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Pour un statut des psychothérapeutes  Pour un statut des psychothérapeutes

La Déclaration de Strasbourg (21 octobre 1990) a été contresignée à ce jour par les représentants élus des fédérations de psychothérapeutes de 41 pays d’Europe, membres de l’European Association for Psychotherapy (EAP). Ce texte est devenu la référence centrale des psychothérapeutes européens. L’EAP a obtenu le statut d’ONG du Conseil de l’Europe.

Déclaration de Strasbourg sur la psychothérapie

- 1. La psychothérapie est une discipline spécifique, du domaine des sciences humaines, dont l’exercice représente une profession libre et autonome.

- 2. La formation psychothérapeutique exige un niveau élevé de qualification théorique et cli-nique.

- 3. La diversité des méthodes psychothérapeutiques est garantie.

- 4. La formation dans une des méthodes psychothérapeutiques doit s’accomplir intégralement et comprend : la théorie, l’expérience sur sa propre personne et la pratique sous supervision. Sont également acquises de vastes notions sur d’autres méthodes.

- 5. L’accès à la profession est soumis à diverses préparations préliminaires, notamment en sciences humaines et sociales.

La situation française

Organisations représentatives

Depuis 1981, la profession de psychothérapeute s’est strictement autoréglementée dans les domaines de la formation et de la déontologie.

À ce jour, au niveau national, deux fédérations et un syndicat en assurent la cohérence et le sérieux et tiennent à jour un registre de psychothérapeutes accrédités : la FFdP, l’AFFOP et le SNPPsy. Leurs exigences et leur crédibilité sont comparables.

- La FFdP (Fédération Française de Psychothérapie) regroupe 56 organismes (associations nationales, sociétés savantes, écoles de formation, syndicats), représentant environ 3 000 psycho-thérapeutes qualifiés, exerçant dans l’un des cinq courants principaux : approches psycha-nalytiques, cognitivo-comportementales, systémiques, humanistes ou intégratives. La FFdP joue un rôle de leader au plan européen (coordination des méthodes, homologation des diplômes, contrôle du Certificat Européen de Psychothérapie (CEP) - qui implique 3 200 heures de formation en 7 années universitaires. Lors des États généraux de la psychothérapie (2001), la FFdP a élaboré une Charte de la personne en psychothérapie, charte adoptée par le Conseil mondial de la psychothérapie (WCP), lors du 3e Congrès mondial de psychothérapie à Vienne, le 14 juillet 2002, par 4 000 psychothérapeutes de 80 pays.

- L’AFFOP (Association Fédérative Française des Organismes de Psychothérapie) est issue d’une scission récente de la FFdP (1999) et regroupe 14 organismes, représentant environ 1 000 psychothérapeutes qualifiés.

- Le SNPPsy (Syndicat National des Praticiens en Psychothérapie), syndicat créé en 1981, fait partie de l’AFFOP : il insiste sur la trajectoire individuelle de chaque praticien et sur la reconnaissance par une commission de pairs.

Chacun de ces organismes représentatifs a établi des critères de sélection, des normes de formation (incluant nécessairement une psychothérapie ou une psychanalyse personnelle et une supervision permanente) et un code de déontologie spécifique à cette profession spécifique. Aucune formation effective à la profession de psychothérapeute n’est proposée en Université, cette dernière ne pouvant assurer qu’une information historique et théorique et diffuser un savoir et non la partie essentielle - qui concerne le « savoir-être », l’équilibre et la maturité de la per-son-nalité.

Tous ces organismes exercent un contrôle vigilant sur les éventuelles infiltrations sectaires d’usurpateurs extérieurs à la profession - dont l’objectif est d’asservir et d’exploiter, alors que la psychothérapie vise, à l’inverse, à rendre chacun autonome et responsable.

Malheureusement, il existe aussi un certain nombre de soi-disant « psychothérapeutes » autoproclamés, sans formation approfondie ni engagement déontologique et se référant à des méthodes parfois fantaisistes et sans fondement scientifique.

Une protection légale du titre et de l’exercice nous paraît donc souhaitable. Elle devrait être confiée à des praticiens professionnels de la psychothérapie, réunis dans une structure à mettre en place : un Conseil national supérieur de la Psychothérapie - qui pourrait remplir notamment les fonctions d’un Ordre professionnel.

