Graphothérapie

La rééducation de l’écriture chez l’adulte

La dimension psychologique et le retentissement psychosocial chez l’adulte dont l’écriture se dégrade

L’écriture est plus que l’addition d’un geste et d’un langage : c’est un acte. L’écriture est quelque chose de soi que l’on donne, que l’on expose au regard des autres. C’est un acte social qui implique le corps et le moi intime. _ Toute écriture est une carte de visite.

L’écriture est un geste acquis qui exige certaines habilités motrices. Le geste réussi, efficace et abouti est souvent machinal. L’écriture s’organise presque à l’insu de son auteur et seul son but est soumis à la volonté consciente.

Mais pour celui dont l’écriture se dégrade, le geste ne se soumet plus, il résiste, il fait souffrir et c’est là tout l’enjeu d’une rééducation de l’écriture.

La difficulté graphique ne s’installe pas brusquement du jour au lendemain (sauf dans les cas d’accidents cérébraux vasculaires ou autres) mais de façon insidieuse. D’abord, on n’y prête pas attention, on pense qu’il s’agit de maladresses passagères que l’on tente de corriger. L’écriture prend un aspect maladroit, malhabile, parfois tremblée et saccadée avec une douleur ou non qui l’accompagne.

Les conséquences de cette régression peuvent être multiples. Le scripteur souffre de ne pouvoir exécuter un geste qui jusque là lui semblait naturel. Le regard de l’entourage sur ses productions écrites vont souvent faire naître l’angoisse de ne plus y arriver du tout. Parfois cette gêne ne lui permet plus de remplir ses tâches professionnelles, alors qu’il est encore en activité. Le retentissement psychosocial se traduit par une anxiété qui rejaillit sur le comportement. Le trouble de l’écriture apparaît ou s’aggrave sous le regard de l’autre.

Ces adultes n’osent pas en parler et encore moins aller consulter. Comment prendre au sérieux une personne qui se porte bien et qui n’est plus capable d’exécuter un geste devenu tellement banal ? Comment expliquer que sa main ne veut plus lui obéir ?

Souvent, nous nous trouvons face à une dystonie de fonction ou une crampe de l’écrivain. Les facteurs déclenchant peuvent être nombreux mais l’organicité du trouble est désormais reconnue. En effet, les dystonies sont liées à une défaillance du système neuromusculaire. D’autres facteurs comme une position peu confortable ou une tenue inadéquate de l’outil favorisent ou entretiennent le trouble.

Avant de s’engager dans une rééducation, un examen approfondi du geste d’écriture est pratiqué. D’une part, l’observation porte sur les maladresses, la vitesse, la tenue de l’outil…et d’autre part, sur l’analyse des mécanismes qui ont amené le trouble.

Le rôle du graphothérapeute est de guider la personne dans un processus qui lui permettra d’acquérir un comportement moteur, de donner une réponse la plus adaptée à son trouble et de prévenir les conséquences sociales de ce handicap.

Klara Leclercq Backes
Graphothérapeute, rééducateur de l’écriture


Article publié le 5 février 2010
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Leclercq-Backes Klara

Graphothérapeute, rééducateur de l’écriture.

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