Le fantasme est fondateur de l’envie que nous devrions écrire en deux mots en-vie, il participe à notre vie selon le principe de manducation qui veut que l’on devienne ce dont on se nourrit.
Le rêve est lieu de confrontation entre nos fantasmes, la réalité et ses contraintes, il nous parle de ce que nous aimerions voir apparaître et que nous ne nous autorisons pas. Les secrets se composent de ce que nous voulons retirer de nos vies, ce qui n’aurait pas dû se passer et que nous tentons de garder masqué. Ainsi ils mobilisent l’énergie vitale pour maintenir une non-circulation des informations vraies entre notre vie intérieure et le monde qui nous entoure. Les secrets mènent à la maladie mentale, l’aliénation qui est l’enfermement dans des liens toxiques. Alors que dans le fantasme et le rêve se met en place une élaboration de vie, les secrets gardés maintiennent une rupture de cohérence entre le sujet et son environnement, obligeant le sujet à se retirer de lui-même pour maintenir la fausse « vérité » du secret.
L’art est lieu de permission, c’est le champ ouvert des rêves et des fantasmes c’est donc là que nous pouvons nous régaler, mettre en commun un patrimoine qui nourrit l’espèce humaine. Les secrets s’y cachent aussi, ils secrètent en silence le poison.
François PAUL-CAVALLIER


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