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Hommage aux hommes qui honorent les femmes et les enfants.

Par Marilyn Droog, psychologue.

Il existe des hommes corrects qui se respectent et respectent « les femmes et les enfants ».
Nous les avons rencontrés.

A force d’oublier de voir le respect là où il est, nous risquons d’instaurer la croyance que tous les hommes sont des prédateurs. Ce serait dommage, car de « beaux » hommes, il y en a. Plus que de « méchants / pervers », heureusement ! Un pervers peut faire beaucoup de victimes, même s’il n’y en a qu’un.

Les hommes ne sont pas « tous » un fléau pour les femmes : certains sont prévenants. De le savoir peut permettre de mieux choisir. Renforçons ce que nous souhaitons. Focalisons sur ceux qui sont sensibles, protègent, aiment avec un amour attentionné. Pas seulement parce que c’est la fête des pères, mais sur le long terme, pour nous faire du bien durablement, au même titre que nous aimerions que ce soit « tous les jours la fête des mères ».

Ces hommes doux et fermes, souriants et sérieux, prévenants, humbles et bien présents, les avons interrogés.

Ils nous disent qu’ils savaient, bien sûr, qu’il y avait des abus –aussi sur les petits garçons ou sur les jeunes gens. Mais ils ont été surpris par la vive réaction des femmes qui ont brisé le carcan de « la malédiction du viol » sur les femmes de Hollywood. Certains parlent de mode, d’autres d’effet de masse. Mais ils reconnaissent que cette « grande lessive publique » aide à oser s’exprimer sur l’innommable. Les femmes qui ont souffert de violences ne sont plus isolées, à devoir porter une honte qui n’est pas la leur : même des actrices renommées, des modèles de la société, en ont souffert, se manifestent, mettent des mots.

Désormais, ils / elles peuvent croire qu’ils / elles seront entendu(e)s.
Y compris, ceux qui ont besoin d’aide parce qu’ils ont des pulsions violentes qui les dévorent.

Et peut-être que cela permettra aussi aux jeunes hommes abusés d’oser dépasser leur pudeur et de porter plainte eux-aussi, car la référence à l’homosexualité (non-désirée) semble être un obstacle supplémentaire, mais pas seulement : il s’agit de s’avouer vaincu, sans défense et de devoir briser plusieurs tabous superposés.

Personnellement, j’ai été touchée de ce que certains parlent de pudeur. Car que savons-nous de la pudeur des hommes, s’ils n’en parlent pas ? Pourtant, apparemment, elle existe…

Si notre culture a toujours encouragé l’intrépide, certains des hommes interrogés posent la question de la « rencontre » et disent que, si avant, c’était déjà compliqué d’aborder une femme, maintenant il s’agit de savoir comment faire sans risquer d’importuner. Cela complique la vie des « gentils », stigmatisés par les chansons populaires « Mais gros nigauds, qu’t’es bête, çà se fait sans demander… ». Pour eux, cela remet en question la façon de communiquer et risque de rendre plus complexe encore la relation pour les plus timides. Pour eux, « le respect devrait être la norme ».

Les hommes aimables qui ont été interrogés disent qu’ils aiment vivre tranquillement, dans le calme, la sécurité. Ils n’apprécient pas de « se mettre en avant ». Certains avouent même « être timides » et ne pas avoir un caractère à se mêler « de ce qui ne les regarde pas ». Leur silence n’est pas de l’indifférence. Pour eux, la Justice est responsable de s’occuper des délits ; ce n’est pas l’affaire des citoyens. En effet, la société s’est organisée pour éviter les règlements de comptes de particulier à particulier en créant les services d’ordre public et de justice. Ils trouvent normal de s’en remettre aux spécialistes dont c’est le métier : police, avocats, psychologues et psychiatres, etc. « Le respect doit être global et se situer à tous les échelons de la société ».
Certains s’étonnent de prendre conscience de ce que notre société est et reste hypocrite : elle se veut monogamique mais admet le fait d’avoir une ou deux maîtresse(s), qu’il y ait viols et incestes, que les « salauds » intimident la famille pour garder le contrôle sur le tabou.

La « FIN » d’un long film-cauchemar.

Gardons une fenêtre ouverte, optimiste réaliste, et faisons en sorte que le mauvais film ait une « FIN » dans les plus brefs délais.
Ils font remarquer qu’il suffirait de se responsabiliser tous pour que les lois soient appliquées à bon escient. Ils estiment qu’il convient de protéger les enfants de façon adéquate en leur apprenant très tôt à sélectionner leurs relations, en évitant déjà pour soi-même les relations qui ne conviennent pas, sans compromis ambigus. « L’homme respectueux connaît les limites et la place de chacun. »

« Pas en mon nom ».

Ils se disent étonnés de voir jusqu’à quel point la société hollywoodienne a été « sous influence » et a laissé faire Weinstein dans la durée, sans manifester la moindre réaction de protection. Suite à cette prise de conscience, ils sont d’accord qu’il convient d’intervenir quand on est témoin de pratiques irrespectueuses (p.ex. harcèlement), dans la mesure où elles peuvent être illégales et/ou dangereuses. « Cela pourrait être ta copine, ta fille ».
Cela fait partie de « NOTRE sécurité / solidarité de base » entre citoyens que de faire savoir calmement, sur le champ, via les autres témoins, voire via le conducteur du bus/tram ou la police, que nous sommes pris à parti (ce qui est la bonne réponse à l’inévitable « de quoi vous mêlez-vous ? ») et que nous ne cautionnons pas ces faits parce qu’il existe des lois qui répriment ces agissements.
Oser prendre la parole et poser des actes (comme prévenir une autorité compétente) peut sauver la vie, surtout si on songe aux jeunes qui se suicident pour des raisons de harcèlement. Marquer son désaccord soutient la victime ; le silence et l’indifférence soutient l’agresseur. (Jeunes) garçons / hommes, filles / femmes et personnes fragiles, nous avons tous droit à une vie harmonieuse.

Un beau rôle ? Il s’agit de bien plus que de « Tuer le dragon » ou de « Sauver la princesse ».

Pour changer de film, nous avons besoin que chacun s’engage, car nous sommes tous concernés.
Pour ces hommes – Merci Messieurs, de vous faire connaître - lorsque nous percevons que quelque chose ne va pas dans l’espace public ou privé, s’en mêler avec fermeté et lucidité, c’est protéger. Oser s’étonner, poser des questions, marquer son désaccord, appeler les secours adéquats, sont des attitudes sans grand danger. Voire même, sans aucun danger.
N’acceptons pas à l’inadmissible.
Mieux vaut ne pas laisser faire l’impardonnable.
Il y a une place importante pour les beaux hommes. Et aux femmes à les reconnaître et à leur faire une belle place à côté d’elles pour une société plus équilibrée.


Merci à quelques-uns de mes amis, collègues, amis de mes fils ou pratiquants d’activités communes, Jimmy (37 ans), Romain (24 ans), Don (80 ans), Michel (60 ans), Alain (63 ans) et Jan (50 ans) d’avoir partagé leur opinion en tête à tête autour d’un verre.

Marilyn DROOG, psychologue spécialisée en Constellations familiales et en CSE&O, est membre de Cofasy asbl, association professionnelle des constellateurs regroupés autour d’une même charte éthique. www.cofasy.be.

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Article publié le 3 juin 2018
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