#234;me s'ils n'y sont pas insensibles . Devons-nous veiller, parents, &#224; ce que l'enfant n'abuse de son charisme pour lui &#233;pargner certaines d&#233;convenues ? Ou le laisser traverser des situations d&#233;licates pour qu'il fasse l'exp&#233;rience par lui-m&#234;me du bien et du mal, comme Blanche Neige, par trois fois prise au pi&#232;ge ? Et comment mettre en garde l'adolescent sans &#234;tre suspect&#233; de le jalouser et d'exercer telle la sorci&#232;re un pouvoir castrateur ? Tact et d&#233;licatesse sont pr&#233;cieux. Le sens social peut marquer ici les limites de l'exercice de la s&#233;duction dont les vertiges tournent parfois la t&#234;te et nous m&#232;nent l&#224; o&#249; nous ne pensions aller&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arme &#224; double tranchant, avantageuse entre personnes de m&#234;me rapport, la s&#233;duction mal utilis&#233;e procure une force que l'on est tent&#233; de gaspiller sous l'emprise de la passion&lt;/strong&gt;. De m&#234;me qu'elle peut venir combler un manque de confiance en soi, elle peut l'engendrer en se substituant &#224; tout autre mode de relation. Plus ou moins manipulateur, plus ou moins aimant, on a tous, homme ou femme, un petit Dom Juan, un m&#233;chant loup ou une vieille sorci&#232;re qui sommeille en soi et r&#234;ve plus ou moins de s'exprimer pour capter l'attention du monde&#8230; Mais grandir c'est aussi ne plus chercher &#224; plaire &#224; n'importe quel prix, &#224; n'importe qui, et accepter un d&#233;tachement que n'autorise pas la fixation &#224; l'enfance. C'est savoir ne plus chercher &#224; &#234;tre aim&#233; pour ce que l'on n'est pas &#8230; Renoncer &#224; la toute puissance&#8230; S'offrir le luxe de refuser et de ne pas se sentir meurtri lorsque l'on n'est pas choisi par quelqu'un dont, en secret, on sait qu'il ne nous int&#233;resse pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;duction c'est aussi l'art de ne pas se plier &#224; la fascination qu'elle exerce. &lt;/strong&gt; Langage parall&#232;le qui envo&#251;te ou parasite, superficielle en apparence, elle pose en profondeur la question de la r&#233;ciprocit&#233;, de l'&#233;galit&#233;, du respect (ou non) de l'autre. Sollicitant le d&#233;sir, la manipulation fonctionne (aussi) pour qui veut bien &#234;tre tromp&#233;. &#192; nous d'adopter la juste attitude, de ne pas corrompre le merveilleux mais de s'inspirer de la pertinence qui &#233;mane de son essence ! Sans pr&#234;cher pour une aust&#233;rit&#233; sacerdotale, &#224; nous de ne pas nous laisser d&#233;tourner de nos intentions premi&#232;res, par qui n&#233;glige nos int&#233;r&#234;ts. De ne pas nous laisser soustraire &#224; ce qui fait la richesse de notre vie. Ni ensorceler tel le loup par le charme que l'on op&#232;re sur qui ne songe qu'&#224; nous&#8230; ravir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que la s&#233;ductrice fl&#233;trie qui n'accepte pas de vieillir &#233;voque l'horreur, la fra&#238;cheur de la jeunesse figure souvent la s&#233;duction id&#233;ale. Le s&#233;duisant pourtant en son essence n'aurait pas d'&#226;ge, un vieillard attentif &#233;tant plus touchant qu'un adolescent tyrannique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Alors, la s&#233;duction&#8230; Un art ou un artifice ? Tout d&#233;pend de la fa&#231;on d'en user ou d'en m&#233;suser &#224; l'aune des intentions qui la sous-tendent. Certaines strat&#233;gies cr&#233;atives, nourries de la volont&#233; de plaire et reposant sur l'illusion, d&#233;bouchent dans le r&#233;el sur une &#339;uvre &#233;mouvante&#8230; L'art d'attirer &#224; soi, pourquoi pas, &#224; chacun de veiller que ce soit pour de belles causes !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;tonnante fragilit&#233;</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Etonnante-fragilite.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/Etonnante-fragilite.html</guid>
		<dc:date>2019-12-22T15:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      



		<description>&lt;p&gt;Dans une socie ?te ? ou ? la re ?ussite est le mai ?tre mot, la fragilite ? inquie ?te. Souvent confondue avec la faiblesse, moque ?e, ridiculise ?e, elle peut faire l'enjeu de stigmatisations, de mauvais traitements.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Livres-CD-DVD-.html" rel="directory"&gt;Livres/CD/DVD&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3959-34c4b.jpg?1712796763' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La fragilit&#233; est au c&#339;ur de notre humanit&#233; et de notre singularit&#233;. Elle est le berceau de nos exp&#233;riences les plus vivantes : l'art, l'amour, la joie, la paix int&#233;rieure, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant elle reste m&#233;pris&#233;e. Nous la dissimulons, la r&#233;primons, la rejetons au plus loin ou plut&#244;t au plus profond de notre &#234;tre. Nous pensons &#234;tre &#171; trop &#187; fragiles, &#171; trop &#187; sensibles, &#171; trop &#187; vuln&#233;rables. Il nous faudrait alors nous durcir, nous armer et (nous) combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors parfois, au plus noir de ce combat &#233;merge, ou nous submerge, notre fragilit&#233; avec toute la puissance et la beaut&#233; qu'elle rec&#232;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son dernier livre, &#171; &lt;strong&gt;&#201;tonnante fragilit&#233;&lt;/strong&gt; &#187; qui vient de para&#238;tre aux &#233;ditions Eyrolles, &lt;strong&gt;Virginie Meggl&#233;&lt;/strong&gt; nous invite avec sensibilit&#233;, clart&#233; et intelligence &#224; renouer avec la fragilit&#233;, avec notre fragilit&#233;. D&#233;licatement, comme dans une douce rencontre entre ami.e.s, Virginie nous parle de toutes les facettes de la sensibilit&#233;, de la vuln&#233;rabilit&#233;. Y compris les siennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle nous montre ce qu'il advient lorsqu'on abandonne les relations de dominations st&#233;riles, les m&#233;canismes de d&#233;fense qui nous &#233;loignent de nous et des autres. Elle prend le temps de nous laisser contacter cette fragilit&#233; et au final nous permet de nous rendre &#224; l'&#233;vidence de ce qui nous constitue tous et chacun en tant qu'humain. Elle nous parle de l'enfance, de l'adolescence, elle nous raconte les fragilit&#233;s, et donc les talents, d'artistes et personnages c&#233;l&#232;bres qui continuent de nous &#233;mouvoir parce qu'avec courage et obstination ils n'ont pas renonc&#233; &#224; leur sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; &#201;tonnante fragilit&#233; &#187; - Avant-propos &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans une socie ?te ? ou ? la re ?ussite est le mai ?tre mot, la fragilite ? inquie ?te. Souvent confondue avec la faiblesse, moque ?e, ridiculise ?e, elle peut faire l'enjeu de stigmatisations, de mauvais traitements. On la fuit, on la refuse, on l'e ?vite, elle de ?boussole, on la de ?nonce, elle n'est pas gage de qualite ?, on peine a ? lui accorder le droit de cite ?. Le mot me ?me de &lt;i&gt;fragilite ?&lt;/i&gt; semble nous mettre en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en public elle nous gagne, nous craignons qu'elle nous handicape, nous fre ?ne dans notre e ?lan. Nous trahisse. Non seulement, elle nous e ?branle mais au lieu de susciter la bienveillance, le re ?confort, elle e ?veille la me ?fiance, la condescendance, voire le de ?dain et fait de nous une proie potentielle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi la plupart du temps la dissimulons-nous pour nous prote ?ger sous des masques, des de ?guisements, des cuirasses, des jugements, des attitudes artificielles, comme des secondes peaux. Fragiles, nous nous de ?fendons de l'e ?tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vaut-il pas mieux, pour re ?ussir, e ?tre conque ?rant ? S'afficher sans de ?faut, avec de ?termination, parler d'un ton ferme, prendre des de ?cisions rapides sans se laisser e ?branler, braver les obstacles sans flancher face aux difficulte ?s ? S'affirmer fort parmi les forts ? Ce style de re ?ussite obe ?it a ? des crite ?res exte ?rieurs. Alors, pour l'atteindre, nous nous conformons a ? des ide ?aux suppose ?s, a ? une certaine vision de la &lt;i&gt;puissance&lt;/i&gt;. Par obligation ou mime ?tisme. Bonne volonte ?, automatisme ou besoin d'appartenance, mais le plus souvent au de ?triment de notre sensibilite ?. Ne ?gligeant ainsi notre fragilite ? premie ?re, nous nous suradaptons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la fragilite ? est constitutive de l'humanite ?. C'est ainsi qu'elle e ?meut chez ceux que l'on admire ou fascine quand elle transparai ?t chez des personnes qui ont &#171; re ?ussi &#187;. On pense ici a ? Patrick Modiano. A ? l'entendre parler, on comprend que la fragilite ? n'exclue pas la puissance. Il est devenu prix Nobel malgre ? son e ?trange difficulte ? a ? s'exprimer, a ? la limite du be ?gaiement dont il a su faire un trait fort de sa personnalite ?. On en devine la gra ?ce et l'on se reconnai ?t, incognito, a ? travers des aspects que l'on s'obligeait a ? dissimuler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si, pluto ?t que d'exiger de nous sans compter, nous apprenions a ? e ?couter et mesurer notre fragilite ? originelle, a ? mieux la respecter ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La nier ou l'enfermer dans une cuirasse ne la supprime pas. Pas plus que la neutraliser dans des automatismes ne l'annihile. La vie, l'expe ?rience, l'observation, nous apprennent que lorsque la vulne ?rabilite ? n'est pas conside ?re ?e, elle s'accroi ?t a ? notre insu, nous met en pe ?ril, menace notre e ?quilibre. Aucun avantage a ? la maltraiter : son insistance est redoutable quand elle met en de ?faut. Le craquage physique ou psychique, le no ?tre ou celui d'un proche, viennent en contrecoup de la ne ?gligence dont elle fut l'objet. La crise de de ?sespoir e ?galement quand soudain nous n'en pouvons plus de dissimuler, quel que soit le degre ? de confiance en soi jusque-la ? affiche ?.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureux sont ces sympto ?mes, lorsqu'ils incitent a ? re ?interroger notre mode de vie. Mais pourquoi attendre de se sentir exclus, isole ?, affaibli, en exil pour prendre conscience que nous restons, par-dela ? les apparences et les croyances obstine ?ment inculque ?es, des e ?tres extraordinaires doue ?s, oui, de vulne ?rabilite ? ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que serait une re ?ussite qui maltraiterait une dimension premie ?re de notre e ?tre au monde ? La fragilite ? n'est pas une faiblesse. C'est en se rendant a ? cette e ?vidence, que nous puisons en nous les forces les plus authentiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tel un acte de naissance, elle est un don qui me ?rite notre attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons-nous surprendre par elle...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Eyrolles 2019&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;figure class='spip_document_4061 spip_documents spip_documents_right' style=&#034;max-width:180px;&#034; data-w=&#034;180&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/etonnante-fragilite-9782212572155/&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:156.11111111111%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg/etonnante-fragilite_-virginie-meggle_-resp160.jpg?1711791049' alt='' data-src='IMG/jpg/etonnante-fragilite_-virginie-meggle_.jpg' data-l='180' data-h='281' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/etonnante-fragilite_-virginie-meggle_-resp160.jpg?1711791049&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/etonnante-fragilite_-virginie-meggle_-resp180.jpg?1711791049&#034;},&#034;180&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg\/etonnante-fragilite_-virginie-meggle_-resp180.jpg?1711791049&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg\/etonnante-fragilite_-virginie-meggle_-resp180.jpg?1711791049&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px; max-height: 10000px'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/a&gt; &lt;/figure&gt; &lt;p&gt;&#201;tonnante fragilit&#233;. Virginie Meggl&#233;. 144 pages. Paru aux &#233;ditions Eyrolles dans la collection &#034;Les mots qui gu&#233;rissent&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/etonnante-fragilite-9782212572155/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Disponible en ligne sur le site des &#233;ditions Eyrolles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Confiance ... Confiance en soi...?</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Confiance-Confiance-en-soi.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/Confiance-Confiance-en-soi.html</guid>
		<dc:date>2011-10-14T16:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Confiance en soi / Estime de soi</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ah ! La belle confiance en soi que confirme la reconnaissance par d'autres de nos qualit&#233;s personnelles et pourtant&#8230;Une comparaison d&#233;sobligeante, un proche qui nous d&#233;nigre, l'impression soudaine de d&#233;plaire ou de ne pas &#234;tre aim&#233; et la tra&#238;trise s'immisce, le sol se d&#233;robe, l'atmosph&#232;re s'alourdit et&#8230;l'assurance se d&#233;lite. Aussi authentique et solide soit-elle, des vents de panique ou des attaques d'angoisse, des &#233;v&#233;nements inattendus ou des &#171; catastrophes naturelles &#187; en &#233;prouvent la constance.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Confiance-en-soi-+.html" rel="tag"&gt;Confiance en soi / Estime de soi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton1611-56292.jpg?1712796763' width='110' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ah ! La belle confiance en soi que confirme la reconnaissance par d'autres de nos qualit&#233;s personnelles et pourtant&#8230;Une comparaison d&#233;sobligeante, un proche qui nous d&#233;nigre, l'impression soudaine de d&#233;plaire ou de ne pas &#234;tre aim&#233; et la tra&#238;trise s'immisce, le sol se d&#233;robe, l'atmosph&#232;re s'alourdit et&#8230;l'assurance se d&#233;lite. Aussi authentique et solide soit-elle, des vents de panique ou des attaques d'angoisse, des &#233;v&#233;nements inattendus ou des &#171; catastrophes naturelles &#187; en &#233;prouvent la constance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Compos&#233; de cum &#171; avec &#187; et du vieux fran&#231;ais &#171; fiance &#187; (qui a donn&#233; et oui fianc&#233;, fian&#231;ailles) confiance est d&#233;riv&#233; du latin fidem &#171; foi &#187; et son &#233;quivalent savant &#233;tant confidence&#8230; c'est dire la richesse et la complexit&#233; de ce terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le &#171; soi &#187; dont il faut s'assurer la confiance tout autant que la lui accorder est lui aussi porteur de sens. Entre le moi freudien, &#224; la troisi&#232;me personne du singulier, et le self de Winnicott qui peut &#234;tre entendu comme le sentiment d'existence individuelle, il indiquerait ici le rapport entre le moi-sujet se constituant &#224; travers diverses exp&#233;riences et le sentiment de force qu'il se communique &#224; lui-m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lieu psychique et physique, dans lequel la personne totale pourrait douter sans pour autant &#234;tre inqui&#233;t&#233;e, il &#233;voquerait un ressenti subjectif per&#231;u avec un certain recul, pour s'affirmer, et soulignerait une perception distanci&#233;e entre la confiance et le sujet suppos&#233; l'avoir en lui pour lui-m&#234;me. Il ne serait pas tant une figure humaine personnifi&#233;e qu'une structure - qui advient ou qui fait d&#233;faut - quand elle s'affirme ou s'esquive - au sein de laquelle se r&#233;soudraient les op&#233;rations psychiques complexes qui d&#233;finissent l'&#234;tre en devenir, et o&#249; se croiseraient, se heurteraient, se r&#233;uniraient, les diverses identifications qui le traduisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir confiance en soi serait croire en un soi fiable, avoir foi en lui, ce qui suppose un moi bien constitu&#233; et suffisamment fort pour &#224; la fois se reposer et compter sur lui pour avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance en soi serait la capacit&#233; de se vivre au jour le jour dans la certitude du lendemain. De se sentir aim&#233; &#224; n'en pas douter d'&#234;tre aimable. De ne se laisser &#233;branler ni par la critique, ni par la flatterie. Ni d&#233;stabiliser par (ce) qui nous contredit ni alt&#233;rer par le regard de l'autre tout en restant indiff&#233;rent &#224; la malveillance, &#224; la mesquinerie, &#224; la m&#233;disance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait oser s'exprimer, oser entreprendre. Parcourir un chemin pour arriver &#224; un but, surmonter les obstacles, croire en ses facult&#233;s, se conna&#238;tre soi-m&#234;me. Se sentir soutenu bien s&#251;r par un