Forum du Mieux-Etre: Avec le temps, va .. - Forum du Mieux-Etre

Aller au contenu

Avec le temps, va .. Par Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile.

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Admin 

  • Membre
  • PipPipPip
  • Groupe : Administrateurs
  • Messages : 338
  • Inscrit(e) : 02-August 04

Posté 04 July 2010 - 03:30 PM

Notre temps social est compressé, rapide, pressé et bousculé par beaucoup de choses à faire en peu de durée. Il est très organisé, sans fantaisies, pas loin d’être rigide.

Nous ne nous donnons plus guère de temps pour la méditation, la poésie, l’art. Nous n’avons plus beaucoup de temps à passer gratuitement les uns avec les autres, en intergénérationnel : temps pour écouter babiller les petits enfants ou radoter les vieux...

Lire l'article

Pour réagir, cliquez sur "Répondre".
0

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Pitou 

  • Membre
  • PipPip
  • Groupe : Membres
  • Messages : 15
  • Inscrit(e) : 29-November 06
  • Gender:Male
  • Location:1150 WSP

Posté 06 July 2010 - 10:30 PM

Citation



C) Les enfants en rébellion active

1) Certains petits ( première primaire ) ne veulent pas abandonner leur organisation personnelle, ludique du temps et « se mettre au travail (…)

2) Une partie des enfants présentant des soi-disant « Troubles de l’attention », qui ne se manifestent que face à la matière scolaire, refusent en fait d’organiser la durée ... ce qu’ils vivraient comme une soumission.

3) Ceux qui s’opposent ouvertement, radicalement mais pas nécessairement définitivement aux ordres, notamment ceux qui portent sur l’organisation et l’occupation du temps. « ... Ils constituent sans doute une part des instables psychomoteurs. Enfants en guerre permanente avec le temps social, ses exigences, ses codes, ses conventions, ce sont d’incorrigibles retardataires pour écouter, apprendre. Ils ne comprennent pas le sens des sermons, des punitions qu’on leur inflige, et mettent en échec les remédiations cognitives ou les psychothérapies les plus poussées, vécues comme tentatives d’enrégimentement permanent à l’ordre souverain du temps social.

(…) Leur chambre est « en chantier », leurs éventuels projets sont désordonnés et avortent et les parents renoncent à leur imposer quoique ce soit. S’ajoute alors en eux un vécu dépressif et abandonnique contre lequel ils vont élaborer des défenses redoutables : attaquer tout ce qui de près ou de loin rappelle le temps social, le temps des autres avec leurs normes ... ( Sibertin-Blanc, 2006 )



JYH nous surprend(ra) toujours par son esprit de clairvoyance, de capacité d'analyse et de synthèse tout à la fois, des problèmes de société en général... mais surtout lorsqu’il s’agit de parler des enfants…

Je retiens ce que je viens de citer car cela me rapproche de mes propres « théories » (hum… que dire pour être plus modeste ?) et mes propres constatations dans mes rapports aves les enfants en difficultés avec leurs familles. Notez que je n’ai pas écrit « familles en difficultés aves leurs enfants ».



En cela, je me rapproche encore d’Alfred Adler, dont le titre de son ouvrage « l’Enfant difficile » est en réalité une évocation tacite, ou cynique ? de la « famille difficile ».



Encore faut-il s’entendre sur ce que je nomme la « famille difficile ». Comme l’a dit JYH et bien d’autres avant moi, il y a des familles « irréductiblement difficiles » : les familles dites « toxiques », celles, et elle-seules, dont il faut impérativement éloigner l’enfant définitivement.



Il y a d’autres familles qui vivent des moments (« avec le temps, va… ») difficiles, dont il peut être opportun d’éloigner l’enfant pour laisser le temps (« avec le temps va… ») de respirer, de prendre du recul.





Ce temps-là est celui que j’appelle celui de l’ adaptation.



Tout va si vite (Rygaard [1]) que les populations migrantes, les changements économiques, ruptures soudaines (mise au chômage,…), adoption (modification soudaine du milieu de vie de l’enfant, comme la contrainte de l’acceptation d’un enfant qui petit à petits se montre « différent » de celui que l’on attendait), etc.



Si cette déception des parents est susceptible d’exister dans toutes les familles, il est évident, dans le cadre de l’adoption internationale principalement, mais non exclusivement, que les adaptations réciproques parent-enfant peuvent se montrer problématiques.



Selon moi, les « troubles de l’attachement » ne sont qu’une forme aigüe de « troubles de l’adaptation ».



Pierre Roggemans,

www.cliniquedeladoption.eu





__________

[1] Niels Peter Rygaard, L’enfant abandonné, guide de traitement des troubles de l’attachement, Trad. Française de Françoise Hallet, 2007, De Boeck & Larcier, Coll. Parentalités, pp.26-27) : « Cette rupture du lien n’est probablement pas seulement la résultante de tels changements [ndpr : il s’agit de changements sociétaux, parfois radicaux, auxquels les personnes, enfants ou adultes, s’adaptent avec difficultés] (…) mais de la vitesse du changement (je souligne), empêchant l’adaptation progressive à de nouvelles conditions de vie ». Suivent deux exemples explicites de peuplades aux réactions diamétralement opposées face aux modifications imposées par les circonstances d’origine humaine ou climatiques.


prcfbe
___________
« Je suis d'une nature telle que la crainte me fait reculer ;
avec l'amour, non seulement j'avance, mais je vole»


(Ste Thérèse de Lisieux, Manuscrits A, vol 8, Verso)
0


1 utilisateur(s) en train de lire ce sujet
0 membre(s), 1 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)