Psychothérapie, médecine et prophylaxie sociale

Il est clair que la psychothérapie et la psychanalyse sont loin de concerner exclusivement le domaine médical. Elles concernent très majoritairement des personnes souffrant de difficultés psychosociales et relationnelles et non de troubles mentaux : deuil, solitude, problèmes conjugaux, familiaux, professionnels et sociaux, immigration, chômage, alcoolisme et toxico-manie, suicide, dépression ou violence, etc. Cet accompagnement psychologique est rarement effectué sur prescription médicale, mais entrepris librement, sous la responsabilité des usagers. C’est pourquoi, les psychothérapeutes et psychanalystes ne souhaitent pas son remboursement par la Sécurité sociale - puisqu’il ne s’agit pas d’une « maladie ». Cela implique, bien entendu, la mise en place d’un nombre suffisant de dispensaires ou centres sociaux pouvant fournir ce service aux personnes en difficultés financières. Rappelons au passage que, dans les cas de litige, tous les jugements des tribunaux français ont régulièrement conclu que la psychothérapie n’était pas une activité médicale.

A l’occasion des États généraux de la Psychothérapie, en 2001, une large enquête effectuée auprès d’un échantillon de 8 000 adultes, représentatifs de la population française, par l’Institut national de sondages BVA, avec la collaboration de la FFdP et du magazine Psychologies, a montré que 5,2 % de la population a été ou est en cours de psychothérapie ou psychanalyse - soit 3 millions de personnes. La densité souhaitable de psychothérapeutes dans les pays occidentaux est estimée de 30 à 50 spécialistes formés pour 100 000 habitants. Les écoles reconnues par les organisations profes-sionnelles représentatives en forment actuellement environ 400 par an - ce qui ne permet pas de compenser les départs en retraite. Il ne suffit donc pas de régulariser la situation actuelle par des mesures transitoires ; il convient de prévoir la possibilité d’un recrutement large, à moyen et à long terme.

Les spécialistes se formant à ce métier proviennent de tous les secteurs des sciences humaines : psychologique, social, médical ou paramédical, enseignement, formation, recherche, coaching, etc. La moyenne d’âge à l’entrée dans les écoles et instituts de formation en psychothérapie se situe aux environs de 35 ans, car cette orientation implique au préalable, une expérience suffisante de la vie et des relations humaines. Les psychiatres, les autres médecins et les psycho-logues constituent au total environ la moitié des professionnels entrant en formation.

Réglementation

La FFdP vise une meilleure protection des usagers, par :
- une large information du grand public ;
- une lutte renforcée contre les sectes ;
- un contrôle de la formation, des compétence et de l’éthique des psychothérapeutes ;
- une généralisation de la Charte des usagers.

Nous souhaitons un contrôle des écoles de formation à cette profession (programmes, formateurs et éthique) et leur agrément, après avis d’un Conseil national de la psychothérapie constitué de psychothérapeutes professionnels qualifiés.

Formulation proposée

La psychothérapie vise une prise en charge des états de souffrance psychique, des difficultés psychologiques, psychosociales et relationnelles par des interventions psychologiques appropriées. La psychothérapie est une discipline spécifique du domaine des sciences humaines, dont l’exercice représente une profession libre et autonome. La diversité des méthodes psychothérapeutiques est garantie. La formation dans une des méthodes psychothérapeutiques doit s’accomplir intégralement et comprend : la théorie, l’expérience sur sa propre personne et la pratique sous supervision. L’accès à la profession est soumis à diverses préparations préliminaires, notamment en sciences humaines et sociales. Le titre de psychothérapeute est protégé par a loi - qui sanctionne l’exercice illégal de la psychothérapie. Les écoles et instituts de formation sont agréés après avis du Conseil national supérieur de la Psychothérapie, constitué de représentants des organismes professionnels de psychothérapeutes agréés et d’experts praticiens de la psychothérapie, nommés par les Pouvoirs publics.. Les professionnels actuellement en exercice pourront poursuivre leur activité de psycho-thérapeute sous réserve de satisfaire, dans les trois années suivant la promulgation de la présente loi, à une évaluation par le Conseil national supérieur de la Psychothérapie, de leurs connaissances, de leur pratique et des accréditations déjà obtenues.

Dr Michel Meignant (Président de la FFdP), Isabelle Crespelle (vice-présidente) et Serge Ginger (secrétaire général)

ffdp@psychotherapie.asso.fr

Article publié le : dimanche 7 décembre 2003 - Mots-clés : Statut de psychothérapeute;

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