entourage reconnaissant et ne pas renoncer &#224; soi pour plaire &#224; l'autre. Ce serait encore le d&#233;sir de rester fid&#232;le &#224; ce qui nous tient &#224; c&#339;ur dans la mesure o&#249;, conscient de sa valeur, on admettrait, en m&#234;me temps, que son changement perp&#233;tuel au contact du monde, ses erreurs et ses errances autant que ses atouts et ses certitudes. M&#234;me s&#251;r de soi, on traverse des p&#233;riodes de doute ou de remise en questions qu'il faut s'avoir s'avouer si l'on veut en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'ad&#233;quation qu'elle suppose entre le moi intime et le moi social, entre le vrai self et le faux self, cette expression o&#249; le soi s'adjoint &#224; la confiance inspirerait une volont&#233; d'&#233;quilibre entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur, l'apparent et le transparent, le visible et l'invisible, l'&#234;tre et l'avoir, le pr&#233;sent et l'avenir. Entre nos diff&#233;rentes tendances, sans que l'une ne remette arbitrairement l'autre en cause, ni ne lui fasse violence en outrepassant ses droits&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233;, le manque de confiance se traduira par un sentiment diffus de non-existence, un fantasme de disparition, une volont&#233; de s'annihiler plus t&#244;t que d'encourir &#233;chec ou refus&#8230; Une insensibilit&#233; pr&#233;tendue au froid, au chaud, aux variations de temp&#233;rature, de crainte d'&#234;tre dans l'erreur en t&#233;moignant de sensations que contredirait celui dont la confiance semble si sup&#233;rieure qu'elle exclut sans conteste la n&#244;tre. Une propension &#224; la culpabilit&#233;, de pr&#233;f&#233;rence infond&#233;e, justifie ce manque de force int&#233;rieure, mais conjure l'an&#233;antissement qui guette au contact du dehors&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans l'enfance que la confiance prend racine, s'&#233;labore et plus tard se ressource. Un nourrisson ardemment d&#233;sir&#233; sera mieux arm&#233; que celui n&#233; &#171; par accident &#187;. Il est plus facile de s'aimer lorsque l'on a pu int&#233;rioriser un amour parental. Que l'on a &#233;t&#233; nourri par une m&#232;re elle-m&#234;me &#233;tay&#233;e par son conjoint&#8230;et que l'un et l'autre fort et juste ont accueilli avec bonheur notre venue au monde. D&#233;nigr&#233; par ses proches, on prend l'habitude de se d&#233;valoriser et appr&#233;hende toute circonstance qui nous mettrait en valeur. Il faut apprendre &#224; ne plus craindre d'&#234;tre per&#231;u aimable d'&#234;tre qui nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers liens nous impr&#232;gnent (ou non) d'une confiance primitive en la vie, sur laquelle se grefferont les bases de toute exp&#233;rience &#224; venir. Au-del&#224; de la satisfaction des besoins, c'est &#224; partir de la qualit&#233; de l'attention re&#231;ue que se constitue le ciment de sa r&#233;sistance future aux &#233;preuves. Choy&#233;, un enfant aura plus de chance de d&#233;velopper une force qui le rassurera lorsqu'il se trouvera seul. Mais hyper prot&#233;g&#233;, n'ayant pu d&#233;velopper ses propres d&#233;fenses, il ne serait pas pour autant &#224; bonne &#233;cole. Autant l'attache qui nourrit de force int&#233;rieure est indispensable autant, une fois inscrites dans la m&#233;moire les traces de cet attachement s&#233;curitaire, l'enfant doit &#233;prouver seul cette force int&#233;rieure, et nouer des relations vers d'autres ports d'attaches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le tout petit, qui d&#233;couvre son image dans le regard de sa m&#232;re ou le reflet que lui renvoie un miroir, il est naturel qu'il s'y accroche, mais &#224; mesure qu'il tend vers l'&#226;ge adulte, il est lui vital de s'en &#233;carter. En effet, le regard aimant d'une m&#232;re nous confirme, mais trop admiratif, il nous ali&#232;ne et entraverait l'acc&#232;s &#224; l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet transitionnel de Winnicott s'il est accept&#233; et respect&#233; par l'adulte peut faciliter ce d&#233;tachement et permettre &#224; l'enfant de poser les bases d'une confiance en soi en lui apportant d&#232;s le d&#233;part un espace potentiel, au sein duquel il se trouve et se retrouve, se cr&#233;er et se r&#233;cr&#233;er. Un champ d'exp&#233;riences neutre qui n'aura &#233;t&#233; ni contest&#233; ni troubl&#233; par des ondes n&#233;gatives et dont les traces mn&#233;siques le guideront de fa&#231;on positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nous nous soyons v&#233;cu l&#233;s&#233; trahi ou abus&#233; dans la petite enfance, certains comportements dictatoriaux ou perfectionnistes sont la manifestation compensatrice d'un manque de confiance, tout comme les coups physiques sont un aveu de faiblesse qui s'ignore&#8230; N&#233;cessaire pour f&#233;conder les germes de la confiance en soi, le narcissisme enfantin ancre dans la vie et toute exp&#233;rience heureuse renforce le sentiment de s&#233;curit&#233; ; bien entour&#233; un enfant se sentira plus s&#251;r qu'un autre, mais une trop grande assurance &#224; travers le d&#233;ploiement de forces h&#233;ro&#239;ques disproportionn&#233;es en regard de l'&#226;ge, ou une excellence scolaire, allergique &#224; la moindre baisse de niveau, pourraient dissimuler une inqui&#233;tude profonde ou tendre en fait &#224; rassurer un parent insatiable, dont le propre sentiment d'ins&#233;curit&#233; exercerait une demande implicite mais autoritaire de r&#233;paration ou de valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre comportement agit comme mod&#232;le au niveau de l'inconscient. L'enfant a besoin d'&#234;tre port&#233;, rassur&#233; ; savoir qu'il peut se reposer sur plus fort que lui pour gagner peu &#224; peu ces forces qu'il ne songera bient&#244;t plus &#224; mesurer &#224; celles de ses parents mais &#224; celles de ses semblables le conforte. Ne pas limiter une volont&#233; de puissance spontan&#233;e qui l'inciterait &#224; un sentiment de sup&#233;riorit&#233; sur sa m&#232;re ou sur son p&#232;re, pour compenser une inf&#233;riorit&#233; naturelle, le plongerait dans l'ins&#233;curit&#233;. &#201;cho, au pr&#233;sent, de sa g&#233;n&#233;alogie et du futur dans lequel il se projette, le soi est aussi la famille au sein de laquelle l'enfant se d&#233;veloppe. Il doit pouvoir compter sur ses parents et non les dominer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit l'amour qu'il lui porte, tout parent est amen&#233; &#224; contrecarrer le moi grandissant de son enfant. S'il a confiance en ses actes, en la l&#233;gitimit&#233; de son opposition, aussi s&#233;v&#232;re semble-t-elle, il communique &#224; son enfant, en m&#234;me temps que l'esprit des lois, un sentiment d'accord avec soi-m&#234;me qui l'autorise &#224; heurter la sensibilit&#233; de l'enfant pour mieux l'assurer &#224; l'avenir. Autant le contredire par plaisir serait n&#233;faste, autant lui tenir t&#234;te pour transmettre l'id&#233;e de la v&#233;rit&#233; d'une &#233;ducation en d&#233;pit de certains de ses aspects r&#233;barbatifs est stimulant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant r&#233;agit souvent par des conduites excessives o&#249; de grandes certitudes l'invitent &#224; croire qu'il peut faire l'&#233;conomie de certains gestes pourtant cr&#233;ateurs de liens. Attitude de d&#233;fense et r&#233;ponse maladroite &#224; des situations &#233;pineuses ou d&#233;licates que l'on per&#231;oit comme dangereuses pour soi, une trop grande assurance vient souvent nier un sentiment de faiblesse interne, envahissant, mena&#231;ant et qu'on esp&#232;re oublier tant on craint qu'il transparaisse trahissant cette faiblesse douloureuse qui nous r&#233;v&#232;le vuln&#233;rable&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bon id&#233;al du moi compense nos failles, joue le r&#244;le de r&#233;assurance, aide &#224; dessiner une image de soi positive. En revanche, trop fort, il rend toute r&#233;alisation inaccessible. Et en mati&#232;re d'&#233;ducation, viser trop haut pour son jeune enfant lui donnera le sentiment que ce n'est pas de lui, son moi du confiance &#171; en soi &#187; dont il s'agit, mais d'un projet qui ne le concerne sinon pour l'infirmer, insister sur sa fragilit&#233;, lui faire vivre une incapacit&#233; p&#233;nible &#224; se conformer &#224; ce qu'on attend de lui, un sentiment blessant d'&#233;tranget&#233; parmi ceux &#224; qui il devrait commencer &#224; s'identifier. Aider ses enfants, oui, mais les encourager surtout &#224; se construire, &#224; accorder leurs gestes &#224; leurs d&#233;sirs et non &#224; se conformer aux n&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vuln&#233;rabilit&#233; maternelle, angoisse de ne pas &#234;tre dans les normes sont parmi les sources les plus classiques, les plus communes du manque de confiance en soi (de l'enfant). L'acquisition d'une force int&#233;rieure personnelle, fond&#233;e sur l'autonomie de ses gestes, est rendue plus difficile. L'enfant prend toujours conscience de fa&#231;on douloureuse de ses limites, de celles de son p&#232;re, de sa m&#232;re. Et que sa famille ne puisse lui assurer l'absolue s&#233;curit&#233;&#8230; l'inqui&#232;te. L'impression de solidit&#233; int&#233;rieure passant par la fiabilit&#233; des premi&#232;res relations, un enfant avec les sentiments duquel on triche se sentira comme en danger perp&#233;tuel, inqui&#233;t&#233; par ce qui s'&#233;nonce avec des paroles comme une v&#233;rit&#233; et se traduit au quotidien par un manque d'attention ou une conduite qui affirme le contraire. De m&#234;me, toute attitude parentale venant troubler ou affirmer sa confiance, l'invitation au mensonge signifiera &#224; ses yeux une crainte d'exister au grand jour et lui communiquera, comme si la vraie vie n'&#233;tait pas autoris&#233;e, un sentiment de honte de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfance de la naissance jusqu'&#224; la maturit&#233; est la p&#233;riode de la formation, de la transformation, du perp&#233;tuel passage. Tel un parcours initiatique, les &#233;tapes se succ&#232;dent jalonn&#233;es d'&#233;preuves. Passage du familial au social. De l'immaturit&#233; &#224; la prise de responsabilit&#233;, de l'int&#233;rieur vers l'ext&#233;rieur, de la d&#233;pendance &#224; l'ind&#233;pendance. Passage progressif et &#233;volutif d'un lieu, d'une activit&#233;, d'un &#226;ge &#224; l'autre&#8230;Chacun de ces passages marque un tournant qui implique un ajustage permanent de sa personnalit&#233; &#224; la soci&#233;t&#233;, de son comportement &#224; la collectivit&#233;, &#224; des situations pour lui toujours nouvelles et surprenantes, comme autant de &#171; bapt&#234;mes &#187; dont il a besoin de ressortir entier, augment&#233; et non diminu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette p&#233;riode qui s'&#233;tale sur de nombreuses ann&#233;es et ne laisse pourtant gu&#232;re le temps de s'adapter &#224; une situation sans avoir presque aussit&#244;t &#224; penser &#224; une autre, il d&#233;couvre ses ressources, prend conscience peu &#224; peu que c'est &#224; lui d'&#339;uvrer pour son destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inconscient ayant ses lois que le conscient n'admet pas toujours, pour ne pas vivre en contrari&#233;t&#233; permanente avec soi autant &#234;tre &#224; l'&#233;coute de cet inconscient plut&#244;t que de nier ce qu'il veut dire en m&#234;me temps qu'il veut dire quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner &#224; nos enfants les meilleures chances de s'affirmer avec bonheur, veillons &#224; ne pas &#234;tre contradictoire dans nos ordres et &#233;vitons l'injonction paradoxale paralysante, mais n'h&#233;sitons pas &#224; pimenter nos remarques d'une pointe d'arbitraire, au cas o&#249;, emport&#233;s par une trop grande assurance, ils s'imagineraient n'avoir plus rien &#224; gagner ! Les &#233;preuves que l'on parvient &#224; surmonter renforcent&#8230; Autant n'encourager personne &#224; se plaindre en s'apitoyant sur son sort ou en le chargeant de nos faiblesses et nos incapacit&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute &#233;motion qui pr&#233;c&#232;de un sentiment a sa l&#233;gitimit&#233;. Pourquoi ne pas se fier &#224; priori au bien fond&#233; de nos r&#233;actions m&#234;me si parfois elles ne refl&#232;tent pas les formes &#233;l&#233;gantes que nous aimerions leur donner ? L'&#233;motion n'est pas notre meilleure ambassadrice, mais la refouler va &#224; l'encontre de l'&#233;quilibre. Celui-ci n'implique pas une assurance permanente, mais la paix int&#233;rieure lui &#233;tant plus favorable que la crispation, il demande que l'on compose aussi avec ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; de sa sensibilit&#233;. Aussi maladroite fut-elle, il n'est de manifestation affective ou &#233;motionnelle qui ne soit fond&#233;e, et quand bien m&#234;me il en est une qui semblerait in-sens&#233;e, elle est le reflet d'une intime conviction que l'on ne sait encore traduire autrement que par la maladresse. Autant prendre le temps d'&#234;tre &#224; son &#233;coute. La confiance passe aussi par la conscience de la valeur de ses actes et de leurs cons&#233;quences, du prix de ses erreurs. Avec le temps, on conna&#238;t et accepte mieux ses points faibles, on parvient mieux &#224; les g&#233;rer, &#224; s'en accommoder, m&#234;me si parfois ils nous &#233;branlent encore ou portent ombrage &#224; notre &#233;panouissement. Il est important d'assumer ses r&#233;actions. Non, la col&#232;re n'est pas folie, ni le doute maladie &#224; condition qu'ils ne deviennent des modes d'expression dominants au service de pulsions (auto)destructrices ou d'un autoritarisme vindicatif gratuit. Car un d&#233;sir trop puissant et la passion s'installe, sapant la stabilit&#233; que conf&#232;re la confiance, au profit de la violence. Aussi le meilleur moyen de sentir vibrer une force en soi saine et &#233;quitable reste d'agir, de cr&#233;er, de produire&#8230; sans trop se laisser aller &#224; ces &#233;tats d'&#226;me pourtant si magiques et propices &#224; la po&#233;sie, ni emporter par un &#233;lan vital sans tenir compte de l'entourage. Donner la priorit&#233; aux t&#226;ches que nous avons &#224; accomplir mais savoir rester tout &#224; la fois vigilent et ouvert de c&#339;ur et d'esprit. Sans respect, nous nous d&#233;truisons en d&#233;daignant la possibilit&#233; de nouer des relations &#233;quilibrantes. Trop r&#233;v&#233;rencieux nous nous noyons dans l'autre et nous d&#233;sagr&#233;geons sous l'emprise du pouvoir qu'il exerce sur nous. D&#233;pendre de contingences accessoires ou &#233;touffer l'essentiel sous le superficiel nous amoindrit. Apprendre &#224; ne rien attendre de l'autre mais &#234;tre pr&#234;t &#224; cueillir ce qu'il nous offre si cela nous convient ou oser refuser si cela nous d&#233;pla&#238;t, en &#233;vitant plein de fausses notes, diffuse un sentiment de justesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir confiance en soi c'est aussi ne pas penser que tout nous est d&#251; quand on a eu la chance d'&#234;tre berc&#233; par les f&#233;es&#8230; et qu'il suffit de r&#233;clamer ce que nous n'avons pas pour se donner les moyens de l'obtenir. C'est &#234;tre fid&#232;le oui mais &#224; l'amour que nous avons re&#231;u sans trop nous plaindre de celui qui nous a manqu&#233;, fid&#232;le &#224; qui nous &#233;tions quand nous l'avons re&#231;u. C'est savoir ne pas s'enflammer quand la vie ne nous sourit pas ni se laisser d&#233;mobiliser par ce qui est susceptible de nous d&#233;courager. C'est l'art de ne pas se d&#233;tourner de soi-m&#234;me en laissant son regard s'&#233;chapper l&#224; o&#249; il n'a rien &#224; faire &#8230; de constructif. C'est savoir compter sur ses propres forces, sans reprocher &#224; la vie d'&#234;tre ce qu'elle n'est pas&#8230; C'est fermer l'oreille &#224; ce qui excite les rivalit&#233;s, ne pas gaspiller ses forces, pressentir les pi&#232;ges, car toute force s'&#233;rode si on ne la cultive pas&#8230; Ainsi vaut-il mieux (se) refuser l'impression de se trouver dans le regard de l'autre&#8230; aussi tendre soit-il pour &#233;viter le risque de se perdre dans un reflet flatteur ou d&#233;sobligeant&#8230; Une vision quoiqu'il en soit partiale et plus que partielle de ce qui n'est qu'une id&#233;e de celui qui nous per&#231;oit avec sa subjectivit&#233;. Veiller &#224; ne pas se laisser investir par une repr&#233;sentation ext&#233;rieure qui ne nous correspond pas, ne pas s'illusionner sur son pouvoir en le confondant avec son espoir, contribue &#224; forger une identit&#233; sans la faire d&#233;pendre de ce qu'elle n'est pas&#8230; et donne les meilleures chances d'asseoir en son for int&#233;rieur la qui&#233;tude sur laquelle s'appuyer sans que ne parasite tout ce qui peut entraver nos actions et en compromettre la bonne r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas se laisser atteindre par qui excite la jalousie ou jongle avec les