Chronique

L’acceptation et le lâcher-prise

Par Colette Portelance, TRA

Accepter, c’est accueillir tout ce qui est, c’est recevoir ce qui nous arrive, le prendre volontiers, l’embrasser au lieu de s’y opposer. « Accepter, c’est regarder avec tendresse, c’est arre ?ter la lutte » nous dit Yves Alexandre Thalmann. Accepter, c’est cesser de se battre contre soi-me ?me, arre ?ter la guerre en soi et autour de soi.

Accepter, c’est choisir la paix, c’est transformer l’e ?nergie contenue dans la souffrance en une force inte ?rieure qui nourrit la confiance en soi et en la vie ; c’est se laisser couler dans le sens de cette e ?nergie comme le font ceux qui pratiquent certains arts martiaux.

Au lieu de s’avouer vaincus ou d’affronter l’ennemi et de le combattre, ils rec ?oivent le coup, se laissent aller dans son sens pour le neutraliser. Comme ils suivent la direction de l’e ?nergie et qu’ils ne luttent pas contre elle, ils font peu d’efforts. Ils ne gaspillent pas leur force vitale parce que, par leur geste d’accueil, ils la laissent circuler normalement, ce qui ne perturbe pas leur harmonie inte ?rieure. Ainsi, ils n’appre ?hendent pas l’obstacle comme un ennemi, mais comme un allie ?. Ils ne sont pas passifs. Au contraire, ils agissent avec les difficulte ?s et non contre elles. Ils restent actifs sans combattre et sans capituler, c’est-a ?-dire sans re ?sister et sans se re ?signer. Ils pratiquent l’art de l’acceptation cre ?atrice, l’art de « dire oui » a ? la vie.

Accepter, c’est en effet dire oui a ? la vie. « Lorsque vous dites oui a ? la vie telle qu’elle est, nous dit Eckhart Tolle, vous e ?prouvez un sentiment d’ampleur impre ?gne ? d’une paix profonde, (...) ni le bonheur ni le malheur ne vont jusqu’a ? cette profondeur. Ce sont des vaguelettes a ? la surface de votre être.

La paix sous-jacente demeure imperturbable en vous, quelle que soit la nature de la condition exte ?rieure. » Disons donc oui a ? ce que la vie nous offre et arre ?tons de tout vouloir contro ?ler par peur de perdre ou par peur de souffrir sachant que le contro ?le est une forme de re ?sistance e ?puisante qui re ?duit l’e ?nergie vitale.

 Paradoxalement, plus nous contro ?lons, moins nous avons de pouvoir sur nos vies parce que, comme le dit si bien Melody Beattie, contro ?le, c’est se fermer a ? l’inconnu que la vie nous re ?serve.

C’est pre ?cise ?ment cette peur de l’inconnu qui nous empe ?che de changer, de cre ?er notre vie, de devenir cre ?ateurs du monde et de connai ?tre les bienfaits de la ve ?ritable liberte ?. Parce qu’elle nous enlise dans la routine et nous maintient dans un e ?tat de tristesse et d’ennui, cette peur affecte notre qualite ? de vie.

Melody Beattie affirme « Plus vous acceptez de perdre le contro ?le, plus vous aurez de pouvoir ». Et le meilleur moyen pour la ?cher ce contro ?le, porteur de tensions, et pour acque ?rir davantage de pouvoir, est d’accepter ce qui est. Cependant, le pouvoir obtenu par l’acceptation ne re ?sulte pas d’une emprise sur les autres ni sur le monde exte ?rieur. C’est un pouvoir inte ?rieur qui nai ?t d’une capacite ? a ? faire confiance a ? la sagesse profonde, donc d’une capacite ? a ? la ?cher prise.

Existe-t-il un lien entre le la ?cher-prise et l’acceptation ?
Que signifie la ?cher prise sinon renoncer au contro ?le et a ? la lutte pour finalement accepter ce qui est ?
La ?cher prise, en re ?alite ?, c’est accepter tout et, particulie ?rement nos limites physiques, psychiques et mentales pour nous abandonner a ? nos forces inte ?rieures ; c’est savoir de ?le ?guer a ? nos ressources spirituelles ce qui de ?passe nos capacite ?s rationnelles ; c’est en fait se livrer en toute confiance a ? la pre ?sence divine en nous.

La ?cher prise, c’est rendre possible l’impossible, mais par d’autres moyens que les moyens habituels. « Combien de personnes l’ont ve ?cu lorsque, arrive ?es au bout de la lutte, elles ont tout la ?che ??
Quasi miraculeusement, les situations se sont de ?bloque ?es, des opportunite ?s sont apparues » nous dit Michel Odoul.

C’est donc dire que solliciter nos ressources spirituelles par l’acceptation et le la ?cher-prise pour ensuite utiliser celles de notre volonte ? pour passer a ? l’action, c’est emprunter la voie royale qui me ?ne au bien-e ?tre inte ?rieur.

Colette Portelance
TRA, Thérapeute en Relation d’AideMD et pédagogue, elle détient un doctorat en sciences de l’éducation de l’Université de Montréal et de l’Université de Paris. Auteure et conférencière réputée, elle a créé l’ensemble des programmes de formation professionnelle du Centre de relation d’aide de Montréal et de l’École internationale de formation à l’ANDC, dont elle est la cofondatrice. Thérapeute chevronnée, elle a développé ses propres conceptions psychopédagogiques et psychologiques de la relation d’aide, qu’elle a élaborées dans la création d’une nouvelle approche : l’Approche non directive créatrice (ANDC), approche dont il est question dans ses nombreux ouvrages, dont Relation d’aide et amour de soi. Spécialiste de la communication et des relations humaines, Colette Portelance est connue et reconnue pour son authenticité, son respect profond de la personne et sa grande capacité à favoriser l’exploitation des ressources personnelles et professionnelle.

Programme de formation dispensée à Paris
Organisée en week-end
www.CRAMformation.com

Lavigne Guillaume

Organisateur de la formation professionnelle en relation d’aide par l’Approche non directive créatrice (ANDC) de Colette Portelance, permet de devenir un thérapeute qualifié et un véritable spécialiste des relations humaines.
- École Internationale de Formation à l’ANDC
- Site web : www.cramformation.com
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