Fatigue chronique, douleurs chroniques, fibromyalgie, spasmophilie,...

Par le Dr. Michel Debelle

Spasmophile = « ami » des spasmes.
Fibromyalgie = Fibro : tendon - Myo : muscle - Algie : douleur, donc douleurs musculo-tendineuses chroniques … mais bénignes. La fibromyalgie a été reconnue en tant que pathologie en 1992 par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

La fibromyalgie


Plus de 25 années d’observation sur le terrain nous ont amenés à concevoir la spasmophilie (encore appelée « syndrome d’hyperventilation ») puis la fibromyalgie (appelée également « fatigue chronique », « douleurs chroniques ») comme une expression « somatopsychique » pathologique, celle d’une décompensation chronique de l’hyperémotivité et du stress mal géré. Nous parlons ici volontairement de « somato-psychique », le terme « psychosomatique » ayant pris aux yeux du grand public la coloration trop injuste de « c’est dans la tête », voilant ainsi le dialogue permanent, étroit et complice qui existe entre le corps et l’esprit.

Le corps sensoriel et affectif nourrit la conscience, la pensée s’imprime dans le corps ! En décompensation pathologique, le négatif du dialogue peu vite s’emballer dans une spirale « cercle vicieux », « boule de neige » et s’installer à chronicité, l’esprit … et le corps broyant du noir !

Où début la maladie ? Dans le corps ou dans le mental ? Cela équivaut à se poser la question : y a-t-il eu d’abord une poule … ou un oeuf ? Vaine question radicale !
Les premières manifestations de ce syndrome commencent souvent à l’adolescence : vertiges, syncopes, tétanie, maux de tête et/ou de dos, nœuds dans la gorge et/ou dans le ventre, irritabilité …

L’hyperémotivité de la personne est fondamentale, hyperémotivité souvent refoulée, ce qui rend ses effets négatifs encore plus marquants. Cela explique la performance d’interventions de type « mieux-être / relaxation / gestion du stress, même si quelques mois de traitement sont la plupart du temps nécessaires. Mais n’oublions pas que la fibromyalgie s’annonce déjà dès l’adolescence par un état de spasmophilie. Elle concerne par après des personnes âgées de +/- 30 à 60 ans, donc avec des automatismes non appropriés et bien ancrés depuis de nombreuses années.

Il nous semble important d’en avertir le patient tout en insistant sur les améliorations qui ne manqueront pas de se manifester dès les premières séances de pratique sophrologique.

Un facteur aggravant : le refoulement de ses « émotions/stress ». La personne donne ainsi souvent à son entourage une image de solidité … d’une personnalité sur laquelle on peut s’appuyer. La personne souffrant de fibromyalgie va donc attirer les gens en difficulté ; elle va les écouter et malheureusement sympathiser avec leurs problèmes, « souffrir avec », au lieu de développer une attitude empathique (je comprends l’autre et, je l’aide mais sans souffrir avec, l’autre n’est pas moi).
L’hyperémotivité refoulée est pour nous la clé du problème et le premier élément à traiter. En effet, rappelons que l’émotion (de ex movere , se mouvoir vers l’extérieur, « sortir de sa coquille » pourrait-on dire), est avant tout la libération de l’énergie nécessaire au mouvement, Comme le stress, c’est une préparation à l’action, physique surtout. Si cette dernière n’a pas lieu, l’énergie libérée notamment par l’adrénaline, va tourner en rond et maintenir les tensions musculaires « … muscles tendus, prêts à bondir » ce qui à la longue enflammera tous les tendons pour se terminer en une « polytendinite imméritée » : tendinite du tennisman (coudes) … sans jouer au tennis, du golfeur (épaules) sans pratique du golf, du cavalier (genoux) sans monter à cheval etc. … .

Après une émotion, un stress, il faudrait agir physiquement, taper par exemple. Comme il n’est pas culturel chez nous de battre sa femme, ses enfants etc. … contournons l’obstacle en tapant sur une balle par exemple (de squash, de tennis, de foot …) et en « battant » de façon civilisée cette fois, sa femme, ses enfants, ses collègues …

L’excès d’hormones de stress va faire fuir le Magnésium des cellules ; et en déficit quasi permanent de Magnésium intracellulaire se développe une hyperexcitabilité neuromusculaire chronique, entraînant crampes mais aussi fatigue avec paradoxalement troubles du sommeil, irritabilité, troubles de la concentration … .

Pour améliorer tout cela la prise de Mg seul ne suffit pas, il faut en plus certaines vitamines et autres molécules anti-stress, et il faut surtout mettre un bouchon au niveau des fuites. Avez-vous déjà pu prendre un bain en ouvrant seulement les robinets et en oubliant de mettre le bouchon ? Ce bouchon sera ici une meilleure hygiène de vie, une meilleure écoute de soi accompagnée d’un meilleur respect de ce que nous sommes, une meilleure intelligence corporelle et émotionnelle. Mais en mettant ce bouchon, n’oublions pas aussi d’ouvrir les robinets !

Notre recette donc : une démarche classique et systématique. Pas de « monothérapie » et dédramatiser le plus vite possible en expliquant bien au patient l’origine des problèmes : cette hyperémotivité refoulée, … ce que ne font malheureusement pas les trop nombreux sites internet consacrés au problème ou les associations plus ou moins nationales de cette pathologie. Bien souvent leurs propos inquiètent encore plus le patient, d’où augmentation des décharges d’adrénaline, des tensions physiques et mentales … des symptômes de la maladie.

Donc :
- toute technique psycho-corporelle, unissant pour un mieux vivre le corps et l’esprit,
- toute pratique de relaxation,
- des conseils de meilleure hygiène de vie (sport, loisirs positifs …).
- la prise régulière de magnésium, de vit. B et D, d’antioxydants …
- de la kiné (douce et progressive)
- un myorelaxant,
- des antidépresseurs si nécessaire et de façon ponctuelle,
- des anti-inflammatoires si tolérés …

L’approche se fera de façon globale en insistant sur la relaxation et sur une meilleure perception de soi, afin de redonner une image plus positive. Par des exercices simples, peu contraignants et toujours en deçà de la douleur, nous permettons aux patients de retrouver des sensations corporelles positives. Par une meilleure gestion de leur respiration, ces patients ont les moyens de gérer leurs crises d’hyperventilation.

Michel DEBELLE


Article publié le 4 janvier 2006
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