critiques. Flagorneuses ou outrageantes souvent elles nous encha&#238;nent. Parfois cependant un regard se pose plus juste que les autres, il faut savoir le reconna&#238;tre : il aide &#224; croire en soi, &#224; mieux se d&#233;finir pour s'affirmer avec justesse &#171; tiens oui, je suis bien l&#224; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second, on n'a pas les privil&#232;ges du premier&#8230; Premier on est priv&#233; des avantages du second&#8230; il faut apprendre &#224; vivre sans&#8230; A chacun sa place (sur terre) avec ses limites et ses atouts, on ne peut devenir fort qu'&#224; partir de ce que nous sommes, l&#224; o&#249; nous sommes, ce qui ne veut pas dire y demeurer, mais l'accepter est affaire de conscience et un bon tremplin pour amorcer sa force vers l'autonomie. Celle-ci avant de s'affirmer, s'acquiert, s'affermit, sur ce que l'on a et ce que l'on donne autant que ce que l'on re&#231;oit, ce que l'on fait autant que ce que l'on est. Ce que l'on produit peut-&#234;tre plus que ce que l'on consomme&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tant valoriser l'enfant qui compte que l'amener &#224; prendre conscience de ce qui fait sa valeur en le mettant en situation de r&#233;ussites &#224; sa mesure, afin qu'il puisse garder la certitude d'un lendemain possible et d&#233;couvrir le charme de cette fid&#233;lit&#233; &#224; soi-m&#234;me qui relativise toute menace de mort et aide &#224; ma&#238;triser nos pulsions agressives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance en soi fluctue. Tension et souplesse, force et vuln&#233;rabilit&#233; permanente, doute et certitude, sont les extr&#234;mes entre lesquels elle oscille avant de se stabiliser pour s'&#233;laborer. Si les &#233;preuves la fragilisent sur l'instant, travers&#233;es dans l'intention d'&#234;tre surmont&#233;es, &#224; long terme elles la servent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas se punir, ne pas donner prise aux mauvais sentiments, mais s'octroyer le droit au plaisir m&#234;me en p&#233;riodes de difficult&#233; et celui de r&#233;ussir, en ne pla&#231;ant pas la barre trop haut. Pr&#234;ter l'oreille au doute sans trop y attacher d'importance favorise ce travail de r&#233;sistance &#224; l'adversit&#233;. Fid&#233;lit&#233; &#224; soi-m&#234;me dans son d&#233;sir, ni statique, ni d&#233;finitive, plus ou moins ancr&#233;e dans les premi&#232;res heures de la vie, la confiance a besoin de grandir avec l'enfant, d'&#233;voluer avec l'adulte. On l'appr&#233;cie, quand elle se fait oublier, tant elle nous affirme avec simplicit&#233;, mais on la redoute parce qu'elle nous d&#233;stabilise quand elle se r&#233;v&#232;le&#8230; par son absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - &lt;strong&gt;Virginie Meggl&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;psychanalyste en r&#233;gion parisienne, Virginie Meggl&#233; anime &#233;galement le site &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.psychanalyse-en-mouvement.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Couper le cordon.</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Couper-le-cordon.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/Couper-le-cordon.html</guid>
		<dc:date>2009-11-29T10:31:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une rupture amoureuse, un d&#233;m&#233;nagement, un licenciement,&lt;br class='autobr' /&gt;
une simple absence ou un retard anodin nous plongent sou-&lt;br class='autobr' /&gt;
dain dans une profonde d&#233;tresse. Nous nous sentons seuls et,&lt;br class='autobr' /&gt;
parfois sans raisons apparentes, abandonn&#233;s. Pourquoi ? D'o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
vient ce sentiment ? Comment ne plus en souffrir ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Livres-CD-DVD-.html" rel="directory"&gt;Livres/CD/DVD&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L115xH150/arton2480-0d1ac.jpg?1712796763' width='115' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une rupture amoureuse, un d&#233;m&#233;nagement, un licenciement,&lt;br class='autobr' /&gt;
une simple absence ou un retard anodin nous plongent sou-&lt;br class='autobr' /&gt;
dain dans une profonde d&#233;tresse. Nous nous sentons seuls et,&lt;br class='autobr' /&gt;
parfois sans raisons apparentes, abandonn&#233;s. Pourquoi ? D'o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
vient ce sentiment ? Comment ne plus en souffrir ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce sentiment toxique est l&#233;gitime. Les &#233;v&#232;nements anodins du&lt;br class='autobr' /&gt;
quotidien font ressurgir avec force des drames anciens. Que nous&lt;br class='autobr' /&gt;
ayons &#233;t&#233; ou non abandonn&#233;s, nous avons tous eu &#224; vivre l'exp&#233;rience&lt;br class='autobr' /&gt;
premi&#232;re et d&#233;chirante de la naissance et la s&#233;paration d'avec notre&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#232;re. L'auteur nous invite &#224; relire notre histoire personnelle pour&lt;br class='autobr' /&gt;
mieux comprendre notre sentiment d'abandon&#8230; Toute s&#233;paration est&lt;br class='autobr' /&gt;
douloureuse mais vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; bien se s&#233;parer, c'est apprendre&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; se d&#233;tacher sans se sentir abandonn&#233;. C'est avoir le courage de nous&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;faire de nos d&#233;pendances infantiles pour devenir auteur de nous-&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;mes et responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Virginie Meggl&#233;&lt;/strong&gt; est psychanalyste, sp&#233;cialis&#233;e dans les probl&#232;mes&lt;br class='autobr' /&gt;
d'anorexie, d&#233;veloppe une pratique autour de l'impens&#233; g&#233;n&#233;alogique&lt;br class='autobr' /&gt;
et familial. Responsable du site &lt;a href=&#034;http://www.psychanalyse-en-mouvement.net&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.psychanalyse-en-mouvement.net&lt;/a&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle est notamment l'auteur de &#034;Entre m&#232;re et ?ls&#034; et &#034;Face &#224; l'anorexie&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
chez le m&#234;me &#233;diteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Parution : Novembre 2009
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Editeur : Eyrolles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Couper le cordon&lt;br class='manualbr' /&gt;Introduction &#224; la nouvelle &#233;dition&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour une psychanalyse du lien et des d&#233;pendances affectives...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentiment d'abandon, s&#233;parations douloureuses, frustration insoutenable, sentiment d'ins&#233;curit&#233; ou d'inf&#233;riorit&#233;, fusion, difficult&#233; &#224; &#171; grandir &#187;, les probl&#232;mes d'attaches relationnelles sont d'&#233;ternelle actualit&#233;... Nous le constatons aujourd'hui &#224; travers l'appr&#233;hension de la jeunesse face &#224; son avenir. La difficult&#233; de certains &#224; quitter le domicile familial pour prendre leur envol ou, &#224; l'oppos&#233;, les ruptures conflictuelles auxquelles d'autres finissent par c&#233;der en sont des signes &#233;vidents. L'&#233;closion des troubles alimentaires ou de multiples addictions, &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les remerciements et les t&#233;moignages &#233;mouvants de lecteurs nous confirment r&#233;guli&#232;rement le bienfait que leur a apport&#233; l'approche de Couper le cordon sur ce sujet. Le sentiment qu'ils expriment d'avoir &#233;t&#233; entendus et compris, de s'&#234;tre reconnus dans ces pages, d'y avoir trouv&#233; un r&#233;el soutien dans leur d&#233;marche th&#233;rapeutique ou de d&#233;veloppement personnel ne peut que nous convaincre de la n&#233;cessit&#233; de porter &#224; nouveau cet ouvrage &#224; l'attention du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychanalyse, ayant mis la sexualit&#233; et les conflits intrapsychiques au c&#339;ur de sa pratique, a longtemps ignor&#233; les d&#233;pendances affectives et les difficult&#233;s relationnelles qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle y a m&#234;me sciemment tourn&#233; le dos, au profit des relations &#339;dipiennes et du d&#233;veloppement de la personne en fonction de sa seule sexualit&#233;. Bien s&#251;r, l'un et l'autre gardent toute leur importance, et leur place reste essentielle dans l'&#233;tude de la psych&#233;. Chacun a pu en effet s'interroger sur l'ambigu&#239;t&#233; des sentiments amoureux entre parents et enfant, et il est ind&#233;niable que la sexualit&#233; se trouve &#224; l'origine de bien des sympt&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant ce n'est pas parce que la psychanalyse a refus&#233; longtemps de prendre en compte les probl&#232;mes relatifs &#224; l'attachement qu'il faut les n&#233;gliger, en termes de recherche psychanalytique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rer la possibilit&#233; de causes autres que sexuelles &#224; certains de nos sympt&#244;mes &#8211; et m&#234;me &#224; certains sympt&#244;mes qui se traduisent sur le plan de la sexualit&#233; &#8211; ouvre un champ passionnant sur lequel la psychanalyse, &#224; l'&#233;coute de l'inconscient, a tout int&#233;r&#234;t &#224; s'aventurer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, se concevoir en tant que personne dans le cadre de relations familiales et en fonction de diff&#233;rentes interactions avec le milieu, et non plus seulement comme une entit&#233; en proie aux seuls conflits intrapsychiques, ne peut qu'enrichir une d&#233;marche th&#233;rapeutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais m&#234;me que la pratique psychanalytique souligne chaque jour l'&#233;vidence d'une telle approche lorsque l'on veut bien renoncer &#224; certains pr&#233;jug&#233;s pour se mettre &#224; l'&#233;coute de la souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne cesse alors de nous apprendre &#8211; comme les t&#233;moignages &#233;voqu&#233;s nous le confirment &#8211; que cette probl&#233;matique de la d&#233;pendance autre que sexuelle est au c&#339;ur de la souffrance humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre &#224; l'&#233;coute de l'inconscient, c'est se mettre &#224; l'&#233;coute des d&#233;pendances affectives qui surgissent d&#232;s les premiers temps de la vie, car ce sont elles qui se r&#233;v&#232;lent et appellent pour se faire entendre &#224; travers la parole et les r&#234;ves de nombres d'analysants. Le fait de le consid&#233;rer nous est apparu indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s &#8211; de part et d'autre &#8211; &#224; couper le cordon entre parents et enfants sont au c&#339;ur de notre difficult&#233; &#224; nous &#233;panouir. Le prendre en compte, c'est se donner les moyens de l'autonomie. C'est aussi envisager de nouer des rapports de d&#233;pendance plus heureux, quel que soit le terrain &#8211; sexuel, affectif, amical ou professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes tous d&#233;pendants, de l'amour comme de l'air, de la nourriture comme de la reconnaissance. Il ne s'agit donc pas de rompre les liens pour se condamner &#224; la solitude mais de bien mener les s&#233;parations afin de nouer de plus sereines relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d'entre nous souffrent plus particuli&#232;rement, consciemment ou non, de d&#233;pendances douloureuses et peinent plus que d'autres &#224; renoncer &#224; ce qui les maintient dans la souffrance. Ils auront l'impression de ne jamais pouvoir en sortir faute d'en conna&#238;tre la cause. C'est en priorit&#233; &#224; eux que Couper le cordon s'adresse, cependant tout lecteur, soucieux d'&#233;voluer et de cheminer au mieux de ses possibilit&#233;s parmi les autres, y trouvera des pistes ou des id&#233;es, autrement dit mati&#232;re &#224; avancer en termes d'harmonie et de progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors si...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; vous vous interrogez sur les relations familiales et les ph&#233;nom&#232;nes de transmission de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration &#8211; ... sur la place du p&#232;re aux c&#244;t&#233;s de la m&#232;re &#8211; ... sur les relations maternelles et maternantes, &#233;touffantes ou fusionnelles... sur la place du mort dans une fratrie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; vous vous sentez concern&#233; par les sentiments d'abandon ou de culpabilit&#233; &#8211; ; la difficult&#233; &#224; se s&#233;parer, et la peur aussi grande que le d&#233;sir d'y parvenir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; parfois, tiraill&#233; entre sentiment d'impuissance et volont&#233; de r&#233;ussir, impression de vide et de trop-plein, de chute et de rechute, de fuite et de r&#233;p&#233;tition, vous vous posez des questions autour du manque et de la d&#233;ception...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; sensible &#224; ce qu'il est coutume d'appeler le travail du deuil, vous vous sentez concern&#233; par les douleurs insens&#233;es qu'il r&#233;veille ou occasionne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; enfin vous &#233;prouvez le besoin et le d&#233;sir de vous faire du bien, de grandir... d'aimer, de vous aimer... &#8211; sans trop souffrir ni faire souffrir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... ce livre vous aidera &#224; mieux comprendre vos fonctionnements intimes et relationnels. Il vous encouragera &#224; ne plus vous laisser submerger par le sentiment d'abandon quand il vous rattrape ni par la crainte d'avancer vers l'inconnu quand elle vous freine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vous incitera &#224; envisager les s&#233;parations non plus comme une perte irr&#233;versiblement douloureuse ou un d&#233;chirement, mais comme l'ouverture possible sur un monde nouveau pour vous. &#171; L'autre &#187; n'apparaissant plus alors comme la source de toutes vos souffrances, mais comme celui (ou celle) dont la diff&#233;rence permet de s'affirmer dans sa propre singularit&#233;. Le mode fusionnel, o&#249; l'un tend &#224; effacer l'autre, c&#233;dant la place &#224; un mode de compl&#233;mentarit&#233; et d'enrichissement personnel dans la r&#233;ciprocit&#233;, on s'autorise un avenir ; on s'accepte mieux et, de ce fait, on supporte mieux l'expression de la diff&#233;rence entre soi et l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Con&#231;u comme une invitation &#224; une recherche personnelle &#8211; intime et sociale &#8211;, ce livre se propose de vous aider &#224; aller de l'avant, pour sortir de la vaine spirale des funestes r&#233;p&#233;titions et des peu valorisantes r&#233;gressions auxquelles nous condamnent, &#224; notre insu, certaines attaches mortif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; se d&#233;gager des souffrances indicibles du pass&#233;, &#224; se d&#233;livrer de leurs r&#233;percussions sur le pr&#233;sent est la voie par excellence d'une autonomie mieux assum&#233;e. Le sentiment de lib&#233;ration progressive qui en d&#233;coule permet alors de vivre les relations et les probl&#232;mes qu'elles nous posent n&#233;cessairement, sur un mode plus apais&#233;, plus apaisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Virginie Meggl&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'autorit&#233; ... &#224; sans cesse r&#233;inventer</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/De-l-autorite-a-sans-cesse.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/De-l-autorite-a-sans-cesse.html</guid>
		<dc:date>2009-11-15T11:18:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Parents / Enfants</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il fut un temps, il y a gu&#232;re, o&#249; tenter d'&#233;voquer les vertus possibles de l'autorit&#233; faisait vite surgir des sentiments de d&#233;sapprobation ou des regards sceptiques quand ce n'&#233;tait pas des fins de non recevoir entre m&#233;pris affich&#233; et indiff&#233;rence d&#233;lib&#233;r&#233;e. Il semble que ce que ce mot &#233;tait alors cens&#233; faire entendre se confondait dans les esprits avec des notions de pouvoir, en termes d'abus et d'exc&#232;s. Il aurait &#233;t&#233; alors plut&#244;t question, derri&#232;re lui, d'autoritarisme avec ce que cela sous-entend de partialit&#233;, de volont&#233; arbitraire de soumettre, de s&#233;v&#233;rit&#233; ou m&#234;me d'intransigeance&#8230; que d'autorit&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Parents-+.html" rel="tag"&gt;Parents / Enfants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2474-2bd3a.jpg?1712796763' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il fut un temps, il y a gu&#232;re, o&#249; tenter d'&#233;voquer les vertus possibles de l'autorit&#233; faisait vite surgir des sentiments de d&#233;sapprobation ou des regards sceptiques quand ce n'&#233;tait pas des fins de non recevoir entre m&#233;pris affich&#233; et indiff&#233;rence d&#233;lib&#233;r&#233;e. Il semble que ce que ce mot &#233;tait alors cens&#233; faire entendre se confondait dans les esprits avec des notions de pouvoir, en termes d'abus et d'exc&#232;s. Il aurait &#233;t&#233; alors plut&#244;t question, derri&#232;re lui, d'autoritarisme avec ce que cela sous-entend de partialit&#233;, de volont&#233; arbitraire de soumettre, de s&#233;v&#233;rit&#233; ou m&#234;me d'intransigeance&#8230; que d'autorit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est vrai que, non enti&#232;rement remis de la culpabilit&#233; convalescente de l'apr&#232;s soixante-huit, qui avait mis &#224; mal (parfois pour le bien de tous) les instances surmo&#239;ques, et drain&#233; toutes les contestations face &#224; un pouvoir trop souvent terni par des mesures humiliantes ou r&#233;pressives, nous avions senti - nous ressentons encore parfois - nos rep&#232;res vaciller, comme nous avons pu douter de l'autorit&#233; de certains professeurs, parents, politiques, qui en son nom laissaient leurs frustrations s'exprimer par des conduites &#233;quivoques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, aujourd'hui encore, certains d&#233;tracteurs de l'autorit&#233; se sentent imbus sans peine d'une &#8230; toute l&#233;gitime &#8230; autorit&#233;&#8230; pour nier&#8230; la l&#233;gitimit&#233; d'une saine autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'ils tendaient &#224; interdire l'emploi du mot, non pour d&#233;savouer le bien fond&#233; de ce qu'il repr&#233;sente, mais pour s'empresser de remplir et de monopoliser une fonction qu'ils priseraient tout en faisant semblant de la rejeter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la contestation permette de &#171; faire la toilette &#187; de l'autorit&#233;, d'en revisiter les fondements, de la remettre en question, d'en d&#233;noncer les exc&#232;s, cela fut peut-&#234;tre salutaire. Nous la voyons repara&#238;tre aujourd'hui, mieux aim&#233;e, pour &#234;tre d&#233;battue ou propos&#233;e, et non plus seulement impos&#233;e ou subie, comme s'il avait &#233;t&#233; n&#233;cessaire, au niveau collectif, de la repenser pour ne pas la perdre, de la restaurer peut-&#234;tre pour mieux l'estimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, bien que pr&#234;te &#224; remettre en cause la &#171; cr&#233;dibilit&#233; &#187; de certains de ses d&#233;tenteurs, dont je trouvais les interventions outranci&#232;res pour ne pas dire outrageantes, je lui ai toujours gard&#233; un secret attachement. Et lui pr&#234;tant presque, face &#224; ses d&#233;tracteurs, un caract&#232;re indispensable &#224; l'&#233;l&#233;vation des esprits et des consciences, je m'obstinais &#224; la d&#233;fendre quand elle &#233;tait mise en quarantaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attitudes de part et d'autres paradoxales ou contradictoires qui invitent &#224; se pencher sur le sens r&#233;el qu'est suppos&#233; porter ce concept et, &#224; travers l'&#233;tymologie, &#224; remonter &#224; ses &#171; sources &#187;. &#192; participer, pourquoi pas ? &#224; la &#171; r&#233;habilitation &#187; de son sens premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on interroge le petit Larousse, l'autorit&#233; signifie &#171; droit ou pouvoir de commander, de se faire ob&#233;ir &#187;. Mais si l'on se penche sur les &#171; origines &#187;, &#224; travers un &#171; antique &#187; dictionnaire d'&#233;tymologie, autorit&#233; nous renvoie &#224; auteur, du latin auctorem qui lui-m&#234;me se rattache &#224; augere, auctum . Vaste programme ! L'auteur est proprement celui qui augmente d'o&#249;, celui qui produit, celui qui conc&#232;de un droit. &#192; ce dernier sens se r&#233;f&#232;rent les acceptions des d&#233;riv&#233;s savants, autoriser , autorit&#233;, autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait alors moins d'exercer, &#224; travers l'autorit&#233;, un pouvoir que de conc&#233;der un droit. Et, conscient de son pouvoir sur un &#234;tre, de lui donner les moyens d'augmenter le sien. &#192; conditions, en effet, de lui en conc&#233;der le droit&#8230;sans intention de l'asservir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autorit&#233; reconnue, autorit&#233; accord&#233;e. Autorit&#233; revendiqu&#233;e, arrach&#233;e, contest&#233;e&#8230; L'autorit&#233; ne saurait &#234;tre impos&#233;e sans &#234;tre, d'une certaine mani&#232;re, prouv&#233;e par la capacit&#233; d'octroyer, &#224; celui sur qui elle s'exerce, ce droit d'&#234;tre, &#224; son tour, augment&#233;&#8230; Par cette m&#234;me autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne peut-on penser alors qu'une saine relation d'autorit&#233; devrait d&#233;boucher sur une relation de confiance sans donner lieu, au contraire de certains pouvoirs, &#224; aucun marchandage&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans un registre moins abstrait, du parent au professeur, du m&#233;decin au psychanalyste, du pr&#233;sident au policier, tout adulte devrait (pouvoir) faire preuve d'autorit&#233;. Mais celle-ci resterait soumise &#224; l'&#233;preuve du risque de faire perdre sa l&#233;gitimit&#233; &#224; celui qui n'en donnerait pas sans cesse des preuves renouvel&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni bien de consommation ni seul objet de d&#233;sir, elle se manifesterait comme une aptitude et un droit qu'une s&#233;rie d'&#233;preuves initiatiques viendrait garantir ou effacer. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233;, qui ne va pas sans difficult&#233; pour celui qui la revendique, de ne pas perdre la face lorsqu'il s'agit de justifier son aspiration. Ainsi pourrait-on penser que l'autorit&#233; serait chaque jour &#224; confirmer. Son exercice &#233;tant sans cesse boulevers&#233; par les questions directes ou indirectes de ceux sur lesquels elle se traduit et qu'expriment les comportements qu'elles suscitent comme autant de r&#233;ponses &#224; ses exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, certains enseignants se plaindront de voir leurs cours troubl&#233;s par les comportements indisciplin&#233;s d'une horde sauvage tandis que d'autres b&#233;n&#233;ficieront de la part des m&#234;mes &#233;l&#232;ves d'un calme olympien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'&#233;ducation, l'autorit&#233; l&#233;gitime ne d&#233;pend-elle pas alors, d'une part, de la valeur d'exemplarit&#233; du ma&#238;tre, dont le comportement &#233;veille l'adh&#233;sion, et d'autre part, de la capacit&#233; du professeur &#224; transmettre ? Ces deux aspects &#233;tant r&#233;unis en une seule et m&#234;me personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive que l'autorit&#233; d'un enseignant soit &#233;branl&#233;e par des &#233;l&#232;ves &#224; qui cet enseignant ne parvient pas &#224; &#171; faire passer &#187; son savoir. Est-elle alors remise en question par l'insolence de l'&#233;l&#232;ve ou par l'adulte m&#234;me, qui ne parvenant pas &#224; remplir la fonction qu'on est en droit d'attendre de lui, laisse le d&#233;sordre s'installer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, l'autorit&#233; du professeur, m&#234;me la mieux accept&#233;e, est toujours re-mise en questions par des comportements &#171; pro-voquants &#187; d'enfants ou d'adolescents, qui l'appellent et l'interpellent. Qui lui demandent, de la mani&#232;re immature et d&#233;sordonn&#233;e qui leur est propre, de prouver sa vocation de professeur, et non celle &#171; d'en-saignant &#187;, qui les ferait souffrir doublement, en ne parvenant pas &#224; leur &#171; apprendre &#224; apprendre &#187;, et en les punissant de ne pas avoir su (leur) apprendre. Tout en les privant de surcro&#238;t de libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si face &#224; l'expression du d&#233;sarroi que signifie souvent une conduite agressive enfantine, la r&#233;action d'un professeur confirmera ou infirmera ce dernier dans son autorit&#233;, encore faudra-t-il s'assurer que les parents l'aient autoris&#233; (tacitement) &#224; exercer son autorit&#233; sur leur prog&#233;niture, avant de s'autoriser &#224; en d&#233;noncer l'incomp&#233;tence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, l'exercice de l'autorit&#233; doit pouvoir s'appuyer sur un m&#233;lange subtil de doutes et de certitudes, de souplesse et de fermet&#233;, de r&#233;gularit&#233; et de patience, d'ouverture d'esprit et de rigueur, sans lequel la confiance ne parvient &#224; s'&#233;tablir ni la communication souhait&#233;e &#224; s'engager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;quilibre souligne la difficult&#233; intrins&#232;que d'un m&#233;tier qui a du mal aujourd'hui &#224; se d&#233;finir dans une soci&#233;t&#233; en mutation. Et doit pouvoir dissuader des vell&#233;it&#233;s de tenir un professeur pour responsable de toutes les d&#233;faillances personnelles, familiales, scolaires, sociales de l'&#233;l&#232;ve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adulte (professionnel de l'&#233;ducation ou autre) en relation avec un public en position de d&#233;pendance doit faire ses preuves, question d'autorit&#233;, dans l'utilisation de son &#231;a-voir. Et tenter d'aider, en d&#233;pit et en fonction des difficult&#233;s sp&#233;cifiques &#224; chacun, et des d&#233;fectuosit&#233;s de l'encadrement, &#224; devenir, une fois l'enfance quitt&#233;e, auteur de soi-m&#234;me, en quelque sorte. &#192; combler l'autorit&#233; parentale perdue, &#224; en compenser les d&#233;fauts (d&#233;fauts d'autorit&#233;) &#224; en r&#233;parer les failles (failles de l'autorit&#233;). &#192; d&#233;couvrir et accepter ses limites, &#224; se supporter, et &#224; supporter l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; d'une autorit&#233; sur laquelle s'appuyer comme sur un tuteur qui permet de grandir, de se d&#233;velopper, de se fortifier, de s'exprimer le mieux possible, d'acqu&#233;rir &#224; son tour vigueur et &#8230; autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'autorit&#233; (apparemment) naturelle que conf&#232;re une position de pouvoir, du fait d'une sup&#233;riorit&#233; &#224;-priori, (&#226;ge, taille, position, m&#233;tier, exp&#233;rience suppos&#233;e), l'adulte, en situation de force, doit accepter son non &#231;a-voir, et donc, &#224; l'occasion, une certaine perte d'autorit&#233;, au profit de celui sur qui, un temps, il cesse de l'exercer, pour lui permettre de gagner en autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; celle de l'autorit&#233; serait intimement li&#233;e la notion de respect, ind&#233;pendante elle de l'exercice du &#171; pouvoir soumettre &#187;, mais qui autoriserait l'id&#233;e que la personne qui d&#233;pend puisse en &#231;a-voir, momentan&#233;ment, plus ou mieux, que celle qui repr&#233;sente le pouvoir qui conf&#232;re autorit&#233;. Et de ce fait d'avoir, &#224; son tour, une certaine autorit&#233; qu'il est bon de reconsid&#233;rer pour maintenir le contact en lui permettant de s'exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans l'enceinte d'une institution qui suppose une r&#233;glementation et un cadre de r&#233;f&#233;rences, faire preuve d'autorit&#233; reviendrait surtout &#224; assumer ses responsabilit&#233;s - quelque soit sa place ou son poste - &#224; en faire acte, au-del&#224; de toute pol&#233;mique, de sorte que cet acte soit accept&#233; en soi, et rassemble une majorit&#233; de suffrages sans susciter de contestation (recevable). La conscience de cette responsabilit&#233; est indispensable pour ne pas se laisser glisser, enivr&#233; du sentiment de sup&#233;riorit&#233; qu'elle accorde, sur le terrain de l'autoritarisme. En d'autres termes, l'autorit&#233; devrait garder un caract&#232;re d'exemplarit&#233;. Et permettre le maintien d'un &#233;quilibre entre les &#171; sujets &#187; sur lesquels elle se propose d'agir. Elle suppose donc un dosage permanent entre obligation de rappeler les r&#232;gles et libert&#233; occasionnelle de ne pas les appliquer (&#224; la lettre), entre laisser &#234;tre et invitation &#224; s'adapter aux consignes, entre conscience de la libert&#233; individuelle et conscience des lois mouvantes qui r&#233;gissent le groupe, entre &#233;gards pour la vitalit&#233; naturelle et n&#233;cessit&#233; d'un ordre polic&#233;, entre raison et sentiments, selon les m&#233;canismes utiles au bon fonctionnement du monde comme il va&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, celui qui veut assumer une place d'autorit&#233; devrait-il toujours se demander, quels sont ses droits et ses devoirs. Et les limites &#8230; autoris&#233;es de son pouvoir ! Sans pour autant dispenser l'autre d'accepter la part de responsabilit&#233; qu'exige toute relation (d'autorit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorit&#233; ne conserverait-elle pas alors une dimension &#171; incontestable &#187;, essentielle au d&#233;veloppement de l'&#234;tre humain ? Et son &#233;vocation, bien que toujours sujette &#224; des remises en doute, ne resterait-elle pas alors associ&#233;e &#224; certaines valeurs qui ne seraient pas &#233;trang&#232;res &#224; celles dont se r&#233;clame l'humanisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Virginie Meggl&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;psychanalyste en r&#233;gion parisienne, Virginie Meggl&#233; anime &#233;galement le site &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.psychanalyse-en-mouvement.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La projection - A chacun son film...</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/La-projection-A-chacun-son-film.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/La-projection-A-chacun-son-film.html</guid>
		<dc:date>2009-09-06T10:25:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Consciemment ou non, nous pr&#234;tons aux autres des sentiments et des intentions qu'ils n'ont pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons l'impression d'&#234;tre &#224; leur place et de bien les conna&#238;tre. Ce sont pourtant nos propres sentiments que nous projetons sur eux. Les enfants le disent simplement : &#034; C'est celui qui le dit qui y est &#034;. La projection est un concept psychanalytique dont nous faisons tous l'exp&#233;rience au quotidien. Que signifie-t-elle ? A quoi sert-elle ? Par quels chemins d&#233;tourn&#233;s s'exprime-t-elle ? Honte, peur, jalousie, amertume ou tristesse...&lt;br class='autobr' /&gt;
quels sentiments dissimule-t-elle ? Ce petit guide vous invite &#224; d&#233;couvrir ce ph&#233;nom&#232;ne &#224; la fois courant et extraordinaire qu'est la projection. En prime, il vous permettra de reconna&#238;tre, de comprendre et d'accepter vos propres projections.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Livres-CD-DVD-.html" rel="directory"&gt;Livres/CD/DVD&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L105xH150/arton2417-8da9f.jpg?1712796763' width='105' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Consciemment ou non, nous pr&#234;tons aux autres des sentiments et des intentions qu'ils n'ont pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons l'impression d'&#234;tre &#224; leur place et de bien les conna&#238;tre. Ce sont pourtant nos propres sentiments que nous projetons sur eux. Les enfants le disent simplement : &#034; C'est celui qui le dit qui y est &#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La projection est un concept psychanalytique dont nous faisons tous l'exp&#233;rience au quotidien. Que signifie-t-elle ? A quoi sert-elle ? Par quels chemins d&#233;tourn&#233;s s'exprime-t-elle ? Honte, peur, jalousie, amertume ou tristesse...quels sentiments dissimule-t-elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit guide vous invite &#224; d&#233;couvrir ce ph&#233;nom&#232;ne &#224; la fois courant et extraordinaire qu'est la projection. En prime, il vous permettra de reconna&#238;tre, de comprendre et d'accepter vos propres projections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DU COMPTOIR AU DIVAN
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La projection en psychologie
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La projection en psychanalyse : quelques nuances d'importance
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un m&#233;canisme de d&#233;fense inadapt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALLONS UN PEU LOIN
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Des limites bien confuses entre soi et l'autre
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les sentiments tapis derri&#232;re la projection
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les ruses de l'inconscient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EN PRATIQUE
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il ne faut pas voir des projections partout !
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les m&#233;faits de la projection
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'avantage de d&#233;celer ses projections&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Virginie Meggl&#233;&lt;/strong&gt; est psychanalyste, sp&#233;cialiste des probl&#232;mes d'anorexie et de d&#233;pendances affectives.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle est responsable du site &lt;a href=&#034;http://www.Psychanalyse-en-mouvement.net&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Psychanalyse-en-mouvement.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La projection - A chacun son film...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Virginie Meggl&#233;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Paru le : 07/05/2009
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Editeur : Eyrolles
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Collection : Les mots de la psychanalyse
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; ISBN : 978-2-212-54315-5
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; EAN : 9782212543155
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Nb. de pages : 118 pages&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tant&#244;t torture&#8230; tant&#244;t voyage&#8230; Et dire qu'il s'agit de travail&#8230;</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/Tantot-torture-tantot-voyage-Et.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/Tantot-torture-tantot-voyage-Et.html</guid>
		<dc:date>2009-08-23T09:44:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Envi&#233; par qui en manque, insupport&#233; par qui plie sous son poids, ador&#233; par qui l'accomplit &#8211; par-del&#224; les contraintes auxquelles nul n'&#233;chappe - dans le bonheur et la libert&#233;, tels certains artistes&#8230; Ou encore maudit par qui se confine entre amertume et convoitise, ou qu'un d&#233;faut d'ambition encourage &#224; jalouser celui qui ose la sienne, on pourrait entendre le travail comme la transformation utile d'une &#233;nergie vers un but qui r&#233;pond &#224; un d&#233;sir. Quelque soit l'ordre de ce d&#233;sir, serait-ce le premier, celui de dire oui &#224; la vie qui nous a &#233;t&#233; transmise et d'exercer ses capacit&#233;s dans un contexte social pour participer &#224; l'humaine &#233;volution.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2411-2b9b6.jpg?1712796763' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Belle ambigu&#239;t&#233; que celle inh&#233;rente &#224; ce terme dont la richesse n'est pas d&#233;nu&#233;e de saveur. &#201;trange et famili&#232;re. Attrayante autant qu'inqui&#233;tante. Tant&#244;t &#226;pre ou aigre douce, tant&#244;t lib&#233;ratrice, tant&#244;t &#233;nergisante, elle ne laisse pas le palais indiff&#233;rent, et avec elle, chaque jour le travail, par son absence ou sa pr&#233;sence, ses exc&#232;s et ses manques, nous interroge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Envi&#233; par qui en manque, insupport&#233; par qui plie sous son poids, ador&#233; par qui l'accomplit &#8211; par-del&#224; les contraintes auxquelles nul n'&#233;chappe - dans le bonheur et la libert&#233;, tels certains artistes&#8230; Ou encore maudit par qui se confine entre amertume et convoitise, ou qu'un d&#233;faut d'ambition encourage &#224; jalouser celui qui ose la sienne, on pourrait entendre le travail comme la transformation utile d'une &#233;nergie vers un but qui r&#233;pond &#224; un d&#233;sir. Quelque soit l'ordre de ce d&#233;sir, serait-ce le premier, celui de dire oui &#224; la vie qui nous a &#233;t&#233; transmise et d'exercer ses capacit&#233;s dans un contexte social pour participer &#224; l'humaine &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de la vie, de nos v&#339;ux et de nos pr&#233;occupations quotidiennes, s'il arrive de douter de son utilit&#233;, on sait pourtant qu'il est impossible de s'en passer. Quoi qu'il en soit, que l'on en manque ou qu'il nous submerge&#8230; Nous nous en plaignons&#8230; le plus souvent&#8230; Avec malice ou sinc&#233;rit&#233;. Il active et r&#233;active notre soif de reconnaissance. Nous partage entre puissance et impuissance, sous l'impulsion d'une obligation, d'une n&#233;cessit&#233; personnelle ou d'un besoin de communiquer et de transmettre son &#233;nergie &#224; d'autres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Activit&#233; d&#233;ploy&#233;e, ouvrage r&#233;alis&#233;, dit le dictionnaire, derri&#232;re un beau travail se laisse entendre par transparence l'attention port&#233;e &#224; la t&#226;che, le soin qui a &#233;t&#233; mis &#224; l'accomplir. Ce qui le rend aimable. Quand la qualit&#233; s'affirme, son expression s'affine, nous &#233;meut, nous &#233;claire, un peu comme la beaut&#233; d'un myst&#232;re qui n'aurait besoin d'&#234;tre nomm&#233;. C'est ainsi que les cath&#233;drales nous &#233;merveillent au m&#234;me titre que les pyramides, un joyau cisel&#233; antique au m&#234;me titre qu'une &#233;ducation r&#233;ussie. Le travail s'appr&#233;cie fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre voyage et torture, &#233;trange notion que celle qui aujourd'hui nous&#8230; travaille et dont l'&#233;tymologie, &#224; travers le double &#233;clairage qu'elle en offre, enseigne, ravit, amuse ou &#233;tonne. Comment en effet une racine latine a pu &#224; la fois donner &#171; travel &#187; voyage, en anglais, et &#171; travail &#187; avec cette nuance de torture qui le caract&#233;rise, en fran&#231;ais&#8230; ? Travail est la version populaire du latin tripalium - form&#233; sur l'adjectif tri palem - instrument de torture &#224; trois pieux puis appareil servant &#224; maintenir chevaux ou autres grands animaux domestiques tandis qu'on les ferre ou les soigne. Au sens primitif &#171; travailler &#187; signifiait torturer d'o&#249;, par att&#233;nuation, tourmenter (ainsi disait-on jadis &#171; ce rem&#232;de le travaille &#187;) ou encore fa&#231;onner une mati&#232;re (travailler le fer) et, par connexion, produire, subir ou &#8230; faire subir un effort continu&#8230; Lequel n'est pas sans rappeler celui demand&#233; aux animaux dont on exige qu'ils se plient &#224; l'humaine volont&#233;&#8230; pour leur bien ? ou le n&#244;tre ? qui sait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvaise conscience ou empathie ? Il est vrai que ce qui se fait ressentir comme de la torture n'invite gu&#232;re plaisir, tout du moins dans l'imm&#233;diat&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; l'anglais a favoris&#233; le plaisir de parcourir le monde (&#224; cheval ?), le fran&#231;ais a privil&#233;gi&#233; la difficult&#233; de l'effort &#224; fournir pour voyager (&#224; cheval ?) avancer dans la vie ou forger son quotidien. Non que ce soit une torture de monter &#224; cheval (ferr&#233;) - le voyage forme la jeunesse - mais parce qu'aucun parcours ne va sans effort. Quoi de plus normal ? V&#233;cu parfois telle une torture, l'effort n'est-il pas source de plaisir lorsqu'il aboutit &#224; une reconnaissance ou une plus value ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Oh ! la ! la ! que je peine aujourd'hui &#224; me mettre au travail&#8230; ! Et pourtant&#8230; Quel bien-&#234;tre une fois dans l'action ! Les neurones rassembl&#233;s sans contrainte dans un ordre naturel, souple et harmonieux, au service de cette t&#226;che librement consentie&#8230; Mais &#224; peine suis-je install&#233;e, qu'une autre m'appelle, soudain, &#224; laquelle je n'&#233;tais pas pr&#233;par&#233;e&#8230; Entre l'indispensable n&#233;cessit&#233; et la corv&#233;e dont on doute de l'utilit&#233; car elle interdit de r&#234;ver. Le ras-le-bol et le d&#233;sir (tel un besoin) d'excellence&#8230; La routine et le plaisir. L'obligation et l'urgence, &#224; laquelle il faut savoir ne pas c&#233;der - sans pour autant laisser passer la chance que peut-&#234;tre elle rec&#232;le&#8230;Ni se soustraire au devoir&#8230; n&#233;cessaire m&#234;me &#224; celui qui r&#234;ve d'y &#233;chapper. Nous croulons ! Quelle journ&#233;e en perspective&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le linge &#224; plier, la voiture &#224; r&#233;viser, le mot &#224; r&#233;diger sur le carnet de liaison pour expliquer l'absence inexplicable&#8230; Le directeur &#224; respecter&#8230; La liti&#232;re du hamster &#224; changer&#8230; et au milieu de cela&#8230; penser&#8230; Six, huit, dix heures par jour &#224; l'ext&#233;rieur, tout autant &#224; la maison&#8230; R&#233;pondre pr&#233;sent au moment du relev&#233; du compteur d'&#233;lectricit&#233;, installer l'adsl, commander le dernier modem, faire une heure de queue pour exp&#233;dier au notaire la lettre recommand&#233;e avec accus&#233; de r&#233;ception pour g&#233;rer la succession&#8230; ou r&#233;cup&#233;rer celle que le facteur n'a pu me remettre en mains (propres) parce que j'&#233;tais sous la douche avant de partir au travail &#8230; Reconnu celui-l&#224;. Plut&#244;t bien pay&#233;&#8230; D&#233;multiplier les secondes, rendre &#233;lastiques les heures, superposer les plages de temps, concentrer son espace pour mieux le partager&#8230; Et faire &#224; tout instant face &#224; l'impr&#233;vu&#8230; Le travail c'est sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois on aime, parfois on n'aime pas. Il est rare de le regretter une fois accompli. Entre plaisir et d&#233;plaisir, il nous partage, et g&#233;rer sa vie en est un &#224; part enti&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est partout. On parle bien de celui du r&#234;ve... Et - sans trop - exag&#233;rer, dans les moments de presse - partag&#233;s entre dix lieux et autant de personnes - penser maillot et bonnet de bain pour se glisser dans le jacuzzi, au bout de la rue, &#224; droite, s'av&#232;re harassante besogne&#8230; Plus la vie vous aime, plus elle est remplie, plus elle vous demande attention, tension&#8230;rigueur et don de soi&#8230; C'est ainsi que certains enfants, mieux arm&#233;s que d'autres et pleins de vitalit&#233;, &#339;uvrent plus qu'on ne croit, quand alors qu'ils se meuvent pour d&#233;couvrir la vie, creuser leur place, cr&#233;er des liens, entre leurs devoirs scolaires&#8230; la croissance les travaille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a le travail qui appelle les ressources physiques et celui qui s'accomplit &#224; travers les m&#233;andres de l'&#226;me. Celui de l'artiste, aussi, qui n'en expose que l'aboutissement, tout en laissant dans l'ombre le chemin qui y m&#232;ne et les quelques souffrances, qu'&#224; l'&#233;gal de la m&#232;re qui enfante, il traverse pour donner naissance &#224; une &#339;uvre &#8230; Il y a aussi le travail plus routinier, en apparence banal, r&#233;mun&#233;rateur, imposable et impos&#233;, profitable donc, et dans lequel chacun trouve &#224; accomplir son destin&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pluriel&#8230; Le travail peut-&#234;tre entendu comme mouvement ou n&#233;cessit&#233; de mise en mouvement, visible ou invisible, du corps comme de l'esprit. Trouver &#224; manger, &#224; boire, un lieu pour dormir, prot&#233;ger ses enfants, se pr&#233;munir contre le froid, &#233;chapper &#224; l'agression, observer les r&#232;gles du jeu sans perdre ses rep&#232;res. Ne pas d&#233;sesp&#233;rer de transmettre le meilleur ni se laisser submerger par la fatigue, envahir par le d&#233;couragement ou obs&#233;der par la peur... Depuis la nuit des temps le travail s'impose pour compenser une humaine fragilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qui veut vivre et survivre dans la d&#233;cence, ne peut faire l'&#233;pargne de l'effort sans lequel il ne saurait &#234;tre reconnu ni r&#233;compens&#233;. Il n'est qu'&#224; voir et &#224; mesurer l'&#233;nergie que d&#233;ploie un tout petit enfant pour apprendre &#224; monter les escaliers, une marche apr&#232;s l'autre. Cent fois recommencer. Ou l'ing&#233;niosit&#233; qu'il d&#233;ploie pour laisser entendre sa faim. &#192; peine a-t-il appris &#224; marcher qu'il doit apprendre &#224; parler, &#224; &#233;crire, se laver et s'habiller seul. Pour son plus grand plaisir, dans le meilleur des cas, et le bonheur des siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi laisser deviner &#224; celui que le mot insupporte - qu'il en fournit chaque jour, bien plus qu'il n'imagine, m&#234;me s'il n'est pas coutumier de le d&#233;signer par ce terme - l'encourage &#224; des efforts dans lesquels il n'avait pas envie de s'aventurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au-del&#224; de celles qui assurent notre permanence et notre &#233;volution individuelle, que l'on peut, arm&#233;s de patience se livrer &#224; des activit&#233;s plus gratifiantes qui f&#233;d&#232;rent loisirs et d&#233;tente, rayonnement ou reconnaissance. Que cette derni&#232;re soit financi&#232;re, amicale, sociale&#8230; Elle est ce petit plus, qui charme et flatte &#224; bon escient un narcissisme qui de temps en temps a besoin d'&#234;tre regonfl&#233; pour mieux r&#233;sister &#224; l'adversit&#233;. Oui, nous restons un peu l'enfant dont l'&#233;go, de temps en temps, &#224; besoin d'&#234;tre caress&#233; pour repartir de bonne humeur vers de plus durs et in&#233;vitables labeurs&#8230;. Pas de honte &#224; cela. La reconnaissance est indispensable, car elle signe notre appartenance &#224; une multiplicit&#233;&#8230; famille, soci&#233;t&#233;, cosmos&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois le travail s'annonce r&#233;barbatif, et sa connotation d&#233;plaisante. La crainte de ne pas &#171; y arriver &#187; se cache derri&#232;re le d&#233;go&#251;t affich&#233; des plus ardents r&#233;fractaires ! Ou bien - l'habilet&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e induisant l'autonomie - celle de devoir abandonner l'id&#233;al de l'enfance. Mais souvent un &#233;v&#233;nement enfoui sourd derri&#232;re les plus incompr&#233;hensibles appr&#233;hensions. Les d&#233;nouer r&#233;concilie avec ce qui non seulement n'est pas nocif, mais dont il serait mensonger d'affirmer une utopique inutilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains refus puisent une l&#233;gitimit&#233; qu'il faut savoir entendre dans l'histoire ou la tradition familiale. Une femme, devenue m&#232;re, peut d&#233;tester - tel un enfant - ce mot synonyme en son c&#339;ur d'impensables douleurs&#8230; Ayant souffert petite fille du mauvais partage du travail, elle en garde d'indicibles mais criantes traces. Et cette m&#233;moire impens&#233;e, source de tensions qui nourrissent une inqui&#233;tude paralysante, l'exhorte &#224; agir &#224; son insu comme pour l'interdire &#224; mari et enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'emprise du souvenir noir de l'effacement d'un p&#232;re toujours absent pour cause de &#8230; travail, elle s'attache &#224; tenir &#224; distance ce que le mot contient d'invivable, depuis ce jour o&#249; en l'absence du p&#232;re se produisit un drame qui la priva en un m&#234;me geste d'une jeune s&#339;ur et d'une m&#232;re. Un accident, la perte de l'enfant, plongeant &#224; jamais cette derni&#232;re dans une m&#233;lancolie dont le mari fut rendu responsable &#8230; Le d&#233;c&#232;s dramatique du b&#233;b&#233; r&#233;sonnant dans la bouche de la famille maternelle telle une faute imput&#233;e au p&#232;re, &#224; sa d&#233;sertion, &#224; son travail ! Et c'est ainsi que devenue m&#232;re, rest&#233;e un peu enfant, elle ex&#233;cra le travail. Cinq enfants &#224; &#233;lever tant bien que mal, avec un mari dont on ne supporte ni la pr&#233;sence &#224; la maison ni qu'il travaille&#8230; de crainte qu'un accident ne survienne en son absence&#8230; ne pouvait &#224; ses yeux en &#234;tre un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un accompagnement ad&#233;quat permet d'acc&#233;der &#224; ce non-dit. De prendre conscience du poids de &#171; l'interdit &#187; qu'exerce, sur les proches, la crainte que l'histoire ne se reproduise ; et qu'accident ou d&#233;c&#232;s &#224; nouveau ne condamnent&#8230; Il permet aussi d'&#233;viter que le drame ne se transmue aux g&#233;n&#233;rations suivantes sous d'incompr&#233;hensibles avatars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconstituer par associations progressives la gen&#232;se d'un effroi, peut aider une m&#232;re &#224; se r&#233;concilier avec elle-m&#234;me, autrement dit, avec les hommes et sa f&#233;minit&#233;&#8230; &#192; r&#233;aliser par exemple qu'appeler salle de travail un lieu de naissance soul&#232;ve sa r&#233;volte car celui accompli dans l'indiff&#233;rence au foyer l'&#233;puise et l'insupporte. Et que mettre un enfant au monde aiguise en elle le risque de le perdre, si ce geste, qui signe la vie et l'accompagne, est assimil&#233; &#224; ce que pourtant il est aussi, un travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Expression devenue classique, le travail de deuil d&#233;signe la d&#233;marche de chacun pour att&#233;nuer en lui - et pour l'autre &#8211; la douleur que provoque la disparition insupport&#233;e d'un &#234;tre cher. Invitation &#224; ne pas c&#233;der &#224; la sensation de lourdeur, de dissolution, d'an&#233;antissement, de perte substance qui accompagne le deuil, ce travail-l&#224; implique l'acceptation de la mise en marche d'un processus int&#233;rieur, personnel, subjectif, &#224; contre courant des manifestations de la m&#233;lancolie - et n&#233;cessite une r&#233;elle activit&#233; pour r&#233;sister &#224; l'appel des cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, cette expression, introduite par Freud, peut s'&#233;tendre &#224; tout processus de s&#233;paration (de l'enfance) qui s'accompagne, par la force des choses de la vie, d'un sentiment de perte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travers&#233;es m&#233;lancoliques, &#233;tapes incontournables d'une douleur dont il faut, pour s'en s&#233;parer, accepter la r&#233;alit&#233;, sont in&#233;vitables&#8230; La maturation, et les transformations successives qu'elle implique, ne va pas sans &#234;tre associ&#233;e &#224; un mal &#234;tre qu'il vaut mieux comprendre, sans se rigidifier, ni pour autant s'en contenter&#8230; Supporter de se sentir, un temps, coup&#233; du monde pour de nouveau s'y r&#233;-ouvrir. Accepter que ce processus de s&#233;paration aspire l'&#233;nergie avant de la &#171; restaurer &#187; pour la lib&#233;rer bient&#244;t vers d'autres&#8230; travaux. Se dire qu'il ouvre sur de nouveaux horizons, que toute perte ne va pas sans &#234;tre suivie d'un re-gain, encourage &#224; accomplir &#171; ce travail &#187; en d&#233;pit des sacrifices, tourments, contrari&#233;t&#233;s et sensations d'impuissance qui souvent l'accompagnent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autorisant ensuite son investissement dans un univers personnel, social, qui &#171; comprend &#187; cette s&#233;paration - sa n&#233;cessit&#233;, ses effets &#8211; car elle aura &#233;t&#233; reconnue et non plus refoul&#233;e, le retrait qui accompagne le deuil permet de se recueillir. L'identification &#224; &#171; l'objet perdu &#187; &#233;tant une &#233;tape n&#233;cessaire pour se comprendre dans la relation entretenue &#224; lui, avant qu'il ne soit perdu. Une fa&#231;on de s'accepter de rester fid&#232;le &#224; soi-m'aime !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le travail, c'est aussi Blanche Neige qui n'est pas seulement la jeune fille maltrait&#233;e par une mar&#226;tre, et qui eut la chance de rencontrer en son sommeil le prince charmant, mais la petite fille, d'abord, qui a fait preuve d'inventivit&#233; pour &#233;chapper &#224; son bourreau, et celle qui n'a pas recul&#233; devant une t&#226;che que d'autres auraient trouv&#233; d&#233;shonorante pour une princesse de leur rang&#8230; Entretenir la maison de sept nains ! L'apparence ainsi est souvent le r&#233;sultat d'invisibles d&#233;penses d'&#233;nergie, d'une activit&#233; que la nature produit en coulisse, par temps rude, l'hiver&#8230; Ni bon, ni mauvais, &#224; travers son travail, l'humain semble dire que son plaisir n'est pas dirig&#233; que sur soi, qu'il fait aussi partie au prix de certaines exp&#233;riences d'un univers. Preuve d'amour (de la vie) en quelque sorte, le travail ne peut s'accomplir (dans le bonheur) sans un r&#233;el partage. &#192; chacun ses possibilit&#233;s, ses talents, sa part de grandeur et de beaut&#233;. &#192; chacun son rythme et ses progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus que l'on entreprend un voyage sans en attendre quelque chose, on ne s'active pour rien. On aime se sentir utile, produire, cueillir&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Reconnaissance ou gratification. Mais avant la plus value, pers&#233;v&#233;rance et courage sont pr&#233;cieux, il est rare que l'on puisse en faire l'&#233;conomie. Cent fois sur le m&#233;tier remettez votre ouvrage&#8230; Pr&#233;sidant aux transformations fructueuses auxquelles seul le travail personnel autorise, l'ambition, aussi longtemps qu'elle ne se vit d&#233;vorante ni pour soi ni pour l'autre est moteur au travail et ses retomb&#233;es des plus heureuses pour la collectivit&#233; en faveur de laquelle elle s'exprime&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si pour l'acteur, il s'agit chaque fois d'inventer une figure nouvelle, on peut penser que il en va de m&#234;me certains jours pour chacun de nous. Partag&#233; entre ses r&#244;les de parents de&#8230; d'enfants de&#8230; de voisin, directeur ou employ&#233;, de consommateur ou de patient, d'usager ou de client&#8230; Ou tout autre figure dont l'&#233;vidence s'impose &#224; un moment pour vivre au mieux sa vie. En faire ce que nous pouvons selon ce que nous sommes. Le plus difficile &#233;tant de ne pas se sentir trop tiraill&#233; entre nos multiples facettes. Apprendre &#224; vivre en harmonie avec soi m&#234;me pour les faire coexister, parfois contradictoires, en une aimable relation, est en soi un exercice qui requiert une &#233;nergie, la plupart du temps r&#233;compens&#233;e&#8230; Le c&#339;ur &#224; l'ouvrage nous fait d&#233;couvrir mille aptitudes insoup&#231;onn&#233;es qui ne demandent qu'&#224; &#234;tre au mieux utilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d&#233;couragements passagers, si on les entend sans pour autant y c&#233;der, permettent de se ressourcer de fa&#231;on positive. Pourquoi, par temps gris, ne pas plonger au c&#339;ur de soi pour en sortir grandi &#224; la rencontre d'autrui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trajectoire ascensionnelle ou itin&#233;raire initiatique, mettant nos sens &#224; l'&#233;preuve du plaisir et de la r&#233;alit&#233; et processus de transformation, tant&#244;t torture tant&#244;t voyage, le travail doit nous inviter &#224; refuser tout esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphore de l'accouchement en souligne, avec la probable douleur, l'appel &#224; la vie, la transmission, la r&#233;compense &#224; venir&#8230; Prometteur et lib&#233;rateur, il concerne aussi bien les hommes que les femmes&#8230; dont les trajectoires et les expressions pourtant aussi se s&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'atteler &#224; sa t&#226;che, sans se laisser distraire. Fuir ce qui en parasite la meilleure r&#233;alisation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail s'effectue souvent dans l'ombre m&#234;me si seul le r&#233;sultat se voit&#8230; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Virginie Meggl&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;psychanalyste en r&#233;gion parisienne, Virginie Meggl&#233; anime &#233;galement le site &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.psychanalyse-en-mouvement.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La transmission du sentiment d'ins&#233;curit&#233; dans la relation maman enfant.</title>
        
		<link>https://www.mieux-etre.org/La-transmission-du-sentiment-d-insecurite-dans-la-relation-maman-enfant.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.mieux-etre.org/La-transmission-du-sentiment-d-insecurite-dans-la-relation-maman-enfant.html</guid>
		<dc:date>2008-06-22T09:24:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meggl&#233; Virginie</dc:creator>
        
      


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Parents / Enfants</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'&#233;vocation et l'invocation r&#233;p&#233;titives de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; comme enjeu politique &#224; travers les m&#233;dias m'ont amen&#233;e &#224; me demander comment, aujourd'hui, le but de s&#233;curit&#233;, &#224; la source de la confiance en soi et de ses capacit&#233;s d'ouverture sur le monde, en venait &#224; servir de pr&#233;-texte au tout-s&#233;curitaire, qui parfois d&#233;clenche l'inqui&#233;tude plus qu'il ne l'apaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; des parents domin&#233;s par leur sentiment d'ins&#233;curit&#233;, il arrive que l'enfant affiche (simule) des attitudes de grande assurance : tout-savoir, t&#233;m&#233;rit&#233;, omnipotence. Dissimulant l'inqui&#233;tude de ne pouvoir entrer en contact avec le monde tout en feignant d'y parvenir sans probl&#232;me. Comme si l'inqui&#233;tude parentale anesth&#233;siait le propre sentiment d'ins&#233;curit&#233; de l'enfant, au point que celui-ci donne l'impression de ne pas en &#234;tre l'objet. Tant celui de l'adulte le trouble, l'encombre, le paralyse.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.mieux-etre.org/+-Parents-+.html" rel="tag"&gt;Parents / Enfants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;figure class='spip_document_1763 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:230px;&#034; data-w=&#034;230&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:100%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/IMG/jpg_peur2-resp160.jpg?1711790780' alt='' data-src='IMG/jpg_peur2.jpg' data-l='230' data-h='230' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg_peur2-resp160.jpg?1711790780&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg_peur2-resp230.jpg?1711790780&#034;},&#034;230&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;IMG\/jpg_peur2-resp230.jpg?1711790780&#034;,&#034;2&#034;:&#034;IMG\/jpg_peur2-resp230.jpg?1711790780&#034;}}' class='image_responsive'&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;peur
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Virginie Meggl&#233;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vocation et l'invocation r&#233;p&#233;titives de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; comme enjeu politique &#224; travers les m&#233;dias m'ont amen&#233;e &#224; me demander comment, aujourd'hui, le but de s&#233;curit&#233;, &#224; la source de la confiance en soi et de ses capacit&#233;s d'ouverture sur le monde, en venait &#224; servir de pr&#233;-texte au tout-s&#233;curitaire, qui parfois d&#233;clenche l'inqui&#233;tude plus qu'il ne l'apaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; des parents domin&#233;s par leur sentiment d'ins&#233;curit&#233;, il arrive que l'enfant affiche (simule) des attitudes de grande assurance : tout-savoir, t&#233;m&#233;rit&#233;, omnipotence. Dissimulant l'inqui&#233;tude de ne pouvoir entrer en contact avec le monde tout en feignant d'y parvenir sans probl&#232;me. Comme si l'inqui&#233;tude parentale anesth&#233;siait le propre sentiment d'ins&#233;curit&#233; de l'enfant, au point que celui-ci donne l'impression de ne pas en &#234;tre l'objet. Tant celui de l'adulte le trouble, l'encombre, le paralyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut se demander si celui ou celle qui remplit la fonction parentale - dans le r&#233;el ou par substitution symbolique &#8211; n'alimente pas, comme malgr&#233; lui, l'inqui&#233;tude plus qu'il n'invite &#224; la surmonter et &#224; l'apaiser, quand il ne peut plus concevoir ni &#233;mettre &#224; l'&#233;gard de l'enfant de fiction directrice tangible, r&#233;confortante, dans le sens de la vie. Comme si, au-del&#224; de l'apparence rassurante du tout-s&#233;curit&#233;, ne parvenant &#224; autoriser l'apaisement de l'enfant, il le maintenait sans cesse en devoir de vigilance extr&#234;me. Comme si l'adulte - ou l'&#233;tat qui le repr&#233;sente - ne pouvait projeter l'enfant dans un avenir correct qui entr&#226;t en &#233;cho et en correspondance avec la r&#233;alit&#233; de cet enfant-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vide, b&#233;ance, d&#233;ficit&#8230; Les mots associ&#233;s aujourd'hui &#224; la s&#233;curit&#233; sont r&#233;v&#233;lateurs du trouble que peut inscrire l'ins&#233;curit&#233; dans le sujet quand, n'ayant pas &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme une dimension intrins&#232;que &#224; la fragilit&#233; humaine, elle s'installe, inqui&#233;tante, &#224; demeure. C'est peut-&#234;tre lorsqu'une soci&#233;t&#233; ne peut plus envisager, pour les sujets qui la compose, de fictions directrices adaptatrices justes, que l'ins&#233;curit&#233; se d&#233;ploie comme un vide qui menace d'engloutir. Pourquoi ne pas entendre &#171; ce vide &#187; non plus comme un pr&#233;-texte pour institutionnaliser et r&#233;glementer panique et d&#233;sarroi, mais comme la manifestation d'une donn&#233;e humaine &#224; travers une inf&#233;riorit&#233; existentielle &#224; la source de l'&#233;volution humaine ? Celle-ci ne suppose-t-elle l'acceptation de la libert&#233; du sujet et la confiance en ses capacit&#233;s d'autor&#233;gulation.&lt;br class='manualbr' /&gt;Au-del&#224; des craintes inh&#233;rentes au sentiment d'inf&#233;riorit&#233;&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, quand l'actualit&#233; met en valeur l'&#233;vidence et le bien-fond&#233; de sa philosophie, je crois qu'il est bon de rappeler que si Freud a &#233;labor&#233; le complexe d'&#338;dipe, la conception de ceux d'inf&#233;riorit&#233; et de sup&#233;riorit&#233;, &#224; la source desquels se trouve cette ins&#233;curit&#233; constitutive de l'homme qu'il a mise en lumi&#232;re, revient &#224; Adler.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, je soulignerai, une fois de plus, cette pens&#233;e : &#171; &#202;tre humain signifie souffrir d'un sentiment d'inf&#233;riorit&#233; qui incite constamment l'&#234;tre &#224; le surmonter &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Partant de l&#224;, j'ai tent&#233; d'approcher certains processus de structuration de la personnalit&#233; d'un enfant, au sein d'une relation maternelle inqui&#233;tante. Et la structuration de cette relation, lorsque le sentiment d'ins&#233;curit&#233; inh&#233;rent au petit de l'homme, est exacerb&#233; tant chez la m&#232;re que chez l'enfant. Comment, &#224; partir de ce sentiment premier, s'&#233;labore et s'installe, m&#234;me d&#233;guis&#233;e en son contraire, une ins&#233;curit&#233; profonde qui marque de son empreinte le style de vie&#8230;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Toute la psych&#233; de l'enfant &#233;tant impr&#233;gn&#233;e &#187; comme le soulignent Mormin et Viguier, &#171; du rapport avec l'autre &#187;, je me suis demand&#233;e comment, dans les premiers temps, les premi&#232;res ann&#233;es de la vie, la pr&#233;sence de cette autre pas tout &#224; fait autre qu'est la m&#232;re pouvait interf&#233;rer de fa&#231;on d&#233;terminante dans le d&#233;veloppement ult&#233;rieur de l'enfant, par le biais des transmissions. D'indicible &#224; indicible. De corps &#224; corps. D'inconscient &#224; inconscient. D'incompris &#224; incompris. Et quel &#233;tait le sens, &#224; travers le non-dit des &#233;motions, des r&#233;actions de l'enfant ? Quand ces r&#233;actions sont induites par exemple, par des ph&#233;nom&#232;nes de mim&#233;tisme plus ou moins conscients, qui le conduisent &#224; s'identifier &#224; sa m&#232;re ou &#224; la prot&#233;ger. Ou encore &#224; se contre-identifier &#224; son p&#232;re&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ces r&#233;actions, bien s&#251;r, trouvant des expressions diff&#233;rentes selon le milieu, l'histoire, la culture familiale, la position dans la fratrie, selon que l'on soit fille ou gar&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, quels peuvent &#234;tre les effets de transmission du sentiment d'ins&#233;curit&#233; dans la relation maman enfant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment celui-ci, quand il n'est plus moteur de progr&#232;s, se traduit-il dans le comportement de qui en souffre au fur et &#224; mesure qu'il grandit ? Est-ce qu'il n'est pas &#224; la source de certains r&#233;flexes ou comportements s&#233;curitaires qui tout en pr&#233;tendant rassurer exprimeraient en fait une inqui&#233;tude inhibante et fondamentale (bien que parfois fig&#233;e ou neutralis&#233;e) chez celui ou celle qui les exprime.&lt;br class='manualbr' /&gt;Comment, l'inqui&#233;tude, une fois install&#233;e, aggrave le sentiment premier d'inf&#233;riorit&#233; tant chez l'enfant que chez la m&#232;re, lorsque cette derni&#232;re par exemple se sent coupable de cette inf&#233;riorit&#233; car elle se vit incapable de rassurer au c&#339;ur de ce cocon o&#249; se nourrit -ou se d&#233;sagr&#232;ge- le sentiment communautaire inn&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233;e sa fragilit&#233; lors de sa venue au monde, l'inach&#232;vement du nourrisson, son insuffisance, sont presque de l'ordre de la pr&#233;-maturation. Et la relation maman b&#233;b&#233;, port&#233;e par l'&#233;motion, tel un langage pathologique, non qu'elle rel&#232;ve de la maladie, mais au sens &#233;troit du terme, de la passion. Pathos, ayant &#224; l'origine la double signification de passion et de souffrance (l'une et l'autre &#233;tant &#224; la fois porteuses et le fruit de l'&#233;motion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1- Premier temps, premi&#232;re &#233;tape : &#224; partir d'observations personnelles&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;On peut imaginer que, pour se sentir en s&#233;curit&#233; - c'est-&#224;-dire non inqui&#233;t&#233; et donc autoris&#233; &#224; aller voir ailleurs hors du cocon maternant - l'enfant ait besoin d'une m&#232;re suffisamment forte qui l'autorise &#224; partir. Et que la culpabilit&#233; se doive de ne pas intervenir entre elle et lui, inqui&#233;tante&#8230; par exemple, au point de r&#233;sonner aupr&#232;s de l'enfant comme un interdit de partir, et aupr&#232;s de la m&#232;re, comme un interdit de le laisser partir.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'enfant a besoin d'&#234;tre rassur&#233;, d'&#234;tre rendu s&#251;r, c'est-&#224;-dire de s'appuyer sur plus fort que soi. Pour gagner peu &#224; peu ces forces qui lui permettront de se mesurer, dans un premier temps, au contact de ses parents et progressivement &#224; celui de ses semblables.&lt;br class='manualbr' /&gt;Alors qu'il est encore fragile, et ne peut subvenir &#224; ses propres besoins, la s&#233;curit&#233; en principe est avec la m&#232;re. D'abord dans son ventre, puis en son sein, puis aupr&#232;s d'elle ; on con&#231;oit que si elle ne peut r&#233;pondre ni aux attentes ni aux besoins essentiels, le sentiment d'ins&#233;curit&#233; se d&#233;veloppe et se transforme en inqui&#233;tude latente permanente &#224; la source de toutes les frayeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, la m&#232;re r&#233;agit face &#224; son enfant selon ce dont il est porteur sur un plan symbolique. Et selon son propre imaginaire, qu'elle projette sur lui, auquel elle l'identifie. Auquel il r&#233;agit - et auquel il s'identifiera, ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux absences symboliques de la m&#232;re, face &#224; l'inqui&#233;tude que distillent ou renforcent ces absences , &#224; travers l'exacerbation d'un sentiment d'inf&#233;riorit&#233; ou d'impuissance, l'enfant se sent d&#233;muni. La faiblesse maternelle est v&#233;cue comme un handicap au c&#339;ur de la relation ; comme un obstacle au d&#233;veloppement. L'enfant peut se sentir troubl&#233;, pas aim&#233;, mal aim&#233;, moins aim&#233; que&#8230; Et peut agir, en r&#233;ponse, dans un but de s&#233;curit&#233;, pour apaiser la relation, et renforcer sa m&#232;re afin de tenter de faire taire en elle cette ins&#233;curit&#233; qui le trouble, afin de se sentir mieux aim&#233; et/ou de ne pas perdre l'attention dont il ressent encore un besoin essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur d'une relation maternelle non s&#233;curisante, l'enfant comme s'il ne pouvait &#234;tre lui-m'aime, peut se sentir coupable de ne pas &#234;tre aim&#233; et se demander ce qu'il a fait ou ce qu'il est de mal pour ne pas &#234;tre aim&#233;. Quitte &#224; en venir aux b&#234;tises comme pour v&#233;rifier l'amour qui lui est port&#233; ou justifier ce qu'il ressent comme du non-amour &#8211; ou - pour attirer l'attention &#224; soi. Comme s'il voulait l&#233;gitimer l'ins&#233;curit&#233; maternelle, et la maternit&#233; ins&#233;curisante, sans parvenir cependant &#224; s'y r&#233;signer, comme pour donner raison &#224; sa m&#232;re, en se mettant en danger. Comme pour la trouver bonne m&#232;re malgr&#233; ce qu'il ressent qui lui fait vivre le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parfois tout se passe comme si la m&#232;re (ou l'enfant) devait entretenir l'ins&#233;curit&#233; (chez la m&#232;re, chez l'enfant) (en se mettant en danger constant insurmontable) comme pour justifier ce sentiment (d'ins&#233;curit&#233;) ressenti au contact de l'autre. Et l&#224; o&#249; l'enfant par nature attend que les soins maternels pourvoyeurs de confiance, l'apaisent, il (ne) trouve rien, c'est l'impossible repos ; et l'ins&#233;curit&#233; qui alimente l'ins&#233;curit&#233;. L'enfant se ressentant aussi d&#233;sempar&#233; face &#224; un sup&#233;rieur &#233;crasant qu'&#224; un sup&#233;rieur absent. S'il sent ses parents inf&#233;rieurs &#224; lui il en con&#231;oit une inqui&#233;tude intol&#233;rable.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le corollaire philosophique de l'inqui&#233;tude fondamentale de l'humain est la possibilit&#233; de chercher de quoi se rassurer et d'&#234;tre maintenu en mouvement par la volont&#233; de gagner en reconnaissance afin de maintenir un &#233;quilibre en accord avec le d&#233;veloppement constant du pouvoir.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pris au pi&#232;ge d'une relation qui se referme sur elle-m&#234;me l'enfant n'est plus en mesure de reconna&#238;tre les vrais dangers au c&#339;ur de la soci&#233;t&#233;. Ni de leur faire face pour les surmonter.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que l'enfant cherche &#224; rassurer sa m&#232;re pour pouvoir grandir et partir l'emp&#234;che &#8230; de grandir et partir&#8230; Il joue au grand&#8230; mais ne peut le devenir. Se retient aupr&#232;s d'elle, et malgr&#233; son besoin de grandir se met en &#233;chec comme pour justifier cette incapacit&#233; d&#233;chirante. En effet, le pouvoir qu'il acquiert sur sa m&#232;re en la rassurant est v&#233;cu comme un pouvoir ill&#233;gitime. Qui ne lui permet d'obtenir aucune juste reconnaissance. &#203;tre l'idole ou le sauveteur de sa m&#232;re ne peut &#234;tre un devenir et handicape l'enfant dans ses premi&#232;res ann&#233;es, m&#234;me si par la suite il peut compenser ou d&#233;passer ce handicap. Il n'a alors (fort aupr&#232;s de sa m&#232;re) plus le droit de vivre sa - propre - fragilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si au d&#233;part, sa faiblesse &#233;peronne son &#233;nergie cr&#233;atrice, celle-ci en vient &#224; &#234;tre en quelque sorte immobilis&#233;e, dans ce projet contre nature de prot&#233;ger et s&#233;curiser sa m&#232;re pour qu'elle le prot&#232;ge et le s&#233;curise en retour . Sa fa&#231;on de surmonter son inf&#233;riorit&#233; initiale, adapt&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; maternante, et inadapt&#233;e &#224; l'&#233;volution sociale, emp&#234;che le d&#233;veloppement du sentiment communautaire au-del&#224; de la relation toi moi maman enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce processus de compensation illusoire ne d&#233;bouche sur aucune finalit&#233; sociale ; et tend &#224; refermer l'enfant sur lui-m&#234;me. N'utilisant pas ses forces cr&#233;atrices &#224; bon escient, mais &#224; son insu - &#224; son d&#233;triment, il est amen&#233; &#224; douter de lui, &#224; ne plus oser s'affirmer autrement que par la n&#233;gative comme pour confirmer et trouver des forces dans cette confirmation de l'image n&#233;gative, la seule &#224; travers laquelle il se sente exister&#8230; et un peu sup&#233;rieur &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude maternelle peut entraver la s&#233;paration, si elle devient un mode de fonctionnement comme un langage toxique, dont la m&#232;re aurait besoin en &#233;cho &#224; une douleur plus profonde, dans le cadre de sa maternit&#233;. Seuls des parents forts et justes ne mettraient pas en doute le bien fond&#233; de votre venue au monde&#8230;Mais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2- Deuxi&#232;me &#233;tape, pour une approche similaire, &#224; travers la perspective de la Psychologie individuelle et compar&#233;e en tant que dynamique des relations interpersonnelles.&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Interactions possibles entre deux styles de vie (celui de la m&#232;re, celui de l'enfant) &#224; la fois semblables et diff&#233;rents qui devraient tendre &#224; se nuancer mais parfois se confondent&#8230;. Actions et r&#233;actions entre l'individu, la relation, la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment d'ins&#233;curit&#233; encourage &#224; priori la vigilance&#8230; mais que se passe-t-il lorsqu'il domine la relation et l'impr&#232;gne de fa&#231;on n&#233;gative ? Quand certains styles de vie d&#233;faillants l'accentuent ? Quel regard porter sur la souffrance au contact de l'inqui&#233;tude qu'il diffuse ?&lt;br class='manualbr' /&gt;J'ai tent&#233; d'ouvrir ces interrogations en les articulant entre elles &#224; la lumi&#232;re de certains axiomes adl&#233;riens fondamentaux
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'intentionnalit&#233;, qui fait tendre vers un but et ici la recherche de s&#233;curit&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le courage, forme d'&#233;nergie psychique sup&#233;rieure qui nous invite &#224; d&#233;passer notre condition, &#224; fortifier autant que faire se peut notre fragilit&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'interd&#233;pendance g&#233;n&#233;rale avec le cosmos qui vit en nous, auquel nous ne pouvons nous soustraire totalement et qui nous rend capable de ressentir ce que les autres ressentent. &#192; fortiori, pour ce qui nous pr&#233;occupe ici, au c&#339;ur de la relation m&#232;re/enfant.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le sentiment d'inf&#233;riorit&#233; et son corollaire, l'ins&#233;curit&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le sentiment communautaire soulign&#233; par Ellenberger en ces termes &#171; perception par l'individu des principes qui r&#233;gissent les hommes entre eux &#187;. On imagine qu'il y a plusieurs modes, plusieurs &#233;chelles, de perception.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Enfin, la structuration spontan&#233;e &#224; l'int&#233;rieur d'un tout, et les ph&#233;nom&#232;nes d'action &#8211; r&#233;action &#8211; interaction - adjacents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit ici, la structuration de l'enfant &#224; l'int&#233;rieur du &#171; tout &#187; qu'est la relation, mais aussi, par interaction, structuration de la m&#232;re &#224; l'int&#233;rieur de cette relation, au fur et &#224; mesure que l'enfant grandit et qu'elle est mise &#224; l'&#233;preuve de cette (toujours nouvelle) r&#233;alit&#233;. M&#233;canismes de d&#233;fense et d'affirmation, sentiment de n&#233;gation et d'ali&#233;nation&#8230; Perceptions maternelles : images, souvenirs, fantasmes, craintes intervenant dans la relation, la structurant, la fa&#231;onnant, (la maltraitant parfois) et r&#233;actions de l'enfant qui la fa&#231;onne en retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adler insistant sur l'importance de la r&#233;action de l'individu &#224; l'inf&#233;riorit&#233; - on peut comprendre l'importance, pour l'enfant, de la surmonter ; et penser que la volont&#233; d'apaiser la souffrance, li&#233;e &#224; l'ins&#233;curit&#233;, puisse pr&#233;sider &#224; la plupart de ses actes (paroles comprises) aussi maladroits se pr&#233;sentent-ils.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut aussi voir la volont&#233; de puissance naturelle, alli&#233;e au sentiment d'ins&#233;curit&#233;, &#224; l'origine de &#171; son aptitude &#224; modifier son milieu &#187;. Et ceci, d'autant plus si la relation mise &#224; mal par l'histoire est peu s&#251;re : Ainsi voit-on des enfants prendre en charge p&#232;re ou m&#232;re pour les modifier, les rendre plus forts, plus rassurants.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ellenberger rappelle que, comme dans la m&#233;canique des fluides, toute action am&#232;ne une r&#233;action, en particulier dans un groupe social . Le premier groupe &#233;tant le groupe Maman enfant, la psychologie dynamique de relations interpersonnelles me semble pr&#233;cieuse et apte mieux qu'une autre pour &#233;tudier, approcher cette relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, je soulignerai en passant que, en tant que dialectique rendant compte des relations humaines et de l'interaction entre individus, dans le cadre du groupe et de la constellation familiale, le principe de la psychologie individuelle et compar&#233;e, est a c&#339;ur de la syst&#233;mie si pris&#233;e aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le sentiment d'ins&#233;curit&#233; s'installe, il s'apparente &#224; une &#171; inf&#233;riorit&#233; organique &#187; du syst&#232;me familial, qui emp&#234;che de bien r&#233;agir. Sauf si elle &#233;tait par la suite compens&#233;e. Encore faut-il qu'elle soit bien compens&#233;e. Ce qui n'est pas toujours possible pour un enfant fragilis&#233;, en position d&#233;licate, face &#224; une m&#232;re d&#233;faillante, car elle-m&#234;me fragilis&#233;e par son histoire sociale, sa pr&#233;histoire familiale&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'enfant &#8216; perdu &#8216; devant une m&#232;re faible r&#233;agira chez lui avec &#171; arrogance &#187;, &#171; jalousie &#187;, &#171; haine &#187; selon les termes d'Adler, mais, en contre-partie, peut s'av&#233;rer &#224; l'ext&#233;rieur, timide, silencieux, &#171; paresseux &#187; car rendu incapable de produire par l'anxi&#233;t&#233; que g&#233;n&#232;rent la faiblesse maternelle et parentale, la faiblesse de la relation enfant/adulte, et l'in&#233;quation des r&#233;ponses en retour. Il peut aussi chercher &#224; affirmer sa sup&#233;riorit&#233; sur l'autre : son p&#232;re, par exemple, consid&#233;r&#233; comme d&#233;faillant &#224; ses yeux car rendu responsable du mal-&#234;tre maternel.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'impossible adaptation &#224; la fragilit&#233; maternelle induit une difficult&#233; d'adaptation si ce n'est une inadaptation au social.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce sentiment d'inf&#233;riorit&#233; - inh&#233;rent &#224; la condition humaine - plus ou moins explicite, et s'exprimant parfois en son contraire ou &#224; travers l'ins&#233;curit&#233; infantile tant chez l'adulte que chez l'enfant &#8211; f&#233;d&#232;re toutes les peurs, et finit transform&#233; en complexe, par les justifier, s'il s'inverse dans la volont&#233; inop&#233;rante de s&#233;curiser de fa&#231;on artificielle, quand il s'agirait d'apaiser le sujet en soi. La volont&#233; s&#233;curisante, qui tend &#224; faire croire que l'ins&#233;curit&#233; n'est pas intrins&#232;que &#224; la condition humaine, qu'elle serait ind&#233;pendante du ressenti individuel et originiel, exacerbe l'inqui&#233;tude plus souvent qu'elle ne l'apaise, comme si elle la justifiait en lui opposant des &#233;pouvantails consensuels ou en proposant de prendre en main, la S&#233;curit&#233;, &#224; la place du sujet, au lieu de l'accompagner dans l'acquisition de son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant, souvent, cherche d'autant plus &#224; affirmer une vaine sup&#233;riorit&#233; que son inf&#233;riorit&#233; ne lui est pas &#233;vidente face &#224; des parents affaiblis. On peut le voir adopter des conduites de crise : cris, singerie, ambition d&#233;plac&#233;e ou mal plac&#233;e, arrogance.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ou se retrancher derri&#232;re des barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un chacun de nous peut d&#233;tecter en lui certains m&#233;canismes li&#233;s &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne qui apparaissent aussi comme manifestations d'&#233;tapes &#224; surmonter. C'est lorsque l'inqui&#233;tude s'installe &#224; demeure, paralysante, qu'ils deviennent a-normalement douloureux.&lt;br class='manualbr' /&gt;On peut ici essayer de voir ce qui fait qu'elle s'installe et se d&#233;veloppe dans le cadre de la relation. Les faux-pas, les &#233;cueils, et tenter &#224; partir de l&#224; d'esquisser la nature des r&#233;ponses qui &#233;viteraient d'avoir &#224; recourir &#224; la fameuse s&#233;curisation ext&#233;rieure qui au lieu d'encourager &#224; surmonter sa faiblesse existentielle, l&#233;gitime la peur - et ses expressions m&#234;me pouss&#233;es &#224; leur paroxysme, telle la haine. L&#233;gitime aussi l'absence de ressources personnelles et la crainte de la s&#233;paration alors que cette derni&#232;re est vitale. La crainte de se s&#233;parer de sa m&#232;re engendre comme un d&#233;sir de rester &#8211; lui-m&#234;me source d'hostilit&#233;. Et parvenu &#224; l'&#226;ge adulte, l'enfant qui ne parvient &#224; s'assumer, se d&#233;tourne de cette incapacit&#233;, la fuie, en d&#233;non&#231;ant l'autre, pour d&#233;tourner du m&#234;me coup le regard (le sien et celui de l'observateur) de sa propre incapacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atteindre un but cach&#233; qu'il ne saurait nommer&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Si l'on admet que le but &#224; atteindre, pour l'enfant rendu maladroit dans le cadre d'une relation fragile, est le but de s&#233;curit&#233;, on devient plus apte &#224; comprendre ce comportement, au-del&#224; de ses maladresses ; et &#224; travers elles&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Que faire lorsque un je ne sais quoi dans le lien maternel, dans l'histoire familiale, emp&#234;che ce &#171; processus humain, &#224; l'&#339;uvre dans la nature vivante toute enti&#232;re &#187; qu'est le &#171; passage d'un &#233;tat consid&#233;r&#233; inf&#233;rieur &#224; l'&#233;tat sup&#233;rieur &#187; , de s'accomplir avec bonheur ? Comment &#234;tre, face &#224; l'enfant qui, dans ses efforts, non d&#233;nu&#233;s de courage, croyant d&#233;fier la mort, d&#233;fie la vie ? Et du c&#244;t&#233; de l'enfant, comment &#234;tre, face aux peurs int&#233;rioris&#233;es maternelles, quand elles interviennent non plus pour en appeler &#224; la vigilance mais pour signifier une r&#233;elle impuissance - parasite au d&#233;veloppement - par peur de reproduire, peur de blesser, peur de mal faire, peur que &#231;a se sache, peur que &#231;a se voit&#8230; peur de l'enfant qui rappelle un souvenir douloureux, et le r&#233;veille sans toutefois permettre de le nommer ? (Tel un d&#233;c&#232;s insupportable, un &#171; acte criminel &#187; insoutenable . Un accident impensable.&lt;br class='manualbr' /&gt;Guerre, luttes intestines ou tout autre indicible face auxquels l'enfant se paralyse, lorsqu'ils ne sont pas nomm&#233;s pour ne pas en souffrir, et s'engage sans le savoir, sans le vouloir, comme &#224; son insu dans des conduites de repli, inertie, anorexie, toxicomanie&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fiction pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une fa&#231;on de parler qui se maintient et nous maintient dans la r&#233;alit&#233; aussi longtemps qu'elle se montre utile, c'est une fiction comme une autre, je ne dis pas qu'elle soit la seule envisageable mais elle est suffisamment utile dans la pratique pour que j'en maintienne la dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachant que pour Adler, &#171; tout se passe comme si l'activit&#233; humaine &#233;tait r&#233;gie par l'id&#233;al normatif de l'adaptation de l'individu &#224; la communaut&#233; et au cosmos &#187; , que se passe-t-il quand ce processus d'adaptation est contrari&#233; et tend vers une inadaptation ou quand l'enfant doit s'adapter &#224; une situation maternelle maternante inqui&#233;tante au sein de laquelle il ne trouve pas les ressources pour d&#233;velopper ses forces cr&#233;atrices de fa&#231;on harmonieuse ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque les ph&#233;nom&#232;nes interactifs non dits entrent en jeu et interdisent le r&#233;confort au profit de l'inqui&#233;tude maternelle (ou parentale), tout se passe comme si l'enfant et la m&#232;re &#8211;infantilis&#233;e par la re-naissance de son enfant en elle, de son enfance &#8211; tendait vers la s&#233;curit&#233; &#8211; mais sans pouvoir y parvenir, effectuant des gestes contraires ou propageant un climat de tension inqui&#233;tante. La totalit&#233; de la relation m&#232;re/enfant influence les parties qui la modifient, une fois influenc&#233;es par les m&#233;faits de l'inqui&#233;tude, et ses cons&#233;quences, en retour, sur le plan social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, fort de sa tendance &#224; la sup&#233;riorit&#233; mal plac&#233;e, celle-ci s'alliant au sentiment d'ins&#233;curit&#233;, l'enfant materne sa m&#232;re - qu'il sent peu s&#251;re - pour la r&#233;parer et la m&#232;re (le) (se) laisse faire . Se sentant prise en charge, r&#233;confort&#233;e par une m&#232;re de substitution qu'elle trouve en son enfant ; celui-ci venant remplacer le d&#233;faut de m&#232;re - sa propre m&#232;re absente - et combler absences r&#233;elles ou symboliques, et autres failles parentales. Ainsi en va-t-il de certaine conduite d'adultisme que l'on retrouve aussi bien chez le gar&#231;on que chez la fille ; mais qui contredisent la hi&#233;rarchie naturelle. C'est l'inversion des rapports. Ce n'est plus le plus jeune qui se soumet aux plus &#226;g&#233;es, l'enfant mineur inachev&#233; qui s'en remet &#224; l'adulte sens&#233; &#234;tre m&#251;r&#8230; C'est l'adulte qui se soumet &#224; l'enfant - jusqu'&#224; ce qu'il reprenne le pouvoir&#8230;. _ Mais, en attendant, l'enfant aura pris trop de pouvoir, trop vite. Un pouvoir qui ne lui appartient pas. Un pouvoir qui ne lui convient pas. Un pouvoir sur lequel il aurait eu besoin de se reposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce genre de situation, comme &#171; chacun lit son destin dans les yeux de l'autre &#187; la m&#232;re dans ceux de l'enfant et l'enfant dans ceux de la m&#232;re, l'enfant se fait protecteur de la m&#232;re qui le lui demande par sa conduite inqui&#232;te et inqui&#233;tante&#8230; et la m&#232;re en retour peut se sentir terrifi&#233;e &#8230; terrifi&#233;e par sa propre incapacit&#233;, qu'elle lit comme en &#233;cho, dans le regard de l'enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enfant ainsi peut avoir comme fiction directrice &#8211; plus ou moins formul&#233;e mais vitale pour lui &#8211; d'&#234;tre le sauveur de sa m&#232;re, ou son r&#233;parateur. Il peut se retrouver en porte-&#224;-faux avec le p&#232;re qui est , &#224; ses yeux, &#224; son ressenti &#8211; pas capable de rendre la maman heureuse, mais auquel si c'est un gar&#231;on il doit s'identifier cependant, ou si c'est une fille, sur lequel elle devrait pouvoir compter pour se s&#233;parer de sa m&#232;re sans &#234;tre aspir&#233;e par l'inqui&#233;tude, mais trouver des &#233;l&#233;ments de confiance. Le gar&#231;on peut se vivre &#8211; pas capable en puissance &#8211; impuissant en devenir &#8211; et aupr&#232;s d'elle en rivalit&#233; encore plus difficile avec le p&#232;re.&lt;br class='manualbr' /&gt;La fille peut - tout en en voulant &#224; son p&#232;re de ne pas savoir faire avec la m&#232;re - lui donner raison, et donc s'en vouloir en tant que fille de la m&#232;re. Et se retrouver tiraill&#233;e entre p&#232;re et m&#232;re.&lt;br class='manualbr' /&gt;La fiction qui s'impose &#224; l'enfant, plus ou moins informul&#233;e, plus ou moins in formulable, mais qui s'impose comme n&#233;cessit&#233; vitale, est de r&#233;parer p&#232;re ou m&#232;re, pour pouvoir y trouver des &#233;l&#233;ments de confiance, tout en leur en voulant de ne pouvoir s'appuyer sur eux et de se rendre plus forts par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence indirecte : le sentiment communautaire ne se d&#233;veloppe pas. Limit&#233; &#224; cette relation qui ne peut ouvrir (l'enfant) (ni la m&#232;re) ni s'ouvrir (la relation) sur l'ext&#233;rieur, l'enfant ne peut y puiser la force d'aller (voir) ailleurs ; et pour en compenser les failles, s'invente des fictions improductives (Si&#8230;. Et si&#8230;. Et si&#8230;. Si j'avais&#8230; Si j'&#233;tais&#8230; ) des peurs fictives, des raisons &#224; la &#171; paresse &#187;. Comme pour s'expliquer ce qu'il ressent (&#224; travers les peurs maternelles qui lui sont communiqu&#233;es) comme des &#233;checs : c'est-&#224;-dire, &#233;chec de relation avec les camarades, les professeurs, et autres &#233;checs scolaires.&lt;br class='manualbr' /&gt;Son pouvoir cr&#233;ateur mis au service de la r&#233;paration (fictive) de la m&#232;re, de la famille, l'enfant se donne une fausse image de lui-m&#234;me, &#224; des fins qui lui seront socialement peu profitables (&#224; moins d'avoir des talents artistiques exceptionnels, par exemple&#8230;). Son aspiration &#224; la sup&#233;riorit&#233; d&#233;tourn&#233;e est employ&#233;e &#224; des fins non adapt&#233;es &#224; son &#226;ge.&lt;br class='manualbr' /&gt;Surtout si sa m&#232;re ne le contrecarre pas dans le r&#244;le que lui conf&#232;re cette fiction, le laisse faire en lui laissant croire qu'il est fort, qu'il fait bien d'&#234;tre ainsi fort. En le laissant &#234;tre son petit homme. (Certains enfants accomplissent ainsi les t&#226;ches maternelles avec h&#233;ro&#239;sme allant jusqu'&#224; v&#233;rifier si les ch&#232;ques sont bien remplis&#8230; lors d'une consultation. Alors qu'ils peinent &#224; &#233;crire ou &#224; faire leurs devoirs personnels).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant a besoin d'une m&#232;re forte &#8211; d'un p&#232;re aussi, cela va de soi. N'accablons pas les m&#232;res &#8230; Et , pour une m&#232;re fragilis&#233;e, la seule fa&#231;on d'&#234;tre forte qui lui reste est de laisser partir son enfant afin de lui laisser vivre ses exp&#233;riences de construction loin d'elle, qui ne peut mieux&#8230; Certaines m&#232;res le comprennent qui ne recherchent pas &#224; retenir leur enfant&#8230;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Peut-&#234;tre s'agit-il aussi pour elles de recevoir un aussi bon accompagnement que possible&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.mieux-etre.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1712759308' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Virginie Meggl&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;psychanalyste en r&#233;gion parisienne, Virginie Meggl&#233; anime &#233;galement le site &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.psychanalyse-en-mouvement.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
